[MM_Member_Decision daysWithBundle_17=’-365′]
COURS 6
PRODUIRE UN PROJET TÉLÉ C’EST POSSIBLE SI ON SAIT COMMENT S’Y PRENDRE
LES ÉTAPES DE LA PRODUCTION
CHOIX DU PROJET
CHOIX DES MOYENS ET DE L’ENVERGURE DU PROJET
CHOIX DES SOURCES DE FINANCEMENT
LE TOURNAGE ET LE MONTAGE
LA MISE EN MARCHÉ
LA VALEUR DE CE QUI EST TOURNÉ VERSUS LA VALEUR DE CE QUI EST À TOURNER
LE PILOTE
COMBIEN VAUT MA PRODUCTION
GAGNER DE L’ARGENT AVEC VOS DROITS D’AUTEUR
EXEMPLE DU CONTRAT QUE VOUS DEVEZ FAIRE SIGNER
COMBIEN COÛTE MA PRODUCTION
EXEMPLE D’UN CONTRAT
UNE SITUATION QUI POURRAIT BIEN VOUS ARRIVER
PSYCHOLOGIE ET RELATIONS HUMAINES EN PRODUCTION
COMMENT ÇA S’EST PASSÉ POUR LUI
LE FLASH RÉVOLUTIONNAIRE – LE BON ET LE MAUVAIS
LA TENTATION « D’ATTENDRE POUR VOIR »
IDENTIFIEZ VOS LIMITES LORS DES PRÉSENTATIONS
UNE MÉTHODE POUR RÉDUIRE LES FRAIS DE TOURNAGE
UN EXEMPLE DE CONTRAT À FAIRE SIGNER À VOS ACTEURS ET ANIMATEURS
AIDES À LA RÉALISATION OU À LA PRODUCTION EN FRANCE
AIDES À LA RÉALISATION OU À LA PRODUCTION AU CANADA
INITIATION À LA CRÉATION D’UNE MAISON DE PRODUCTION PRIVÉE
COMMENT TROUVER LE FINANCEMENT POUR CRÉER VOTRE PROPRE MAISON DE PRODUCTION
COMMENT SE FAIRE UNE PLACE DANS LE MILIEU EN TANT QUE RÉALISATEUR
EXEMPLE DE CONTRAT DE COMMANDITE OU SPONSORING
L’ASSOCIATION D’AFFAIRES… EN PRODUCTION
TRAVAILLER POUR UNE MAISON DE PRODUCTION
UN PIÈGE À ÉVITER
ADRESSES DE PRODUCTEURS – DIFFUSEURS – DISTRIBUTEURS ET AUTRES
LES TÂCHES À DÉLÉGUER À UN ASSISTANT (Réalisateur et assistant, dernière partie)
Accès à une série de plus de 50 questions et réponses sur la réalisation
COURT SONDAGE DE SATISFACTION Cliquez ici
PRODUIRE UN PROJET TÉLÉ C’EST POSSIBLE, SI ON SAIT COMMENT S’Y PRENDRE
Dans le chapitre suivant, nous allons vous donner une image aussi claire que possible de la manière ou plutôt des différentes manières de produire un premier projet d’émission de télévision.
Soyez réaliste et évitez de parler tout de suite d’une télé série ou d’une série de 13 émissions, un format que l’on voit souvent à la télévision. C’est un fait que vous épaterez l’entourage en annonçant que vous allez produire et tourner une série d’émissions, mais, au fond, personne n’y croira vraiment et vous allez vous embarquer dans une sacré galère si vous osez débuter par un long projet.
Remarquez qu’il est possible, grâce aux nouvelles caméras numériques peu coûteuses, de tourner quelque chose de relativement valable à bon prix avec une bande de copains, en empruntant des éclairages à droite et à gauche, en trouvant des animateurs ou des acteurs acceptant de travailler pour l’amour de l’art ou pour contribuer au lancement de votre carrière de réalisateur, mais le résultat que vous obtiendrez, si vous n’avez pas passer par la production d’une simple émission auparavant, sera obligatoirement inégal et par conséquent décevant.
De plus, la réalisation d’une série de 13 émissions exige 13 fois plus de travail, d’énergie et de temps. Vous risquez de découvrir en cours de route que la tâche est bien grande et vous risquez de ne pas terminer le projet. C’est un peu comme si, en alpinisme, vous débutiez par l’Everest.
Dans l’ordre des choses, si vous commencez modestement, vous gagnerez la confiance de personnes qui peuvent être importantes pour vous dans la réalisation de vos projets futurs, tout en bâtissant votre propre confiance en vous et en vos capacités.
Sans compter que, puisque vous allez commettre des erreurs dans ce premier projet, vous en tirerez beaucoup d’expérience et vos projets futurs en bénéficieront.
LES ÉTAPES DE LA PRODUCTION
1- Choix du projet
2- Choix des moyens et de l’envergure du projet
3- Choix des sources de financement possibles
4- Le tournage et le montage
5- Mise en marché
1- CHOIX DU PROJET
Vous choisissez un projet d’émission parmi ceux qui vous sont suggérés par votre entourage ou encore vous en écrivez un vous-même. Dans ce dernier cas, faites-le lire et évaluer par des gens ayant un minimum d’expérience, car vous n’êtes forcément pas tout à fait objectif.
Cela ne veut pas dire que vous ayez tort ou que vous surévaluez nécessairement votre projet, mais il est plus sage de prendre des avis extérieurs. En l’absence de tels avis, un long délai entre la fin de l’écriture du projet et sa production pourra tout de même vous permettre de retrouver une certaine objectivité. Rappelez-vous de ce que nous vous avons enseigné sur ce sujet. (L’attachement aux séquences phares)
Vous devez choisir votre projet en fonction de critères qui n’ont pas grand chose à voir avec la création à l’état pur. C’est dommage, mais c’est ainsi, du moins en ce qui concerne les touts premiers projets que nous produisons nous-mêmes en début de carrière, alors que personne ne nous connaît et que nos preuves sont encore à faire.
Ainsi, vous devez considérer les éléments suivants:
En faisant le choix de votre premier projet, tenez compte de tous les éléments compris dans le tableau précédent. Si vous êtes discipliné, vous n’aurez aucun mal et vous arriverez à tourner un premier projet télé réussi, très peu coûteux, en mesure de vous ouvrir les portes du milieu pour la suite de votre carrière. Car n’en doutez pas, si vous tournez et montez une émission bien faite vous verrez les portes s’ouvrirent devant vous. Une production de télé réussie vaut plus que tous les diplômes des grandes écoles réunis.
Si vous avez de la difficulté en ce qui concerne la discipline personnelle, vous allez vous permettre un projet télé plus complexe et vous obtiendrez fort probablement un projet télé qui ne vous donnera pas, nous le parierions, une pleine satisfaction en terme de résultat.
Rappelez-vous que votre travail, dans le cas d’un premier projet télé, c’est de démontrer que vous avez compris les règles télévisuelles et que vous savez les appliquer efficacement. Autrement dit, vous devez obtenir une bonne émission, composée d’un sujet accrocheur, de cadrages réussis, d’une prise de son réussie du début à la fin et d’un montage à point.
Ce qui fait qu’une production télé est un échec, c’est la présence de participants non crédibles, de cadrages ratés ou discutables, d’une prise de son instable, de sujets ennuyeux ou mal développés, etc.
Votre premier projet doit avoir été choisi en fonction de votre capacité à réussir TOUTES les parties du projet en question.

2 – CHOIX DES MOYENS ET DE L’ENVERGURE DU PROJET
Les moyens sont constitués des éléments suivants:
L’équipe de préparation
Le temps disponible pour la préparation
L’équipe de production
Les lieux de tournage disponibles
L’équipement de production
L’équipe de post production
L’équipement de post production
_____________
L’équipe de préparation
Votre équipe de préparation est composée des gens sur lesquels vous pouvez compter pour vivre avec vous les étapes de préparation, soit le choix du projet, l’analyse et le perfectionnement de son scénario, la sélection des équipiers et des acteurs, la sélection des lieux de tournage, la préparation des horaires de travail, etc.
Habituellement, le réalisateur préfère n’avoir qu’une ou deux personnes à ses côtés pour la préparation. Ce sera souvent une assistante à la réalisation ou un assistant, selon le cas. Si nous mettons une équipe de préparation en place, si petite soit-elle, c’est surtout parce que le réalisateur aura besoin de se sentir assisté dans certains aspects de son travail, mais aussi parce qu’il est souhaitable pour lui d’avoir au moins une personne avec laquelle il pourra échanger des idées et remettre des éléments du projet en question. Ce qui fait partie du processus d’amélioration du projet avant sa version finale.
Lorsque l’équipe de préparation compte trop de participants, le réalisateur ne peut bénéficier d’échanges aussi fructueux car il se retrouve seul face à un groupe pour réviser ses décisions ou ses points de vues. Il peut se produire un clivage et le réalisateur peut se retrouver dans l’obligation de « défendre » ses idées bien au-delà d’une simple et saine remise en question.
Le temps disponible pour la préparation
C’est aussi ce qu’on appelle « l’échéancier de préparation ». Ce sera le calendrier de travail spécifiquement dédié à la partie préparation du projet. Par exemple, si vous disposez de 90 jours, donc de 3 mois, vous obtiendrez un échéancier du genre de celui-ci (vous pourrez détailler davantage chacune des tâches à effectuer) :
Janvier-Février-Mars
Sélection finale du projet – Sélection des acteurs – Sélection des lieux de tournages
Perfectionnement du scénario – Sélection de l’équipe technique – Préparation des horaires de tournage

L’Équipe de production
Un des éléments qui caractérise vos moyens de production, c’est votre équipe technique. Dans une production importante, bien financée, vous pourrez compter facilement une douzaine de personnes dont:
1- Réalisateur
2- Premier assistant réalisateur
3- Deuxième assistant réalisateur
4- Scripte
5- Directeur photo
6- Cameraman 1
7- Cameraman 2
8- Preneur de son ( ou ingénieur du son )
9- Perchiste (ou perchman)
10- Chef éclairagiste
11- Éclairagiste (sous la direction du chef)
12- Accessoiriste de plateau
Etc.
Dans une production à petit budget l’équipe sera réduite à l’essentiel, soit :
1- Réalisateur
2- Assistant réalisateur (qui fait souvent aussi le scripte de plateau)
3- Directeur photo ( qui manipule aussi la caméra dans notre cas )
4- Perchiste (qui fait aussi la prise de son dans notre cas)
5- Éclairagiste
6- Accessoiriste de plateau
Notez que dans les productions à petit budget, la fonction d’éclairagiste est souvent cumulée par le directeur photo (qui fait déjà la prise d’images).

Les lieux de tournage disponibles
Parmi vos moyens figurent les lieux de tournages. Si vous avez un budget qui vous le permet vous pourrez reconstituer des décors, sinon vous devrez louer ou « emprunter » un site qui convient aux scènes que vous avez à tourner. Fort heureusement pour nous, il est extrêmement facile d’obtenir gratuitement des lieux de tournage tels des hôtels, des restaurants, des maisons privées, etc. parce que les gens aiment collaborer avec les artisans du cinéma.
Évidemment, vous devez traiter ces lieux respectueusement et tout remettre en état à votre départ. Les endroits qui vous refuseront sont, dans la plupart des cas, des endroits qui ont été victimes d’un réalisateur pas très consciencieux qui s’est servi des lieux et y a tout laissé en pagaille par la suite ou, pire encore, qui y a endommagé des éléments du décor et s’est sauvé sans rien dire. On appelle cela « brûler » un lieu de tournage. C’est très dommageable pour le milieu en entier lorsqu’un réalisateur agit de la sorte.
Notez que votre région possède probablement un bureau du film et de la télévision. Les gens de ce bureau sont là pour vous assister dans la recherche de lieux de tournage et pour vous obtenir des permissions de la part des propriétaires. Il n’y a souvent aucun frais pour leurs services, puisque leur rôle est d’attirer les équipes de tournage dans la région et qu’ils sont déjà payés pour ça.
Par contre, ils exigeront que vous possédiez une police d’assurances en cas de bris sur les lieux de tournage. Ils ont des noms d’assureurs spécialisés à vous soumettre. Les coûts des assurances sont élevés, il est question d’environ 600$ par jour soit 380 Euros. C’est pourquoi la plupart des réalisateurs qui en sont à leur premier projet de tournage se débrouillent par eux-mêmes pour trouver des lieux de tournages.

L’équipement de production
Si le budget vous le permet, vous pouvez tourner avec plusieurs caméras à la fois, tout en utilisant une petite grue mobile qui servira à faire des mouvements fabuleux et des prises de vues à couper le souffle, des éclairages puissants, etc..
Si ce n’est pas le cas, vous devrez probablement tourner à une seule caméra et utiliser votre imagination de belle manière pour obtenir de bons résultats. Il est ici évident que plus vous serez à l’aise avec la manipulation des équipements, plus vous en tirerez des résultats satisfaisants.
Attention, l’équipement de tournage ne fait pas l’émission. Que vous ayez un équipement extraordinaire ou pas, la qualité du produit fini dépend bien plus de votre préparation, de vos répétitions (lorsque cela s’applique), de vos décisions et de vos connaissances de la réalisation, que de la valeur de votre matériel de production.
