Recherchiste – Étape 5 de 6

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COURS 5

Note importante: Nous procédons actuellement à une refonte complète des qcm. Ces derniers seront de retour dès la fin de l’été.

LA CRÉATION DE PROJETS AVEC DES ARTISTES
ANTICIPER LES ENTREVUES IMPORTANTES
VOUS M’AVIEZ POURTANT PROMIS
COMPRENDRE LES ATTENTES DES GENS FACE AUX RECHERCHISTES
COMMENT ÉVITER DE FAIRE DES PROMESSES INVOLONTAIRES?
DOIT-ON S’IMPLIQUER DANS UN PROJET QU’ON NOUS PRÉSENTE?
UN MOYEN POUR RÉDUIRE LES ATTENTES DES CONCEPTEURS
DOIS-JE M’ATTENDRE À RECEVOIR BEAUCOUP DE PROJETS?
ET LORSQUE LE PROJET EST ACCEPTÉ …
RECONNAÎTRE LES RÊVEURS QUI NOUS FERONT PERDRE NOTRE TEMPS
MÉTHODE SIMPLE POUR ANALYSER UN PROJET
PRIVILÈGE ET RESPONSABILITÉ
PIÈGES DU MILIEU À CONNAITRE
IDENTIFICATION DES TRICHEURS ET DES PROFITEURS
ÉTABLIR VOTRE NOTORIÉTÉ DANS LE MILIEU
CONNAITRE LES ENTREPRISES ET LEURS RÔLES DANS LE MILIEU
IMPRÉSARIO, AGENT ET AGENCE ARTISTIQUE
DÉVELOPPER DES CONTACTS AVEC LES ARTISTES
VIVRE SELON SES MOYENS
TRAVAILLER SUR DES REPORTAGES ET DES DOCUMENTAIRES POUR LA TÉLÉVISION
EXERCICES ESSENTIELS

LA CRÉATION DE PROJETS AVEC DES ARTISTES

ANTICIPER LES ENTREVUES IMPORTANTES

Dans la mesure où la chose est possible, les entrevues importantes ou intimidantes doivent être anticipées. Si vous devez recevoir Céline Dion en tête-à-tête dans votre bureau, parce que quelqu’un du milieu lui a parlé de vous et vous a recommandé à elle afin de discuter d’un projet qu’elle caresse depuis longtemps, vous vivrez une opportunité en or et une nuit blanche assurée la précédera.
Pendant cette nuit blanche, vous allez anticiper les moindres détails de la rencontre. Vous allez penser à apporter des fleurs pour mettre sur le bureau, vous allez penser à vous assurer que tout est en ordre, vous allez songer à remplacer la toile représentant un bateau échoué qui est accrochée au mur, hésitant entre une reproduction d’un classique ou une toile moderne, vous allez vous imaginer lui serrant la main et lui offrant un siège, lui parlant sans trop en dire pour ne pas avoir l’air d’un fan qui ne veut que son attention, vous allez vous conditionner à vous taire pour l’écouter, l’écouter et l’écouter encore, vous allez vous imaginer en train de réagir à la présentation de son projet, vous allez songer que, peut-être, elle vous trouvera tellement super qu’elle voudra vous prendre dans son équipe, vous allez vous imaginer voyageant partout dans le monde à ses côtés et vous allez… finir par vous endormir.
Anticiper, c’est tout cela, c’est ce qu’on appelle se mettre en condition. C’est recréer, mentalement, les conditions, l’environnement, l’accueil, l’attitude que l’on doit avoir, les sujets à aborder, ceux à ne PAS aborder et surtout, surtout, c’est se conditionner à écouter le visiteur et à réagir « proportionnellement » à ce qu’il dit.
Une réalité implacable: plus vous anticiperez une rencontre importante, plus vous serez prêt à cette rencontre, plus vous serez calme, plus vos propos seront appropriés et plus vous aurez de succès auprès de votre visiteur.

VOUS M’AVIEZ POURTANT PROMIS

Le texte qui va suivre vous semblera exagéré par moments. Pourtant, c’est la pure et stricte réalité. C’est une situation qui s’est produite à répétition et pour la plupart d’entre nous.
Les recherchistes sont des gens importants dans l’équipe de production, vous l’avez compris. Que ce soit dans une chaîne de télévision, de radio, dans une maison de production, une compagnie d’assurances, une boîte de publicité, un manufacturier de produits de consommation ou au gouvernement, le recherchiste est une personne clé avec laquelle tout le monde veut établir des relations cordiales. C’est la personne qui a le meilleur et le plus efficace réseau de contacts. C’est la personne qui sait exactement comment obtenir les renseignements dont on a besoin, qui sait comment faire passer un projet auprès de la direction, comment présenter une idée efficacement, etc.
Par conséquent, les gens ont de grandes attentes vis-à-vis des recherchistes qui se trouvent parfois « embarqués » dans des situations délicates.
La situation la plus courante se résume en une terrible phrase:
Vous m’aviez pourtant promis!
Exemple:
Un acteur reconnu prend rendez-vous avec vous et vient vous présenter son projet. Il veut simplement votre avis, dira-t-il. Vous le lui donnez et vous faites des suggestions. Il applique les correctifs que vous avez suggérés à son projet et revient vous voir.
Cette fois, il vous demande de le présenter et de le défendre devant la direction. Vous savez que le « timing » n’est pas bon et que les chances seraient meilleures dans quelques mois. Vous le lui dites, mais comme tous les créateurs de projets, il a hâte de voir son bébé réalisé et insiste. Vous présentez donc le projet. Il ne passe pas. Vous l’annoncez à son concepteur qui vous répond: « Vous m’aviez pourtant promis qu’il passerait ».
Comment se fait-il que cette personne soit sincèrement convaincue que vous lui avez PROMIS que son projet serait accepté par la direction?
Vous n’en revenez évidemment pas. Vous l’aviez pourtant prévenu qu’il valait mieux attendre un meilleur moment pour présenter son projet et vous vous retrouvez en face d’un acteur reconnu qui vous dit que vous lui aviez promis un résultat. Il est donc amèrement déçu et vous en veut de ne pas avoir réussi à concrétiser son projet.
De plus, comble d’injustice, vous savez qu’il risque d’en parler dans le milieu et que cela peut faire un certain tort à votre réputation. Comment vous sortir de cette situation? Hé bien, mauvaise nouvelle pour vous; il est trop tard pour vous en sortir. Un acteur est déçu, il a maintenant une moins bonne image de vous et vous risquez d’entendre parler de cette mésaventure encore longtemps.
Au début, vous expliquerez aux gens que c’est un malentendu et que vous n’aviez rien promis, mais vous constaterez vite que votre parole face à celle d’un acteur réputé sera parfois mise en doute, même poliment.
Il faut donc impérativement ÉVITER de vous placer dans ce genre de situation. Or, vous pouvez être certain, aussi vrai que la terre est ronde et que deux et deux font quatre, que cela va vous arriver et très tôt dans votre carrière.
En vous souhaitant que ce ne soit pas nécessairement un acteur connu, mais simplement une personne anonyme car les conséquences sont moins importantes et la leçon portera tout autant.

