Acteur / Actrice – Étape 2 de 6

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COURS 2

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LA CRÉATION DE PERSONNAGES

SOMMAIRE

INTRODUCTION

LE PHRASÉ

LES SYMBOLES PERSONNELS INDIQUANT UN PHRASÉ

CRÉATION ET COMPOSITION DE PERSONNAGES

DES DOCUMENTS ESSENTIELS ACCOMPAGNERONT LE SCÉNARIO QU’ON VOUS REMETTRA

PREMIÈRE TECHNIQUE – LA COMMEDIA DELL’ARTE

LES MALHEUREUX ET LES CHANCEUX

LES AMOUREUX

LE JEU DES CORRESPONDANCE

SECONDE TECHNIQUE – MATIÈRE ÉLÉMENT COULEUR

TABLEAU DES COULEURS DE RÉFÉRENCES POUR LA CRÉATION DES PERSONNAGES

LES MATIÈRES, AIDES À LA COMPOSITION PHYSIQUE D’UN PERSONNAGE

TABLEAU DES MATIÈRES DE LA MÉTHODE MEC

L’IMAGINATION DANS LA COMPOSITION DES PERSONNAGES

TECHNIQUE PRATIQUE – LE PLAN ÉPAULE

LES ÉLÉMENTS DANS LA COMPOSITION DU CARACTÈRE D’UN PERSONNAGE

COMMENT INCLURE LA MÉTHODE MEC DANS VOTRE TRAVAIL D’ACTEUR

TROISIÈME TECHNIQUE – LE TABLEAU DES 7 DÉFAUTS

S’INTERROGER SUR LES PERSONNAGES

PERSONNALITÉ, COMPORTEMENT ET VIE SOCIALE DE VOTRE PERSONNAGE COMPOSÉ…

APPARENCE, PHYSIQUE, TENUE ET GESTUELLE

EXPRESSION, VOIX, LANGAGE

VOICI UN OUTIL DE FINITION POUR CRÉER UN PERSONNAGE

EXEMPLE DE DEUX PERSONNAGES OPPOSÉS

L’ASSOCIATION SOL/AIR POUR MIEUX OBSERVER

COMMENT PLACER VOTRE VOIX (partie 1)

QCM SUR LE COURS 2

Exercice 2.1

Exercice 2.2

Exercice 2.3

Exercice 2.4

Exercice 2.5

Exercice 2.6

Exercice 2.7

Exercice 2.8

Exercice 2.9

INTRODUCTION

Dans le cours numéro 2, vous allez poursuivre votre acquisition de connaissances sur les textes que jouent les acteurs. Vous allez apprendre comment les annoter en quelques signes tout simples, afin d’ajuster votre intonation selon la phrase à interpréter.

Vous allez aussi commencer à étudier la composition de personnages, un des aspects les plus motivants et les plus fascinants de la profession d’acteur.

En fait, l’essentiel de ce cours concerne ce merveilleux sujet et vous ne serez pas surpris d’apprendre que ce cours compte de nombreux exercices de composition, que vous pourrez faire devant votre caméra.

Place à l’imagination et… à l’expérience bien concrète !

LE PHRASÉ

Comme il s’agit ici d’une formation professionnelle d’acteur, vous avez déjà commencé, dès le premier cours, à étudier ce que les acteurs devaient apprendre à faire avec leur texte, avec leurs répliques, afin de les jouer ensuite sur un ton juste et crédible.

Il reste cependant quelques éléments importants à voir au sujet des textes, vous vous en doutez bien. Voici donc, le phrasé.

Un peu comme en musique, où on interprète une composition en se basant sur des indications écrites, le phrasé c’est une suite d’indications qui permettent d’interpréter les différentes parties d’un texte.

En acting, le phrasé, c’est la façon de découper les différentes parties du texte que l’acteur doit dire, de manière à l’interpréter correctement.

Le phrasé devrait probablement être une des premières choses que vous faites, lorsque vous recevez un texte à interpréter. On dira alors que vous « découpez » votre texte.

Il y a, comme on l’a vu, une ponctuation écrite à respecter: le point(.) les deux points (:) le point-virgule (;) et bien sûr la virgule (,). Ce sont vos indications de phrasé de base. Dans la mesure où ces ponctuations respectent vos besoins en interprétation, vous n’avez pas à les modifier.

Mais il y a parfois aussi la ponctuation non écrite. Par exemple, entre le groupe sujet et le verbe (excepté quand le sujet est un pronom personnel).

Vous pouvez aussi procéder en ajoutant certains symboles qui vous aideront, quand viendra le temps de dire le texte à haute voix. D’ailleurs, le phrasé final se fait toujours à voix haute, car, comme vous l’avez vu dans le cours 1, un texte écrit pour être lu en silence (roman) est souvent différent d’un texte écrit pour être dit.

Ces symboles sont les vôtres en propre, vous pouvez les créer, les inventer, vous en faire une sorte de code personnel.

LES SYMBOLES PERSONNELS INDIQUANT UN PHRASÉ

Tous les acteurs n’agissent pas de la même manière avec les textes qui leur sont soumis. Certains les laissent intacts, se fiant sur l’ensemble des phrases et sur la ponctuation présente pour placer des pauses et mettre de l’emphase aux bons endroits dans le texte.

Si les textes sont bien écrits, c’est-à-dire, écrits pour être lus à voix haute, et non pas seulement pour être lus en silence, alors il n’y a généralement pas trop de soucis, et l’acteur arrive à bien saisir leur sens pour les interpréter.

Par contre, comme nous l’avons mentionné, bien des textes ne répondent pas vraiment aux attentes des acteurs, et pour toutes sortes de raisons.

Il peut s’agir du texte d’un scénariste débutant qui n’a pas pris la peine de lire à voix haute chacune des répliques de son scénario, comme cela se produit souvent.

Il peut s’agir d’un texte réécrit par le réalisateur, dans une partie seulement du scénario, et pour lequel le réalisateur n’aura pas non plus pris la peine de s’assurer que la rédaction prévoyait la lecture à voix haute.

EXEMPLES DE SYMBOLES PERSONNELS DANS UN PHRASÉ

 » Devant l’église, j’ai vu un homme, vêtu tout en noir qui s’est approché en hésitant et regardant partout.// J’étais caché derrière une boîte aux lettres.// Je l’ai ensuite vu / tourner vers la gauche le pied de la statue, et une porte s’est ouverte dans le mur de l’église. »

Cet exemple permet de voir que cet acteur utilise des signes tout simples, faciles à se rappeler. Il place deux barres obliques // pour marquer une pause complète, une fin de phrase.

Il en place après chaque point qui indique déjà une fin de phrase et avec lequel il est en accord. S’il n’en plaçait pas et qu’un point se trouvait là, il pourrait lire sans tenir compte du point, à son choix et relier deux phrases. La présence des deux barres obliques après un point lui confirme que ce point est à ses yeux valide et que la pause doit bien être complète. On parlera alors de « fermer le sens ».

Pour indiquer une pause plus courte, qui n’est pas une fin de phrase, il place seulement une seule barre oblique / comme dans « Je l’ai ensuite vu / tourner vers… »

L’acteur marque la réplique ainsi, afin de lui faire se rappeler à quel endroit il fait les pauses.

Quelques exemples :

  • Ces gâteaux/ se sont vendus rapidement.
  • Ma voiture/ tombe toujours en panne.
  • Mais aussi avant et après une inversion, comme dans…
  • Elle fût/ d’un point de vue technique/ complètement dépassée.
  • J’ai retourné/ dès sa réception/ ce cadeau pourri.

C’est également le cas avant et après une partie de texte « accessoire », comme dans…

« Une tartelette/ devrais-je me contenter/ d’une tartelette ? » (Le sens devrait-il être ouvert ou fermé ici ? Ouvert, évidemment, c’est une question.)

Et bien sûr, entre tous les mots sous-entendus comme dans…

« La chambre était vide et sa valise/ terminée. » (Le mot sous-entendu ici est « était »).

Et bien sûr, avant et après un mot que l’on veut mettre en évidence comme dans…

« Je l’enverrais / volontiers / en enfer. »

Attention cependant ici de ne pas abuser de cet effet. Vous risqueriez de trahir le sens du texte ou tout simplement, de jouer « trop gros », le surjeu autrement dit.

Notez, par contre, qu’on ne sépare jamais le complément du mot qui le régit ; l’adjectif du nom ; le verbe de l’adverbe.

NOTE – Si vous pensez ne pas avoir tout saisi de ce qui vient de vous être expliqué dans « Le phrasé », vous vous devez de relire afin de bien comprendre. C’est beaucoup plus simple qu’il n’y paraît, et c’est essentiel de bien comprendre comment faire vos propres symboles dans vos textes, au besoin.

RAPPEL À PROPOS DES EXERCICES

Nous ne corrigeons pas tous les exercices que contiennent les cours, ce serait inutile, car l’apprentissage de l’ère numérique dispose d’outils fabuleux que nous appliquons dans cette formation.

Par exemple, vous allez faire les exercices pratiques de chaque cours et chaque exercice contient des directives vous permettant de les évaluer vous-même pour les reprendre au besoin et ainsi les améliorer, jusqu’à ce que vous ayez atteint un niveau qui vous paraîtra satisfaisant. C’est la phase dite « de répétition ».

Toutefois, il y a UN exercice par cours, le plus souvent situé à la fin de chaque cours, qu’il vaut vraiment mieux nous faire parvenir pour analyser votre cheminement dans ce cours et vous remettre tout de suite sur la bonne voie, si ce n’était pas le cas.

L’exercice destiné à la correction est clairement identifié – Pour envoi à votre Tuteur de formation – Cela n’est toutefois pas obligatoire et c’est vous qui choisissez de le faire ou non.

Nous respectons votre mode de fonctionnement et nous maintenons ici la liberté pour vous de travailler seul, avec le contenu des cours, tout comme nous l’avons toujours fait dans les autres formations de Cinécours, depuis 2001.

Si vous faites parvenir l’exercice recommandé à l’envoi au Tuteur pour une évaluation, il vous fera part des points forts et des aspects à améliorer. Vous saurez ainsi encore mieux comment vous orienter pour la suite des cours.

En ce qui concerne les autres exercices, qui ne sont pas destinés à une correction de la part du Tuteur, si vous en avez dont vous doutez du résultat, vous pouvez les faire parvenir tout de même.

Ils ne seront pas corrigés, mais ils seront visionnés un par un, et vous ne recevrez un avis à leur sujet que si quelque chose ne va vraiment pas, quelque chose que vous devez savoir avant de poursuivre.

Autrement dit, vous pourrez nous faire parvenir vos exercices tout au long de votre formation afin que nous puissions vous guider si vous prenez une mauvaise direction ou si vous commettez une erreur pouvant affecter la suite de votre parcours de formation.

Mais seuls seront analysés et corrigés, les exercices indiqués à cette fin, car vous avez toutes les indications pour évaluer votre travail dans chacun des cours.

Cette procédure, à propos des exercices que vous devez apprendre à évaluer vous-même graduellement, fait aussi partie de la formation, car les acteurs doivent impérativement développer leur autonomie de travail et leur sens critique. Lorsqu’ils arrivent ensuite aux répétitions, ils sont encore plus en contrôle de leurs personnages et ont déjà quelque chose à offrir au réalisateur. La formation est donc orientée de cette façon.

EXERCICE 2.1

Exercice personnel

Type : Textuel

Sujet : Exercice de phrasé

Durée : 20 minutes

Nous vous ici demandons de phraser un texte sans ponctuation ni majuscules.