Évidemment il y a des limites et si vous avez recours à une caméra de tourisme, vos images seront techniquement inacceptables. Utilisez les caméras du type dont il est question dans ce programme de formation et vous pourrez normalement diffuser partout à travers le monde et même souffler la bande numérique en pellicule film et diffuser au cinéma si vous le souhaitez.
L’équipe de post production
Vous devrez faire la sélection d’images, à la suite du tournage, seul ou en compagnie de votre assistant à la réalisation. Encore ici, une petite équipe de post production vaut mieux qu’une grande équipe qui passera trop de temps à argumenter.
L’équipement de post production.
Si le budget le permet vous pourrez louer une salle de montage professionnelle au tarif d’environ 125$ / 80 Euros l’heure. Si votre plan de montage est bien préparé et qu’il n’y a pas de perte de temps à chercher des images « perdues » dans les rush, vous devriez vous en tirer pour environ 1 heure de montage par minute d’émission. Donc si vous avez tourné une émission de 30 minutes, considérez environ 30 heures de montage, pour un total de 3750$/2400 Euros.
Toutefois, vous pouvez faire un travail tout à fait valable et prêt pour diffusion au plan technique, avec votre propre ordinateur et un logiciel de montage reconnu comme Adobe Première, qui vous coûtera environ 1000$/640Euros à l’achat. (Voir fin du cours 5)
Attention à ne pas sous estimer les logiciels de montage autre que « Avid », considéré comme une des références professionnelles dans notre milieu. Nombre de réalisateurs professionnels font régulièrement leurs montages sous Première de Adobe, sans pour autant s’en vanter et leurs productions sont ensuite diffusées à la télévision.
3- CHOIX DES SOURCES DE FINANCEMENT
Pour financer votre projet télé vous disposez d’un plus grand nombre de possibilités que vous ne le croiriez à première vue.
Il y a d’abord des programmes gouvernementaux dans votre région qui existent dans le but de permettre aux jeunes créateurs, et donc à la relève, de tourner leur première production. Nous avons plusieurs de nos étudiants qui en ont bénéficié, obtenant des sommes variant de 10,000$ / 6400 Euros à 40,000$ / 25000 Euros.
Il y a aussi la commandite ou le sponsoring, comme on dit en France. Cela consiste à trouver des entreprises qui mettent de l’argent dans votre production en échange de publicité. Il n’y a pas si longtemps ce n’était pas très facile, les entreprises n’ayant aucune certitude de diffusion mais, avec Internet, tout a changé.
Les entreprises savent que votre production peut se balader sur Internet et être vue pendant de longues années. En plus, vous pouvez donner le droit aux entreprises qui financent votre projet d’en placer une copie sur leur propre site Internet, démontrant ainsi une implication sociale certaine en encourageant la relève télévisuelle.
Pour ces entreprises, la participation financière à votre projet est généralement déductible d’impôts en totalité. Par ailleurs, certaines entreprises commanditaires seront intéressées à créer des liens avec vous, car elles auront en tête de faire produire des images et des documents vidéos sur leur propres produits. Une commandite de votre projet leur servira de mise à l’épreuve de vos capacités, d’implication sociale louable et le tout, toujours déductible d’impôt.
Une autre source de financement possible: les maisons de productions. Si vous présentez votre projet accompagné du devis de production (voir plus loin) à une maison de production, il est possible, si le projet l’intéresse et que vous avez su gagner la confiance des responsables, que cette maison finance votre projet en partie ou en tout contre l’exclusivité de la distribution (la vente de votre production).
Notez, finalement, qu’il est toujours déconseillé de mettre de l’argent personnel dans un projet sauf si cette mise de fond est inférieure à 15% de vos revenus annuels. Rappelez-vous, cependant, que vous ne pourrez déduire cet investissement de vos gains personnels, à moins que ces gains ne proviennent de la vente de la production dans laquelle vous avez investit votre argent.
Autrement dit, si vous avez une certitude de vente de votre produit fini, vous pouvez y investir raisonnablement, selon vos moyens et vous repayer ensuite à même les revenus du projet. Ayant effectué un gain imposable avec votre production télévisuelle, vous serez alors en droit de réclamer ce qu’il vous a coûté. Attention cependant aux règles de l’impôt. Vous ne pourrez récupérer plus que ce que le projet vous a rapporté. Le ministère des finances n’acceptera pas que vous réclamiez 4,000$ (2500 Euros) de dépenses pour un projet télé qui vous en a rapporté seulement 2000$ (1250 Euros) .
4- LE TOURNAGE ET LE MONTAGE
Quelques soient les moyens et le budget, vous devrez faire une bonne gestion des ressources dont vous allez disposer lors de la production. Le succès d’un projet télé c’est non seulement le résultat à l’écran, c’est aussi le fait que tout se soit bien déroulé, que le budget prévu ait été respecté, que l’équipe de tournage ait gardé un bon souvenir, etc.
Vous devez donc vous assurer de toujours savoir où vous en êtes en cours de production. Il arrive qu’un problème surgisse, que ce soit technique ou autre, en pareil cas vous devez garder à l’esprit que votre manière de régler le problème peut avoir des conséquences.
Si vous devez, par exemple, louer une caméra supplémentaire pour tourner une scène complexe à deux caméras, et que cela n’était pas prévu dans la préparation, vous aurez un déficit dans le budget de production, à moins que vous n’ayez prévu suffisamment au poste budgétaire – Imprévus – (voir devis de production).
Pour le montage, il y a peu de surprise à prévoir, si ce n’est l’emballement que vous risquez d’éprouver à la découverte des toutes les possibilités que vous offrira le logiciel de montage. Vous risquez alors de vous égarer quelque peu et de perdre du temps, surtout si vous le manipulez vous-même. Soyez raisonnable et efforcez-vous de ne pas investir plus de temps que ce que vous aviez prévu dans le montage.
Et en ce qui concerne ces effets spécifiques de colorisation, de fondus sur image dynamiques et un peu technos, un bon conseil… si vous avez un doute sur leur pertinence dans votre projet… écoutez votre instinct et laissez cela à d’autres types de production. Dans le doute face à un effet réalisé au montage… abstenez-vous, c’est plus sûr.
5- LA MISE EN MARCHÉ
La mise en marché c’est la distribution de votre production télévisuelle. S’il a une valeur commerciale et la plupart des courts métrages bien fait en ont une, il vous suffira de trouver la bonne clientèle, celle intéressée par le projet, pour le mettre en marché.
Vous devrez mettre vos efforts sur la recherche des maisons de distribution de courts métrages ou des maisons de productions qui font aussi de la distribution.
Inutile de préciser qu’on ne devient pas riche à tourner des courts métrages, toutefois vous seriez surpris de voir combien ont rapporté des courts métrages de moins de 10 minutes, vendus dans une dizaine de pays et diffusés en reprises sur autant d’années.
La base de la mise en marché c’est le produit. Une bonne histoire, un tournage bien fait, un montage soigné et vous avez un produit commercialisable.
Si vous avez la possibilité de tourner en anglais, vous vous ouvrez un marché encore plus vaste qu’en toute autre langue. Par contre, si vous tournez en anglais avec des participants non anglophones qui jouent avec un accent grotesque, vous n’obtiendrez aucun résultat. Les spectateurs de langue anglaise sont gâtés et n’ont pas l’habitude des accents « dérangeants ».
Par ailleurs, il y a une tendance marquée chez les jeunes réalisateurs de cinéma, qui en sont à leurs touts premiers courts métrages, de trouver « cool » de faire tourner des francophones de souche dans la langue de Shakespeare.
Le plus souvent on arrive à ne tirer d’eux qu’un anglais limité, mal prononcé et francisé. Ce qui, encore une fois, déplaît aux spectateurs anglophones et laisse les distributeurs de courts métrages indifférents.
Le court métrage ou la production qui se vendra le plus facilement à travers le monde est… le court métrage muet. En effet, si vous arrivez à créer des personnages très typés, des personnages que l’on reconnaîtra immédiatement après les avoir vus ne serait-ce qu’une seule fois, des personnages qui vivent, à leur propre manière, des situations variées, votre succès et votre diffusion quasi mondiale sont assurés, pour peu que le produit soit original et bien fait.
À titre d’exemple, nous connaissons tous un de ces personnages qui ne parlent jamais ou presque et dont les histoires font le tour de la planète: Mr Bean.
TOUT EST RELIÉ
Comme vous le constatez, tout est relié. Depuis l’instant où vous concevez votre premier projet jusqu’au lancement réel de votre carrière, tout est relié. Chacune de vos décisions compte et chacune de vos décisions influence le résultat.
Vous vous rappelez combien nous insistions, au début de cette formation, sur l’importance pour vous, de tourner un tout premier projet simple, sans décor, sans accessoire, sans maquillage ou effets spéciaux trop poussés?
Vous vous souvenez combien de fois nous avons répété des mises en garde sur l’importance de faire quelque chose de simple?
Maintenant que vous en êtes au cours final, vous êtes bien davantage en mesure de constater par vous-même que nous n’exagérions pas et que tout est effectivement relié, depuis votre idée originale jusqu’à la mise en marché, en passant par le choix et la direction des acteurs ou animateurs, le tournage et la direction de l’équipe, le montage et sa sélection des plans finaux.
Par conséquent, sur les projets à venir, vous devez effectuer une analyse aussi précise que possible en prenant en compte les chances de succès, de ventes et de diffusion de votre production.
Ne faites pas comme ces gens qui ont 12 romans de 300 pages chacun dans un tiroir de bureau, accompagnés d’autant de lettres de refus des éditeurs. Dans la plupart des cas ces gens s’estiment incompris et considèrent les éditeurs comme des « money maker » peu soucieux de la recherche du vrai talent.
Au fond, ce sont eux qui n’ont pas compris. Ils n’ont pas compris comment tirer leur épingle du jeu, comment se faire une place en donnant aux éditeurs ce qui leur convient, pour ensuite, une fois bien établie, faire enfin ce qu’ils veulent en tant qu’auteurs. Attention: il ne s’agit pas « d’aplat-ventrisme » face aux décideurs, mais au contraire, de votre capacité à investir dans votre réussite.
De votre côté, en tant que réalisateur, vous devrez probablement faire ce que nous appelons, entre-nous, de l’alimentaire, c’est à dire des productions qui vous attirent moins, mais qui, vous le savez, trouveront preneurs et vous rapporteront de quoi vous établir.
Si vous choisissez de jouer les puristes, de ne tourner que ce qui vous plaît, et vous pouvez agir ainsi si vous le désirez rien ne vous en empêchera, vous allez vous rendre la vie beaucoup plus difficile.
Nous connaissons tous, en réalisation, des copains de début de carrière qui refusaient de réaliser une production pour de l’argent. Nous avons tous ou presque, dû nous questionner individuellement sur nos valeurs et sur les fondements de notre motivation face à certains projets de production que nous acceptions ou que nous initions pour répondre à une certaine demande.
Ce n’est pas toujours agréable de se sentir parfois comme un « mercenaire » du monde du divertissement. Nous préférions probablement tous travailler à des productions dans le détachement le plus total face à la mise en marché et aux retombées économiques.
Malheureusement, la réalité est toute autre. Nous devons sacrifier un peu de notre autonomie, surtout en début de carrière, pour livrer aux maisons de distribution ou de production, ce qui se vend et nous rapportera argent et notoriété, afin de poursuivre dans l’atteinte de nos objectifs respectifs.
Après, une fois que notre place est établie, que nous avons les moyens de nos ambitions, nous pouvons travailler pour l’art et pour l’art seulement, si nous le souhaitons toujours.
Tout ceci pour vous faire prendre conscience que vous avez tout à gagner en faisant preuve de souplesse pendant les premières années de votre carrière. Cultivez la modestie et soyez prêt à vous adapter. Vous en retirerez bien davantage et à tous les points de vue.
LE CONCRET
Supposons maintenant que vous ayez une production télé de tournée et que vous souhaitiez le vendre. Que devez-vous faire?
1- Identifier la clientèle cible.
Trouver les chaînes de télévision qui touchent l’auditoire cible de votre production. Si c’est un sujet pour adolescents, choisissez une station qui offre quelques émissions à cette clientèle ou, encore mieux, une chaîne spécialisée « famille ».
2- Contactez le directeur des émissions jeunesses de cette chaîne. À défaut de ce poste spécifique, le directeur de la programmation fait l’affaire. Vous allez probablement tomber sur sa secrétaire. Elle reçoit les appelles de tout le monde, des gens connus comme des inconnus.
Formulez votre présentation en débutant par la mention que vous êtes réalisateur et que vous souhaitez analyser les éventuels débouchés pour vos productions. Demandez un rendez-vous en précisant que vous aimeriez leur présenter une de vos productions.
Dans le pire des cas, au lieu du rendez-vous, elle vous demandera de leur faire parvenir une cassette ou un DVD contenant la production en question. Elle vous expliquera poliment que la direction va lui accorder toute l’attention qu’elle mérite.
Vous aurez alors l’impression qu’elle vous dit « Faites nous parvenir votre production, on la mettra sur la pile et on la regardera probablement si on a rien de mieux à faire ». Toutefois, ce n’est pas comme ça que cela se passe.
Dans la très grande majorité des cas, les chaînes visionnent très consciencieusement les productions qu’elles reçoivent. Pourquoi? Parce qu’elles sont en manque constant ou presque de bonnes productions et parce qu’elles espèrent toujours trouver un produit original que leur compétition n’aura pas encore eu l’occasion de découvrir.