COMPRENDRE LES ATTENTES DES GENS FACE AUX RECHERCHISTES

Tout d’abord, il faut comprendre les attentes des gens qui viennent rencontrer un recherchiste pour avoir un avis sur leur projet. Quel que soit ce projet, VOUS êtes le lien entre son concepteur et sa concrétisation. Sachez que, pour lui, vous êtes la personne qui peut concrétiser ce projet. Sachez aussi que, lorsque le concepteur d’un projet vous consulte, quelle que soit l’ampleur du projet, ce qu’il vous demande de manière tacite, c’est ceci : Ce projet a-t-il des chances d’être accepté?
En étant agité, volubile, emballé au fur et à mesure que vous prenez connaissance du projet, le concepteur captera cette attitude comme si vous répondiez un grand « OUI ce projet a toutes les chances d’être accepté ». Il faut plutôt faire preuve de sagesse en demeurant calme et à l’écoute, sans trop intervenir verbalement.
Pour le concepteur, c’est un début de promesse que vous lui faites en réagissant d’une manière trop démonstrative.
Fort de votre expérience, vous sentez le besoin d’apporter au projet quelques corrections. Vous les mentionnez généreusement au concepteur dans le seul but de l’aider à rendre son projet plus conforme à ce qui se fait dans le domaine ou à ce que vous savez dans l’intérêt de la direction.
Pour le concepteur, ces suggestions sont des touches finales qui AJOUTENT encore des chances à un projet qui a déjà toutes les chances d’être accepté, selon ce qu’il a compris de vos propos et de votre intervention.
Autre élément non négligeable, le concepteur retourne chez lui, suite à cette première rencontre avec vous, complètement emballé et motivé à fond, par votre attitude. Tout au long du trajet, il se mettra en condition, sans même s’en rendre compte, en se répétant la présentation qu’il va faire à sa famille, de cette rencontre si fructueuse avec vous. Que pensez-vous qu’il dira?
Le recherchiste croit que mon projet a des chances. Il m’a fait quelques suggestions pour l’améliorer encore davantage.
En fait, dans la plupart des cas, le concepteur est considéré par sa famille comme un rêveur et il le sait très bien. Surtout s’il en est à son premier projet du genre. En conséquence, pour se donner un peu de crédibilité auprès de sa famille, il sentira le besoin d’ajouter un petit quelque chose dans le genre:
Le recherchiste a été emballé par mon projet. Il m’a promis qu’il allait le faire passer si je faisais deux ou trois petites modifications.
Et voilà, il va finir par croire ce qu’il dit à force de le répéter à son entourage. Tout ça va devenir pour lui LA réalité et vous ne pouvez rien y changer sans le décevoir.
Dans les jours qui suivront, la nature humaine étant ce qu’elle est c’est l’entourage familial du concepteur qui finira par se laisser convaincre et parlera du projet comme d’une réalité en devenir, plus réalisable que jamais.
Le téléphone arabe étant également ce qu’il est, les tantes et les oncles appelleront le concepteur du projet pour le féliciter, ce qui achèvera subtilement de le convaincre que son projet va bel et bien être accepté. Il sera, évidemment, plus ou moins inconscient du fait qu’il est à l’origine, par ses propos enjolivés, de toute cette certitude qui touche maintenant de plus en plus de gens parmi son entourage.
Il sera d’autant moins conscient qu’il a mis la charrue avant les bœufs et qu’il peut avoir l’air idiot si son projet ne fonctionne pas comme prévu.
Le concepteur se retrouve donc, quelques semaines plus tard, dans votre bureau pour avoir le résultat de la présentation de son projet, modifié selon VOS directives, présentation que vous avez faite à la direction.
Vous lui annoncez que la direction ne concrétisera pas le projet dans l’immédiat, bien qu’elle ait manifesté un certain intérêt. Vous avez beau, ensuite, préciser qu’il pourra le représenter dans quelques mois, votre visiteur ne vous écoute plus. Dans son esprit, il est de retour chez lui avec la nouvelle du refus du projet. Dans son esprit, il entend les félicitations anticipées de sa famille et de ses amis et réalise qu’il a l’air d’un menteur.
Tous ces éléments réunis lui feront dire, avec sincérité et étonnement: « Mais vous m’aviez pourtant promis ». Vous sentirez qu’il est sincère en le disant et vous comprendrez d’autant moins sa réaction que JAMAIS vous n’avez promis que son projet serait accepté. Au final, vous vous sentirez, que vous le vouliez ou non, un peu fautif de ce qui arrive.

COMMENT ÉVITER DE FAIRE DES PROMESSES INVOLONTAIRES?

La meilleure manière d’éviter de vous retrouver dans le genre de situation décrite plus haut c’est de toujours traiter le projet qu’on vous soumet comme en étant un parmi tant d’autres, même et surtout, si c’est une personne reconnue qui le soumet.
Lorsqu’on vous parle d’un projet, n’émettez aucune opinion verbale bien arrêtée. Évitez de dire: « C’est un projet super, il a des chances d’être accepté, c’est certain ». Au contraire, utilisez le conditionnel : « Si la direction réagit bien devant l’idée, si le « timing » est bon, s’il n’y a pas trop de changements à y apporter, etc. Il est possible qu’il soit accepté, mais il faut être conscient que la direction reçoit des centaines de propositions à étudier. »
Le fait d’indiquer à un concepteur de projet, même célèbre, que son projet doit se distinguer à travers des dizaines, voire des centaines d’autres, est l’assurance de voir le concepteur garder les pieds sur terre.
De plus, comme ce n’est pas vous qui êtes responsable de la sélection, ni même de la présentation de tous ces projets, le concepteur ne peut vous tenir rigueur en cas de refus. Vous lui aviez dit que son projet serait présenté comme le sont les autres et que la direction choisirait.

DOIT-ON S’IMPLIQUER DANS UN PROJET QU’ON NOUS PRÉSENTE?

En général, jamais. Dès que vous accordez de votre temps à un concepteur en l’assistant dans la préparation de son projet, cela crée des attentes de sa part. Parfois, il s’imaginera que vous avez davantage d’influence sur la direction que vous ne le prétendez réellement. Parfois, il s’imaginera que vous allez tellement vous attacher au projet que vous allez vraiment le prendre à cœur et tout faire pour qu’il soit accepté.
En fait, vous devez demeurer impartial. Ce qui ne vous empêche pas d’émettre une opinion écrite et de faire quelques suggestions à propos d’un projet. Voici un exemple:
M. Nicolas Rapiou
Adresse ici
Objet : Analyse du projet : « Série télévisée « Sur la route du vedettariat – titre temporaire »
Synopsis du projet reçu:
Le projet consiste à faire une série de 13 émissions de 30 minutes chacune, sur le parcours qu’ont connu des vedettes accomplies et d’autres en devenir. On y présente les bons et les moins bons côtés de la route qui mène de l’anonymat au vedettariat.
Résultat de l’analyse:
Le projet me semble bien présenté, quoiqu’une précision s’impose sur le type de traitement envisagé. S’agira-t-il de documentaires ou d’émissions de divertissement?
Il est important de le prévoir avant d’aller plus loin. Les deux types sont très différents et entraînent des coûts de production également différents. Tel qu’il est actuellement rédigé, votre projet semble être un mélange de deux genres. Il serait préférable de choisir une des deux catégories, tant pour la crédibilité du projet que pour en permettre une analyse éclairée.
Le documentaire serait plus coûteux à produire, à cause de la narration, de la préparation qu’il implique et des nombreuses heures de tournage, en temps réel, afin de réunir le matériel visuel nécessaire. Le divertissement, quant à lui, peu coûter moins cher parce qu’il est moins rigoureux et qu’il profite davantage de la spontanéité de l’action et des commentaires pris sur le vif. On peut tourner plusieurs émissions du genre dans une seule journée. Ce qui ne saurait être le cas du documentaire.
Les noms d’artistes invités potentiels, qui sont mentionnés dans votre projet, doivent être réels. Il est évident que si vous pouvez joindre deux ou trois acceptations de participations écrites, de la part d’artistes reconnus, vous augmentez vos chances que votre projet se distingue des autres.
Sur le plan de l’idée, elle est certainement originale et digne d’intérêt. Si la direction a la même perception, si la compétition n’a pas traité le sujet, si les coûts de production sont acceptables, ce projet peut se distinguer des autres qui seront présentés au comité de sélection.
J’espère que ces quelques renseignements vous seront utiles.
Cordialement,
XYZ,
Recherchiste

UN MOYEN POUR RÉDUIRE LES ATTENTES DES CONCEPTEURS

Un concepteur est une personne qui créé des projets télévisuels ou autres. Cela peut être tout le monde, comme cela peut être aussi une personne réputée. Il est utile de savoir négocier et traiter avec eux. Ne sachant jamais à l’avance si un concepteur ne fera que passer dans votre vie en coup de vent ou deviendra l’initiateur du projet de l’année. Un moyen qui permet de réduire les attentes des concepteurs vis-à-vis de vous et votre participation à son projet, consiste à toujours répondre à une demande d’analyse par courrier ou par courriel.

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La réponse écrite est moins engageante et toujours plus détachée, émotionnellement, que la réponse de vive voix, par téléphone ou en personne. Encore faut-il bien entendu que vous mesuriez vos propos dans vos écrits. L’objectif de l’écrit est ici principalement de réduire le risque de malentendu.

DOIS-JE M’ATTENDRE À RECEVOIR BEAUCOUP DE PROJETS?