Vous devez trouver le sens, la manière de le dire et, selon vous, la meilleure manière de le jouer. Votre imagination pose les limites ici. Servez-vous-en de votre mieux. Indiquez, dans ce texte, vos symboles ou ceux indiqués plus haut // s’ils vous conviennent, et ajouter les points et virgules, aux endroits que vous jugerez valables.

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« Il a toujours été distant les jours en sa compagnie étaient plus longs qu’agréables ma mère m’avait mis en garde le bonheur n’est pas toujours facile à trouver imagine le garder il n’était pas méchant mélancolique distant plutôt la pluie était peut-être ce qui lui convenait le mieux sur ma main parfois m’effleurant le vent ne ferait pas mieux pour me faire comprendre qu’il voulait que je reste. »

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EXERCICE 2.2

Exercice personnel

Type : Exercice de lecture à voix haute, avec intonations.

Expression : Jeu avec paroles.

Durée : 40 secondes

Voici les directives du réalisateur :

Placez-vous devant votre caméra et jouez le même texte que celui l’exercice 2.1, mais tel que vous l’avez phrasé.

« Ici votre texte de l’exercice 2.1, phrasé »

Une fois que vous avez enregistré le texte selon votre propre phrasé, écoutez votre enregistrement, puis passez tout de suite à l’exercice 2.3

EXERCICE 2.3

Exercice personnel

Type : Exercice de lecture à voix haute, avec intonations.

Expression : Jeu avec paroles.

Durée : 40 secondes

Notez: Il vous faut voir l’exercice suivant:

EXERCICE PARTICULIER p002

Texte à interpréter – voir le deuxième paragraphe du texte P002

L’APRÈS EXERCICE 2.3

Dans l’exercice 2.1, vous avez fait votre propre phrasé dans la pire des situations qui pourrait vous arriver, c’est-à-dire, dans un texte sans aucune ponctuation. C’est tout un exercice, particulièrement, pour une personne qui écrit relativement peu.

Rassurez-vous, c’est rare que cela se produise. Par contre, c’est un exercice extrêmement formateur, parce qu’il vous permet de mieux saisir la manière de phraser vos textes.

Nous vous invitons à répéter cet exercice avec vos propres textes, en procédant de la même manière. Écrivez-en quelques-uns et enregistrez-les devant votre caméra.

Dans les exercices 2.2 et 2.3, vous avez l’occasion de retrouver une situation plus normale, avec des ponctuations dans le texte.

Remarquez comme vous aurez tendance à soulever les yeux vers la caméra, lors de ces deux exercices. C’est naturel, mais il faut vous poser la question à savoir si c’est utile.

Dans la plupart des cas, lorsque vous aurez à lire un texte en l’interprétant, ce sera devant un micro et non devant une caméra. Vous aurez donc tout le loisir de conserver les yeux sur votre texte.

D’ailleurs, faites la comparaison et vous verrez que la lecture en conservant les yeux sur le texte est bien plus confortable, surtout pour un acteur débutant.

Cependant, jouer avec conviction un texte lu, sans faire paraître sur son visage les expressions appropriées, c’est impossible. Et, en présence d’une caméra, c’est naturel d’en tenir compte.

NOTE – Il arrive assez fréquemment que les acteurs ayant un texte en mains, dont ils font la lecture, par exemple dans le cas d’une narration, aient davantage de mal à l’interpréter avec naturel.

Comme si le fait que le texte soit extérieur, et non dans leur mémoire, rendait la lecture plus superficielle, moins convaincante, moins naturelle.

Il est évident qu’une narration de plusieurs pages ne peut être apprise par coeur, et que les acteurs qui en font doivent être en mesure d’y mettre de la profondeur, du naturel, afin qu’on ne sente pas la lecture proprement dite.

On veut entendre un texte raconté, dit, mais pas lu, évidemment.

Dans le cours 3 vous apprendrez comment lire un texte d’une manière qui vous permettra de voir venir les intonations que vous avez à y mettre, voir venir les pauses, et leur durée, les fins de phrases, etc.

Pour le moment, il est normal que cet exercice vous donne un peu moins de satisfaction face à votre lecture à voix haute. Elle sera fort probablement trop rapide, et d’un rythme qui pourra varier entre le début et la fin du texte.

Comme le texte de l’exercice est court, c’est en le relisant plusieurs fois que vous arriverez à le rendre de manière plus crédible, à en ajuster la vitesse de lecture pour qu’on sente moins qu’il s’agit d’une lecture.

Exemple W6C2 – Exercice 2.2

Exemple W7C2 – Exercice 2.3

Il est recommandé d’enregistrer vous-même votre propre interprétation
de ces exercices AVANT de visionner le travail d’un autre étudiant.

CRÉATION ET COMPOSITION DE PERSONNAGES

Dans la plupart des projets de films et de séries télévisées, l’acteur reçoit un scénario et des documents qui l’accompagnent. Ce scénario contient l’histoire dans laquelle le personnage, pour lequel l’acteur a été choisi, va prendre vie. Cette histoire, l’acteur doit la lire avec attention, bien évidemment.

Le plus souvent, ces scénarios qui vous sont soumis ont déjà passé une étape de sélection et, si on vous engage pour y jouer un rôle, c’est que ce scénario a plu. Par conséquent, dans la majorité des cas, la lecture du scénario vous procurera un intense plaisir, car il aura été sélectionné tout comme vous, et que vous devriez y trouver des points communs avec le personnage que l’on vous imagine y jouer.

Vous y plongerez littéralement et vous verrez en vous, sans aucun mal, la plupart des scènes. Vous aurez hâte de participer à cette histoire, de faire vivre votre personnage, de lui donner une apparence physique bien réelle.

DES DOCUMENTS ESSENTIELS ACCOMPAGNERONT LE SCÉNARIO QU’ON VOUS REMETTRA

LE SYNOPSIS DÉTAILLÉ

Parmi les textes qui accompagneront le scénario, on vous remettra, la plupart du temps, des documents essentiels, dont un synopsis détaillé, qui résumera tout le scénario. Il est à lire en tout premier lieu, avant même le scénario. Ce synopsis détaillé c’est souvent, pour le scénariste, la clé qui aura convaincu le producteur ou le réalisateur de tourner ce projet, cette histoire.

Le synopsis détaillé est un document dont la rédaction a été exigeante pour le scénariste. Il y a mis des heures et des heures, non seulement en rédaction, mais aussi en réflexions intenses. Il aura dû prendre de nombreuses décisions concernant bien des aspects de son récit.

Le synopsis détaillé doit coller au récit du scénario, il doit être conforme en tout point au récit et à ses intentions. C’est un résumé, mais un résumé détaillé et fidèle. Le synopsis détaillé compte habituellement de 10 à 15 pages pour un film de 90 minutes, mais cela peut varier considérablement.

LA DESCRIPTION DE PERSONNAGE

Ce second document que vous recevrez avec le scénario décrit assez sommairement le personnage que vous aurez à interpréter. Mais vous recevrez aussi certainement cette courte description dans un document regroupant toutes les autres descriptions de personnages faisant partie de l’histoire. Ceci afin que vous puissiez vous familiariser avec l’ensemble de ces personnages.

Ces courtes descriptions se présentent aussi sous la forme d’un évènement raconté, évènement dans lequel le personnage qui est décrit se trouve impliqué. De cette manière, le scénariste rend nettement plus intéressante une description de comportement face à une situation donnée, que ne le serait une liste de critères ou de caractéristiques comportementales.

Au lieu de lire une liste de qualité et défauts, de points forts et de points faibles, de choses qu’il aime et de choses qu’il n’aime pas, vous lisez un court récit d’une situation dans laquelle le personnage agit et prend position.

Ces réactions du personnage permettent de le comprendre et, d’une certaine manière, de le voir en action. C’est une manière plus vivante de faire connaître un personnage, et c’est le choix de bien des scénaristes, particulièrement ceux formés à Cinécours.

LA BIOGRAPHIE DE PERSONNAGE

Avec le scénario se trouvent aussi des biographies des personnages principaux. En fait, pour peu que son rôle soit le moindrement important dans l’histoire, chaque personnage dispose de sa propre biographie. Et, justement, c’est sur l’importance de son rôle que sera basé le niveau de précision de la biographie.

Les personnages principaux auront droit à un document substantiel, comptant parfois une bonne douzaine de pages. Ces biographies racontent l’enfance, l’adolescence, la vie familiale, sociale, professionnelle et amoureuse, du personnage. Elle précise tout ce que vous devez savoir à son sujet, en tant qu’acteur.

Bien entendu, il restera des zones non précisées. Ce sera à vous de composer un personnage entier et cohérent, à partir du synopsis détaillé, de la description de personnage et de la biographie que vous recevrez en temps opportun.

Et ce cours 2, de la formation des acteurs et des actrices, sert justement à vous enseigner ce que vous devez savoir sur la composition de base des personnages.

D’autres étapes de composition encore plus précises vous seront proposées plus avant dans la formation, mais ici se trouve le premier contact avec la création, l’invention, d’un personnage, comme vous serez appelé à le faire, un jour ou l’autre.

Nous avons vu, dans le cours précédent, qu’être acteur est beaucoup plus un état d’esprit (professionnalisme, attitude gagnante, etc.) qu’une simple technique. La technique pure nous réduit au statut d’exécutant, et là ne se trouve certainement pas l’art qui nous attire dans le métier d’acteur ou d’actrice.

La création de personnages est une des parties les plus fascinantes du monde de l’acteur. Elle lui permet d’explorer ses propres capacités d’une manière tout à fait unique.

On entend souvent dire qu’on «n’invente » pas un personnage, car il est déjà là, en nous. Il faut tout simplement le découvrir et le faire surgir.

Aussi vaut-il mieux ne pas trop se baser sur un état extérieur ou sur une simple caractéristique, pour composer tout un personnage.

Par exemple, on ne devrait pas chercher à créer un personnage en apprenant seulement de lui qu’il est colérique ou qu’il possède une ouïe particulièrement sensible. Ce sont là des caractéristiques, des particularités, mais cela ne suffit pas à créer tout un personnage.

Comme nous l’avons dit dans le cours 1, vous devez toujours commencer par vous-même lorsque vous abordez un personnage, une réplique à interpréter.

Commencer par soi-même, cela veut d’abord dire comprendre le texte qui nous est proposé, son phrasé, le répéter pour le rendre avec justesse et finalement lui donner vie en le jouant à la caméra, tout cela en vous basant sur ce que vous inspire le texte, sur la compréhension que vous en avez.

Encore une fois, si vous ne comprenez pas bien le texte parce qu’il n’est pas suffisamment clair, vous ne pourrez pas le jouer avec justesse. Vous devez donc grandement vous référer à ce que vous ressentez face à un texte, face à un personnage.

Un texte clair vous convient en tant qu’acteur, vous motive et vous donne de l’énergie. Il vous propulse et vous fait vibrer. Il rend votre jeu si passionnant que vous en venez même à ressentir une forme de passion, d’enivrement presque.

Si un personnage vous inspire, vous le sentirez s’établir en vous, émerger de votre propre nature, et vous lui ferez vivre des situations toutes plus crédibles les unes que les autres.

Pour cela, vous devez non seulement saisir les textes qu’on vous propose, mais aussi bien comprendre les situations, le déroulement des faits, du récit, et, bien entendu, les instructions que le réalisateur vous donne.

Ce n’est qu’une fois l’histoire bien comprise, votre personnage clair dans votre tête, les volontés du réalisateur ou du metteur en scène bien établies, que vous pouvez débuter.

Pour créer des personnages, il existe des techniques établies, reconnues. En tant qu’acteur, vous devez les connaître et choisir celles qui s’appliquent, selon vos besoins.