Sachez vous affirmer en tant que réalisateur et présentez-vous toujours comme tel. Si vous ne vous sentez pas encore tout à fait assez sûr de vous pour afficher ce titre, cela transparaîtra dans votre manière de vous présenter et de présenter vos productions. Vous inquiéterez les gens du milieu. Ils risquent alors de vous considérer comme un autre de ces rêveurs qui a tourné une petite production maison avec sa femme, sa sœur, ses enfants et les amis de ses amis et qui veut la vendre à la télé.
Attendez-vous à ce qu’on vous demande à voir une de vos réalisations.
LA VALEUR DE CE QUI EST DÉJÀ TOURNÉ VS CE QUI EST À TOURNER?
La mise en marché touche tout aussi bien les productions non encore tournées que celles qui sont tournées, montées et prêtes à diffuser.
Dans notre milieu, une production qui n’est pas encore tournée vaut davantage qu’une production tournée. Ceci parce que les distributeurs et les maisons de production qui font de la distribution de productions savent très bien que vous souhaitez que votre production déjà tournée, montée, prête à diffuser, soit présentée quelque part et vous rapporte au moins ce qu’elle vous a coûté.
Dans cette situation, il arrive souvent qu’ils tirent la couverture de leur côté et profitent de la nécessité de vendre à laquelle vous faites face, pour vous offrir moins qu’ils ne vous offriraient si le projet n’en était encore qu’au stade papier ou « pilote ».
LE PILOTE:
On appelle PILOTE une production faite avec moins de moyens que ne le sera le projet prévu. Le pilote permet aux diffuseurs et aux distributeurs, d’avoir une idée de ce que sera le produit final sans avoir à débourser la totalité des coûts de production.
Par exemple, avant de vous commander une production de 100 000$ (70 000 euros), on vous accordera un budget de 10 000$ ( 7000 euros ) pour faire un PILOTE. Vous pourrez faire un pilote d’une durée tout juste suffisante pour donner un avant goût de ce que pourra être le produit final.
Les pilotes sont parfois exigés, soit parce que le réalisateur est un inconnu et qu’on veut s’assurer de ses capacités, soit parce que le projet est novateur et permet difficilement d’évaluer ce que sera le résultat final.
Lorsque les sujets, les formules, les traitements sont nouveaux, dans un projet, on peut moins bien évaluer ce que sera le résultat. Lorsque l’on travaille en terrain connu, avec un sujet, une formule et un traitement connu, un pilote n’est pas nécessaire.
Les réalisateurs débutants tournent en format numérique, à peu de frais et présentent souvent le résultat aux professionnels de la mise en marché en disant que ce qu’ils présentent est en fait un pilote.
Ils demandent alors qu’ont les appuie dans la recherche du financement pour transformer ce pilote en une production de calibre professionnel. Ce qui est très habile de leur part.
Dans certains cas, ils se font répondre que leur « pilote » est tout à fait présentable tel qu’il est. Ce qui signifie:
Si c’est ce que vous appelez un « pilote », j’aimerais bien voir ce que vous feriez avec un budget et une équipe de professionnels. Bienvenue dans le milieu de la production cinématographique.
Nous souhaitons que cela vous arrive. Prenez garde toutefois à ne pas tricher. Certains réalisateur ont obtenu des sommes considérables pour procéder à un tournage qu’ils s’étaient, en fait, débrouillés pour faire par leurs propres moyens, quelques semaines plus tôt.
Si un diffuseur découvre que l’argent qu’il vous a donné n’a pas servi au tournage, mais bien à vous rembourser des dépenses déjà faites pour un tournage antérieur, il a fatalement l’impression de s’être fait avoir. Il se dit que vous avez forcément demandé plus que ce que cela vous a coûté et il constate surtout que vous lui avez menti en prétendant avoir besoin de son support financier pour faire un tournage alors que vous l’aviez déjà terminé. C’est là une excellente façon de se faire évincer du milieu et en quelques mois seulement.
Il ne faut jamais mentir à un diffuseur ou à un producteur pour des raisons très simple; ils sont peu nombreux, ils se parlent et ils éliminent les menteurs de leur environnement parce qu’ils prennent souvent de gros risques en se basant simplement sur ce qu’on leur dit et sur la réputation.
Nous sommes ici dans un milieu ou la valeur d’une personne se mesure à ses réussites, à la fiabilité de sa parole et au respect de ses engagements.
COMBIEN VAUT MA PRODUCTION?
Une émission de 30 minutes, bien faite, peu se vendre entre 1000$/600 Euros et 15,000$/10,000 Euros, pour un bloc de 4 diffusions. Le prix dépend de la complexité de la production, du nombre de participants, des délais exigés pour la production, de l’intérêt du sujet, etc.
Si vous vendez à un diffuseur, c’est à peu de choses près ce que vous pouvez en obtenir, selon le type de production. Si le diffuseur veut avoir les droits de diffusion pour une période donnée, par exemple 1 an – diffusion illimitée, vous pourrez obtenir davantage.
Ce qui détermine le prix c’est l’offre et la demande. Un bon sujet, qui attirera les foules, vaudra davantage qu’un sujet commun intéressant, mais sans plus.
Vous pouvez aussi vendre à de nombreux diffuseurs en le faisant vous-même, un à la fois. Vos frais de voyages, avion et autres, sont alors déductibles de vos revenus. Si vous avez une production qui se vend bien c’est une solution très lucrative qui vous permet aussi de vous créer un réseau de contacts fabuleux pour la mise en marché de vos productions à venir.
Vous pouvez aussi contacter le ministère de la culture de votre pays qui vous indiquera les marchés auxquels vous avez accès. À Cannes, en France, chaque année, il y a un grand marché mondial des productions télé. Les réalisateurs de tous les pays peuvent y aller aisément et présenter leurs productions.
Le plus souvent, chaque pays organise un kiosque de représentation de ses productions et les réalisateurs passent par leur ministère de la culture, qui les dirige vers un organisme d’aide à la production, pour avoir accès à ce marché. Ainsi, les réalisateurs se partagent les coût du kiosque sur place, à Cannes.
Il y a aussi Netflix et autres sites Web du genre qui sont en constant développement. Internet représentant en fait le débouché principal à court terme pour de nombreuses productions destinées au marché télévisuel mondial. Ce qui est intéressant dans ces marchés Web, c’est la longévité attendue des productions. Elles risquent en effet de rapporter bien plus longtemps qu’elles ne l’auraient faits dans le marché des télévisions traditionnelles.
À la télé, après une sortie sur des chaînes spécialisées, suivait une diffusion sur des blocs de chaînes publiques. Cela pouvait durer deux ou trois ans. Au-delà, les production n’étaient pratiquement plus vues. Maintenant, avec la télévision à la demande, via Internet, les productions connaissent une vie commerciale plus étalée dans le temps. Elles rapportent davantage à leur arrivée, bien entendu, mais les revenus modestes qui vont suivre seront appréciés des créateurs des années plus tard.
C’est un peu le modèle du roman qui connait un succès financier en librairies au départ et qui rapporte ensuite tranquillement des droits d’auteur année après année.
GAGNER DE L’ARGENT AVEC VOS DROITS D’AUTEUR
Il peut arriver qu’un distributeur de productions télé vous demande de céder vos droits sur une ou sur plusieurs de vos productions, mais cette question est très délicate.
Pour bien comprendre la situation vous devez d’abord savoir que vous êtes le propriétaire d’une production, dans la mesure où personne n’en a revendiqué la propriété, partielle ou totale, à partir de son implication dans la production.
Autrement dit, si vous avez travaillé en étroite relation avec un assistant en réalisation du début à la fin d’une production et que vous n’avez pas convenu, par écrit, des conditions de cette collaboration, vous risquez, s’il y a un malentendu avec cette personne, de vous retrouver avec une réclamation de propriété de droits d’auteur sur des parties de votre oeuvre.
C’est pour éviter ce genre de situation que « toute personne impliquée dans la conception et le développement » d’une production doit avoir, avec le réalisateur, un contrat précisant les conditions de sa participation, contrat contenant une renonciation totale quant aux droits d’auteur sur toute idée, suggestion et ou contribution de tout ordre, dans l’oeuvre en question.
______________
EXEMPLE DU CONTRAT QUE VOUS DEVEZ FAIRE SIGNER À UN ÉVENTUEL ASSISTANT RÉALISATEUR
( Les mêmes termes sont applicables à d’autres employés dans l’équipe si vous le désirez.)
Par la présente, il est convenu que _________________________ réalisateur, confie le rôle d’assistant réalisateur à ______________________________, pour la production intitulée ________________________________ .
Les tâches de l’assistant réalisateur désigné dans la présente entente, consisteront à assister au mieux le réalisateur dans ses propres tâches, incluant, entre autres choses mais sans s’y limiter, les éléments suivants: sa participation à l’analyse du projet, à l’amélioration du scénario, à la préparation des listes de travail, à la planification des différents aspects de la production, tant pour le tournage que pour le montage, à la sélection des acteurs, animateurs et figurants, à la sélection des lieux de tournages, ainsi qu’à toutes les autres tâches habituellement dédiées à un assistant réalisateur.
L’assistant réalisateur ici désigné déclare accepter le mandat qui lui est confié et déclare renoncer à toutes formes de droits d’auteur sur le travail qu’il effectuera dans la production précisée au présent document, et ce, en contre partie d’un cachet total de _______________, payable de la manière suivante.
Signé le ___________
Par _______________________
et par _____________________
__________________
Si vous vous dites que la personne que vous engagez au poste d’assistant réalisateur est une bonne personne, comprenant très bien qu’elle n’est pas en droit de réclamer de droits d’auteur suite à son travail, vous prenez un très gros risque.
En fait, il n’y a aucun problème tant et aussi longtemps que la production en question ne vous rapporte pas d’argent. Les problèmes surviennent lorsque vous avez demandé à une personne d’accepter de travailler à rabais pour vous, pour l’amour de l’art par exemple, qu’elle a accepté et qu’elle apprend que vous avez bien vendu votre production.
Comme nous sommes dans un milieu où les revenus peuvent être importants, vous pouvez être certain qu’il se trouvera des gens pour imaginer que vous avez obtenu une fortune pour votre production et vous risquez de vous retrouver dans une situation délicate. Un simple bout de papier et deux signatures vous éviteront bien des nuits blanches.
Un point important. Un contrat entre deux parties est reconnu par la loi et rien ne vous oblige à le faire devant notaire ou à le faire signer par un tiers, c’est-à-dire un témoin.
ANECDOTE
Note: Il s’agit ici d’une situation vécue exceptionnelle, mais pourtant bien réelle.
Un réalisateur débutant avait engagé, contre une rémunération raisonnable, un assistant réalisateur ayant déjà une certaine expérience. En cours de projet, à plusieurs reprises, l’assistant proposa des idées que le réalisateur débutant apprécia et appliqua dans sa production. De même, l’assistant proposa de prendre en charge certains aspects de la réalisation comme la direction des acteurs pendant les répétitions (ce qui se fait souvent, mais à la demande du réalisateur) et le choix des lieux de tournage. Le réalisateur accepta sans hésitation se sentant quelque peu débordé en ce premier tournage.
Une fois le projet terminé, le réalisateur le projeta devant un groupe témoin, c’est à dire un groupe de personnes qu’il avait choisies au hasard, groupe représentant toutes les couches de la société. Le groupe se montra très déçu et l’assistant réalisateur exigea que son nom soit retiré de ce navet. Le réalisateur l’en retira.
Six mois plus tard, le réalisateur proposa sa production à un distributeur qui trouva un réseau pour sa diffusion. En quelques années, le réalisateur obtint environ 20 000$ (12 500 euros) des revenus de ces diffusions.
Un beau matin, le réalisateur reçu une lettre d’avocat de la part de son ancien assistant réalisateur, celui-là même qui avait exigé que son nom soit retiré du générique. Il l’accusait d’avoir « manœuvré » de manière à lui faire croire que le projet serait un échec afin qu’il s’en retire et renonce à ses droits d’auteur sur ses idées et sa contribution pour des tâches ajoutées à celles déjà convenues en cours de tournage. Il lui réclamait 18, 000$ (11,000 euros) plus les intérêts.
Dans sa manière de voir les choses, l’assistant considérait que le réalisateur lui devait une rémunération pour ses idées, son apport en général, les tâches supplémentaires qu’il avait proposées d’accomplir, en plus de celles convenues en échange de son salaire.
Pas un seul instant, il n’a informé le réalisateur débutant du fait qu’il exigerait des droits d’auteur sur ses idées ainsi qu’une rémunération supplémentaire pour les tâches supplémentaires qu’il avait choisi librement d’assumer.
Comme dans la plupart des causes de ce genre, l’assistant n’avait pas l’intention de réclamer vraiment tout cet argent et, surtout il n’avait pas l’intention de payer les frais d’avocat nécessaires. Il espérait donc que le réalisateur accepterait de payer une somme en compromis pour éviter d’aller en cour et d’avoir à assumer les frais de justice.