Plus vous serez reconnu dans le milieu, plus vous serez consulté sur des projets. Remarquez que, dans de nombreuses entreprises, ce ne sont pas les recherchistes qui donnent les réponses aux concepteurs de projets, ce sont les comités de sélection eux-mêmes. Toutefois, ça n’empêche pas les concepteurs de considérer que le recherchiste, qui l’a assisté jusqu’à un certain point dans sa préparation de projet, a une part de responsabilité dans cette réponse, si elle est négative.
Note: Assister un concepteur signifie accueillir son projet et en évaluer la pertinence dans le cadre de votre travail. Ensuite vous pouvez soit le guider vers l’amélioration du projet, si vous le pensez vraiment valable pour votre employeur (sans devenir le professeur ou l’assistant du concepteur pour autant) ou encore lui expliquer que le projet ne correspond pas à votre créneau d’opération, selon le cas.
Notez que, dans de nombreuses entreprises, les projets sont présentés directement au comité de sélection de la direction et ne passent pas par les recherchistes, du moins pas dans leur phase préparatoire. Toutefois, dès qu’un concepteur entend parler d’un recherchiste le moindrement reconnu et efficace, il veut profiter de cet avantage et le projet se retrouve entre ses mains, qu’il le veuille ou non.
Nous sommes toujours libres de les refuser, mais il serait utopique de s’imaginer de n’avoir jamais à s’en mêler. Si Gérard Depardieu vous donne un coup de fil et vous demande un rendez-vous pour discuter d’un projet – essayez seulement de lui dire non.
D’autre part, assister les concepteurs, reconnus ou inconnus, dans la préparation de leur projet, peut vous en apprendre beaucoup sur les concepteurs eux-mêmes et vous faire découvrir les meilleurs. Vous en apprendrez aussi énormément sur la préparation des projets et sur les choses à faire pour obtenir du succès dans une présentation.
N’oubliez pas que, en tant que recherchiste, vous aurez certainement envie, quelle que soit l’entreprise pour laquelle vous travaillerez, média, gouvernement, agence de pub ou manufacturier, de présenter vos propres projets. En plus de votre travail habituel, vous aurez du pain sur la planche.
C’est tout à fait prévisible, car vous serez probablement la personne la mieux placée pour faire des projets. Votre connaissance des attentes du public, votre connaissance des intérêts de la direction et votre connaissance de la présentation des projets, vous avantageront nettement par rapport aux concepteurs de l’extérieur.
C’est là une des raisons qui expliquent la mouvance des recherchistes en télévision. Nombre des intervenants actuels dans le monde de l’audiovisuel étaient d’abord recherchistes. Ils ont simplement trouvé une voie qui leur a semblé encore plus tentante et l’ont empruntée. Cela a au moins le mérite de laisser de la place aux nouveaux recherchistes.
Il faut savoir aussi que, si un projet n’est pas accepté, ce n’est pas toujours qu’il soit inintéressant. Souvent, il est simplement en dehors de la bonne période de présentation, comme un projet sur le ski au mois de juillet, ou encore c’est qu’il lui manque quelques éléments pour être valable. La direction fournira souvent, au recherchiste, des renseignements précis sur les raisons du refus.
Dans le cas où le concepteur présente directement son projet à la direction, sans passer par un recherchiste, il ne saura jamais les vraies raisons du refus, surtout si le projet était « presque » accepté. Ceci tout simplement parce que la direction, par expérience, ne veut pas se lancer dans une ronde de présentations/ajustements à répétition avec le concepteur.
Ce qui signifie, en termes plus clairs, que si le concepteur apprend les raisons du refus, il modifiera son projet afin qu’il corresponde aux attentes et le présentera à nouveau. Souvent, ce n’est pas encore tout à fait ça, même à la seconde présentation. La direction se retrouvera alors à devoir expliquer encore plus précisément ses attentes.
Le concepteur modifiera encore une fois son projet et tout recommencera. Bref, c’est laborieux, compliqué et très éprouvant pour le concepteur qui se sent à un cheveu de réussir sans pour autant y parvenir comme il le souhaiterait.
Par contre, le concepteur de projets expérimenté et reconnu de la direction, dont les projets antérieurs ont été acceptés, ne subira pas le même traitement. Au contraire, il arrivera que la direction souhaite travailler en étroite relation avec lui, sachant bien qu’il est à la hauteur et en mesure de livrer la marchandise. Le temps investi est rentable pour la direction.
Vous devinez aussi que ces relations privilégiées, avec certains concepteurs de projets, amènent parfois des situations « délicates ». Ainsi, il arrive qu’un projet présenté par un inconnu soit refusé pour ensuite être confié à un concepteur connu de la direction.
Entendons-nous bien, nous ne parlons pas ici de plagiat ou de vol de projet. Nous parlons de récupérer une idée ou une partie de projet, soumis par un inconnu ou un débutant, mais considéré par la direction comme étant le début de quelque chose de valable, pour un concepteur compétent.
Il faut savoir que la propriété intellectuelle ne permet pas à un concepteur de protéger son idée, mais seulement la manière dont il la concrétise.
Autrement dit, si le concepteur présente un projet de jeu télévisé à bord d’un train en marche et que son idée est mal développée, ennuyeuse et qu’il rate le but, la direction pourra dire que l’idée de concevoir un jeu télévisé dans un train en marche peut être intéressante. Elle pourra mettre plusieurs concepteurs sur le projet et chacun fournira son projet de jeu tourné dans un train en marche.
Au final, chacun de ces jeux pourra être protégé par un copyright, comme l’était la toute première version présentée par l’inconnu, car chacun de ces jeux sera unique dans sa forme, son traitement et ses particularités. C’est ce qui le rend éligible à un droit d’auteur. Par souci d’éthique, si elle s’est inspirée d’une idée d’un concepteur, la direction va généralement préciser dans les émissions « Une idée originale de » et accorder une certaine rétribution à celui qui a trouvé l’idée qui les aura mis sur la piste d’une formule gagnante.
Autrement, chaque fois qu’une personne vous proposerait une idée, vous devriez tenir à jour un grand registre vous informant que telle ou telle idée est déjà présentée et appartient à telle personne. Donc, il suffirait qu’un concepteur présente l’idée d’un jeu télé dans un train en marche pour que personne d’autre dans le pays ne puisse développer aucun jeu du genre. Ce serait un non-sens et… appliqué en médecine, aucune entreprise ne pourrait développer un meilleur vaccin que celui qui existe déjà ou une meilleure pilule. Il n’y aurait plus d’évolution et même la télévision couleur n’existerait pas.
Ce qui ne veut pas dire qu’une direction puisse se permettre de refuser le projet de quelqu’un pour le refiler à un concepteur ami. Le projet refusé par la direction ne peut être copié à l’identique, ni en totalité ni en partie. L’idée de base, reprise, doit être présentée sous une forme totalement différente de celle qui a été refusée. Si le concepteur retrouve dans un projet en ondes une partie du projet qu’il avait présenté et qui a été refusé, il a matière, de sa part, à poursuite pour plagiat. Le principe du refus d’un projet doit être basé sur la non-valeur du projet tel qu’il a été présenté. Si une partie du projet présenté et refusé est reprise dans un projet différent, il y a copie partielle, ce qui est illégal.
Le recherchiste est parfois un peu le chien de garde des droits d’auteur du concepteur, lorsqu’il est le premier à recevoir le projet et à le voir. La direction consultera d’ailleurs fréquemment le recherchiste, s’il y a le moindre doute, quant à un projet bâti à partir d’une idée mal présentée par un concepteur, idée qui aura été refusée.

ET LORSQUE LE PROJET EST ACCEPTÉ …

Sans être négatif, mais pour demeurer réaliste par rapport à notre profession, préparez-vous à découvrir que la reconnaissance n’est pas un mot très en vogue.
Curieusement, lorsqu’un projet présenté par un concepteur à un recherchiste ne passe pas, le recherchiste est assez souvent blâmé, comme nous l’avons expliqué, surtout si le recherchiste n’a pas su conserver ses distances face au projet et à son concepteur.
À l’opposé, lorsque le projet est accepté, bien des concepteurs se font aussitôt très discrets, se contentent d’un remerciement plus ou moins précis auprès du recherchiste et éviteront de colporter partout que « sans le recherchiste XYZ » le projet n’avait pas beaucoup de chance de passer.
La raison de cette attitude? L’argent, ou plus précisément, l’inquiétude de voir le recherchiste réclamer une partie des revenus de conception du projet. Or, c’est tout à fait injuste car le recherchiste qui assiste un concepteur dans sa préparation d’un projet, le fait, généralement, dans le cadre de son travail et est payé pour le faire.
Le concepteur n’a donc pas à craindre de devoir des droits d’auteur ou autres. Malheureusement, la plupart des concepteurs ne sont pas très au fait de ces questions et réagissent comme ils le font simplement par ignorance. Certains recherchistes, afin d’éviter toute ambiguïté, vont ajouter la note 1 dans leur analyse de projet, tel qu’indiqué dans cet exemple:
M. Nicolas Rapiou
Adresse ici
Objet : Analyse du projet : « Série télévisée « Sur la route du vedettariat – titre temporaire »
Synopsis du projet reçu:
Le projet consiste à faire une série de 13 émissions de 30 minutes chacune, sur le parcours qu’ont connu des vedettes accomplies et d’autres en devenir. On y présente les bons et les moins bons côtés de la route qui mène de l’anonymat au vedettariat.
Résultat de l’analyse:
Le projet me semble bien présenté, quoiqu’une précision s’impose sur le type de traitement envisagé. S’agira-t-il de documentaires ou d’émissions de divertissement?
Il est important de le prévoir avant d’aller plus loin. Les deux types sont très différents et entraînent des coûts de production également différents. Tel qu’il est actuellement rédigé, votre projet semble être un mélange de deux genres. Il serait préférable de choisir une des deux catégories, tant pour la crédibilité du projet que pour en permettre une analyse éclairée.
Le documentaire serait plus coûteux à produire, à cause de la narration, de la préparation qu’il implique et des nombreuses heures de tournage, en temps réel, afin de réunir le matériel visuel nécessaire. Le divertissement, quant à lui, peut coûter moins cher parce qu’il est moins rigoureux et qu’il profite davantage de la spontanéité de l’action et des commentaires pris sur le vif. On peut tourner plusieurs émissions du genre dans une seule journée. Ce qui ne saurait être le cas du documentaire.
Les noms d’artistes invités potentiels, qui sont mentionnés dans votre projet, doivent être réels. Il est évident que si vous pouvez joindre deux ou trois acceptations de participations écrites, de la part d’artistes reconnus, vous augmentez vos chances que votre projet se distingue des autres.
Sur le plan de l’idée, elle est certainement originale et digne d’intérêt. Si la direction a la même perception, si la compétition n’a pas traité le sujet, si les coûts de production sont acceptables, ce projet peut se distinguer des autres qui seront présentés au comité de sélection.
J’espère que ces quelques renseignements vous seront utiles.
Cordialement,
XYZ,
Recherchiste
Note 1- Cette analyse a été faite dans le cadre de mes activités professionnelles et la ou les suggestions apportées sont libres de droits. Le concepteur est donc libre de les utiliser à sa guise.