Exemple bio courte

PREMIÈRE TECHNIQUE

LA COMMEDIA DELL’ARTE
(prononcez dellarté)

Les techniques ce sont des manières de faire, des façons de travailler. Il est essentiel de les connaître, car elles constituent en quelque sorte, le coffre d’outils de l’acteur.

Vous devez être en mesure de faire appel à la technique qui vous sera la plus utile en temps opportun. Évidemment, plus vous possédez de techniques différentes, plus vous êtes en mesure de puiser dans l’une et l’autre de ces techniques, des éléments que vous seul agencerez comme vous le faites.

C’est un peu comme une boîte contenant des tubes de couleurs, tubes que le peintre mélange selon ses propres techniques afin d’obtenir un résultat unique, un résultat qui distingue ses créations de celles des autres.

Nous aurons donc, tout au cours de cette formation, de nombreux exercices permettant de créer des personnages à partir de ces différentes techniques.

Partant toujours du principe qu’on « n’invente » pas vraiment un personnage, car il est déjà là, en nous, on pourrait presque dire que ces personnages que vous jouerez dans les exercices sont des personnages qui vous attendent impatiemment. Ils ne demandent qu’à sortir de votre imaginaire, qu’à prendre vie.

Cette formation va vous amener à explorer ces personnages que vous pouvez mettre au monde au besoin, si vous savez comment vous y prendre.

Et, toujours en partant du principe que ces personnages sont en vous, il vaut mieux ne jamais, à moins de nécessité criante, créer un personnage en partant d’un état extérieur, d’une expérience vécue.

Nous croyons, généralement, être les dignes représentants de la modernité et de l’intelligence. En fait, mis à part la technologie, très peu de choses ont changé dans la nature humaine.

La commedia dell’arte nous vient d’Italie et est sans contredit une forme de théâtre populaire (pour tous). Apparue au début du 16e siècle, elle nous est parvenue dans sa forme actuelle et elle est encore largement étudiée et jouée.

Si on traduit en français, cela donne quelque chose comme « La comédie de l’Art » ou encore selon Wikipédia « théâtre interprété par des gens de l’art ».

Il s’agit à la base d’un jeu masqué et très typé. Chaque personnage a son masque, sa posture, etc. Les acteurs jouent à partir d’un simple canevas et ils alimentent leur jeu en s’inspirant de la vie de tous les jours. Ainsi, la police, les juges, les politiciens, bref, les forces de l’ordre, en font partie et se font souvent tourner en ridicule.

Comédie libre, c’est-à-dire sans texte officiel, il arrive souvent que lorsqu’une scène est très appréciée du public, ce dernier réclame qu’on la rejoue en criant « Bis! Bis! » qui signifie « encore ». Et les acteurs s’exécutent de bonne grâce.

La commedia nous intéresse de par son côté « caractériel » que nous utilisons ici pour la création de nos personnages, car elle représente les fondements mêmes des principaux traits de la nature humaine.

Lorsque nous devons créer un personnage, on se demande par où commencer, et quelle intériorité lui donner ?

Les caractéristiques physiques ne devraient arriver que lorsque nous avons trouvé la personnalité de notre personnage.

Les possibilités semblent infinies. On a l’impression qu’il y a autant de personnalités que d’êtres humains. Et pourtant, pas vraiment!

Peu importe le type de personnage que vous devez créer, gardez en mémoire qu’il n’existe que très peu de types différents de personnages, et que c’est surtout « l’intensité » qui varie réellement de manière importante, d’un personnage à l’autre.

À la base, la Commedia dell’arte tenait à peu de choses : un canevas qui était en fait un scénario de base comportant seulement les grandes lignes d’une histoire ou d’un récit écrit à l’avance, bien entendu, et des comédiens qui improvisaient ou « brodaient » autour de ce scénario, le renouvelant ainsi à chaque représentation.

Les spectateurs pouvaient assister plusieurs fois à une même pièce de la Commedia dell’arte sans jamais que la représentation soit tout à fait la même.

Mais ce qui nous intéresse dans cette façon de faire, de jouer, d’interpréter des personnages, c’est justement que l’acteur ne pouvait forcément pas s’en remettre uniquement à l’inspiration du moment pour interpréter un personnage.

Il ne pouvait pas toujours trouver le mot juste, le bon ton, la bonne expression, le bon geste, etc. Fatalement, il se trouve, dans cette façon de jouer des personnages, des instabilités, des moments forts et des moments faibles.

Les acteurs en scène ont vite réalisé qu’ils pouvaient s’inspirer de leur propre connaissance des gens qui les entouraient dans la vie, pour mieux bâtir, créer un personnage, lui faire tenir les propos appropriés à la fois à la situation, à la scène, et à sa propre personnalité.

Bien entendu, la nécessité d’être compris par le public était aussi, pour l’acteur de l’époque, un guide, une sorte de limite aux exagérations. On ne parle pas à un enfant comme on le fait à un adulte. De même, les personnages ne disaient pas tout à fait les mêmes paroles devant un public sélectionné, constitué de gens de la cour, que devant un public constitué de gens de la rue.

De cette nécessité de tenir compte de l’auditoire, du public cible comme on dit de nos jours, surgissent alors des observations minutieuses.

Le comédien italien Scaramouche, figure emblématique de la comédie italienne de son temps, avait le plaisir de divertir rien de moins que l’enfant qui allait devenir le Roi-Soleil, Louis XIV, soit un des plus grands rois de l’histoire.

Scaramouche avait donc le loisir d’observer et étudier les plus beaux travers de l’être humain dans un des meilleurs endroits pour les réunir : la cour du Roi.

Chaque acteur de l’époque devait avoir cette attitude d’observateur des gens qu’il fréquentait. Vous devez avoir la même à compter d’aujourd’hui.

À ce chapitre, vous trouverez un intéressant procédé d’observation à la fin de ce cours numéro 2, sous le titre – Association SOL/AIR.

LES MALHEUREUX ET LES CHANCEUX

ARLEQUIN

Le plus connu des personnages de cette technique basée sur la commedia dell’arte, c’est Arlequin.

Arlequin est un porteur de grosses valises, et il est souvent représenté dans une posture particulière. Son quotidien influence son physique. C’est un élément de composition dont vous devez tenir compte.

Autrement dit, si la profession de votre personnage peut influencer son physique, sa posture, son comportement, vous pouvez en tenir compte dans son interprétation.

Si vous vous documentez le moindrement sur Arlequin, vous allez vite apprendre qu’il réagit comme un enfant, qu’il finit toujours par se mettre les pieds dans les plats et que l’intelligence n’est pas son point fort.

Chez lui, le plaisir prime sur le sens des responsabilités. On s’étonne et on se fâche devant ses agissements. Certains profitent évidemment de lui et le manipulent pour qu’il agisse dans leur intérêt.

Nous connaissons tous des Arlequins dans notre entourage.

POLICHINELLE

Polichinelle est un personnage assez mal vu. Il est peu fiable et ne peut garder pour lui le moindre secret. On dit « secret de Polichinelle », c’est dire que ce personnage représente bien ces personnes qui colportent à tout vent des informations sur les autres, ce qui leur arrive, ce qui est important pour eux, etc..

Polichinelle est aussi sarcastique, voire méchant. C’est également un intrigant qui sait manipuler les gens pour son propre profit. Il est également attiré par les plaisirs simples, par exemple par les occasions de faire un bon repas.

Polichinelle se présente souvent sous un physique déformé. Il sera parfois représenté bossu ou encore avec un très gros ventre. Il n’attire ni la sympathie ni l’amitié. C’est sans doute aussi le but de l’ajout d’une particularité physique peu attrayante.

PIERROT

Pierrot est en quelque sorte, un jeune premier. Sa vie est dramatique, car il est toujours malheureux en amour, bien qu’il ait belle apparence.

Il a aussi beaucoup de manies dans sa façon de bouger. C’est un personnage intéressant sur lequel on peut se baser lorsqu’on doit jouer les perdants modernes, dans leurs habits coûteux, qui n’arrivent pas à atteindre leurs objectifs.

Par exemple, un jeune homme d’affaires à l’allure prospère qui croule sous les dettes parce qu’il n’arrive pas à gérer correctement son entreprise, ce serait une sorte de Pierrot moderne. Bien vêtu, tout propre, mais malheureux en affaires.

En amour, c’est la même situation. Pierrot donne bonne impression, mais il est éconduit. Il n’arrive pas à marquer des points auprès de l’élue de son coeur.

Il y aussi la catégorie dite des « vieux » dans la commedia dell’arte. Nous n’en retiendrons que trois qui selon nous, peuvent être facilement adaptés au jeu moderne.

LE DOCTEUR

Celui-là vaut son pesant d’or. Ouvrez Facebook et vous le retrouverez partout. Il est vantard, connaisseur en tout. Il se prononce sur absolument tout, même sur ce qu’il ne connaît pas et souvent sur un ton sûr de lui, propre à inspirer confiance en ses propos.

Il utilise un langage assez soigné, mais souvent non pertinent. Il suffit de l’écouter attentivement pour se rendre compte qu’il parle sans vraiment savoir, qu’il n’a rien vérifié de ce qu’il affirme, qu’il tente de convaincre pour le plaisir de conquérir un certain auditoire. C’est un personnage souvent pompeux, qui en fait nettement trop dans bien des occasions, et qui prend beaucoup de place en public.

Ses citations sont aussi nombreuses qu’inutiles, souvent déformées par ignorance, et il prononce de grands mots tout de travers.

Dans sa bouche, une phrase très connue comme « je ne suis pas tombé de la dernière pluie », qui signifie « J’en ai vu d’autres ou j’ai de l’expérience » devient « Je ne suis pas tombé de la dernière neige. » Ou encore pire « Je ne suis pas tombé du dernier arbre. »

Il est ainsi le docteur, il se donne des airs de savant sans savoir. Il parle haut et fort alors qu’il ne dit pas grand-chose de valable. Il occupe beaucoup d’espace alors qu’il n’a que bien peu à offrir.

Ce qui le motive… Le regard des autres, l’écoute des autres, la commotion qu’il arrivera parfois à créer, à tort ou à raison, et surtout… Son besoin de se faire voir et entendre tout en se regardant et s’écoutant lui-même. Nous connaissons tous des « docteurs » dans notre entourage.

LE CAPITAINE

Personnage flamboyant, le capitaine c’est exactement le type de personnage que l’on rencontre de nos jours lorsqu’on parle de politique ou de tout problème sérieux. Son opinion est toujours claire, tranchée, c’est un fort en gueule.

Il dénonce tout et tout le monde, mais s’il se trouve en situation de confrontation réelle, il disparaît dans la nature. Il n’a pas le courage de ses opinions.

Dans la circulation automobile, un capitaine c’est le type qui va invectiver tout le monde, mais qui va éviter toute confrontation physique. Il hurle, blâme, klaxonne, mais si quelqu’un lui fait face, il s’enfuit sans un mot.

Le capitaine se prend souvent aussi pour un Don Juan (un grand séducteur) et il est sûr que toutes les femmes sont folles de lui.

Notez ici que ce personnage, comme d’autres, peut très bien être féminisé, c’est-à-dire être adapté pour des rôles féminins, car ses travers de personnalité sont tout autant présents chez les hommes et chez les femmes.

PANTALONE

Pantalone est peut-être un des personnages les plus drôles, mais c’est aussi un des plus dramatiques.

C’est un bougon qui se méfie de tout le monde. Il court encore après l’amour, même si son passe-temps préféré est de compter son argent.

C’est un avare chronique, tiraillé entre son désir de trouver l’amour et sa passion pour l’argent.