Fort heureusement, le réalisateur du court métrage en litige eu l’heureuse idée de consulter un réalisateur d’expérience dans cette affaire. Le réalisateur expérimenté l’informa que ce genre de petit jeu se jouait à deux et l’incita à faire parvenir à l’assistant en question, une lettre d’avocat lui réclamant une somme encore plus considérable pour les torts et préjudices causés à la production, l’accusant d’avoir profité du manque d’expérience du réalisateur pour l’influencer et lui faire intégrer au projet des idées ayant considérablement dégradé le résultat final en affectant ainsi la valeur commerciale. Preuve étant que l’assistant réalisateur avait exigé que son nom n’apparaisse pas au générique.
L’effet attendu se produisit, l’assistant réalisateur à la moralité douteuse laissa tomber.
Morale de cette anecdote:
Vous ne savez jamais ce qui va se passer advenant l’échec ou le succès de votre projet. Un collaborateur peut exiger de vous de faire retirer son nom du générique et vous avez l’obligation de le faire. Un collaborateur peut aussi prétendre que vous aviez une convention verbale avec lui concernant un paiement pour ses idées ou pour les tâches supplémentaires qu’il a accomplies. D’où l’importance de TOUJOURS faire signer un document (on appelle ce document une convention) à TOUTES LES PERSONNES qui travailleront de près ou de loin à votre projet.
ET VOICI UNE SITUATION QUI POURRAIT BIEN VOUS ARRIVER…
Lisez cette autre aventure survenue à un de nos étudiants réalisateur en cinéma, cette fois.
Vos droits d’auteur
Pour enregistrer vos droits d’auteur, vous pouvez passer par des organismes gouvernementaux, par un notaire ou par un service sur le Web. Les frais, au gouvernement, sont assez élevés. C’est presque le double encore devant un notaire, mais vous pouvez le faire par Internet et cela coûte beaucoup moins. Vous trouverez maintenant plusieurs entreprises qui offrent ce service.
Vous pouvez enregistrer vos scénarios, synopsis, projets et vos courts métrages, etc. Notez qu’une recherche sur le Web vous permettra de trouver d’autres services d’enregistrement de vos droits d’auteur. Assurez-vous seulement d’en choisir un qui soit fiable. En cas de doute, une vérification d’appréciation sur Google (commentaires, forums, etc.) devrait vous en donner un bon aperçu.
Lorsque vous avez une proposition de diffusion de votre production, vous ne cédez pas vos droits d’auteur, vous autorisez simplement un diffuseur, dans une région, à diffuser votre production un certain nombre de fois, sans plus et ceci dans un certain délai. Vous pouvez donc vendre la même production 10 fois ou plus, dans des régions différentes ou dans les mêmes régions, mais pour des périodes de diffusions ultérieures.
Si on vous propose d’acheter totalement vos droits d’auteur, comme nous le suggérions tout à l’heure, vous devez y penser à deux fois avant d’accepter. D’abord, si on vous fait une telle proposition, c’est que le produit est exceptionnel et qu’il a une belle valeur. Vous devez alors vous demander si vous ne feriez pas mieux d’en conserver les droits et de céder seulement des autorisations de diffusions.
Toutefois, si une telle proposition vous est faites, vous devez considérer qu’en la refusant vous risquez de gagner davantage, mais vous devrez vous occuper de la vente cas par cas, et investir du temps afin d’atteindre des revenus intéressants. Alors ne rêvez pas trop et ne vous racontez pas d’histoire. Si vous détestez la vente et ses démarches… ne vous racontez pas que vous allez vendre vous-même vos productions et par conséquent gagner davantage. Soyez bon juge de la situation, de vos intérêts, mais aussi de vos capacités à bien exploiter vos créations.
Vous devez aussi songer au fait que le diffuseur qui est prêt à vous acheter vos droits d’auteur sur votre production va forcément faire de la publicité pour annoncer son produit exclusif et ainsi vous faire une promotion qui risque d’être considérable.
Plus on parlera de votre production et de vous, plus vous aurez de facilité à obtenir des budgets valables pour vos prochains projets.
C’est à vous de décider.
Il existe un compromis intéressant concernant la cession complète de droits d’auteur sur une production, c’est la cession à durée limitée. Ainsi, vous cédez vos droits pendant 5 ou 10 ans et vous en redevenez propriétaire par la suite. On l’appelle aussi « le droit de première publication (diffusion) ».
La durée de vie commerciale d’une production varie de 2 à 5 ans, mais il y a quand même de petits débouchés pas dénués d’intérêt par la suite comme nous le disions plus haut.
COMBIEN COÛTE MA PRODUCTION
Voici ce qu’on appelle un:
DEVIS DE PRODUCTION
Salaire du réalisateur ( 20 jrs à 300$) 6000$/3800 Euros
Salaire assistant réalisateur ( 20 jrs à 160$) 3200$/2000 Euros
Salaire du directeur technique (4 jours à 240$) 960$/600
Salaire de l’éclairagiste (4 jours à 175$) 700$/450
Salaire de l’aide technique (4 jours à 150$) 600$/380
Salaire du preneur de son (4 jours à 150$) 600$/380
Salaire des 6 acteurs (4 jours à 200$) 3200$2000
Frais de location des équipements de tournage (450$ X 4 jours) 1800$/1144
Frais de location de salle de montage 1200$/760
Frais divers ou imprévus 1000$/635
Frais de déplacements 400$/255
Frais d’assurances ——
Frais de repas en cours de tournage 800$/510
Frais de location de costumes et accessoires 400$/255
Coût total de la production; ( Court métrage de 15 minutes ) 20 860$ / 13200 Euros
Évidemment, si vous travaillez sans argent, sans budget, et que vous travaillez avec une équipe de bénévoles, vous vous en tirerez pour tout au plus 4000$ / 2500 Euros. Ceci dans la mesure où vous devez louer tout votre équipement plutôt que de l’emprunter auprès de connaissances possédant déjà du matériel.
Il vous suffira de trouver quelques commanditaires pour couvrir les frais de production et concrétiser le projet.
De même, si vous réduisez les frais, compte tenu qu’il est question ici d’un premier tournage, en demandant à tout le monde de couper volontairement dans leur salaire afin de vous aider à concrétiser le projet, vous pouvez facilement couper ce devis de production de 50% et même plus, si vous renoncez totalement à votre propre salaire qui compte déjà pour près de 30% du présent devis. Considérez que c’est votre investissement dans le lancement de votre carrière.
Lorsque vous présentez un projet à un organisme de financement gouvernemental ou à une maison de production, assurez-vous de placer, dans les cases, des sommes réalistes par rapport à votre marché. Il y a trop de variantes pour que nous puissions indiquer ici des montants fiables. Ceux inclus dans notre devis de démonstration sont indiqués à titre d’exemples uniquement et peuvent être inférieurs ou supérieurs à ce qui s’appliquent dans votre région.
Toutefois, vous devez vérifier auprès des syndicats des professions concernés pour avoir les tarifs réels en vigueur et les joindre à votre demande de financement, si elle est destiné à un organisme dont le but est de distribuer des fonds pour l’aide à la production cinématographique ou télévisuelle.
Vous trouverez ces syndicats sur Internet, selon votre région.
Notez que, lorsque vous désirez présenter une demande de financement à un organisme d’aide à la production, vous pouvez leur demander de vous fournir un exemple de dossier de présentation de projet. Cela vous donnera une bonne idée de ce qu’ils souhaitent recevoir comme présentation et cela vous évitera des pertes de temps à cause des corrections ou précisions qu’ils risquent de vous demander.
CONCLUSION À PROPOS DE LA PRODUCTION
En conclusion, nous vous dirons que la recherche de financement pour vos projets est beaucoup plus facile que vous ne l’imaginez, dans la mesure où vous êtes persévérant.
Certains organismes d’aide à la production le disent ouvertement, ils refusent pratiquement toujours la première présentation d’un projet. Cela élimine les moins déterminés qui s’évanouissent dans la nature, et qui n’auraient pas duré longtemps dans notre milieu, tout en poussant les réalisateurs plus persévérants à faire une saine révision de chacun des éléments de leur projet, à le perfectionner au mieux avant de s’y lancer.
_____________
EXEMPLE DE CONTRAT AVEC UN ANIMATEUR OU UN ACTEUR
Entente contractuelle entre un animateur ou un acteur et un réalisateur.
Nom de la personne ici
Désignée comme étant « l’animateur »
Nom du réalisateur ici
Désigné comme étant « le réalisateur »
(il peut s’agir aussi d’un producteur)
Par la présente, il est convenu que _________________________ réalisateur, confie le rôle d’animateur à ______________________________, désigné ici comme étant l’animateur, pour la production intitulée ________________________________ .
EXPOSÉ
a- Une biographie du personnage en question a été remise à l’animateur, qui déclare en avoir pris connaissance et l’accepter telle que présentée.
b- Une copie complète du scénario a été remise à l’animateur, qui déclare en avoir pris connaissance et l’accepter telle que présentée.
c- L’animateur se déclare aussi informé du type de production dont il s’agit, type décrit comme s’adressant à un public général.
d- Les dates de répétitions et les dates de tournage prévues ont été présentées à l’animateur qui s’engage à se rendre disponible à ces dates.
Article 1
Les tâches de l’animateur désigné dans la présente entente, consisteront à :
– Apprendre le texte que lui remettra le réalisateur dans le délai prescrit
– Participer aux répétitions prévues au nombre de ___
– Participer à ___ jours de tournage
Article 2
L’animateur s’engage à apprendre consciencieusement son texte de manière à se présenter au tournage fin prêt.
Article 3
L’animateur s’engage à exécuter les tâches décrites au présent contrat avec professionnalisme.
Article 4
L’animateur s’engage à se rendre disponible pour les dates de répétitions et de tournage prévues par le réalisateur. En cas de conflit de date, L’animateur accorde priorité au présent contrat, sauf cas de force de majeur.
Article 5
L’animateur s’engage à ne rien changer à son apparence, avant et pendant la période du tournage, qui pourrait compliquer l’exécution de son rôle et son respect du présent contrat.
Article 6
L’animateur ici désigné déclare accepter le mandat qui lui est confié et déclare renoncer, pour une période de 4 ans à partir de la date de signature du présent contrat, à toutes formes de droits d’auteur sur le travail qu’il effectuera dans la production précisée au présent document, et ce, en contrepartie d’un cachet total de _______________, payable de la manière suivante:
Ex: 50% du cachet indiqué tout de suite après le tournage, le reste lors de la mise en marché de l’émission, soit au plus tard 12 mois après le tournage.
Article 7
Les droits de suite, les droits sur les ventes des produits dérivés de l’émission, tels DVD, diffusion Web, diffusion en Festivals, objets publicitaires et autres, sont inclus dans la présente entente pour une période de 4 ans. Ces droits devront faire l’objet d’une nouvelle entente par la suite.
Signé à ______________ ville, pays.
Le ___________ date
___________________________
Par l’acteur ou l’animateur.
___________________________
Par le réalisateur
Note – En fixant à 4 ans la durée du contrat, l’animateur peut interdire la circulation de l’émission après ces 4 années. S’il a, dans cette émission, un rôle qui peut nuire à sa carrière par exemple, c’est un outil qui lui permettra de faire cesser la circulation de l’émission dans le circuit commercial. Le réalisateur a tout intérêt à ce que la période indiquée soit la plus longue possible, évidemment. Mais, après 4 ans, dans notre exemple, si l’émission a encore une valeur commerciale, le réalisateur ou le producteur devra renégocier avec l’animateur. Notez aussi que ce genre de délai ne se trouve que dans les contrats des rôles les plus importants de l’émission. Finalement, ce document est un exemple de base fourni par Cinécours, que vous devez adapter à votre réalité et à vos besoins. Une fois signé, cependant, soyez conscient qu’il a une valeur légale devant la justice dans tous les pays. Ne le signez donc pas à la légère, que vous soyez animateur, acteur ou réalisateur. * Seuls les étudiants inscrits à Cinécours – Cinecours.com en réalisation cinéma ou en réalisation télévision, sont autorisés à utiliser ce document, à s’en inspirer, le modifier ou l’adapter à leurs besoins.
____________
PSYCHOLOGIE ET RELATIONS HUMAINES EN PRODUCTION
Si vous avez une idée de production télévisuelle, une idée géniale ou un scénario génial à faire passer à un producteur ou à un organisme d’aide à la production, afin qu’il vous trouve le financement, vous devrez fatalement communiquer votre intérêt pour votre projet et arriver à convaincre les gens de foncer avec vous dans l’aventure.
Cela n’exige pas d’être un excellent communicateur dès le départ (croyez bien que vous le deviendrez en faisant ce métier de toutes manières), mais vous devrez tout de même appliquer le mode « essai/erreur » pour trouver la manière la plus efficace de présenter le projet, au risque de rater vos premières présentations.
C’est pourquoi les réalisateurs d’expérience recommanderont souvent aux débutants de présenter un projet d’abord aux gens qu’ils tiennent le moins à voir s’impliquer dans le projet en question.
Vos premières démarches de présentation de projets risquent donc d’être négatives et ceci, le plus souvent, parce que vous êtes encore malhabiles et que vous présentez le projet d’une manière peu convaincante et peu motivante.
La plupart des réalisateurs débutants se perdent dans les détails de leur récit, insistent inutilement sur ce qui leur semble le plus important et qui ne l’est pas toujours, du point de vue d’un non réalisateur, et finissent par se rendre compte eux-mêmes, pendant qu’ils parlent du projet, qu’ils sont en train de rater carrément leur présentation.