RECONNAÎTRE LES RÊVEURS QUI NOUS FERONT PERDRE NOTRE TEMPS

Lorsqu’on se fait connaître en tant que recherchiste, deux éléments principaux attirent vers nous les rêveurs, ceux qui rêvent de créer un projet dans notre secteur d’activité. Chez les manufacturiers de biens de consommation, ce seront des inventeurs s’imaginant que le fait de dévoiler leur idée va les rendre millionnaires.
Chez le diffuseur radio ou télévision, ce seront les créateurs toutes catégories croyant avoir enfin trouvé une idée à laquelle PERSONNE n’a jamais pensé auparavant.
Chez les agences de pub, ce seront des « idéateurs », des gens qui prétendent avoir le cerveau en ébullition constante, qui sont certains d’avoir trouvé la nouvelle manière d’annoncer des produits. Bref, votre travail peut vous attirer une foule « d’artistes créateurs » quel que soit votre domaine de recherche.
La plupart du temps le rêveur typique se distingue par son incroyable impatience et s’élimine, tout naturellement, grâce à la même impatience.
Le meilleur truc que nous puissions vous donner, lorsque vous tombez sur quelqu’un qui vous semble un peu trop « particulier », consiste à lui donner un rendez-vous dans un mois. 99% des rêveurs sont incapables de soutenir leur rêve pendant tout ce temps et passeront à un autre projet, sans se présenter au rendez-vous convenu. (La plupart d’entre eux n’appellent même pas pour annuler le rendez-vous.)
Une autre manière de dépister ces rêveurs, c’est de leur dire que vous allez les rappeler dans deux semaines. (Il faut cependant le faire absolument). Lors de l’appel, vous vous identifiez et vous précisez que vous appelez en rapport avec son projet à propos duquel vous vous empressez de demander une précision. Le rêveur typique ne saura généralement pas quoi vous répondre.
Croyez-le ou non, il se demandera souvent même de quel projet vous parlez car, depuis deux semaines, n’ayant pas eu de résultat instantané sur le projet pour lequel il vous a rejoint, il aura poursuivi ses réflexions et trouvé une ou plusieurs autres idées « géniales ».
Vous constaterez rapidement qu’il ne sait pas très bien de quel projet vous parlez et vous serez à même de conclure que vous faites fort probablement affaire avec une personne qui vous fait perdre votre temps.
Solution : Dites-lui que vous aimeriez qu’il vous fasse parvenir un dossier aussi complet que possible sur le projet en question et précisez que le dossier doit contenir un C.V. dans lequel se trouvent ses réalisations, soit tous les projets antérieurs qu’il a concrétisés, quel qu’en soit le domaine.
Comme la très grande majorité de ces rêveurs ne passe jamais aux actes, qu’ils se passionnent surtout pour la recherche même d’une idée, ils ne sont pas en mesure de fournir un tel C.V. et s’éliminent par eux-mêmes.
La plupart du temps, le rêveur typique se distingue par son incroyable impatience… et s’élimine tout naturellement, grâce à la même impatience.

UNE MÉTHODE SIMPLE POUR ANALYSER UN PROJET

Voici une méthode en 9 points, toute simple :
1- Qui est le concepteur du projet et quelle est son expérience antérieure?
2- Quel est le sujet principal du projet et a-t-il été traité au cours des 24 derniers mois?
3- Quels sont les sujets secondaires du projet et ont-ils été traités (24 derniers mois)?
4- Le ou les sujets proposés sont-ils pertinents pour l’entreprise? (Une chaîne de télévision voudra-t-elle parler de la sexualité des vers de vases en Papouasie centrale ou un manufacturier de couches voudra-t-il d’un projet de fabrication de lampes?)
5- La présentation du projet est-elle claire et complète? Faut-il des précisions?
6- Le moment auquel le concepteur compte présenter son projet est-il opportun?
7- Le budget présenté, si c’est le cas, est-il réaliste?
8- Le projet jouit-il de recommandations de la part de certaines personnes? (Un projet sur la médecine ayant l’approbation de plusieurs médecins a plus de chance d’être accepté)
9- Le concepteur a-t-il produit un synopsis efficace pour présenter son projet?
Pour répondre à la plupart de ces questions, vous aurez besoin des données fournies par l’entreprise pour laquelle vous travaillerez. Les sujets traités au cours des deux dernières années, la pertinence des projets par rapport aux intérêts de l’entreprise, le moment idéal pour faire une présentation, le budget selon les cours internes de production, etc.
Mentionnons que le synopsis est fondamental. Un concepteur sans expérience, peu ordonné et manquant de structure ne pourra vous fournir un synopsis court et efficace. Il vous parlera pendant 20 minutes de son projet et vous n’aurez probablement qu’une vague idée de ce qu’il a en tête. Nicolas Boileau a écrit en 1664: « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément »
La présentation écrite d’un projet force le concepteur à mettre de l’ordre dans ses idées, il convient donc de toujours demander aux concepteurs de présenter un projet par écrit.
Exemples de synopsis:
-1- LES SANS-ABRIS
Série de documentaires télévisés
Une série télévisée qui nous permet de découvrir la vie des sans-abri à travers les yeux de Michael, Sam et Roméo, trois personnes qui ont passé les 15 dernières années dans la rue.
-2- LA COUCHE VERTE
Projet de fabrication d’une couche jetable, biodégradable, fabriquée selon un nouveau procédé à partir de papier et de tissus recyclés.

ANECDOTE

« J’aimerais avoir votre avis sur mon projet, un peu complexe. »
Un vendredi vers 15h30, un recherchiste qui n’est plus qu’à quelques jours de la retraite reçoit un appel d’un homme à la voix posée.
Je suis en ville, de passage, pardonnez mon sans-gêne, je sais que c’est le weekend qui commence, mais j’ai beaucoup entendu parler de vous et je voudrais vous parler. Je serai à votre bureau dans 15 minutes tout au plus, si vous le permettez…
Déstabilisé par la fatigue de la semaine, sans doute relâché un peu par l’ambiance de fin de journée, le recherchiste demande quelques précisions sur le but de la rencontre, évidemment. L’homme évite adroitement de répondre et le recherchiste accepte de l’accueillir quand même.
Une heure plus tard, tous les bureaux sont vides dans l’immeuble, sauf celui de notre recherchiste qui se trouve en face d’un homme qui parle sans arrêt depuis son arrivée.
Pour la énième fois, le recherchiste tente de l’interrompre et cette fois il insiste tellement qu’il y parvient.
J’ai une question à vous poser monsieur, une question que je me pose depuis une heure déjà.
Laquelle, demanda l’homme.
De quoi est-ce que vous me parlez exactement?
Un jour ou l’autre, si ce n’est pas déjà fait, vous aurez l’occasion de rencontrer une de ces personnes qui ne semble pas avoir la capacité d’exprimer clairement ses pensées. Pour ces gens, un résumé est souvent impossible à concevoir.