Molière s’en est inspiré pour son rôle-titre dans la pièce du même nom. On peut facilement imaginer un Pantalone moderne et jeune. Quelqu’un de très individualiste, courant après les relations, mais refusant de s’engager pour ne pas perdre ce qu’il a de plus cher.

LES AMOUREUX

COLOMBINE

Fille forte et intelligente, Colombine se sert de sa tête lorsqu’un problème survient.

Elle tire souvent son amoureux du pétrin, et elle passe pour la plus sage des deux.

Elle a son franc-parler et elle n’hésite pas à bousculer l’entourage pour se faire entendre et obtenir gain de cause.

Colombine est une fonceuse, déterminée et efficace, en plus d’être une amoureuse organisée et débrouillarde. C’est le genre de personne que l’on aime compter parmi ses amis.

ISABELLE

Isabelle est exigeante, perfectionniste et difficile à satisfaire, personne ne peut dire si elle cherche un amoureux ou l’amour lui-même.

Elle est impatiente, elle peut être colérique, et elle renonce rapidement devant un problème.

C’est le genre de jeune fille qui est jolie, qui a tout dans la vie pour être heureuse, mais qui ne sait pas vraiment ce qu’elle veut.

C’est un personnage très facilement adaptable dans le jeu moderne d’aujourd’hui. Nous en connaissons tous des gens qui n’arrivent pas à trouver ce qu’ils cherchent, même dans un cadre de vie riche au plan humain ou matériel, ou les deux à la fois.

LE JEU DES CORRESPONDANCES

Le jeu des correspondances est basé sur l’association AIR/SOL que vous pouvez faire avec les gens qui vous entourent à l’occasion et vos nouvelles connaissances de ces personnages que nous venons de vous présenter, ceux de la commedia dell’arte.

Au cours des prochaines semaines, faites des séances d’observation avec l’association AIR/SOL proposée plus haut et trouvez des gens de votre entourage dont les traits de caractère et le comportement s’associent avec les personnages de la commedia dell’arte.

Comme vous avez certainement déjà des gens de votre entourage qui vous font penser à l’un ou l’autre des personnages nommés ci-haut, vous pouvez vous livrer à une première version de ce jeu dès maintenant si vous le souhaitez.

Vous prenez une feuille et vous y indiquez les noms des personnages suivants :

ARLEQUIN

POLICHINELLE

PIERROT

LE DOCTEUR

LE CAPITAINE

PANTALONE

COLOMBINE

ISABELLE

– Ensuite, vous indiquez à côté de chacun de ces noms, le nom d’une personne de votre entourage, qui vous fait penser à ce personnage. Elle ne doit pas nécessairement être identique, bien entendu. Quelques points communs feront l’affaire.

L’objectif de ce jeu est de vous faire identifier chez des gens de votre entourage, des traits de caractère, des traits de personnalité, des comportements, ou des éléments variés, attribués à ces personnages de base de la commedia dell’arte. De cette manière, vous aurez une base de travail, une base d’observation pour faire des liens entre les types de personnes qui vous entourent et les personnages.

Cela vous aidera, par la suite, à imaginer vous-mêmes vos propres personnages.

Bien entendu, il est préférable de vous prendre en compte vous-même, car vous regroupez certainement aussi des comportements et des traits de caractère typiques.

Ces personnages typés ont d’abord des caractéristiques émotionnelles par exemple le capitaine n’est pas seulement un fort en gueule, c’est surtout quelqu’un qui a besoin d’amour et d’attention. Trouvez toujours la racine, l’origine du comportement de votre personnage, c’est ce qui l’humanisera. On appelle cela… défendre son personnage.

Bienvenue au QCM - 2.01 pour acteur

SECONDE TECHNIQUE

MEC – MATIÈRE ÉLÉMENT COULEUR

Voyons maintenant une autre méthode, plus complète cette fois. Nous allons créer un personnage simple, c’est-à-dire qu’il ne sera pas vraiment complexe. Un personnage n’ayant rien d’exceptionnel.

Il n’est pas un génie, pas un fou, pas extravagant, pas introverti à l’excès, bref, psychologiquement, rien de particulier à signaler.

Lorsque nous parlons de composition psychologique d’un personnage, gardez en mémoire que nous faisons référence à tout ce qui est acquis, c’est-à-dire que l’on vous a appris, ou ce qui a fait de vous ce que vous êtes aujourd’hui. L’acquis est le contraire de l’inné, qui est déjà en place lorsque vous venez au monde.

Acquis = Ce que vous avez acquis comme connaissances, comportement social

Inné = Héritage génétique de vos parents, santé, intelligence, attitudes et comportements héréditaires, traits marquants de caractère, etc.

Bien sûr, nous pouvons débattre pendant des lunes à propos de la part d’inné et de la part d’acquis en nous, mais les explications rationnelles ne concernent pas notre formation d’acteur. Ce que nous pouvons affirmer, c’est que nous créons d’abord selon nos pulsions, et pas selon des codes ou des règles admises.

Si tous les artistes devaient créer selon ce qui est « vrai », ce qui est accepté dans la société, Pablo Picasso n’aurait jamais eu le droit de tenir un pinceau de sa vie.

Comme le peintre, la technique MEC fait appel, entre autres, aux couleurs. C’est une référence créative qui peut sembler un peu inusitée, mais vous allez voir, elle tout à fait applicable à notre domaine de création. La méthode a fait ses preuves, mais nous l’adaptons ici aux besoins actuels et à la technologie numérique.

Bien que souvent associée à des humeurs, la couleur n’est, pour nos besoins en acting, rien de plus qu’une indication.
Il n’est pas utile ici de tomber dans les explications ésotériques, de parler des vibrations des couleurs, de leur effet sur le moral, ou autre.

La technique MEC considère seulement que des « états », des humeurs, chez des gens, peuvent correspondre aux couleurs qui nous entourent et c’est cette correspondance qu’elle utilise pour aider dans la création d’un personnage.

Nous allons donc utiliser ces correspondances (couleurs-états) pour nous donner un point de départ sur lequel travailler.

Voici un outil de travail, un tableau, fait à partir de ces références aux couleurs.

TABLEAU DES COULEURS DE RÉFÉRENCE EN CRÉATION DE PERSONNAGES

  • Le rouge : couleur de l’amour, de la libido et de la colère.
  • Le bleu : couleur de la paix et de la tranquillité.
  • Le jaune : couleur de la tonicité, de l’énergie.
  • Le rose : couleur de l’optimisme, de la légèreté.
  • Le vert : couleur de la sérénité et de l’apaisement, du calme et de la raison.
  • L’orange : couleur de la gaieté, de la vivacité, de l’esprit actif.

Bien entendu, possédant vous-même une expérience en propre, vous pouvez trouver des propriétés différentes pour certaines de ces couleurs.

Par exemple le rouge peut aussi bien être la couleur de la peur (le sang, la violence, etc.) et le bleu, la couleur du froid (glace) de la peur (frousse bleue) etc.

C’est à vous qu’il revient d’associer un état avec une couleur. L’important est de garder la même signification tout au long de votre travail de création.

Choisissez-en maintenant une.

À partir de votre couleur, définissez un état mental général pour un personnage que vous allez imaginer.

Par exemple, disons que vous jouez un jeune boulanger.

Vous ne savez pas encore quelle sera sa principale caractéristique. Alors donnez-lui une couleur.

S’il est rouge, peut-être sera-t-il vif et colérique ?

S’il est jaune, peut-être sera-t-il joyeux, empreint de folie ?

S’il est vert, il pourrait être calme ou jaloux (vert de jalousie) ?

EXERCICE 2.4

Type : Exercice écrit de création de personnages, selon la technique MEC

Durée : 10 minutes

Voici les directives pour l’exercice :

Prenez une page et écrivez ceci –

Création du personnage d’un jeune boulanger, couleur dominante (indiquez ici la couleur de votre choix).

Ensuite, décrivez votre personnage, et tout ce que vous inspire la couleur que vous lui avez associée. Comme ceci par exemple…

Couleur jaune.

Sourire facile, regard espiègle et enjoué, plein d’énergie, le débit plutôt rapide, blagueur, poli, courtois, peu centré sur lui-même, attentif aux autres, aime bien prendre un petit coup avec les amis, pas très sportif, sauf dans les conversations.

L’APRÈS EXERCICE 2.4

Relisez votre description écrite, sans vous juger. Il peut arriver que vous ayez eu un peu de mal. Rappelez-vous que vous en êtes à « créer » le personnage. Il n’est pas définitif. Il n’est pas encore prêt. C’est une méthode qui vous fera avancer, progresser. Actuellement, vous êtes en cheminement créatif, c’est ainsi que cela s’appelle sourire.

Nous conseillons toujours de commencer par l’intériorité pour ensuite aller vers l’extériorité. Toutefois, nous sommes bien conscients qu’il existe deux écoles de pensée à cet effet. Les Américains appellent ceci : le Inside-out et le outside/in (du dedans vers le dehors et du dehors vers le dedans).

Mais nous le répétons, d’un strict point de vue psychologique, il nous apparaît plus difficile de créer un extérieur qui se reflétera vers l’intérieur.

NOTE: Gardez en mémoire ce que nous disions dans le cours 1 : la meilleure méthode est celle qui vous convient.

EXERCICE 2.5

Type : Exercice de création de personnages selon la technique MEC

Type : Jeu en silence

Expression : Par le geste, le mouvement et l’attitude.

Durée : 5 minutes

Voici les directives pour l’exercice :

Reprenez maintenant la couleur que vous aviez choisie pour l’exercice 2.4 et utilisez-la pour faire vivre votre personnage, mais cette fois sans texte (c.-à-d. gardez la couleur choisie en tête pendant que vous jouez).

Si vous aviez à créer un personnage de votre choix, identifiez quel état mental représente cette couleur pour votre personnage et utilisez-la pour le faire vivre, mais cette fois sans texte (i.e. gardez la couleur choisie en tête pendant que vous jouez).

Ne faites que vivre votre « état », en faisant des actions qui se rapportent au quotidien du personnage (pétrir la pâte pour un boulanger, par exemple).

Exemple – Rouge, colère = état mécontent, colérique – Bleu, calme, paix = état, serein et détendu. Rose, légèreté = état gai, enjoué, attentif.

Enregistrez-vous et mettez ce fichier de côté, ne le visionnez pas tout de suite, c’est important pour la suite des choses.

Abordons maintenant le physique de votre personnage. Théoriquement et à moins d’indication contraire, votre personnage aura deux bras, deux jambes, deux yeux, etc. Un personnage « normal » au sens des normes sociales.

Nous privilégierons donc cette avenue, même s’il est tout à fait possible de modifier à volonté.

LES MATIÈRES, DES AIDES À LA COMPOSITION PHYSIQUE D’UN PERSONNAGE

Vous allez maintenant songer à une matière qui ne soit pas trop figée. Gravier, sucre, sel, farine, sable, etc.

Par exemple, le sable. Vous imaginez que vous plongez la main dans le sable et qu’il file entre vos doigts. Vous connaissez la texture du sable. Mais à quel type de sable pensez-vous ? Celui des plages non aménagées donc plus gros, plus solide ? Celui des plages touristiques, beaucoup plus doux, plus fin ?

TABLEAU DES MATIÈRES UTILISÉES POUR LA MÉTHODE MEC

Sable rude

Sable doux

Gravier

Caillou

Sel

Farine

Huile

Autres….

Ces éléments, lorsque l’on en choisit un et qu’on l’associe à un personnage que l’on invente, nous servent de guides, de barrières, d’indicateurs de limite à ne pas dépasser.