C’est dans ce contexte que les nouveaux projets doivent être proposés aux producteurs les moins désirés ou les moins intéressants pour vous. Après quelques présentations boiteuses, et ça arrive à tout le monde, vous serez finalement à l’aise et plus convainquant.
C’est un peu comme le ski. Vous aurez beau être au haut des pentes avec tout l’équipement le plus sophistiqué, si vous n’avez jamais pratiqué ce sport, vos premières descentes seront forcément maladroites.
Dans une approche psychologique de notre métier, il est nécessaire de faire une prise de conscience qui passe par une suite d’analyses de notre propre comportement dans différentes situations, nous l’avons déjà précisé. Ainsi, au tout début de votre carrière, dès que vous avez un projet qui vous passionne, vous devez vous placer, vous-même, sous analyse permanente.
Voici un exemple d’une analyse réelle faite par un de nos étudiants qui occupait un travail de commis dans un bureau, quelques heures par jour, en plus de suivre sa formation en réalisation cinéma à notre école. Son projet était donc un film et non une production télé, mais son histoire peur vous être utile.
Voyez comment ça s’est passé pour lui:
Jour 1 de la découverte de l’idée de mon film. Difficulté à me concentrer sur autre chose que sur mon idée. Écoute distraite des gens qui s’adressent à moi. Je ne rêve que de rentrer au plus vite pour commencer le scénario.
Sur l’heure du lunch, je me suis tenu en retrait et j’ai fait un premier synopsis. Je me sens presque fiévreux tant je suis excité par l’idée. Je suis certain que ça va marcher. C’est absolument génial. Je me félicite d’avoir trouvé cette idée à laquelle, j’en suis certain, personne n’a jamais songé auparavant.
Jour 2: Je suis rentré tôt hier et j’ai écrit un premier jet du scénario. Le court métrage fera environ 5 minutes. J’ai terminé tard dans la nuit et ensuite j’ai eu du mal à m’endormir. Je ne pensais qu’à mon film. Je me suis réveillé épuisé et ma journée a mal débutée (oublié de remettre des papiers importants au patron qui quittait pour trois jours et il en avait vraiment besoin).
Au boulot, je profite de chaque temps mort pour me plonger mentalement dans mon film. Au début de la journée, je développais davantage mes personnages, mais en après-midi d’autres idées me sont venues. J’étais hyper excité et je remettais pratiquement en question l’idée de départ que je trouvais pourtant absolument géniale hier.
Je me suis soudainement rappelé que mon prof m’a mis en garde contre le « flash révolutionnaire » (une idée qui remet tout en question) qui surgit alors qu’on manque de sommeil, ou lorsqu’on est très fatigué. Je m’oblige à faire le vide pendant un moment. Je remet la suite à demain. Je dois me reposer.
Jour 3: Je suis rentré tôt hier et j’ai résisté (difficilement) à mon « flash révolutionnaire » de l’après-midi. J’ai poursuivi mon idée de base, mon idée de départ et j’ai travaillé moins tard que la vieille.
Je me suis levé en pleine forme et j’ai relu mon scénario en me réveillant. Je suis très fier d’avoir su dominer ma pulsion et de ne pas avoir cédé au « flash » car mon idée originale était vraiment la meilleure. Une fois reposé, je m’en rend bien compte.
Mes personnages sont maintenant bien typés, ils ne se ressemblent pas tous, comme c’était le cas dans le premier jet de mon scénario. Ils sont distincts et crédibles. Je les adore. Je les sens très nettement. Je les entends même respirer lorsque je lis leurs textes dans ma tête. C’est un bon signe m’a dit un des profs en réalisation.
Jour 4: J’ai drôlement envie de me plonger intérieurement dans le monde que j’ai créé pour y retrouver mes personnages et augmenter encore ma connaissance de chacun d’eux et de l’aventure que je leur fais vivre, mais c’est le moment de faire une pause.
Les profs nous disent qu’ils ne faut pas passer plus de 3 jours de suite sur un nouveau projet de film, sinon nous perdons notre objectivité à un point tel que nous risquons de tout remettre en question pièce par pièce, sans même nous en rendre compte.
Un ou deux jours d’arrêt sont souhaitables afin de décrocher et de revenir ensuite avec une vision plus objective. Je prend donc du recul, mais ce n’est pas facile et je dois vraiment me forcer pour ne pas replonger dans mes pensées et dans mon projet à chaque temps mort de la journée.
Jour 5: Ça y est, j’ai passé deux jours complètement déconnecté de mon projet, ou presque. Je l’ai relu ce matin, j’y ai repensé un peu aujourd’hui, au boulot, et je suis sur le point d’aller au lit pour la nuit. Conclusion, les profs avaient bien raison.
Ce recul m’a permis de me rendre compte qu’un passage de mon histoire risquait de ne pas être compris comme je le souhaitais. Il y avait risque de confusion à un moment précis de l’histoire et ça m’avait totalement échappé. J’ai retravaillé la scène en question ce soir et je pense que c’est beaucoup mieux. Pour le reste, j’ai encore coupé dans le texte, ce que je croyais absolument impossible il y a seulement deux jours.
Je n’en reviens pas de voir combien un recul de deux malheureuses petites journées a pu changer ma vision de mon scénario. Les phrases que j’ai coupées j’ai pu les remplacer par des gestes ou des attitudes des personnages. C’est bien meilleur comme ça parce que ça fait plus crédible.
Les profs nous ont répété : »Une image vaut mille mots, coupez mille mots et remplacez-les par une image ». C’est ce que j’ai fait.
Jour 7: J’ai peaufiné mon projet, le scénario me semble à point. Je le présente demain à René T. , producteur du coin, histoire de m’entraîner pour la présentation parce qu’au fond je ne souhaite pas d’autres producteurs que Lucien L., dont j’ai vu maintes fois le travail et qui me semble le meilleur producteur du coin.
Jour 8: Je sors de ma présentation avec le producteur René T. J’ai été d’une maladresse totale. Je m’empresse de prendre mes gaffes en notes afin de bien m’en rappeler et de ne pas les répéter avec le producteur auquel je tiens. D’abord j’ai parlé beaucoup trop rapidement et je me suis lancé dans la description de mon projet alors qu’il me parlait de la nouvelle décoration de son bureau.
Il a bien senti que je m’en foutais de sa déco. Je lui ai fait comprendre, sans le vouloir, que je ne m’intéressais pas à SES goûts ni à SES babioles, que je venais spécifiquement pour le convaincre de mettre SON argent dans MON projet. Je me sens d’une nullité absolue. On nous répétait pourtant, à Cinecours, que les relations humaines constituaient la base de la réalisation.
Le comprendre est un chose, l’intégrer et l’appliquer en est une autre. Et mon débit, j’ai l’impression que j’ai parlé si vite qu’il lui aurait fallu m’enregistrer et repasser la bande trois fois pour vraiment comprendre. Et ce passage de mon histoire, celui où le personnage principal découvre une jeune femme morte. Je me suis complètement embrouillé moi-même et j’avais du mal à m’y retrouver.
Toutefois, je sais pourquoi ça m’est arrivé, cette séquence est pour moi une « séquence phare » et chaque fois qu’on présente un projet de film on s’attarde toujours davantage sur nos « séquences phares ». Comme on l’apprend dans la formation.
Finalement, lorsque j’ai compris que ce producteur ne trouvait pas vraiment mon projet aussi passionnant que moi, je me suis mis à le défendre point par point et j’ai même précisé que je l’avais fait lire à des gens que je connais qui l’avaient trouvé tout à fait emballant.
Je me souviens aussi qu’il ne fallait pas que je me serve de l’opinion de gens qui ne sont pas là pour s’exprimer eux-mêmes, c’est encore une des choses qu’on apprend à ne pas faire car l’effet obtenu est inverse à celui recherché. Ce qui a été le cas, j’ai fait gaffes sur gaffes. Je ne suis pas prêt de remettre les pieds là et c’est ma faute.
Je réalise aujourd’hui que je ne m’étais pas bien préparé, que je connaissais mon projet, mais pas ma présentation. J’aurais dû pratiquer ma présentation auparavant. Je le savais pourtant. On me l’avait assez répété.
NOTE:
* Cette analyse est « réellement » tirée du journal personnel d’un des étudiants en réalisation de notre école, journal qu’il nous a gracieusement fourni en pensant, et il avait bien raison, qu’il pourrait être utile aux autres.
* Les producteurs, qui font affaires avec un nouveau réalisateur, exigent immanquablement de voir une demo vidéo de ce qu’il a déjà réalisé. Cette étape se fait souvent après l’acceptation du projet, surtout si le réalisateur, auteur du projet, manifeste l’intention d’assumer la réalisation de son propre projet.
* Le réalisateur doit d’abord faire passer SON projet et ensuite il peut travailler sur sa propre mise en valeur en tant que réalisateur. Dans bien des cas, le producteur n’acceptera pas de confier la réalisation d’un projet qu’il finance à un parfait inconnu et engagera le nouveau venu comme assistant réalisateur plutôt que comme réalisateur. La réalisation sera alors confiée à un réalisateur connu du producteur. Même si cette situation est ennuyeuse, il vaut mieux l’accepter et mettre un pied dans la boîte.
Pour votre information, un certain nombre de producteurs de films et de télévision, s’impliquent dans le financement de courts métrages parce que des organismes gouvernementaux fournissent les fonds nécessaires et leur permettent de réclamer des crédits de productions très avantageux.
LE FLASH RÉVOLUTIONNAIRE – LE BON ET LE MAUVAIS
Tous les réalisateurs concepteurs de projets de films ou d’émissions de télévision, ou presque, sont victimes un jour ou l’autre du « flash révolutionnaire ».
Le flash révolutionnaire consiste en une idée qui jaillit comme un éclair. Puissant et spontané, le flash révolutionnaire, comme son nom l’indique, tend à révolutionner l’idée de départ au point, parfois, de la transformer complètement.
Ce phénomène exige, pour être détecté en temps opportun et ne pas avoir d’effet négatif sur le projet, une attention et une vigilance du réalisateur face à lui-même. La plupart du temps le flash révolutionnaire se manifeste dans les conditions suivantes:
1- Le réalisateur concepteur est sous l’emprise de la fatigue et totalise plus de 2 ou 3 jours consécutifs avec, comme préoccupation principale, son fameux projet.
2- Le réalisateur concepteur du projet est avec son équipe de tournage ou avec des amis et expose très longuement son projet, se perdant dans des détails, victimes de nombreuses hésitations et effectuant de trop nombreux retour en arrière pour ajouter des précisions. À la fin de ce récit mal organisé, le réalisateur, sentant sa perte de contrôle, pourra être victime de « flash révolutionnaire » désireux qu’il est d’ajouter de la valeur et de l’intérêt à son histoire, afin de conserver l’attention de son auditoire ou de susciter des réactions positives.
3 – Le réalisateur concepteur raconte son projet à une personne ou à un groupe de personne d’une manière hésitante et les gens, sentant qu’il est mal à l’aise, se mettent à l’aider en lui faisant des suggestions d’éléments qu’il pourrait ajouter à sa production. On doit toujours exposer un projet télévisuel en faisant preuve de confiance en soi et aussi en son idée, sinon l’auditeur veut spontanément nous aider et intervient avec ses propres idées.
Lorsque le réalisateur n’a pas su afficher suffisamment de confiance en lui et en son projet, et que l’auditeur commence à s’en mêler en apportant des suggestions (le personnage devrait faire ceci plutôt que cela, etc.) le réalisateur, se sentant en perte de contrôle de son propre récit, aura tendance à tenter de trouver, là, sur le champ, une ou des idées afin de clouer le bec à son auditoire. C’est à ce moment qu’un « flash révolutionnaire » peut aussi se produire.
Le flash révolutionnaire qui appairait dans une des 3 situations citées est, dans la très grande majorité des cas, néfaste au projet.
Le flash révolutionnaire est rarement bon, disons-le, surtout lorsqu’il apparaît alors que le projet dispose déjà de plusieurs jours de mûrissement et de travail de la part du réalisateur. Toutefois, il arrive qu’un flash révolutionnaire soit valable, et même tout à fait génial. La plupart du temps il apparaîtra PENDANT le processus de mûrissement (réflexion) du projet et surgira pendant les premières journées de développement du projet, de même qu’il apparaîtra au moment où le réalisateur est pleinement en possession de ses capacités intellectuels (donc loin de la fatigue, de l’effet de l’alcool, des médicaments, des excitants, ou autres…).
Notez que les chances d’avoir un Flash révolutionnaire vraiment génial sous l’influence de la fatigue, de la drogue ou de l’alcool, sont à peu près nulles. Quoiqu’en pense le réalisateur au moment où ça lui arrive.
QUOI FAIRE LORSQU’ON A UN FLASH RÉVOLUTIONNAIRE
D’abord, ne pas lui accorder trop d’importance, mais tout de même le prendre en note. Si vous êtes en groupe, ou avec une autre personne au moment où ça vous arrive, taisez-vous, résistez à la tentation d’en parler sur le champ, prenez-le en note, sans plus.