PRIVILÈGE ET RESPONSABILITÉ

Par sa position le recherchiste documentaliste dispose d’un bon nombre de privilèges. Il reçoit gratuitement les nouveaux livres, les nouveaux magazines, les nouveaux films, les nouveaux disques, il est invité aux spectacles, aux 5 à 7, aux activités de promotion, etc. De plus, assez souvent, l’employeur n’est pas trop regardant sur tous ces petits cadeaux, considérés comme étant des outils de travail.
Le recherchiste dispose donc assez fréquemment, chez lui, d’une large bibliothèque, d’une belle collection de disques, etc.
Attention toutefois à ne pas vous laisser acheter. Si, de manière systématique, un producteur de disque entend parler, dans les émissions dont vous vous occupez, de chacun des disques qu’il vous envoie, autant lui faire parvenir le message qu’il peut compter sur vous. Il vaut mieux établir vos distances et ne pas parler de TOUT ce que vous recevez. Ne promettez rien, même au plus sympathique et au plus convaincant des producteurs. Rabattez-vous toujours sur le fait que le réalisateur doit prendre la décision finale, que vous allez lui en parler sans faute. Encore ici, il vaut mieux éviter de créer des attentes.
Si vous êtes recherchiste dans un autre type d’entreprise que celles en diffusion, vous serez aussi fatalement courtisé. Cela se produira graduellement, dès que les fournisseurs extérieurs auront eu vent de votre efficacité à présenter et défendre des projets auprès de la direction.
Vous allez vous retrouver, que vous le vouliez ou non, avec pas mal de gens qui s’intéresseront à vous. Vous devrez alors garder la tête froide et les pieds sur terre. Ne pas vous engager personnellement, ne pas vous placer en situation de conflit d’intérêts (comme prendre un contrat de préparation de projet pour un fournisseur qui tente de vendre un projet à la société pour laquelle vous travaillez).

PIÈGES DU MILIEU À CONNAITRE

Sans tomber dans le « James Bond Style », il existe, dans notre milieu, des pièges à éviter. Celui le plus fréquent consiste à placer sur le parcours du recherchiste une personne qui va tout faire pour établir des liens dépassant le cadre professionnel. Ces personnes, dont les intentions sont de profiter d’un contact privilégié sont difficiles à dépister. Seuls le temps et leur manque de persévérance peuvent les trahir. Ce sont soit des personnes agissant pour elles-mêmes soit pour le compte d’un fournisseur de la société pour laquelle le recherchiste travaille.
Un autre piège fréquent, « les faux et les vrais recruteurs de bons recherchistes ». Ils sont le plus souvent envoyés par la compétition et nous les rencontrons dans les activités de promotions, les 5 à 7, les grandes premières, etc. Dès que notre réputation commence à s’établir, ils apparaissent, souriants et attentionnés.
Il faut savoir que la plupart de ces offres faites en public sont de la frime. C’est, dans la plupart des cas, une manière pour votre interlocuteur de prendre un ascendant sur vous, une façon de se donner de l’importance en vous signifiant qu’il pourrait avoir à jouer un rôle dans la suite de votre carrière. Dans ces occasions, une réponse toute faite s’impose : « Je suis très bien là où je me trouve. Ça m’étonnerait beaucoup de pouvoir trouver un milieu de travail aussi enrichissant ailleurs. » Etc,.
Par ce genre de réponse, vous ne dites pas que vous n’êtes pas intéressé, vous n’insultez pas votre interlocuteur et pourtant vous annulez complètement sa tentative d’impressionner, vous ne trahissez pas votre employeur (auquel fatalement vos propos risqueraient d’être rapportés un jour ou l’autre) et vous laissez un sous-message, subtil, en utilisant le mot enrichissant dans un sens très large. Si jamais, d’aventure, votre interlocuteur était sérieux, il pourrait comprendre le sous-message suivant: » Faites-moi une proposition dans laquelle vous me démontrez que je serais mieux chez-vous et j’y réfléchirai ».
IDENTIFICATION DES TRICHEURS ET DES PROFITEURS
Les tricheurs et les profiteurs sont là, peu nombreux fort heureusement, mais ils sont là. Un jour ou l’autre vous en rencontrerez un ou une. Il ne faut pas développer de méfiance excessive pour autant, mais il faut s’assurer de projeter une image professionnelle, conforme à ce que vous savez être approprié. Il est très difficile de prendre au piège un recherchiste qui ne s’implique pas personnellement, mais professionnellement. Et le contraire est vrai aussi.
Quatre fois sur cinq, votre instinct vous permettra de détecter les tricheurs et les profiteurs, car ce sont, le plus souvent, de « petites gens » tant sur le plan de l’intellect que de la moralité. Ils se trahissent souvent par les points suivants:
1- Difficulté à soutenir le regard des autres.
2- Incohérence dans les propos
3- Difficulté à répondre aux questions à propos d’eux-mêmes
4- Tendance marquée à ne rien mettre par écrit
5- Quelque chose de faux dans les gestes et/ou les expressions
6- Difficulté à se rappeler et à respecter leurs engagements
Quant à savoir quel danger peuvent représenter les menteurs et les tricheurs pour un recherchiste, c’est simple. Ils peuvent vous mener en bateau et se servir du contact qu’ils ont auprès de vous pour obtenir ce qu’ils veulent d’un autre département qui vous respecte beaucoup et qui diront, si le recherchiste le dit… alors il n’y a pas de problème. Dans les grandes organisations, les quiproquos sont souvent fréquents.
Il se trouve toujours quelques entreprises ou organismes de grande taille qui ne sont pas toujours bien organisés sur le plan des communications.
Un exemple concret:
Tucson, U.S.A
Dans une station de radio de la ville, un psychiatre s’est fait une bonne amie de la plus ancienne recherchiste de la maison. En trois mois, l’homme était au microphone et animait une émission du genre « Un psy à l’écoute ». C’est un autre psychiatre, de passage dans la ville, qui a reconnu l’animateur (par sa voix) comme étant un de ses patients qui s’était enfui d’une grande clinique, six mois plus tôt. Son arrestation a eu lieu tout de suite après la fin de l’émission. Deux personnes furent congédiées parmi le personnel de la station. Le directeur général et… la recherchiste la plus ancienne.
Un conseil pour éviter d’avoir à vivre ce genre de situation…
Lorsque vous traitez avec un parfait inconnu et que ce dernier peut se voir confier des responsabilités à la suite de votre intervention, constituez un dossier de présentation de cette personne. Dans ce dossier devra se trouver une pièce d’identité de la personne. Idéalement, une copie du permis de conduire ou d’une autre pièce avec photo que vous pouvez légalement lui demander de présenter. Si vous sentez que la personne hésite à vous remettre ce document, soyez encore plus sur vos gardes. Dans tous les cas, vous pouvez demander à la direction de faire faire une vérification sur une personne, avant qu’on ne lui confie des responsabilités.
Un recherchiste de la télévision, à Paris, a ainsi découvert que la jeune femme à qui on allait confier l’animation d’une série télévisée pour les enfants, était en fait une personne qui avait été poursuivie pour attouchements et maltraitance sur des enfants. Le même genre de situation s’est produit à Montréal, une recherchiste en milieu éducationnel a découvert qu’un chargé de projet, qui devait débuter prochainement auprès des enfants, était un pédophile notoire. Ce qui lui a mis la puce à l’oreille, c’est un léger malaise qu’elle a perçu chez l’individu lorsqu’elle lui a demandé la permission de faire une copie de son permis de conduire.

ÉTABLIR VOTRE NOTORIÉTÉ DANS LE MILIEU

Votre attitude foncièrement positive, votre calme, vos idées, votre manière de vous insérer dans une équipe et de mettre les AUTRES en valeur, votre travail, votre capacité à vous exprimer clairement et de manière concise, sont autant de facteurs qui vous apporteront de la notoriété.
Le secret c’est… soyez exigeant envers vous.
Pendant votre carrière, vous trouverez toujours des gens de votre entourage pour vous dire que vous êtes trop exigeant envers vous-même.
Nous vous proposons d’envisager plutôt le contraire. Il vaudra mieux vous fixer des buts et identifier vos limites, non pas pour simplement vous contenter de les atteindre, mais pour les dépasser.
Vous allez découvrir que vos buts sont plus faciles à atteindre que vous le croyez, et ce dans la grande majorité de cas. Vos limites ne sont pas souvent celles que vous croyez.
Vous allez fréquemment vous surprendre vous-même dans la pratique de ce métier et ce sont ces constatations qui, les unes après les autres, vous permettront d’acquérir la détermination, la fiabilité et la sagesse dont vous aurez réellement besoin pour faire votre place et atteindre la notoriété qui vous revient.
Évidemment, devant votre écran, en train de suivre ce programme, cette notoriété peut paraître bien éloignée. Alors permettez-nous de vous rappeler que l’ampoule électrique, l’automobile et toutes les grandes créations ont débuté par… une simple idée.
Si, à partir d’une simple idée on a pu créer toutes ces choses, vous devez bien être en mesure, à partir de vos capacités personnelles et de tout ce que contient ce programme, de créer en vous un recherchiste, n’est-ce pas ?