Supposons maintenant que nous avons opté pour celui des belles plages, un sable très doux.

Dans l’exercice de sa profession, l’acteur développe sa capacité à emmagasiner des sensations, à les mémoriser.

Lorsque vous songez à la sensation du sable qui vous glisse entre les doigts, vous faites appel à votre mémoire sensorielle. Au même titre que le sens de l’observation, la mémoire sensorielle vous sert à explorer le monde qui vous entoure et à apprendre une foule de choses sur son fonctionnement et sur ce qu’il contient.

Un acteur est une sorte d’explorateur du monde qui l’entoure. C’est d’ailleurs un point commun avec le réalisateur, qui ne laisse rien passer ou presque. Pour un acteur, une conversation banale, dans un bus, par exemple, devient une source d’inspiration de laquelle il rapportera une certaine posture, une pause de voix, une gestuelle.

Pour un acteur, prendre une fleur délicate dans sa main, sera aussi une occasion d’explorer sa capacité à faire un geste délicat, tout en douceur.

Voilà ce qui explique que tant d’acteurs préfèrent s’inspirer de ce qu’ils ont vécu pour interpréter des personnages. C’est à l’intérieur de lui, l’acteur, que se trouvent les ressources premières dont il a besoin pour repérer le ton juste, pour être crédible dans son rôle.

Les images emmagasinées, les odeurs, les sensations de toucher, les rythmes d’élocution, etc., sont autant d’éléments qui lui permettront, avec l’apport de son imagination, de jouer un personnage, aussi complexe soit-il.

L’IMAGINATION DANS LA COMPOSITION DE PERSONNAGES

Nous aurons l’occasion d’élaborer à propos de l’imagination et de son rôle dans la vie de l’acteur. Mentionnons seulement pour l’instant, que, dans la création de personnages, l’imagination est un ciment, une colle, un agent liant, qui vous permet de faire de formidables liens entre vos acquis, vos connaissances, vos souvenirs générés par tous vos sens, et ce personnage que vous devez imaginer.

C’est votre imagination qui vous fait voir un visage, un corps, une silhouette. C’est aussi elle qui vous permet de faire un lien précieux entre les différents aspects de sa personnalité, afin que ce personnage soit cohérent et crédible.

Grâce à votre imagination, vous passez aussi en revue une foule de possibilités en un temps record, à propos des éléments composant le caractère de votre personnage. Vous décidez ainsi, en un éclair, s’il sera patient ou non, gentil ou non, poli ou non, intelligent ou sot, etc.

C’est encore votre imagination qui vous fera préciser l’aspect physique, en accord avec le style de vie du personnage.

Bref, chaque fois que vous faites appel à votre imagination pour créer un aspect ou un autre d’un personnage que vous inventez, vous profitez de vos expériences antérieures, de vos expériences personnelles, pour enrichir le personnage.

C’est pour cela, aussi, que bien des réalisateurs posent des questions hors contexte aux acteurs et actrices en audition.
Ils veulent s’informer de ce qui intéresse la personne auditionnée, en dehors de sa profession.

Ils veulent se faire une idée de cette personne à qui ils pourraient confier un rôle. Au sortir d’une répétition, un réalisateur sait souvent si l’acteur qu’il a retenu pour jouer un personnage possède suffisamment de vécu pour l’interpréter correctement.

Retenez aussi que plus un acteur est attentif à tout ce qui compose le monde dans lequel il vit, plus il sera en mesure de jouer, d’interpréter, un nombre et un type de personnages variés.

Ainsi, on ne demanderait pas à une personne qui n’a jamais lu un livre de sa vie, de jouer le rôle d’un brillant universitaire qui enseigne la littérature, même s’il avait la tête de l’emploi.

De même, il ne faut pas conclure qu’il faut avoir fait de la prison pour jouer un prisonnier, ou avoir opéré des gens dans un hôpital, pour jouer un chirurgien.

L’imagination a aussi cela de particulier, elle permet à l’acteur de modeler ses acquis, ses connaissances, ses souvenirs, et de les adapter en fonction des besoins.

En termes clairs, si vous avez suffisamment d’expérience de vie, vous pourrez jouer des rôles dans des domaines auxquels vous ne connaissez rien du tout.

D’une certaine manière, vous sculptez un personnage à partir de ce que vous connaissez des gens, de leurs habitudes, de leur comportement et de l’ensemble de vos connaissances existentielles.

Vous pourrez au besoin, comme le font les acteurs professionnels dans ces cas-là, vous documenter, et vous faire conseiller par une personne faisant le métier du personnage que vous aurez à interpréter. Des acteurs ont ainsi suivi des ambulanciers pendant une semaine, afin de voir ce qu’était leur monde et en quoi consistait vraiment leur travail.

Par ailleurs, chaque production impliquant des spécialités, comme dans l’exemple de l’ambulancier, comporte des conseillers experts ou des recherchistes documentalistes, pour valider certains choix dans le comportement du personnage.

C’est là le travail du scénariste et du réalisateur, de s’assurer que le texte qui sera remis à l’acteur, correspondra bien à la réalité.

Revenons maintenant à notre poignée de sable…

Est-il toujours aussi doux ? Remarquez comme retrouver la sensation du sable dans votre main vous est facile, même après être passé à autre chose pendant un moment.

C’est ainsi que vous pourrez compter sur votre imaginaire, allié à vos connaissances personnelles et à vos souvenirs, pour retrouver sur demande, une sensation comme celle du sable qui vous glisse entre les doigts.

EXERCICE 2.6

Type : Exercice de création de personnages selon la technique MEC

Type : Jeu en silence

Expression : Par le mouvement, l’expression du visage et le jeu sans paroles.

Durée : 3 minutes et pas moins, c’est important.

Voici les directives pour l’exercice :

Placez votre caméra de manière à ce qu’elle prenne un plan large, c’est-à-dire vous au complet sans pour autant filmer toute la pièce. Lisez en premier lieu ces directives du réalisateur.

Imaginez maintenant que vous êtes immergé entièrement dans ce sable que vous touchiez tout à l’heure. Votre corps y est plongé, debout, les bras placés le long du corps. Le sable vous recouvre en entier, y compris votre tête.

Mettez votre caméra en marche et reprenez votre position devant l’objectif. Essayez de relever et d’étendre vos bras, de bouger vos jambes, de plier les genoux, de bouger votre tête, toujours en considérant que vous êtes entièrement enfouis dans le sable.

Est-ce facile ? Sûrement pas. D’accord, c’est du sable fin et doux, mais le sable est lourd. On imagine très bien que vous ne pouvez pas bouger rapidement lorsque vous êtes entouré de sable. Comme vos gestes sont pénibles et restreints, les mouvements sont difficiles à exécuter.

Faites une courte pause ensuite. Ne visionnez pas ce que vous venez d’enregistrer. Conservez-le, comme l’exercice 2.5, nous y reviendrons.

Exemple W8C2 – Exercice 2.6

FLASH TECHNIQUE

LE PLAN ÉPAULE

Le plan épaule est un des plans que vous devez connaître en tant qu’acteur ou actrice. Il cadre le bas des épaules au bas de l’image. Il permet de bien voir les expressions sur un visage, tout en situant le personnage dans son décor.

C’est un plan souvent utilisé par le réalisateur pour tourner une scène dans laquelle le personnage va participer à une conversation, donner son opinion, ou expliquer quelque chose.

LES ÉLÉMENTS DANS LA COMPOSITION DU CARACTÈRE D’UN PERSONNAGE

L’inné en vous, c’est ce avec quoi vous êtes venu au monde, c’est-à-dire, tout ce que l’on ne vous a pas appris et qui était déjà en vous à la naissance. L’inné est donc le contraire de l’acquis.

FEU

TERRE

EAU

AIR

Vous n’aurez pas les cheveux blonds si vos deux parents ont les cheveux noirs. Cela veut dire que vous êtes venu au monde avec des distinctions bien à vous, héritées de vos parents. Les résumer en forces et faiblesses serait un peu simple.

Mais vous savez que vous avez en vous des éléments distinctifs. Il s’agit d’avantages face à certaines situations, comme une nature optimiste capable d’affronter les complications de la vie ou d’inconvénients, comme une sensibilité à l’alcool et aux substances créant des dépendances.

Ces caractéristiques innées sont en vous, et plus vous aurez de vécu, plus vous les aurez identifiées. Dans le métier d’acteur, vous verrez que certains personnages vous sont plus faciles à composer, à créer, que d’autres. Souvent ces personnages correspondent, dans une certaine proportion, à des caractéristiques innées que vous avez en vous.

Cela explique peut-être pourquoi certains acteurs s’attachent à un de leur personnage plus qu’à un autre. Il devient, en quelque sorte, un parent par l’inné.

Si vous travaillez comme acteur sur un film, le réalisateur vous remettra la biographie du personnage que vous devez jouer. Vous en saurez alors beaucoup sur le personnage, sur ce qu’il a vécu d’important, le genre de famille et de milieu dans lequel il a grandi, ses amours, ses amitiés, ses défis professionnels, son caractère, ses forces, ses faiblesses.

Chez les réalisateurs en fin de formation, on vous donnera parfois carte blanche pour créer un personnage, ne vous en indiquant que les grandes lignes.

Bien entendu, vous serez tenté d’imaginer d’abord le physique de votre personnage à inventer. C’est un réflexe naturel, vous voulez le voir dès que possible. Toutefois, il vaut mieux d’abord imaginer qui il est, quelle est sa personnalité, quelles sont ses passions, dans quel monde il vit, etc.

Ainsi, vous pourrez le définir avec une certaine précision et plus vous l’imaginerez dans son comportement, son vécu, ses attitudes, etc., plus son physique vous apparaîtra évident. Il surgira alors, tout naturellement en vous. Vous pourrez le décrire comme si vous l’aviez fréquenté des mois durant dans votre vie de tous les jours, ou presque.

Revenons à l’inné…

Lorsque vous faites des mouvements lents, lourds, retenus, comme ceux que vous invite à faire l’exercice 2.6, vous faites en partie appel à l’inné. Vous n’avez pas besoin de recevoir toute une liste d’informations au sujet de la situation, vous improvisez des mouvements sans vous référer à un souvenir précis autre que la sensation du sable dans votre main.

On vous dit que votre corps est entouré de sable et vous improvisez des mouvements restreints par la présence du sable.

Même si le sable n’est pas là, vous pouvez faire réagir votre corps à peu près comme si le sable vous entourait, sans avoir à réfléchir en détail à vos mouvements, sans avoir à vous documenter. C’est un exemple tout simple de ce que vous permet faire l’inné en vous.

C’est pareil lorsque vient le temps de créer un personnage de toutes pièces. Un bon nombre des caractéristiques de ce personnage inventé vous apparaîtront spontanément. Vous les baserez en partie aussi sur votre inné. Cela signifie qu’un autre acteur n’arriverait heureusement pas à imaginer ce personnage exactement comme vous le faites.

Pas plus, d’ailleurs, que deux scénaristes ne pourraient écrire une histoire identique, chacun créant à partir de son propre mélange d’inné et d’acquis.

Ce mélange unique en nous d’inné et d’acquis, c’est aussi une source constance d’enrichissement dans le milieu du cinéma, et c’est valable davantage encore pour les métiers créatifs.

EXERCICE 2.7

Type : Création de personnages selon la technique MEC – (Pour envoi à votre tuteur de formation)

Type : Jeu avec paroles

Expression : Par le mouvement, l’expression du visage et le jeu avec paroles.

Durée : 1 minute

Voici les consignes pour l’exercice :

Placez votre caméra de manière à ce qu’elle prenne un plan large, c’est-à-dire vous au complet sans pour autant filmer toute la pièce. Lisez en premier lieu les directives du réalisateur.