Un réalisateur doit être capable de garder beaucoup d’informations pour lui-même. Pour les idées c’est la même chose. On ne « teste » jamais une idée sur le vif. On n’expose JAMAIS une nouvelle idée à une personne ou à un auditoire, sans d’abord y avoir réfléchie. La raison fondamentale en est que ces « flash révolutionnaires », nous l’avons dit, nous apparaissent souvent lorsqu’on se sent en perte de control de notre propre récit, de la présentation de projet qu’on est en train de faire.
Si, en plus de rater la présentation, on s’égare et on se met à ajouter des idées provenant d’un flash révolutionnaire, on perdra toute la confiance de ceux qui assistent à notre présentation, car il leur sera évident qu’on ne sait pas du tout où on s’en va et qu’on invente au fur et à mesure.
Il faut donc se taire, noter et réfléchir ensuite à la valeur de ce flash, si valeur il y a. Quelques jours de recul permettent, le plus souvent, de tout voir avec plus de justesse.
Une chose est essentielle, vous devez, dès que vous constatez que vous êtes en train de changer (de révolutionner) complètement votre projet original, vous assurer d’en avoir une copie intacte, une copie de la version pré flash. Comme ça, dans quelques jours, si vous constatez que le flash n’a pas valorisé le projet comme vous l’aviez cru, vous pourrez toujours revenir en arrière.
LA TENTATION « D’ATTENDRE POUR VOIR »
Toujours dans le domaine de la psychologie appliquée à la réalisation / production, il faut noter que le réalisateur débutant qui présente un projet à un producteur, ou à un organisme de financement, a une très fâcheuse tendance à ne rien faire entre les démarches de présentation.
Ce qui signifie qu’il présente son projet à un producteur puis attend sa réponse sans faire aucune autre démarche entre-temps. Cette attitude conduit à l’échec dans la recherche de financement des projets. Elle est aussi à la base de bien des renoncements à la « vocation » en réalisation et est responsable du retour à un boulot conventionnel de gens pourtant talentueux en réalisation.
IL EST IMPÉRATIF de présenter un projet ou de court métrage à plusieurs organismes ou producteurs susceptibles de s’y impliquer, dans un délai aussi court que possible, idéalement, dans un délai de 30 jours. Ceci pour la bonne raison que, lorsque le réalisateur décide de céder à la tentation « d’attendre pour voir » quelle sera la réponse du producteur auquel il a présenté son projet, il risque de voir son propre intérêt pour le projet diminuer au fil des jours et des semaines qui passent.
Rappelons-nous que nous sommes des « créateurs » que nous avons un impératif besoin de créer. Un projet dont la mise en marché s’éternise ne résistera pas à notre envie et à notre besoin de vivre l’euphorie de la création, la découverte d’un nouveau projet, la création d’un nouveau monde et de nouveaux personnages. C’est là que nous excellons et que nous prenons notre « pied », pas dans la présentation de projets ni dans la tâche de convaincre les producteurs.
Par conséquent, connaissant bien notre propre profil psychologique, connaissant bien notre champ d’intérêt, il faut nous faire violence et nous IMPOSER de présenter notre projet à autant de producteurs et d’organismes de financement qu’il est possible de le faire, dans un délai d’un mois.
De plus, le fait de ne pas attendre et d’avoir l’impression qu’un producteur s’intéresse à votre projet (lorsque c’est le cas), vous permettra de vous sentir plus détaché au moment de faire la présentation suivante. Vous aurez moins de pression sur les épaules et les producteurs rencontrés auront l’impression que vous avez de l’expérience, ce qui les mettra en confiance.
IDENTIFIEZ VOS LIMITES LORS DES PRÉSENTATIONS
Des réalisateurs débutants affirment détester présenter leurs projets télé eux-mêmes. Au point que plusieurs ne s’y risquent même pas et tournent, par eux-mêmes, un court métrage ou deux, avec des moyens très réduits, pour les présenter ensuite à une maison de production à titre d’exemples de ce qu’ils savent faire et solliciter un emploi de réalisateur (le plus souvent ils sont engagés comme assistant réalisateur, au début).
C’est une façon de faire qui fonctionne, mais ce n’est pas la meilleure. Il vaut mieux développer une confiance en soi suffisante pour présenter ses propres projets aux maisons de productions et aux chaînes télé.
Il faut savoir que lorsqu’on entre comme assistant réalisateur, on prend le risque de n’acquérir nos gallons de réalisateur qu’au prix d’un changement de maison de production, d’un nouvel employeur. La première maison nous ayant malheureusement « étiqueté » assistant plutôt que réalisateur. La seconde étant prête à débaucher une ressource compétente de la première tout en lui reconnaissant ses qualifications, ce sera plus facile de se faire une nouvelle image.
Que vous soyez sûr de vous ou pas, vous avez et vous aurez toujours des limites, c’est à dire des zones de moindre habilité, des zones de maladresse ou des zones d’inconfort. Pour certains, ce sera les 5 premières minutes d’une présentation qui seront pénibles, soit le temps de « briser la glace », de créer une ambiance agréable.
Ayant identifié ce problème, le réalisateur qui en est victime trouvera une stratégie et compensera, par exemple, en utilisant systématiquement les 5 premières minutes d’une présentation pour parler d’un événement d’actualité dont tout le monde parle et à propos duquel, fatalement, les personnes présentent à la présentation du projet ne pourront s’empêcher d’émettre une opinion.
Pour d’autres réalisateurs, ce sera la présentation proprement dite. Le fait de se sentir observé, jugé, évalué et le fait de devoir s’exprimer dans un français valable, sans trop d’hésitations, pourra être pénible.
Dans ce dernier cas, la confiance naîtra de la pratique. Un bon moyen de gagner en aisance est de s’enregistrer et de se regarder ensuite. Attention toutefois à votre réaction lors du visionnage de votre première présentation devant une caméra ou devant un microphone, vous serez peut-être déçu de vous même.
Ne soyez pas trop exigeant au début, car à moins d’une dizaine de répétitions votre opinion ne sera pas fiable de toutes manières. Nous encourageons les débutants à exercer leur présentation de projet en solo, devant une caméra, à au moins 10 reprises, à raison d’une fois par jour, AVANT de passer à une vraie présentation devant un producteur ou un organisme de financement des productions cinématographiques.
Pour d’autres réalisateurs encore, ce sera la période de questions qui sera la partie la plus intimidante de la présentation des projets. La peur de se faire poser une colle, la peur de tomber dans un éventuel « piège » révélant brutalement son statut, pourtant précisé, de débutant ou simplement la peur de ne pas pouvoir répondre, seront des freins majeurs aux présentations.
Nous conseillons au réalisateur débutant de préparer une série de questions qu’il s’attend à se faire poser, puis à s’exercer, en solo, à y répondre. Les réponses aux questions des producteurs doivent impérativement être claires, courtes et précises.
Vous devez éviter de vous lancer dans de grands exposés, sinon le producteur cessera tout net de vous questionner, inquiet de vous voir vous éterniser dans son bureau. Vous devez le laisser « contrôler » la rencontre. Vous êtes sur « son » terrain et c’est « son » argent que vous venez lui demander d’investir dans votre projet. La dernière chose que les producteurs veulent rencontrer c’est une sangsue, c’est à dire le genre de personne qui parle sans écouter et s’accroche dans leur bureau en insistant d’une manière presque discourtoise.
Les préoccupations des producteurs et des organismes de production tournent souvent autour des aspects matériels. La disponibilité des lieux de tournage les plus sensibles (aéroport – hôpital – prison – caserne militaire – etc.) doit préférablement ne pas faire de doute et avoir été soigneusement vérifiée avant la présentation. De cette manière, le producteur est à même de constater que le réalisateur qu’il a en face de lui est débrouillard et qu’il obtient ce qu’il veut par sa détermination. Du moins le producteur peut le supposer.
Au contraire, si vous répondez à la question sur la vérification de la disponibilité des lieux de tournages sensibles énumérés plus haut par « Il n’y aura aucun problème sur ce point, ne vous inquiétez pas », le producteur sera à même de conclure que vous n’avez aucune certitude d’établie, que vous êtes probablement inconscient des difficultés et que le projet risque de tomber à l’eau si vous n’avez pas accès aux lieux en question. Il déchantera rapidement.
Évidemment si un lieu sensible n’est pas disponible, on peut toujours tourner en studio dans des décors reproduisant les lieux en question. Vous devinez, toutefois, que cela occasionne des coûts supplémentaires qui peuvent rendre le projet moins intéressant pour tout le monde.
EXEMPLES DE QUESTIONS POSÉES PAR UN PRODUCTEUR APRÈS UNE PRÉSENTATION DE PROJET DE COURT MÉTRAGE
– Avez-vous vérifié si l’endroit où vous désirez faire le tournage (supposons qu’il s’agit d’un aéroport) vous sera accessible?
– Avez-vous songé à des acteurs ou animateurs en particulier?
– Ne craignez-vous pas que les gens fassent la comparaison avec tel ou tel projet déjà présenté au cours des dernières années?
UNE MÉTHODE LÉGALE POUR RÉDUIRE LES FRAIS LORS DU TOURNAGE: PAYER LES FRAIS SEULEMENT AU MOMENT OÙ LA PRODUCTION EST VENDUE.
Il existe une méthode légale qui vous permet de tourner avec des professionnels à peu de frais. Cette méthode vous permet d’engager des techniciens professionnels, mais aussi des acteurs et des animateurs professionnels. C’est la méthode du paiement différé (on l’appelle « contrat à cachet différé »).
Elle consiste à définir, sur un contrat que vous rédigez, la part des revenus de la vente de la production qui sera attribuée à chacune des personnes y ayant travaillé. Donc, vous vous engagez à payer ces gens mais seulement une fois que la production est vendue. Si le projet ne vous rapporte rien, il ne vous coûte rien, ou presque. (Vous devez tout de même louer des équipements)
Évidemment, ce ne sont pas tous les professionnels qui acceptent de participer à une production à paiement différé et ce n’est peut-être pas permis dans tous les pays. Il s’agit, dans la plupart des cas, de gens qui sont libres au moment où vous aurez besoin d’eux ou de gens non syndiqués.
Les inconvénients de cette méthode existent. Selon les syndicats impliqués, certains exigent un paiement minimum de manière à s’assurer que leurs membres ne travailleront pas pour rien si le projet ne se vend pas. Il faut vérifier avec chacun des participants membres d’un syndicat d’artistes ou de techniciens de production, afin de connaître les règles qui s’appliquent.
Notez que rien ne vous empêchent de faire appel à des nouveaux venus dans le milieu, non encore membre d’un syndicat. Ils sont généralement très ouverts au paiement différé car, dans le pire des cas, s’ils ne touchent pas un sou, ils auront au moins une production à mettre à leur CV.
Anecdote: pour les besoins de financement de son film, une réalisatrice française maintenant bien connue, a offert aux acteurs un cachet différé, c’est à dire une participation aux recettes à venir. Sur 3 des acteurs principaux, 2 ont acceptés. Le 3e a été payé tout de suite, selon les règles syndicales en vigueur. Le film était « Trois hommes et un couffin », de Colinne Serreau, un des plus gros succès du cinéma français d’il y a un moment. Inutile de préciser que ces deux acteurs ont fait une bonne affaire (le 3e aussi, les producteurs ayant accepté de revoir le contrat)!
AIDES À LA RÉALISATION OU À LA PRODUCTION EN FRANCE
Visitez les sites de ces organismes. Certains d’entre eux financent vos projets ou peuvent vous assister dans leur concrétisation.
FONDATION GAN POUR LE CINEMA
ASSOCIATION BEAUMARCHAIS
Association Beaumarchais – SACD
11 bis rue Ballu, 75 009 Paris
http://www.fondation-jeanluclagardere.com/
*Autrefois la fondation Hachette
Vous en trouverez bien d’autres en effectuant des recherches sur Internet.
AIDES À LA RÉALISATION OU À LA PRODUCTION AU CANADA (Québec)
Conseil des Arts et des Lettres du Québec (CALQ)
La SODEQ
Conseil des Arts du Canada
Ministère de la Culture
INITIATION À LA CRÉATION D’UNE MAISON DE PRODUCTION PRIVÉE
Créer une maison de production privée est simple. Tout ce que vous avez à faire c’est de créer une corporation auprès du ministère responsable de la création des entreprises de votre pays. Vous pouvez aussi passer par un notaire qui s’occupera de tout pour environ 1500$ soit 950 Euros.
Avant de passer aux actes, sachez cependant que la création d’une société, d’une corporation à but lucratif, exigera, annuellement, certains frais récurrents. Pour la comptabilité, la préparation du rapport d’impôt et pour les frais de dossiers d’entreprise au gouvernement, vous devrez payer environ 2500$ /1500 Euros, annuellement.
Ce qui signifie qu’on ne créé pas une telle société pour un seul projet de tournage et de mise en marché. Idéalement, nous vous suggérons, si vous envisagez de créer votre propre maison de production, de regrouper des réalisateurs ou de trouver plusieurs projets et d’avoir une certitude de revenus avant de procéder.
Nous vous suggérons aussi de vérifier auprès de votre localité, de votre région et de votre gouvernement, quels sont les programmes d’aide à la création de société de production cinématographiques ou télévisuelles. Vous pourriez découvrir que vous êtes éligibles à des crédits d’impôts avantageux, à une subvention de démarrage ou à un prêt garanti par le gouvernement.