CONNAITRE LES ENTREPRISES ET LEURS RÔLES DANS LE MILIEU

À compter de maintenant, vous devez commencer à vous constituer une liste d’entreprises qui font partie du milieu dans lequel vous désirez travailler. Que vous choisissiez les compagnies d’assurances, la télé, la radio, la publicité ou autres, votre fichier devra contenir le plus de noms, adresses, courriels et numéros de téléphone possible.
Ce matériel vous servira ensuite à vous dénicher un emploi dans la profession, tout au moins à vous trouver un stage conduisant à l’emploi.
Pour trouver les sociétés en question vous aurez d’abord recours aux associations professionnelles.
En effectuant une recherche sur GOOGLE.COM sous les mots clés « Associations des télé-diffuseurs » vous trouverez une page intéressante parmi les résultats.
Pour nos étudiants de France, d’Italie, de Belgique, bref d’Europe, ainsi que pour nos quelques étudiants qui vivent aux U.S.A., vous devrez adapter votre recherche à votre région.
Ceci n’est qu’une piste, vous devez être en mesure de trouver les informations dont vous avez besoin par vous-même. Mentionnons que les étudiants du Québec ont accès à Qui fait quoi: http://www.qfq.com/qui exige un abonnement ou à https://www.apftq.qc.ca, sans abonnement.
En France, le site https://www.indexa.fr serait aussi très utile.

IMPRÉSARIO, AGENT ET AGENCE ARTISTIQUE

Nous avons à travailler régulièrement, dans le milieu du spectacle, ou des médias, avec les représentants des artistes. Ils sont imprésarios, agents, ou encore ils sont regroupés sous une entreprise de représentation artistique, une agence.
Le recherchiste traite avec ces gens comme avec tous les autres, mais à force de travailler ensemble, des liens s’établissent. Immanquablement, on se retrouve au lunch, on va voir un spectacle avec l’un ou l’une d’entre eux, on se croise dans les activités du milieu, etc.
Ici aussi, le recherchiste doit établir une différence entre des relations professionnelles et personnelles. Si vous habituez, dès le départ, les gens qui vous côtoient à une distinction nette entre les deux, vous n’aurez généralement pas de difficulté.
Attendez-vous tout de même à recevoir un coup de fil un jour ou l’autre. Un appel du genre : « Je ne fais jamais ça d’habitude, tu le sais, mais là j’ai un service à te demander, c’est très important pour moi ». Si vous n’avez jamais appris à dire « non » vous devrez très vite apprendre, ou alors vous apprendrez à vivre en prenant des risques… pour les autres.

DÉVELOPPER DES CONTACTS AVEC LES ARTISTES

Évidemment, une partie de votre tâche, si vous travaillez dans les médias, sera de créer un réseau de contacts efficace avec les artistes. Un des meilleurs moyens d’y arriver rapidement est de lancer votre propre projet, auprès de la direction, dans lequel les artistes sont impliqués. Si c’est dans l’intérêt de la station aussi, pourquoi pas?
Comme c’est votre propre projet, vous pouvez exiger d’y être impliqué encore plus étroitement. Vous allez donc vous retrouver régulièrement avec des artistes et en profiter pour les connaître, tout en vous faisant connaître d’eux.
De toute manière vous serez, dans ce milieu, fatalement en contact avec des artistes, même si vous n’êtes pas le concepteur d’un projet les impliquant. Il faudra plus de temps, mais vous aurez la chance de vous créer un réseau de connaissances et de contacts. Ce n’est qu’une question de patience.
Mise en garde: Plus un artiste est reconnu plus il mettra du temps et de la distance dans ses relations avec les nouveaux venus, pour les raisons énoncées plus haut. Tenez-en compte, ne bousculez pas trop les choses et apprivoisez les plus reconnus graduellement.
C’est à force de vous voir dans leur environnement qu’ils en viendront à voir autre chose en vous qu’un admirateur déguisé en recherchiste. Une fois que vous serez intégré dans leur monde, ce sera pour longtemps, dans la mesure où vous le souhaiterez, bien entendu.

VIVRE SELON SES MOYENS

Un recherchiste ne gagne pas un salaire de chanteur reconnu, inutile de le préciser et pourtant il est certainement bon de rappeler que bien des recherchistes vivent constamment sur la corde raide, financièrement. Il est, en effet, très facile de se mettre à considérer comme « normal » de s’offrir une bouteille de vin au restaurant trois fois par semaine, de s’acheter de nouveaux vêtements coûteux tous les mois, de faire plusieurs voyages par année, etc.. Lorsqu’on est recherchiste dans les médias, le milieu nous aspire et nous pousse vers un train de vie qui est inaccessible à un recherchiste.
Il faut garder la tête froide. Au départ, le salaire varie, généralement, de 30,000$ à 50,000$ par an, soit 20000 à 40000 euros, en fonction des endroits et du milieu. Il atteint assez rapidement les 40,000$ – 30 000 euros environ. (Il s’agit ici du salaire brut, donc avant imposition).
Il faut cependant mentionner que la plupart des entreprises confie des contrats spéciaux à leurs recherchistes, des contrats effectués le soir et les weekends, qui peuvent être très payants. Il n’est pas rare de voir un recherchiste atteindre 50,000$ (40,000 euros) et plus, de revenus par an, lorsqu’il accepte de tels contrats en plus de son travail régulier.
Mentionnons aussi que les recherchistes reconnus sont aussi fréquemment engagés à contrat, dans leur temps libre, par des entreprises non-compétitrices à celle pour laquelle ils travaillent et que ces contrats (très courts, habituellement moins de 40 heures) sont payés entre 20$ et 50$ l’heure. (12 à 32 euros)
Attention toutefois à ne pas trop vous gâter, nous avons vu des recherchistes ayant fait quelques bons contrats à 50$ (32 euros) l’heure, se sentir ensuite carrément exploités par leur employeur régulier qui leur donnait un salaire en rapport avec le marché. Il faut savoir faire la distinction entre un salaire qui rentre régulièrement et un revenu de contrat occasionnel.
Certains recherchistes ne font que des contrats « à la pige » parce que c’est plus payant disent-ils. Dans la réalité, cela revient souvent au même, surtout sur une période de 5 ans, car il y a parfois des périodes creuses dans les contrats à la pige.
C’est une affaire de choix personnel. Si vous pouvez vivre avec le stress de ne pas savoir à quoi vous travaillerez le mois prochain, vous serez récompensé par le fait que vous n’aurez pas à vous rendre au bureau à 9h00 tous les matins. À chacun ses choix.

UNE MÉTHODE POUR SE RAPPELER DES NOMS DES GENS RENCONTRÉS.

Dans une conversation, répétez le nom d’une personne qu’on vous présente par trois reprises en moins de quelques minutes. Vous imprégnez ainsi votre mémoire. C’est un moyen qu’utilisent les politiciens depuis des lustres.
Si vous êtes témoin de la rencontre entre un politicien et un nouveau venu, vous entendrez souvent ce politicien « placer » trois fois le nom du nouveau venu dans la conversation. L’air de rien, il imprègne sa mémoire et c’est d’autant efficace qu’on le répète souvent.
Cela devient un conditionnement positif pour le cerveau. On se place en mode « mémorisation » tout à fait consciemment. Et c’est beaucoup plus positif, comme approche, que de se répéter le sempiternel « ah moi, la mémoire des noms vous savez… »