Directives du réalisateur :

Jouez ce texte, mais en songeant à la couleur que vous avez expérimentée un peu plus tôt (exercice 2.5) et en bougeant comme si vous étiez toujours couvert de sable (exercice 2.6).

____________

« C’est trop fou. Je n’en reviens tout simplement pas qu’il ait dit une chose pareille. C’est un miracle que personne ne l’ait entendu sinon, tu imagines ce qui se passerait? »

____________

Visionnez ensuite la première séquence, celle de l’exercice 2.6, dans le sable sans parler, suivie de la toute dernière, enfoui dans le sable, mais cette fois en interprétant la réplique de ce personnage.

L’APRÈS EXERCICE 2.7

Prenez bien le temps d’analyser. D’abord, l’exercice sans paroles, le numéro 2.6.

Remarquez vos mouvements, remarquez votre expression, la vitesse de vos gestes retenus par le poids du sable, la lenteur, l’instabilité, les petits coups de coude, les hésitations, mais remarquez aussi que plus le temps passe dans la scène, plus vous découvrez les mouvements à faire, plus vous identifiez ceux qui vous semblent plus appropriés que d’autres dans la situation.

C’est pour cette raison que l’exercice exige au moins 3 minutes. Si vous ne l’avez pas fait d’une manière qui vous donne satisfaction, refaites-le et vous arriverez ainsi à percevoir à quoi sert exactement cet exercice.

Rien n’est laissé au hasard ici. Vous le constaterez souvent d’ici la fin du cours numéro 6. Vous serez même, par moments, quelque peu étonné du chemin que vous aurez parcouru.

Visionnez ensuite le dernier exercice, celui dans lequel vous devez jouer une réplique, tout en étant entouré de sable.

Vous remarquerez qu’il est difficile de coordonner vos mouvements et votre texte. Ici encore, plus le temps passe dans l’exercice, plus votre inné vous aide et vous assiste dans la gestion des mouvements et de la parole. Vous avez beau vous concentrer sur l’un plus que sur l’autre, les deux progressent, les deux s’exécutent.

Si vous aviez vraiment ce rôle à jouer, vous pourriez le répéter juste suffisamment de fois pour atteindre une parfaite harmonie entre vos gestes et vos paroles.

Exemple W9C2 – Exercice 2.7

COMMENT INCLURE LA MÉTHODE MEC DANS VOTRE TRAVAIL

Maintenant que vous savez que vous pouvez profiter de la méthode MEC pour vous aider à composer des personnages, vous n’aurez plus qu’à y songer lorsque vous en aurez besoin.

Par exemple, un réalisateur perçoit en vous du talent et il voudrait prendre le temps d’explorer ce que vous pouvez en faire. Il vous demande de créer pour lui un personnage en rapport avec vos connaissances (vos acquis) et vos dispositions naturelles (votre inné).

Il vous propose ensuite, une fois que vous l’aurez trouvé, de le développer au mieux avec vous, devant la caméra, d’en trouver le ton, le rythme, l’allure générale, etc. Puis il trouvera un scénariste pour écrire une histoire, un film à propos de ce personnage, un récit dans lequel votre personnage, inventé de toutes pièces, prendra vie à l’écran.

Évidemment, c’est une situation quelque peu idéalisée, mais elle sert si bien notre objectif d’enseignement…

Vous voilà de retour chez vous après la conversation avec le réalisateur, vous êtes tout feu tout flamme, le défi vous stimule au plus haut point. Vous commencez donc à songer à ce qui distingue ce personnage à inventer.

Vous prenez une feuille et vous indiquez des éléments distinctifs de votre personnage.

Cela donnerait quelque chose de ce genre…

Enfance

Vie familiale

Vie amoureuse

Personnalité

Intérêts dans la vie

Qualités

Défauts

Expériences de vie marquantes

Amitiés

Vie professionnelle

Buts dans la vie

Rêves à réaliser

Choses qu’il déteste

Autres

Vous indiquez, sous chacun des sujets, les éléments pertinents. Ainsi, vous choisirez de lui donner un bon caractère, ou un moins bon caractère, une tendance à l’égoïsme ou une belle générosité, etc. Vous devrez, si vous acceptez ce défi, faire des choix. Et c’est là que la méthode MEC intervient.

Pour vous aider à faire ces choix, vous choisissez une couleur, un élément et un matériau. Il est possible de les choisir au départ, en ayant déjà une bonne idée du personnage en tête.

Donnez une couleur à votre personnage. Par exemple le jaune.

Donnez un élément à votre personnage, par exemple le feu.

Donnez un matériau à votre personnage, par exemple le gravier.

Si vous souhaitez au départ créer un personnage fort, conquérant, rigide, vous allez peut-être choisir JAUNE – FEU – GRAVIER. Si c’est le cas, vous allez réviser tout le contenu de la liste ci-dessus, chacune des mentions, chacun des aspects indiqués, et vous allez vous demander si cela correspond à vos 3 choix de couleur, élément et matériau.

Si vous placez, par exemple, un élément discordant dans Rêves à réaliser, vous allez tout de suite le constater et vous pourrez rajuster le tir.

Mais ce n’est pas seulement un outil de composition de personnage à utiliser comme un guide, une référence pour vous assurer que tout est cohérent dans le personnage que vous inventez, c’est aussi un guide durant le jeu, durant votre interprétation de ce personnage.

Dans une scène donnée, par exemple une scène qui vous posera une difficulté, vous pourrez vous référer à vos choix de la méthode MEC pour ce personnage qui vous pose un problème. Si vous vous demandez comment le personnage réagirait dans telle ou telle situation, spontanément, il vous suffit souvent de penser que sa couleur est jaune et non pas rouge, pour vous remettre en selle et vous faire trouver l’intonation appropriée.

C’est la même chose si vous ne savez pas comment faire bouger votre personnage. Imaginez-le dans sa matière, le gravier par exemple. Plusieurs essais sont à prévoir, mais il viendra un moment où vous vous direz « Ha oui. Ça je le sens bien. Ça colle avec le personnage ».

TROISIÈME TECHNIQUE

LE TABLEAU DES 7 DÉFAUTS

Bien des acteurs aiment créer des personnages. La plupart du temps, il s’agira, nous l’avons dit, d’une création partielle, à partir de la biographie que le réalisateur leur aura remise. L’acteur pourra imaginer son personnage en se basant sur les informations de la biographie.

Il devra alors s’assurer que le personnage qu’il créé, qu’il compose, en vue de son interprétation dans un film ou une télésérie, sera conforme au contenu de la biographie, dans son comportement, ses intonations, son attitude, etc.

Par contre, lorsque l’acteur créé un personnage de toutes pièces, de A à Z, ìl doit trouver des défauts, sinon le personnage serait parfait.

Les spectateurs ne s’identifient jamais à la perfection. C’est donc la faille qui nous intéresse, au point que l’on pourrait dire ; « Heureux les fêlés car ils laissent passer la lumière ».

Il est intéressant de constater que les travers humains les plus marquants constituent les 7 « péchés » officiels dans ce livre ancien qu’est la Bible. Ces travers sont tous profondément liés à la nature même de l’être humain, et ils surgissent parfois de l’inné, parfois de l’acquis. On les appelle donc, les défauts.

LE TABLEAU DES 7 DÉFAUTS PRINCIPAUX

L’avarice – Attachement excessif à l’argent, passion d’accumuler, de retenir les richesses…Un avare est quelqu’un qui a la passion des richesses et se complait à les amasser sans cesse. -Dictionnaire Petit Robert. On peut parler ici aussi de quelqu’un qui n’aide pas les autres (avare de son temps, de ses conseils, etc.)

L’envie – Sentiment de désir mêlé d’irritation et de haine qui anime quelqu’un contre la personne qui possède un bien et qu’il n’a pas. Désir de jouir d’un avantage, d’un plaisir égal à celui d’autrui; -Dictionnaire Petit Robert.
Nous sommes tous envieux de quelqu’un ou de quelque chose au même titre que nous sommes tous le souffre-douleur de quelqu’un ou de quelque chose.

La paresse – Goût pour l’oisiveté, l’inactivité; comportement d’une personne qui évite et refuse l’effort; -Dictionnaire Petit Robert.

L’orgueil – Opinion très avantageuse, le plus souvent exagérée, que quelqu’un a de sa valeur personnelle aux dépends de la considération due à autrui; -Dictionnaire Petit Robert.
Nous sommes tous orgueilleux, à différents niveaux.

La colère – Violent mécontentement accompagné d’agressivité; -Dictionnaire Petit Robert.

La luxure – Péché de la chair, recherche, pratique des plaisirs sexuels; -Dictionnaire Petit Robert.
Attention : on parle ici aussi de sensitivité. Certaines personnes sont douillettes à l’extrême, car elles ne tolèrent pas l’inconfort, quel qu’il soit.

La gourmandise – Défaut du gourmand… qui aime la bonne cuisine, qui mange par plaisir; -Dictionnaire Petit Robert. On peut être gourmand de bien des façons. Cette définition du Petit Robert n’est pas complète pour un acteur. La gourmandise se joue aussi bien au niveau des intentions (gourmands de conversations) ou au niveau « insatiable », soit quelqu’un qui n’a jamais assez de quelque chose. Le film américain « Seven » de David Fincher sorti en 1995 avec Brad Pitt, traite de ce sujet de façon particulièrement forte, les personnages sont puissants (cœurs sensibles s’abstenir).

NOTE: Conservez précieusement ce tableau, il vous servira durant des années.

Ces défauts nous servent de base de conception, dans la création de personnages. Il est certain que chaque personnage est affligé de l’un ou l’autre, peut-être même de plusieurs. Ils sont prélevés, pour la plupart, de textes très anciens et ils caractérisent bien les comportements peu acceptables. En religion, on les qualifiera de péchés, tant ils font offense au bon comportement.

Personne n’est parfait, surtout pas un personnage intéressant. En fait, ce sont les défauts qui font la beauté de votre personnage.

La présence de défauts chez votre personnage inventé permet, à votre public, de s’identifier à votre personnage. Des gens vont se reconnaître en lui, en tout ou en partie.

Dans l’établissement des défauts qui caractérisent votre personnage, vous devez toujours en trouver un qui sera dominant. On l’appellera, le principal défaut.

Et pour cela, n’allez pas plus loin que les 7 travers que nous vous avons nommés plus haut, car ils sont complets et ils résument, à eux seuls, une très grande partie de défauts des gens qui nous entourent, y compris nous mêmes, bien entendu.

L’effet d’un défaut principal chez votre personnage peut être très évident dans certaines situations, dans certaines répliques. L’exercice qui suit va vous le démontrer.

EXERCICE 2.8

Type : Exercice de création de personnages selon le tableau des 7 défauts

Type : Jeu dirigé.

Expression : Par le mouvement, l’expression du visage et le jeu avec paroles.

Durée : environ 6 à 8 minutes.

Voici les consignes pour l’exercice :

Placez votre caméra de manière à ce qu’elle prenne un plan épaule, c’est-à-dire le bas de vos épaules cadrées dans le bas de l’image. Évitez de couper le haut de la tête dans le cadre supérieur. Voyez l’exemple de plan épaule qui se trouve un peu plus haut dans ce cours si besoin est.

Directives du réalisateur :

Jouez 7 fois cette phrase, en ajustant votre intonation pour chacun des 7 défauts, tour à tour. Par exemple, pour l’avarice, dites le texte en songeant que vous êtes avare, donc le contraire de dépensier, que vous ne voulez surtout pas acheter ce gadget dont parle la réplique, que cette dépense vous paraît inacceptable.