La mission de votre éventuelle maison de production doit être claire et bien définie. Ferez-vous uniquement la production de vos propres créations? Accepterez-vous de produire des projets autres que les vôtres? Développerez-vous davantage les contacts et les ressources en production, afin de faciliter la cueillette des sommes d’argent nécessaires ou si vous mettrez plutôt en évidence l’importance d’établir un vaste réseau de diffusion qui générera des fonds lors de la mise en marché? Allez-vous développer également les deux aspects, production et mise en marché?
À cet effet, notez que la chaîne de diffusion YouTube permet depuis 2018 la mise sur pied d’abonnements payants pour votre chaîne. Ce qui veut dire que vous pouvez créer une chaîne et percevoir des tarifs d’abonnements pour la diffusion des œuvres dont vous êtes le mandataire. Une façon de devenir « diffuseur » sans avoir à se battre sur le terrain de certains géants comme FOX ou Gaumont Films.
Finalement, vous devrez probablement choisir un créneau, c’est à dire une catégorie de productions dans laquelle vous allez vous concentrer et, du même coup, identifier votre maison auprès du marché. Si vous faites des productions pour enfants, par exemple, vous serez dans cette catégorie. Cependant, vous pouvez tout aussi bien faire de tout et faire partie de la catégorie généraliste.
Étapes de la création d’une maison de production
1- Sélectionner un certain nombre de projets à produire ou à distribuer
2- Identifier les programmes d’aides à la production dans la région
3- Procéder à l’enregistrement d’une société de production (auprès du gouvernement)
4- Produire en ne dépensant pas plus que ce qui est prévu
5- Mettre en marché les productions terminées
C’est tout simple quoi, mais dans la réalité c’est environ 50 à 60 heures de boulot par semaine, pour un salaire potentiellement considérable toutefois, et ce, pendant les 5 prochaines années. Au départ, la difficulté c’est de trouver des projets de calibre, peu coûteux et réalisables dans des délais raisonnables.
Vient ensuite la gestion de ces projets, qui doit être rigoureuse. Les 3 premières années peuvent être aussi fantastiques qu’éprouvantes.
La recette du succès est pourtant simple: Ne pas dépenser plus que ce qui a été prévu et que ce qui est disponible.
Bien des jeunes réalisateurs/producteurs ne passent pas le cap des 3 premières années parce qu’ils se laissent entraîner par l’enthousiasme et parce qu’ils se laissent influencer par certains membres de leur entourage. Il se trouvera toujours quelqu’un autour de vous, pour vous donner l’impression que vous n’arriverez pas à produire ce que vous avez en tête sans dépenser davantage que ce qui est prévu.
Nous avons tous vécu cette situation où notre directeur photo, en pleine réunion de production, entreprend de nous convaincre de lui louer la toute nouvelle caméra qu’il a eu le privilège d’essayer sur telle ou telle production. Son enthousiasme et sa passion sont communicatifs et nous nous laissons convaincre trop facilement. Le résultat… notre budget location de caméra est dépassé et nous n’avons pas encore commencé à tourner.
Si vous décidez de faire de la production, vous devez être déterminé à faire de la gestion, ce qui implique un contrôle constant de TOUS les coûts de production, depuis les sandwichs jusqu’au frais de location des équipements, en passant par les cachets. RIEN ne peut être négligé.
Vous devez aussi être prêt à vivre avec une image pas toujours sympathique, celle de celui qui dit plus souvent « non » que « oui » à ce qu’on lui demande, parce que des demandes, en tant que producteur, vous en aurez de toutes sortes. Sachez, cependant, que cette situation sera plus compliquée dans votre cas, parce que vous allez cumuler les fonctions de réalisateur et de producteur. Il sera bon ici de bien départager quel chapeau vous avez au moment où on vous aborde. Pendant la réalisation, exigez que l’on s’adresse à vous uniquement en ce qui concerne ce champ d’activités (chapeau de réalisateur). Précisez que vous ne répondrez pas à des considérations matérielles ou financière pendant que vous dirigez les acteurs.
Cette « double situation » est très prestigieuse, certes, mais c’est aussi exigeant. Les techniciens et toutes les personnes travaillant avec vous ne pourront se retirer facilement de la tête qu’ils s’adressent au producteur derrière le réalisateur et qu’ils peuvent éventuellement en tirer quelques avantages dans leur travail ou dans leur carrière. D’où la nécessité d’être ferme.
Comme vous le voyez, réalisateur et producteur, c’est plus complexe que simplement l’un ou l’autre. Notre recommandation… Si vous avez une excellente organisation personnelle, une grande habilité dans les relations humaines, et que vous avez ce qu’il faut pour assumer professionnellement une réalisation, vous pouvez faire les deux. Sinon, faites comme plusieurs d’entre nous qui ne sont pas « parfaits » et déléguez TOUTES les questions de production à un membre compétent de votre équipe. Ainsi, dès qu’il sera question de production, c’est cette personne que les gens devront voir et vous aurez toujours le dernier mot, de toutes façons.
Encore faut-il avoir suffisamment de revenus pour pouvoir engager quelqu’un, direz-vous et vous aurez raison. Il se pourrait bien que, pendant les premiers mois de la création de votre maison de production, vous soyez seul pour tout faire. C’est ainsi.
COMMENT TROUVER LE FINANCEMENT POUR CRÉER VOTRE MAISON DE PRODUCTION
La plupart des réalisateurs qui veulent créer leur propre maison de production prennent tout ce qui passe et qui leur rapporte de l’argent. Des pubs, des corporatifs (vidéos pour des industries), des clips destinés à Internet, etc.. C’est très sage et cela permet d’accumuler un capital de départ assez rapidement, le plus souvent en moins d’un an, dépendamment de la débrouillardise du réalisateur et de sa facilité à trouver des contrats rentables. Cette façon de faire évite l’endettement et le stress que l’endettement peut générer.
Certains choisissent d’emprunter dans une institution financière. La banque exigera alors que le réalisateur présente la preuve qu’il a déjà obtenu une confirmation de financement pour un premier projet ainsi que la preuve qu’il a les connaissances nécessaires pour travailler dans le domaine.
Le plus souvent, une copie de votre attestation de formation en réalisation à Cinécours répond aux exigences des banques sur ce point. D’ailleurs, plusieurs de nos étudiants ont obtenus un prêt dès la fin de leur formation.
Cependant, la banque limitera sa mise de fonds et vous demandera d’en mettre autant qu’elle dans le compte de l’entreprise. Comprenez par là que si vous avez besoin de
10 000$, vous emprunterez 5000$ et vous devrez avoir 5000$ comptants à investir dans votre maison de production, ou encore, vous devrez avoir des garantis pour une somme équivalente.
Lorsque vous souhaitez acheter des équipements, vous pouvez demander à votre banque de vous obtenir un prêt à la petite entreprise, un prêt garanti par le gouvernement. Ces prêts sont faciles à obtenir puisque le gouvernement les garantis à 80% et vous pour 20%. La banque ne risque donc pas grand chose.
COMMENT SE FAIRE UNE PLACE DANS LE MILIEU EN TANT QUE RÉALISATEUR
Si vous ne souhaitez pas créer votre propre maison de production, vous pouvez soit travailler à votre compte en réalisation ou travailler pour une maison de production.
Pour travailler à votre compte, rien de plus simple. Vous vous enregistrez comme travailleur autonome auprès de votre gouvernement, ce qui ne coûte rien ou presque et vous commencez à chercher des sources de financement pour vos projets.
La commandite, le sponsoring en France, est le plus facile à trouver. Si votre production se tourne en partie dans un restaurant, vous choisissez une chaîne de restaurant dans laquelle tous les restos sont identiques et vous leur vendez l’idée de vous accorder un montant d’argent en échange de publicité dans votre film.
Tout ce que vous utilisez dans le projet peut aussi être une source de revenus. Les boissons, les autos, les décors, etc.. Vous avez ici un exercice de ventes à faire, ce que certains détestent, mais si vous le faites, vous allez vous créer un réseau de contacts exceptionnel et vous allez faciliter, du même coup, vos tournages futurs.
Prenez bien garde, toutefois, de toujours respecter vos engagements vis-à-vis ceux qui vous font confiance. Le plus souvent, ils vous donnent un chèque sans avoir vu une seule image. Ce n’est pas évident.
Il est recommandé d’ajouter un petit paragraphe dans l’entente écrite, à propos du fait que vous vous engagez à les rembourser s’ils ne sont pas satisfaits. Cela vous oblige à livrer ce que vous avez convenu, rien de moins.
EXEMPLE DE CONTRAT DE COMMANDITE DANS UN COURT MÉTRAGE
Contrat de commandite d’un court métrage
Intervenu entre :
A. Kirouac, réalisatrice
8034 rue Girouette
Leille sur mer
Représenté par : Anicette Kirouac
Et
L’Exode, restaurant
1234 10 ième rue
Leille sur mer
Représentée par : Mme Amulette Desmeules
A) Compte tenu que la réalisatrice Anicette Kirouac doit procéder au tournage du court métrage intitulé « Une semaine trop tard » et qu’une partie des séquences de ce court métrage doit être tournée dans un restaurant.
B) Compte tenu que l’Exode est une chaîne de restaurants et désire collaborer au tournage du court métrage cité au présent document.
… sont convenus les termes qui suivent:
1) L’exode accepte de mettre à la disposition de Anicette Kirouac, une partie de son restaurant situé au 234 rue Perlieu, Leille sur mer, et ce pour une période de 6 heures par jour, à compte du 4 mai 2003 jusqu’au 6 mai 2003.
2) L’exode accepte aussi de fournir un repas pour une équipe de tournage composée de 9 personnes au total, à l’occasion de chacune des trois périodes de tournage.
3) Anicette Kirouac s’engage à utiliser la partie convenue du restaurant pour exécuter son tournage et ce, à l’intérieur des délais prévu, sans dépassement.
4) Anicette Kirouac s’engage à ne pas déplacer de mobilier ou d’accessoires faisant partie du restaurant sans l’accord du gérant du restaurant concerné.
5) L’exode accepte de payer une somme de 3000$ (1800 Euros) à Anicette Kirouac, pour qu’elle tourne le court métrage cité au présent document dans son établissement de Leille sur mer. Cette somme étant payable de la manière suivante: 30% à la signature de la présente entente, 30% au début du tournage et 40% à la remise d’une copie du court métrage terminé.
6) En échange de la somme décrite à l’article 5, la réalisatrice Anicette Kirouac s’engage à faire en sorte que le restaurant L’exode soit reconnaissable dans au moins 3 des séquences filmées à l’intérieur du restaurant, à intégrer un plan dans lequel on voit distinctement l’affiche du restaurant et à intégrer, dans sa production, un figurant portant l’uniforme du restaurant.
Clause particulière:
___________________________
___________________________
___________________________
Signé à ____________________ Le ________________2014
Par _______________________________
Représentant l’Exode.
Par _______________________________
Anicette Kirouac
**** Vous pouvez vous inspirer de ce contrat de base pour vos projets.
ATTENTION AUX TENTATIONS
En matière de production, l’argent vient vite et en quantité souvent importante. Il faut faire preuve de sagesse et développer dès le départ de bonnes habitudes. D’abord, il faut impérativement ne pas céder à la tentation de dissimuler des revenus au gouvernement.
C’est relativement facile (et déconseillé) de ne pas déclarer à l’impôt de l’argent provenant de contrats de productions , mais sachez que les entreprises avec lesquelles vous faites affaires peuvent être contrôlées et que le chèque qu’elles vous ont donnés guideront jusqu’à vous les percepteurs. Si vous n’avez pas eu la bonne idée d’inscrire le montant que cette entreprise vous a donné dans votre rapport d’impôt, bonne chance…
L’ASSOCIATION D’AFFAIRES… EN PRODUCTION
Est-ce bon ou pas de s’associer en production? Ce n’est pas recommandé lorsque tous les associés sont des débutants. Dans le cas où vous choisissez cette option, vous devez prévoir une clause qui permettra à chacun des associés de se retirer facilement sans compromettre les activités en cours.
Les problèmes apparaissent toujours au même moment, soit lorsque l’argent arrive. L’un veut ceci, l’autre veut cela et la querelle s’installe. Des phrases comme : « J’ai travaillé plus que toi sur ce projet là » sont lancées et c’est le début de la fin de la relation.
Tout le monde se surveille, compte le temps des autres, s’espionne plus ou moins consciemment, bref cela devient parfois un vrai cauchemar.
Évidemment, certaines associations fonctionnent, mais rarement dans le cas de gens qui s’associent pour une toute première fois. Il y a toujours un certain niveau d’incompréhension, dans toute nouvelle association, et il doit être vécu et identifié pour être éliminé.
La forme d’association la plus valable, pour des gens qui débutent en réalisation/production, c’est l’association libre. Chacun est en fait à son compte, mais dans un bureau que tous partagent. Les lignes téléphoniques, le fax, les frais divers, tout est partagé entre les membres du bureau.
Les contrats seront signés par les individus et en leur nom et non pas au nom d’une entreprise dont ils seraient actionnaires.
De cette façon, si la bisbille s’installe, tout n’est pas perdu.
Pour qu’une association soit profitable et fonctionnelle, il faut tenir des réunions fréquentes, au cours desquelles sont prises toutes les décisions importantes.