TRAVAILLER SUR DES REPORTAGES POUR LA TÉLÉVISION

(Puisqu’il arrive que nos compétences de recherchistes documentalistes soient parfois mises à contribution dans la préparation des reportages de télévision, voici des éléments sur ce sujet qui pourront vous être utiles.)
Le reportage présente une suite d’informations recueillies plus ou moins spontanément sur le terrain. Bien entendu, le réalisateur pourra orienter son reportage et choisir de l’utiliser dans un but précis, mais généralement, le reportage se veut « objectif ».
Le but premier du reportage est d’informer l’auditoire sur une situation donnée et non de faire de la propagande.
Le tournage du reportage implique généralement les règles suivantes :
– Caméra dynamique, qui doit coller à l’action
La caméra suit les intervenants, les protagonistes. Elle colle à l’action et permet au spectateur de découvrir ce qui se passe comme s’il était là. On privilégie la caméra à l’épaule, libre de ses mouvements. Le trépied ne sera utilisé que pour certains plans, tels les paysages ou les présentations d’objets fixes. On pourrait presque dire que la caméra sera à l’épaule si le sujet filmé est mobile et sur trépied, si le sujet est fixe.
– Mise en place des intervenants réduite au minimum
Il vaut mieux, dans un reportage, ne pas modifier la réalité et saisir ce qui se passe comme cela se passe. On appelle cela, la politique de « non-intervention ». Contrairement à ce qui se fait dans les tournages des entrevues où on peut modifier le décor en accord avec le sujet traité, nous n’intervenons pratiquement pas sur les décors dans un reportage et sur la position des gens devant la caméra.
La préparation du reportage est assez simple. On trouve un sujet, un lieu et on s’y présente avec la caméra. Évidemment, le réalisateur et le journaliste, si journaliste il y a dans le projet, devront posséder des connaissances de base sur le sujet sur lequel ils comptent faire un reportage, sans quoi, ils risquent de rater des éléments d’apparence anodine, mais qui au fond peuvent être importants.
Ces connaissances de base sont parfois le fruit du travail du recherchiste documentaliste. Il aura fait un précieux travail de recherche. Par exemple, dans le cas d’un reportage sur le trafic des objets d’art, le recherchiste pourra avoir fait une recherche sur le marché noir des objets d’art anciens.
Les renseignements trouvés seront remis au réalisateur et au journaliste. Il va sans dire que certains journalistes font leurs recherches eux-mêmes. Mentionnons au passage que certains d’entre eux sont d’ex-recherchistes documentalistes qui se sont trouvé une nouvelle passion.
Au niveau du montage du reportage, le réalisateur devra prendre bien garde à ne pas donner une impression générale volontaire en faisant la sélection des images et des entrevues ou des témoignages qu’il présentera. L’objectivité demeure de mise. Ici, le réalisateur, se sentant parfois trop impliqué dans le sujet, consultera à l’occasion le recherchiste afin d’obtenir une opinion impartiale.
Plusieurs recherchistes ont en mémoire ce reportage sur un commerçant magouilleur, au cours duquel le monteur, qui travaillait seul au montage du reportage, sans recherchiste ni réalisateur à ses côtés pour le guider, avait inversé, par erreur, les rôles des personnes impliqués.
Il avait monté le reportage de manière à dénoncer un honnête commerçant opérant depuis 30 ans comme étant la pire des racailles, et de manière à encenser le magouilleur qui avait floué des dizaines de personnes. Les excuses n’ont servi à rien, la réputation de l’honnête commerçant a tellement souffert de la diffusion de cette erreur, qu’il a été contraint de déposer le bilan.
Votre sens professionnel peut aller jusqu’à vous pousser à vous assurer que le contenu final de la production correspond bien aux attentes du départ. Il n’est pas rare de voir un recherchiste d’expérience EXIGER de voir le produit fini avant sa diffusion. C’est son privilège et les réalisateurs consciencieux sont toujours d’accord. Pour eux, c’est une saine précaution.

À PROPOS DES TOURNAGES DE REPORTAGES

L’équipe doit toujours être prête à tourner. Si le sujet peut se manifester n’importe où, par exemple dans le domaine touristique, pendant la pause, au restaurant, à l’hôtel, la précieuse caméra doit être prête. Il doit toujours y avoir des batteries chargées en réserve et à porté de la main, ainsi que des cassettes vierges, si la caméra enregistre sur ce genre de support bien évidemment.
Dans les endroits où la présence de la caméra dérange, on peut tourner quand même, avec un grand angle pour couvrir le plus grand champ de vision possible. L’air de rien, le cameraman peut se promener sans même regarder ce que tourne la caméra. Ne le voyant pas surveiller son œilleton de caméra (l’endroit où il regarde habituellement), les gens penseront qu’il ne filme pas.
En ce qui concerne les reportages sur les sujets sensibles, tels la pédophilie, l’homophobie, le racisme, la torture, le blanchiment d’argent, la pègre, le commerce de la drogue, etc. le réalisateur et son équipe doivent être couverts par un organisme reconnu qui leur confie le mandat par écrit.
Ce document écrit, signé par au moins deux des membres de la direction de l’organisme qui commande le reportage sera vital en cas de problème avec les autorités.
Il y a des sujets qu’il vaut mieux ne pas toucher, à moins d’avoir une grande expérience et de disposer d’une certaine protection dans le milieu dans lequel se déroule le reportage en question.

Sur le plan technique, il est bon de savoir que les tournages près de la mer posent des contraintes techniques. L’air salin et les embruns (bruine salée très fine) peuvent atteindre les mécanismes internes de la caméra aussi loin qu’à un kilomètre de la plage, selon la puissance des vents. Il faut toujours avoir un sac étanche dans lequel on place la caméra lorsque l’on tourne près de la mer.
Si vous voyagez « léger », l’équipe délaissera probablement le trépied de caméra conventionnel et apportera plutôt un « monopode ». C’est une sorte de patte unique qui sert à supporter la caméra. Cela ne fait pas d’aussi belles images qu’un trépied, mais c’est plus stable qu’à l’épaule.

Le « monopod ». La caméra se fixe à son extrémité supérieure. Le pied est muni de pattes de caoutchouc qui l’empêche de glisser sur le sol. Le « monopod » ne permet pas de faire des mouvements aussi stables que le trépied. Par contre, il est d’une grande utilité parce qu’il permet de tourner des plans plus stables que l’on ne saurait le faire en portant la caméra à l’épaule.

INTERVIEW : UNE BONNE TECHNIQUE, LA QUESTION DANS LA RÉPONSE

Lorsque vous n’avez pas d’animateur ou de journaliste à vos côtés, pour poser des questions lors des tournages de reportage, plus précisément lors des entrevues spontanées, autrement dit, que vous travaillez seul avec le réalisateur ( c’est fort possible oui ), vous les posez vous-même ces questions. Toutefois, vous demandez à votre invité de débuter sa réponse par quelques mots que vous lui indiquerez, mots qui sont en fait un résumé de la question.
Par exemple :
À quand remonte la création de cette entreprise?
Vous demandez à l’interviewé de débuter sa réponse par les mots :
L’entreprise a été fondée en …
De cette manière, on saura tout de suite de quoi il parle. Évidemment, cette méthode est inutilisable avec des gens qui sont indisposés par la seule présence de la caméra. Dans ce cas, posez les questions et le réalisateur se débrouillera au montage. Il aura la possibilité d’ajouter les questions en studio, de les écrire en bas d’écran ou encore de faire le montage de manière à ce que l’on sache de quoi il est question, sans plus.

UN DOCUMENTAIRE POUR LA TÉLÉVISION

Le documentaire se distingue du reportage par le fait qu’il présente une suite d’informations, le plus souvent déjà connues, dans une formule pré établie. Autrement dit, le réalisateur rassemble les informations fournies par le dossier de recherche (c’est là notre première intervention car les documentaires impliquent un recherchiste documentaliste qui fera la recherche) et les présente d’une manière qu’il choisit selon l’objectif qu’il souhaite atteindre.
Un documentaire-vérité, dont l’objectif est de provoquer une prise de conscience chez l’auditoire, sera tourné et préparé en fonction de cet objectif. Le but premier du documentaire est d’instruire l’auditoire sur un sujet donné. Par exemple, l’importance du condom pour se protéger contre le sida.
Le tournage du documentaire implique généralement les règles suivantes :
Caméra dynamique, qui doit coller à l’action là où une action est présente et caméra statique, non participative, lorsque le sujet prend la forme d’un exposé. La caméra suit les intervenants, les protagonistes, elle colle à l’action et permet au spectateur de découvrir ce qui se passe tel que le réalisateur le souhaite et dans l’esprit de son plan de travail tout comme dans l’atteinte de son objectif. On privilégie la caméra à l’épaule, libre de ses mouvements seulement dans les segments pertinents, tels les déplacements d’experts que l’on suit sur le terrain (comme dans un documentaire sur le creusage d’un tunnel). Cependant, le trépied sera utilisé aussi souvent que possible car l’effet général des plans tournés au trépied demeure une marque de qualité, de professionnalisme, aux yeux du spectateur. Un documentaire entièrement tourné à l’épaule laisse une perception de tournage moins soigné, du moins dans bien des cas. Connaissant cette situation, le recherchiste documentaliste recherchera tous les éléments visuels pertinents.
Mise en place des intervenants dans le respect de la réalité.
On peut faire une certaine mise en scène dans le documentaire, mais, généralement, il vaut mieux, comme pour le reportage, ne pas modifier la réalité et saisir ce qui se passe comme cela se passe (politique de non-intervention). Toutefois, pour atteindre l’objectif visé, vous et le réalisateur devrez parfois adapter quelque peu la réalité. Par exemple, dans un documentaire sur le creusage d’un tunnel, et sur l’efficacité des machines qui creusent, vous ne pourrez filmer la pose des plaques de support sans laisser paraître une extrême lenteur du système, mais vous pourrez prendre arrangement avec les techniciens pour qu’ils modifient leur manière de travailler juste le temps de tourner les images qu’il vous faut, votre but étant de donner l’impression au spectateur que le creusage est rapide. Dans les faits, il l’est réellement et vous ne trichez pas, mais vous savez que si vous présentez les opérations de creusage en vous rapprochant autant que possible du temps réel de travail, l’impression qui se dégagera de votre documentaire c’est plutôt que ces machines sont de grosses tortues terriblement lentes. Tout est dans la présentation que vous en ferez.
La différence entre le documentaire et le reportage apparaît surtout dans la préparation et dans le montage.
La préparation du documentaire exige d’abord de faire une recherche aussi complète que possible sur le sujet et sur le lieu où le sujet sera tourné. Ainsi, un documentaire sur les immigrés du Sénégal impliquera une recherche auprès du ministère concerné, auprès des immigrés d’ici, auprès des organismes d’aide aux immigrés d’ici et, si le budget le permet, une recherche dans le but de planifier un tournage au Sénégal, afin de présenter le pays d’origine et les conditions de vie qu’ont connues les immigrés avant leur arrivée.