Ne vous arrêtez pas entre les répliques, dites le défaut concerné avant chaque réplique, faites une pause de quelques secondes, puis jouez-là. Faites l’enregistrement en continu des 7 répliques.

____________

« Je n’en veux pas. Je disais au contraire que c’était inutile d’avoir un gadget pareil. Vraiment les gens dépensent pour des conneries, c’en est triste ».

____________

L’APRÈS EXERCICE 2.8

Maintenant, vous devez avoir un enregistrement de plusieurs minutes, contenant vos 7 répliques, chacune imprégnée du défaut de la liste que vous mentionnez.

Visionnez votre travail et tentez de voir si chacune de vos répliques correspond vraiment au défaut que vous mentionnez avant de la jouer.

Ne vous en faites pas si certaines répliques se ressemblent un peu trop, c’est tout naturel, vous n’en êtes qu’au second cours. Dans quelques semaines, vous pourrez refaire cet exercice et vous verrez tout de suite la progression dans votre jeu.

À la fin de la formation, vous ne devriez avoir aucun mal à reconnaître le défaut qui correspond à chacune des répliques, lorsque vous referez cet exercice.

S’INTERROGER SUR LES PERSONNAGES

En terminant cette partie de la formation concernant la composition de base d’un personnage, voici quelques questions à vous poser à propos d’un personnage que vous créez de toutes pièces.

PERSONNALITÉ, COMPORTEMENT ET VIE SOCIALE DE VOTRE PERSONNAGE COMPOSÉ…

Quel est son emploi du temps ?

Quels est son ou ses loisirs ?

A-t-il des préjugés ? Si oui, lesquels ?

Qu’est-ce qu’il recherche chez les autres ?

Quel genre de musique écoute-t-il, s’il en écoute ?

Que lit-il, s’il s’adonne à la lecture ?

Est-il conservateur de nature ?

Diriez-vous que c’est une personne attachante ?

A-t-il un sens moral ?

Quelles sont ses principales valeurs dans la vie ?

Le considérez-vous comme quelqu’un de bien, digne d’être défendu ?

APPARENCE, PHYSIQUE, TENUE ET GESTUELLE

A-t-il des manies, des habitudes, comme se mordre l’intérieur de la joue, se pincer les oreilles, jouer avec ses lunettes, etc.

Comment se tient-il ? Droit, un peu voûté, courbé, avec relâchement ?

Son travail a-t-il des répercussions sur sa posture ?

Quel genre de démarche votre personnage a-t-il: lente, rapide, décidée, incertaine, hésitante ?

A-t-il l’air habile ou maladroit ?

Fait-il de grands gestes pour expliquer ou des gestes retenus ?

Comment s’habille-t-il ?

Comment se coiffe-t-il ?

EXPRESSION, VOIX, LANGAGE

Comment votre personnage s’exprime-t-il ?

Son timbre de voix : métallique, nasillard, doux, feutré, etc.

Son accent : français, bourgeois, étranger, etc.

Sa diction : franche, hésitante, pâteuse, etc.

Comment est son vocabulaire ? Vaste, moyen, réduit ?

Son vocabulaire comporte-t-il davantage de mots recherchés que de mots vulgaires ?

S’exprime-t-il de manière un peu familière, très familière ?

Jure-t-il occasionnellement, souvent ou pas du tout ?

Comment est son rire ? Franc, fort, faible, retenu, dérangeant, contagieux ?

VOICI UN OUTIL DE FINITION POUR CRÉER UN PERSONNAGE

Cet outil sert à la finition de personnages. C’est une liste de points, de questions, de sujets et d’éléments, qui sert à vous assurer d’avoir bien éliminé toutes les zones grises à propos d’un personnage inventé.

Elle sert à bien préciser tous les éléments qui caractérisent votre personnage.

Au début, cette liste ne vous sera pas vraiment utile. Elle va trop loin dans le détail et la finition. Vos premiers personnages inventés ne seront pas suffisamment définis dans votre esprit pour être en mesure d’appliquer cette liste dans son processus de composition.

Cependant, à force de créer des personnages, de les composer de toutes pièces, vous en viendrez à les connaître très bien, si bien que des zones grises apparaîtront. Des zones moins définies, comme ses opinions politiques, ou ce qu’il pense de tel ou tel problème de société. Vous devrez alors mieux préciser votre personnage.

Ces précisions viendront souvent d’éléments de texte que vous devez jouer. Par exemple, dans un épisode d’une série, votre personnage se prononce sur l’efficacité du Président.

Peut-être ne vous étiez-vous jamais arrêté à ses convictions politiques lors de sa création. Maintenant, grâce à un élément de texte, vous le ferez.

Bien entendu, votre niveau de finition d’un personnage composé est en rapport direct avec le rôle du personnage. Si c’est un inspecteur de police que vous devez créer, vous n’avez pas nécessairement à définir ce qu’il pense du développement en Afrique ou de la montée des eaux avec le réchauffement planétaire. Il ne faut pas non plus tomber dans l’excès.

Si vous devez créer un personnage pour répondre à un besoin, en l’occurrence un rôle, vous devez seulement vous assurer qu’il répondra à tous les critères, qu’il possèdera toutes les qualités et défauts qui correspondront à ce rôle.

Mais lorsque vous aurez à composer un personnage vraiment sophistiqué, avancé, fini et peaufiné, voici la liste des outils que vous pourrez utiliser. À conserver très précieusement.

Est-il victime d’une phobie, comme la peur des araignées ?

A-t-il une obsession ?

Le personnage a la conviction d’être, selon le cas, condamné, élu par les dieux, de ne pouvoir vivre sans le regard de l’autre, etc.

Il souffre de maladies psychologiques reconnues : mélancolie, dépression, schizophrénie, maniaco-dépression, etc.

Il est en parfaite santé mentale : ses émotions reflètent l’innocence de l’enfance, son imaginaire, la clarté paisible de la mer, etc.

Les opinions et les jugements du personnage :

Que pense le personnage de la peine de mort, de la démocratie, de la mondialisation des marchés, de la profusion des patins à roues alignées sur les pistes cyclables, du mensonge en politique, de l’honnêteté en amour, de la
neutralité durant la guerre.

La relation du personnage avec les autres.

Ses relations avec : ses parents, ses enfants, ses collègues, son voisinage, ses amis, etc.

Les personnes dont il est amoureux sont-elles : conflictuelles, amicales, difficiles, aisées, cachées, sporadiques, répétées, continues, exclusives, etc.

La relation du personnage avec les maîtres et l’autorité :

Le personnage entretient des relations étroites avec : un modèle, un gourou, un penseur, une idole, Dieu, une secte, un sage, un courant politique, un chef, un bourreau, etc.

Respecte-t-il l’autorité et le pouvoir de ces gens ?

Respecte-t-il les lois, les obligations et les conseils provenant de ces personnes d’influence?

La relation du personnage avec la nature et les animaux.

Le personnage préfère-t-il la ville ou la campagne ?

Se porte-t-il à la défense de l’environnement ou vit-il dans les bois ?

Possède-t-il un animal domestique ou est-il allergique à tout ce qui a quatre pattes ?

La relation du personnage avec les drogues et l’alcool :

Le personnage fume-t-il ?

Prend-il de l’alcool ? En grande quantité, en petite quantité, quelquefois, sans
arrêt, etc.

Est-il intolérant à la fumée de cigarette et à l’alcool?

La relation du personnage avec la culture : Le personnage possède une énorme bibliothèque, tous les disques de la
décennie, une collection incomparable de vases chinois, un abonnement à tous les journaux, toutes les chaînes de télévision par satellite, etc.

Il a horreur : de la lecture, de la musique, de tout ce qui touche de près ou de loin à l’information locale et internationale.

EXEMPLE DE DEUX PERSONNAGES OPPOSÉS

Voici deux descriptions sommaires de personnages nettement opposés dans leur manière d’être.

1- En recherche d’harmonie. Souvent en questionnement sur lui-même et sur son environnement. Il n’est pas superficiel. Il aime la solitude, surtout si son entourage lui paraît inadéquat. Il ne se laisse pas manipuler facilement. Il évite les situations sur lesquelles il n’aurait que peu ou pas de contrôle. Ses quelques amis sont importants, leur présence dans sa vie le rassure. S’il doit passer de longues périodes seul, cela ne l’ennuie aucunement. Il s’adonne à la lecture, passe du temps à réfléchir sur le sens de sa vie, de la vie en générale, il s’offre de longs déjeuners au restaurant le nez plongé dans sa tablette électronique. Pour lui, même seul, le temps passe souvent trop vite.

2- En recherche d’action, de rythme, d’expériences nouvelles, d’amis nouveaux, de gens intéressants. Centré sur les autres, toujours en recherche de leur compagnie. Il est superficiel. Il se laisse influencer par les autres et il est assez peu sélectif dans ses fréquentations. S’il doit passer de longues périodes seul, cela l’ennuie énormément, il fera tout pour voir des gens. Il s’implique parfois dans des situations qui lui échappent totalement, entraîné par son entourage. Il ne se demande pas s’il est influençable, il se considère plutôt une personne d’équipe, de groupe. Il ne fait pas toujours bien la distinction entre participer d’une manière volontaire et se faire manipuler pour participer.

Vous pouvez utiliser l’opposition des personnages pour encore aller plus loin dans la composition de votre personnage. Ainsi, lorsque vous tenez bien votre personnage, celui qui se trouve en vous, que vous l’avez bien décrit, compris, formé, etc., dans votre tête et sur papier, vous pouvez créer son opposé, juste pour voir si tout est bien cohérent dans votre propre personnage.

Si vous ne pouvez pas y opposer un autre personnage, c’est souvent que des aspects du vôtre ne sont pas suffisamment définis.

Par exemple, si vous avez imaginé le personnage de l’exemple 1, vous voyez son opposé quasi parfait dans l’exemple 2.

Mais si votre personnage 1 comportait une caractéristique comme – Il a tendance à hésiter devant les manifestations de la bêtise humaine. – vous n’arriveriez pas à créer son opposé en ce qui concerne cette mention, parce qu’elle n’est pas suffisamment définie. Vous verriez tout de suite que cela manque de précision.

Vous pourriez alors préciser de la manière suivante – Il a tendance à perdre patience devant les manifestations de la bêtise humaine.

Ce qui deviendrait, dans la description du personnage opposé – Il fait montre de tolérance et de patience devant les manifestions de la bêtise humaine. –

Autrement dit, plus votre personnage inventé sera bien défini, plus il vous sera facile d’en décrire un tout à fait opposé dans sa manière d’être, de réagir et de se comporter.

EXERCICE 2.9

Type : Exercice de création de personnages.

Type : Jeu dirigé.

Expression : Par le mouvement, l’expression du visage et le jeu avec paroles.

Durée : environ 2 minutes.

Voici les consignes pour l’exercice :

Créez un personnage en vous basant sur le contenu de ce cours. Appliquez la méthode qui vous convient le mieux. Vous avez le choix. Vous devez lui faire dire le texte qui va suivre. Nous vous demandons d’apprendre ce texte. Il nous est difficile de corriger et d’apprécier une performance lorsque l’acteur tient une feuille dans sa main.

Nous vous demandons d’être le plus fidèle possible au texte. Un changement mineur est acceptable, mais un texte fidèle, c’est encore mieux.

Lorsque vous croyez avoir tout en main de façon claire, enregistrez-vous en plan taille et faites-nous parvenir votre fichier vidéo si vous en souhaitez une analyse.