Les investissements, les choix de projets, les engagements financiers, etc., doivent obligatoirement passer par l’approbation de la majorité. Cela ne prévient pas nécessairement des erreurs et des conséquences négatives découlant des mauvaises décisions, mais cela permet d’en répartir la responsabilité et les coûts.
Nous ne voulons pas, malgré ce qui vient d’être dit, vous donner une image trop négative des associations. Elles fonctionnent souvent très bien, mais sous certaines conditions.
C’est le cas lorsque les gens s’associent parce qu’ils se complètent bien les uns les autres et non pas parce qu’ils ne sont pas suffisamment sûr d’eux-mêmes pour se lancer seul en affaires.
C’est aussi le cas lorsque les tâches et les rôles sont convenus et respectés et que, dès qu’une situation pose problème, on convoque une rencontre entre les associés et on vide le sujet avant qu’il ne prenne de trop grandes proportions.
ET TRAVAILLER POUR UNE MAISON DE PRODUCTION
Vous pouvez vous faire graduellement une place dans une maison de production en débutant comme assistant réalisateur. Il est rare qu’une maison embauche un débutant en réalisation tout de suite au poste de réalisateur. C’est toutefois possible, si vos toutes premières productions sont si bien faites qu’elles mettent en évidence le fait que vous avez, tout débutant que vous soyez, beaucoup de tournages à votre actif.
De plus, les maisons de production sont souvent sympathiques aux débutants qui présentent de bons premiers projets qu’ils ont faits par eux-mêmes, parce que cela démontre leur débrouillardise.
Ce sont des candidats potentiellement intéressants pour une maison de production, car ils ne seront pas toujours en train de râler pour obtenir davantage d’équipement et de moyens. Ils se contenteront, au moins pendant un temps, de ce que la maison leur confie et se trouveront ainsi bien chanceux s’ils comparent aux situations qu’ils ont connues dans leurs propres projets, dépourvus de moyens.
UN PIÈGE À ÉVITER
Certaines maisons de production utilisent une vieille astuce pour discerner les vrais réalisateurs des moins vrais. Elles proposent un emploi dans un tout autre domaine, comme technicien en éclairage ou perchiste, en attendant d’avoir une ouverture en réalisation.
C’est un piège dans la plupart des cas et un vrai réalisateur n’acceptera pas, car il serait catalogué dans ces fonctions subalternes et aurait beaucoup de mal à s’en sortir par la suite. Si vous donnez à tous une image de vous en technicien de plateau, ils leur sera difficile de vous faire confiance en tant que réalisateur. Il faudra beaucoup de temps, c’est certain, et bien des étapes.
En conséquence, le poste minimum que vous devez accepter c’est assistant à la réalisation et encore, vous devez préciser que ce n’est que dans le but de démontrer vos compétences et de vous familiariser avec les opérations de la maison de production.
Vous devez impérativement leur faire savoir, poliment bien sûr, que TOUT ce qui vous intéresse c’est la réalisation et RIEN d’autres. De cette manière, ils sauront, s’ils vous engagent en assistance à la réalisation, qu’ils ont un réalisateur en attente d’un poste dans la maison et, s’ils sont satisfaits de votre travail, ils songeront à vous avant de prendre un nouveau venu.
Il y a une grande différence entre un réalisateur qui accepte un poste d’assistant réalisateur en attendant un poste en réalisation et un réalisateur qui accepte un poste de perchiste en attendant un poste en réalisation.
ADRESSES DE PRODUCTEURS – DIFFUSEURS – DISTRIBUTEURS ET AUTRES
Voici une liste complète de références qui peuvent vous être utiles pour la France.
_______________
Voici une liste complète de références qui peuvent vous être utiles pour le Canada.
LES AUTORISATIONS DE TOURNAGE
Si vous n’avez pas à déranger la voie publique ou les activités régulière de la ville, dans la plupart des endroits, vous n’avez pas l’obligation de demander un permis pour tourner une production.
Cependant, si vous avez l’intention de bloquer la circulation dans une rue, d’occuper un édifice publique ou de tourner des séquences en ville dans un contexte qui pourrait affecter le comportement normal des gens ( par exemple faire apparaître une fille nue au balcon sur une route à circulation dense, à une heure de grand achalandage ou tournant une attaque à la mitrailleuse ), vous devez obtenir une autorisation de tournage.
Dans tous les pays, ou presque, ce sont les municipalités où auront lieux ces tournages qui émettent les permis via un organisme de parrainage. Au Canada c’est le « Bureau du film et de la télévision », en France c’est « Mission cinéma (Paris) ». Contactez votre municipalité pour en savoir davantage.
Vous trouverez facilement les sites de ces organismes en tapant leur nom dans le moteur de recherche GOOGLE.
Notez également que les permis sont la plupart du temps gratuits ou presque, mais que les organismes qui vous autoriseront à travailler sur la voie publique exigeront que vous ayez une police d’assurance d’un million de dollars ( 600 000 euros ), mais ne vous inquiétez pas, ce genre de police d’assurance est très peu coûteux parce que le tournage est court.
_____________
LES TÂCHES À DÉLÉGUER À UN ASSISTANT (Réalisateur et assistant, dernière partie)
C’est à vous de choisir ce que vous pouvez déléguer, selon le tournage, cela peut varier. Nous l’avons mentionné, une large partie des étapes de préparation de la production peut être déléguée, sauf l’analyse rythmique et le découpage technique, que vous devez vraiment faire vous-mêmes.
Si vous avez suivi aussi une formation de scénariste, vous pouvez aussi valoriser le scénario, c’est-à-dire, le lire et indiquer au scénariste les erreurs, les points à changer, à améliorer.
Par exemple, si vous avez un texte descriptif de scène qui contient une description non visuelle, comme ceci:
2. INT.SALON DE NICOLAS. FIN DE JOURNÉE
NICOLAS est assis sur le canapé, devant la télévision qui présente les infos. Le son de la télé est à peine audible. NICOLAS se demande comment JEANNE va réagir en entrant, tout à l’heure.
Vous savez très bien qu’on ne peut rien faire d’une description qui dit que le personnage se demande ceci ou cela. C’est peine perdue, ce n’est pas au réalisateur d’écrire des descriptions cinématographiques, c’est au scénariste. Vous repérez donc cette description défaillante et vous la donnez au scénariste pour qu’il la corrige. Il vous rendra alors quelque chose comme ceci…
2. INT.SALON DE NICOLAS. FIN DE JOURNÉE
NICOLAS, l’air songeur, est assis sur le canapé, devant la télévision qui présente les infos. Le son de la télé est à peine audible.
NICOLAS
(VOIX OFF)
Je me demande comment JEANNE
va réagir en entrant tout à l’heure?
Il arrive que des assistants réalisateurs soient aussi vraiment perfectionnistes et décidés à se distinguer des autres au point d’avoir suivi eux-mêmes une formation de scénariste principalement pour apprendre à lire, comprendre et éventuellement évaluer un scénario.
Dans ces cas-là, il pourra être intéressant de leur confier un scénario en leur demandant d’annoter les endroits où quelque chose ne va pas. Puisque de toute manière l’assistant réalisateur doit lire le scénario pour connaître vraiment la production dans laquelle il s’engage, cette lecture aura ici un double but. Et vous pourriez être surpris, en tant que réalisateur, de voir ce que peut vous apporter le point de vue d’un assistant qui a appris à travailler un scénario. Ce pourra donc être une des tâches à lui déléguer, sans pour autant vous dispensez vous-même, bien entendu, d’analyser le scénario, ce dont vous n’aurez pas le choix, de toute manière, ne serait-ce que pour être en mesure de faire le découpage technique nécessaire à chacune des journées de tournage.
Parmi les tâches que vous pourrez aussi déléguer, sur les petits tournage particulièrement, figurera aussi, nous l’avons mentionné plus haut le travail de script, donc la prise des notes dans les cue sheet. Dans de nombreux petits tournages, c’est l’assistant qui fait ce travail pendant chaque prise.
L’ASSISTANCE DU RÉALISATEUR, EN POST PRODUCTION
La post production c’est tout ce qui concerne les étapes suivant le tournage. Tout est tourné, il ne reste qu’à monter.
L’assistant n’est pas toujours impliqué dans le montage, ou même dans sa préparation. Il y a des assistants réalisateurs qui le font savoir, ils ne font que du tournage, et de la préparation de tournage, ils ne touchent pas au montage. Une fois prévenu, ce n’est pas plus mal, le réalisateur peut procéder avec une autre équipe que celle qu’il avait au tournage. On l’appelle l’équipe de postproduction.
Si l’assistant participe à la post production, il aborde la chose de la même manière que pour le tournage. Réunion de planification de l’ensemble des tâches en premier lieu, établissement d’un échéancier, comprenant une date de fin du visionnage, une date de fin de la sélection des plans retenus, un date de fin du plan de montage indiquant les plans à assembler les uns après les autres, et une date de début et de fin du montage proprement dit. Ensuite, l’assistant trouvera tous les éléments nécessaires au générique, les noms bien orthographiés, les noms des organismes de financement, des collaborateurs, des services de locations, des lieux de tournages, etc. Il s’assurera que personne n’est oublié au générique, bien entendu.
Pendant le visionnage, le rôle de l’assistant est décidé par le réalisateur. Lui-même présent et approuvant ou rejetant les plans, selon le cas, pourra choisir de demander l’avis de son assistant à l’occasion. Il y a tellement de situations où un regard différent peut être utile.
L’assistant se verra souvent confié le listing des plans conservés et les notes à indiquer, comme ici:
01.23.12.17 plan de la cheminée – meilleur que le plan précédent parce qu’un oiseau passe en arrière-plan –
Ce sera aussi souvent l’assistant qui fera les réservations d’équipement pour le visionnage et aussi, par la suite, les studios pour le bruitage et les effets spéciaux sonores si nécessaires.
LE RÔLE DE L’ASSISTANT DANS LA CONCLUSION DE LA PRODUCTION
Certains réalisateurs, surtout ceux travaillant avec un budget modeste, impliquent leur assistant jusque dans la conclusion du projet, jusqu’à son lancement. Cela signifie que l’assistant sera présent dans les étapes voisines de la mise en marché. Il se verra confié, par exemple, l’agenda du réalisateur et il pourra, entre autres choses, prendre les rendez-vous concernant le lancement et la promotion de la production. Il travaillera dans l’ombre, certes, mais il sera alors présent jusqu’à la diffusion de la production.
Cependant, de nos jours, avec le cloisonnement des activités, la spécialisation, les agences de mises en marché, les démarcheurs du milieu du cinéma, souvent tout l’aspect commercial est confié à une machine bien huilée qui ressemble à une maison de disques ou une maison d’édition. Le réalisateur reçoit ses convocations pour être présent aux réunions dans lesquelles il pourrait avoir un mot à dire, les entrevues avec la presse, etc., mais l’assistant n’est plus présent du tout.
NOTE: Il n’y a aucun exercice pour ce dernier cours. Il vous reste à passer l’examen si vous le désirez.
FIN DU COURS 6
Si vous croyez avoir besoin de plus de temps pour compléter votre formation, vous pouvez vous procurer une prolongation dont vous trouverez les détails juste ici.
L’EXAMEN FINAL
Vous en êtes maintenant à l’examen final, celui qui vous permettra d’obtenir notre diplôme de Réalisateur de télévision.
L’examen est un questionnaire portant sur des points précis tirés des 6 cours que vous venez de terminer. La note de passage est de 60%. Il s’agit d’un questionnaire à choix multiples.
Si vous avez bien compris le contenu de ce programme tout devrait bien se passer. Vous disposez de 45 minutes en tout et vous devez rester connecté à Internet pendant cette période. Nous avons plusieurs versions d’examens afin d’éviter la tricherie. L’accès à la section examen est rigoureusement contrôlé.
Le résultat vous est communiqué environ 48 heures après que vous ayez complété l’examen et ce résultat est final. La copie d’examen corrigée ne vous est pas remise pour éviter le plagiat, bien entendu.
En cas d’échec, vous avez droit à une seule reprise.
LA ZONE EXAMEN
PROCÉDURE À SUIVRE:
– Lorsque vous êtes prêt à passer l’examen, il suffit de nous le faire savoir en nous faisant un message avec ce formulaire.
– Vous recevrez la confirmation d’accès à la zone examen peu après.
– Votre accès à la zone examen sera valide pour une durée de 2 jours tout au plus.
– Lorsque vous serez prêt à faire l’examen proprement dit, soit le questionnaire en ligne, vous entrerez dans la zone d’accueil à l’examen et vous suivrez les instructions pour vous rendre dans la partie QUESTIONNAIRE. Ce questionnaire comporte des questions et des réponses qui se trouvent toutes dans le contenu des cours. Vous devrez indiquer la bonne réponse parmi celles qui sont suggérées.
– Vous n’aurez le droit d’entrer dans la partie QUESTIONNAIRE qu’une seule et unique fois. Notre système nous avisera de votre entrée, de votre progression dans le questionnaire et de votre sortie.
– Encore une fois , vous disposerez de 45 minutes pour compléter l’examen en ligne ce qui représente une durée nettement suffisante.
RAPPEL – Vos cours ne seront plus accessibles lorsque vous passerez l’examen en ligne puisque votre formation doit être terminée pour passer l’examen.
Votre accès à l’examen se trouvera ici dans les 24 heures suivant la réception de votre inscription à l’examen final de cette formation.
[/MM_Member_Decision]