La préparation du documentaire

Tout le succès de la préparation du documentaire réside dans la recherche. Si la recherche sur le sujet et sur les lieux de tournages (et leurs particularités) est bien effectuée, le reste est facile. En fait, le réalisateur doit posséder toutes les informations accessibles sur le sujet AVANT d’aller tourner. Ceci lui permettra de distinguer, pendant le tournage, les éléments sur lesquels il devra insister des éléments sur lesquels il devra passer rapidement.
Évidemment, si vous faites un documentaire à caractère touristique, dont l’objectif est d’attirer les foules dans un coin de pays, la recherche sera moins essentielle car le sujet vous donne beaucoup de latitude en lui-même. Dans un tel cas, la profondeur de la recherche, avant le départ pour le tournage, sera inversement proportionnelle à la durée du séjour sur place de l’équipe de tournage. Plus l’équipe aura de temps pour tourner, moins il y aura nécessité d’approfondir la recherche pré tournage.
Si vous faites un documentaire à caractère le moindrement scientifique, politique ou historique, vous devrez mettre beaucoup d’efforts dans la recherche et vous devrez arriver sur les lieux du tournage en parfaite possession des connaissances nécessaires à une exploitation et à une présentation correcte du sujet.

Bienvenue au QCM - 5.01 formation de recherchiste

LES EXERCICES ESSENTIELS

Voici une série d’exercices absolument essentiels à votre apprentissage. Ces exercices ont été développés spécialement pour vous fournir l’aspect pratique de ce programme de formation.
EXERCICE 105.1 –
 Il n’y as d’envoi à la correction pour cet exercice.
Essayez de trouver, dans vos souvenirs, une occasion où l’apparence de quelqu’un vous a induit en erreur. Si vous n’avez pas une telle expérience en mémoire, imaginez-en une et décrivez-la de votre mieux en un feuillet.
EXERCICE 105.2
 Il n’y as d’envoi à la correction pour cet exercice.
ÊTRE SOI MÊME OU JOUER UN JEU – SUJET DÉLICAT
Écrivez un feuillet ou deux sur ce thème, sur votre opinion, sur l’attitude que vous comptez prendre dans le milieu.
EXERCICE 105.3 –
 Il n’y as d’envoi à la correction pour cet exercice.
Faites une recherche complète sur le site https://www.qfq.com/
Dans leur moteur de recherche, tapez le mot « productions » (avec un « s ») et rien d’autre. Le moteur de recherche du magazine vous donnera la liste de toutes les entreprises qui ont le mot « productions » dans leur nom. Inutile de vous suggérer d’imprimer les coordonnées des futurs employeurs de votre région.
(Pour les étudiants des autres pays, indiquez-nous un équivalent dans votre pays afin que nous le fassions connaître à vos confrères et consœurs.)
EXERCICE 105.4 –
 Il n’y as d’envoi à la correction pour cet exercice.
Écrivez les synopsis (courts résumés) de deux projets de séries télévisées ennuyeuses à mourir. Le genre de projet qui ne serait jamais accepté par une chaîne de télévision grand public.
Ensuite, écrivez les synopsis de deux projets de séries télévisées que vous considérez comme étant potentiellement intéressants.
Attention, un synopsis comptant tout au plus 40 mots dans chaque cas.
EXERCICE FINAL DU COURS 5
 Cet exercice peut être envoyé à la correction au besoin.
Voici un projet que vous a soumis un certain M. Alex Talbot.
Émission télévisée : Le bonheur
CONTENU DE L’ÉMISSION
0.00 Générique musical et introduction 00.30
00.30 L’animateur présente le sujet de l’émission. Il mentionne que des gens heureux seront interrogés et que nous allons essayer, ensemble, de trouver le secret du bonheur. 01.00
01.30 L’animateur accueille M. et Mme Landry, de Pointe du lac. Ce couple vit ensemble depuis 35 ans et n’a jamais connu une seule querelle. Entrevue sur images du couple vaquant à ses occupations quotidiennes. 03.00
05.30 Pause publicitaire no. 1 – 02.00
07.30 Au retour de la pause l’animateur nous propose une entrevue avec un prêtre qui se dit heureux depuis les dix dernières années. Entrevue sur images du prêtre dans sa vie de tous les jours. 07.00
14.30 Pause publicitaire no. 2 – 02.00
16.30 Au retour de la pause l’animateur nous présente un adolescent qui prétend avoir trouvé le bonheur dans le sport. Entrevue sur images du jeune homme jouant au soccer. 04.00
20.30 Pause publicitaire no. 3 – 02.00
22.30 Conclusion et mot de la fin de l’animateur qui trace les grandes lignes de ce que nous venons d’apprendre dans l’émission. Le bonheur est basé sur la bonne volonté de ceux qui souhaitent vraiment le vivre. Autrement dit, on fait soi-même son bonheur. Il ne vient pas de l’extérieur de soi, ni des autres. 06.00
28.30 Générique musical de fin d’émission. 00.30
Total de 29.00 minutes
Faites-en une analyse écrite pour la remettre à son concepteur. C’est tout ce qu’il vous a donné, pas de synopsis et aucun autre détail. Il veut votre opinion. C’est un débutant qui a trouvé une formule de présentation d’émission dans un livre et qui pense avoir une bonne idée d’émission.
Il ne vous remet que cette page de présentation de contenu. Vous devez donc analyser son projet à partir de cette présentation.
Utilisez l’exemple du texte destiné à M. Rapiou qui se trouve plus haut.

À VOIR QUE SI VOUS AVEZ COMPLÉTÉ LES EXERCICES DU COURS PRÉCÉDENT!

EXEMPLES D’EXERCICES DU COURS NUMÉRO 4.
Voici une des manières de faire ces exercices. N’accédez à ces exemples que si vous avez déjà fait les exercices du cours 4, afin de voir si vous avez bien compris comment les faire. Si vous accédez à ces exemples AVANT d’avoir complété vous-même les exercices, tout ce que vous ferez ce sera le copier, ce qui ne vous apprendra pas grand-chose évidemment.
Le but de cette présentation est de vous permettre de comparer votre travail afin de voir s’il est possible de l’améliorer. Ces exemples sont des outils d’apprentissage, utilisez-le comme tel s.v.p. Ne risquez pas de perdre tout le bénéfice de l’exercice qui vous amène forcément à passer par des étapes de réflexion et d’analyse dont la lecture de cet exemple vous privera immanquablement.
FIN DU COURS 5
CONTENU À VENIR
SE LANCER EN AFFAIRES EN TANT QUE RECHERCHISTE (travail à la pige)
EST-CE UNE BONNE IDÉE QUE DE S’ASSOCIER ?
SAVOIR DÉTERMINER SON RYTHME DE TRAVAIL
LES ÉBAUCHES DES DOSSIERS DE RECHERCHE (ou de rapports de recherche)
CHOISIR UNE SPÉCIALITÉ, POURQUOI PAS?
VOTRE CONTRAT DE TRAVAIL TYPE
POSTE DE RECHERCHISTE POUR UNE MAISON DE DIFFUSION – TÉLÉ OU RADIO
TRAVAILLER POUR UN EMPLOYEUR RÉGULIER
SAVOIR DÉTECTER LES OPPORTUNITÉS D’EMPLOIS
VOTRE CARTE D’AFFAIRES DE RECHERCHISTE DOCUMENTALISTE
TROUVER DES ADRESSES UTILES DANS LE MILIEU
TRAVAILLER À SON COMPTE VIA INTERNET
LES PERSPECTIVES D’EMPLOIS SUR INTERNET
ET AUTRES SUJETS…

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