Directives du réalisateur :

Vous venez d’apprendre la nouvelle. Vous êtes bouleversé, presque en état de choc. Vous racontez ce qui suit sur le ton de la confidence, du témoignage.

____________

« C’était tellement épouvantable. Lorsque je suis arrivé, tout était déjà fini. Ça n’avait pas traîné. Le sang avait été nettoyé, il n’y avait plus aucune trace. On aurait dit que le plancher était neuf tellement il avait été bien lavé. Tout ce qui restait, c’était comme… l’odeur… l’odeur du drame qui venait juste de se produire… à deux pas de chez moi.

Pour être honnête, certains soirs, quand la lune éclaire juste assez pour deviner, mais pas assez pour voir les détails, j’ai l’impression de le revoir à travers la fenêtre, debout, dans sa cuisine. Là, il se retourne lentement, et je vois le couteau planté dans son abdomen. »

____________

L’APRÈS EXERCICE 2.9

Maintenant, vous devez avoir un enregistrement d’une à deux minutes, contenant cette réplique, la plus longue que vous ayez eue à apprendre jusqu’à présent dans les cours.

Visionnez votre travail et tentez de voir si cette réplique, ce texte, sonne bien par rapport au personnage que vous avez imaginé.

Ce personnage dirait-il ces mots de cette manière ? Si votre débit est rapide, hachuré, vous aurez un personnage plutôt nerveux et agité. Si le débit est calme, mais le ton chaud, passionné, vous aurez un personnage posé et sûr de lui, etc.

Si vous choisissez de faire parvenir cet exercice pour analyse par un des tuteurs de cette formation, ce serait bien de répéter l’exercice plusieurs fois, de l’enregistrer ensuite en précisant, au début ou à la fin, le type de personnage que vous interprétez.

Quelque chose comme – Voici l’exercice 2.9 – Mon personnage est une personne qui vit à travers les autres, dévore les films et les feuilletons télévisés, et qui est doté d’une grande imagination. C’est aussi une personne remplie de doutes, qui se passionne pour les sujets sombres et les romans policiers. C’est une personne agitée, nerveuse.

Cet exercice vous permet d’appliquer les éléments enseignés dans ce cours numéro 2 de manière concrète. Bien entendu, dans la réalité, le réalisateur vous indiquerait jusqu’où aller, où vous rendre, dans la composition et l’interprétation de votre personnage. Il vous guiderait selon ses besoins.

Dans cet exercice final, le défi est encore plus grand car vous devez déterminer ce qui sera trop ou pas assez, dans votre propre interprétation, comme dans votre propre création de personnages. Mais c’est un exercice très formateur, parce que même si le réalisateur était là pour vous dire jusqu’où aller dans la composition et le jeu, ce serait à vous de trouver comment vous y rendre.

Le réalisateur ne peut pas faire le travail pour vous, il ne peut que vous indiquer des balises, des références, pour aider à vous guider vous-même.

Exemple WC278D – Exercice 2.9

L’ASSOCIATION SOL/AIR POUR MIEUX OBSERVER

Tel qu’indiqué dans la partie de ce cours portant sur la Commedia dell’Arte, en tant qu’acteur vous devez observer votre entourage pour y puiser des éléments qui vous serviront ensuite à créer des personnages plus crédibles.

La prochaine sortie que vous ferez, le prochain lieu que vous visiterez, sera donc un laboratoire d’interprétation.

Discrètement, à l’insu des gens qui vous entoureront, au lieu de prendre simplement part à la conversation, vous porterez aussi attention aux propos, à la tonalité des paroles qui seront prononcées.

Certaines le seront avec vigueur, « Moi je pense que le président va tout faire pour obtenir ceci… », d’autres en demi-ton, à peine audibles, « Comment, tu ne savais pas ? Il a quitté la semaine dernière, quelques jours à peine après sa promotion… ».

Vous remarquerez aussi comment les gens se tiennent. Comment ils positionnent leurs mains, leurs bras. Faites le lien entre les propos et les gestes. Une personne timide place sa main souvent devant sa bouche lorsqu’elle adopte le ton de la confidence.

Une autre, extravertie, fait de grands gestes et menace de faire tomber les verres sur la table à chaque fois qu’elle prend la parole. Une autre encore ne dit rien pendant un long moment, dit soudain une phrase pleine de sagesse, des mots qui surprennent le groupe, et provoque un court moment de silence.

Pendant ce silence, remarquez les regards, qui regarde qui, et comment ? Avec étonnement, surprise, d’un air malicieux, coquin, ou encore d’un air incrédule.

Bien entendu, vous plongerez vous aussi dans la conversation et vous en oublierez votre mission d’observation. C’est normal, surtout si les sujets vous intéressent et que vous êtes le moindrement impliqué. Mais ressaisissez-vous aussi souvent que possible pendant la période que durera cette rencontre.

Pour mieux vous aider à prendre conscience de votre rôle d’observateur, voici une méthode toute simple, faisant appel à votre imaginaire.

Lorsque vous êtes plongé dans une conversation, oubliant d’observer le contexte, les gens, etc., vous regardez fatalement au sol à un moment ou à un autre. Faites donc une association, sol/air. Voici en quoi cela consiste.

Dans une conversation, dans une situation impliquant une ou plusieurs personnes, on finit toujours par regarder le sol à un moment ou à un autre. Ce regard est furtif, il passe inaperçu, il ne sert à rien de précis, on regarde le sol parce qu’il est là, dans notre champ de vision, sans plus. On regarderait un mur ou le plafond, ce serait la même chose.

Cependant, si vous vous mettez en tête que chaque fois que vous jetez un coup d’œil au sol, vous devez vous imaginer aussitôt observant d’en haut (sol/air) ce qui se passe dans la pièce, comme si vous regardiez la scène dans laquelle vous vous trouvez avec une caméra située en hauteur et un peu derrière vous, vous allez développer une formidable capacité d’observation des gens qui vous entourent.

Au lieu de seulement participer… Devenez observateur des situations, des gens, et de vous-même. Vous en apprendrez beaucoup, simplement en adoptant un point de vue différent de celui du participant impliqué, concentré, auquel pas mal de choses échappent, bien évidemment.

____________

Autrement dit, c’est à votre imagination que vous faites appel pour, en quelque sorte, sortir de votre corps, et observer l’endroit où vous êtes, avec les gens qui s’y trouvent, mais en vous incluant dans le groupe. Vous devez donc pouvoir remarquer les autres, leur position dans le lieu, leur posture respective, leurs gestes, leur ton, etc., mais aussi votre propre position dans le lieu, votre propre posture et votre propre manière d’interagir.

Si vous arrivez à associer vos coups d’œil au sol, avec cette idée de prendre soudainement conscience de la position des gens dans la pièce, de leur manière de se tenir, de bouger, en vous incluant dans la « scène » qui se passe devant vos yeux en même temps que vous y participez, vous vous retrouverez dans la situation des acteurs de l’époque de la commedia dell’arte, alors qu’ils prenaient le temps d’observer les gens qui les entouraient, afin de baser sur eux, sur leur manière d’être et d’agir, les personnages qu’ils interpréteraient ensuite.

Cette association sol/air peut facilement devenir un réflexe conditionné. Cela dépend de vous. C’est alors un réflexe qui vous permet, à tout moment, de prendre conscience du déroulement d’une conversation, mais aussi de tout ce qui l’entoure en langage corporel.

C’est aussi une manière simple, mais pratique, de reprendre pied dans un tourbillon de propos, et d’ainsi conserver une vue d’ensemble. De garder les pieds sur terre, de ne pas se laisser emporter au point d’oublier une idée importante, une mission à réaliser, etc.

C’est un peu comme un scénariste qui regarde un film. S’il veut vivre le film, il s’y plonge sans songer à autre chose qu’à suivre le récit, l’histoire. Mais s’il veut comprendre comment le film a été fait, il remarquera plutôt les éléments qui le composent.

Bienvenue au QCM - 2.02 pour acteur

CONCLUSION

Vous avez maintenant en mains les outils de base pour créer l’essentiel d’un personnage, pour en inventer un de votre cru. Même si ce n’est pas encore tout à fait évident pour vous, vous aurez à utiliser occasionnellement ces nouvelles connaissances dans votre travail d’acteur.

Lorsqu’un réalisateur vous demandera de jouer de telle ou telle manière, par exemple, de jouer un personnage qui ne peut bouger qu’avec lenteur, vous n’aurez qu’à penser à la technique MEC et vous dire que vous êtes plongé en entier dans une matière qui gêne vos mouvements et vous aurez un excellent point de départ.

Comme cette formation d’acteur de l’ère numérique concerne forcément la technologie actuelle, ces connaissances constituent aussi le point de départ d’un projet Web.

Il vous est ainsi possible de créer votre propre personnage pour le Web, de le mettre en scène vous-même, de lui créer un site Web bien à lui, de lui faire vivre des expériences et des situations de toutes sortes, de le filmer et de le proposer à vos visiteurs.

Dans quelques mois, si votre personnage a su capter l’attention, vous aurez tout un fan-club d’abonnés à votre site Web, avides de voir les prochaines aventures de votre personnage.

Vous pouvez aussi songer à créer des voix de personnages, par exemple, pour les proposer à des maisons de production de jeux vidéo, de film d’animation et autres.

Vous trouverez, tout au long de cette formation, des éléments utiles à un tel projet. Notez que vous pouvez aussi simplement faire connaître un personnage et ses aventures sur des sites de diffusion populaires, comme Youtube et Vimeo ainsi que sur les réseaux sociaux.

COMMENT POSITIONNER VOTRE VOIX (partie 1)

Peu de gens s’attardent au fait que la voix peut être modelée selon des besoins spécifiques. Les personnes qui étudient le chant, bien entendu, le découvrent, mais, dans la société, rares sont ceux qui s’attardent à leur voix, à sa souplesse, à son positionnement, à son registre.

Dans cette formation, vous allez apprendre à positionner votre voix selon vos besoins, mais, surtout, vous allez pouvoir mesurer si vous avez bien développé votre voix, selon ses propres caractéristiques.

Vous serez peut-être surpris d’apprendre que de nombreuses personnes passent leur vie entière à utiliser une voix qui n’est pas vraiment la leur, mais plutôt une voix positionnée par l’influence des voix dominantes de leur enfance.

Un enfant en croissance apprend de tout ce qui l’entoure, bien évidemment. Mais il apprend aussi à utiliser sa propre voix selon ce qu’il en découvre et selon ce qu’il entend autour de lui. Si les parents possèdent des voix claires, assez haut perchées, comme on dit, l’enfant aura tout naturellement tendance à copier ces tonalités et à les faire siennes.

Si les parents parlent peu, ou si un des deux parents parle peu, l’enfant pourra se référer à d’autres personnes de son entourage pour établir sa propre voix, en influencer la tonalité et la force.

On a vu des enfants, élevés par des grands-parents, ajouter dans leur voix d’enfant des trémolos et des raclements de gorge associés au vieillissement. On a aussi vu des enfants, dont un des parents possédait une voix de ténor, émettre des intonations si basses, qu’elles étaient à la limite du registre vocal d’un enfant en croissance.

Bref, la voix est souvent influencée par les gens qui entourent l’enfant, tout comme son comportement.

C’est dans ce contexte que nous sommes tous en mesure de nous interroger sur les propriétés de notre voix actuelle, peu importe notre âge, et de nous demander si cette voix que nous utilisons tous les jours est bien la nôtre, avec toutes les tonalités, la richesse et la puissance dont elle capable.

Il est tout à fait possible qu’une partie au moins de notre voix nous provienne de ces gens qui nous ont entourés pendant notre enfance.

Par ailleurs, ces connaissances sur la voix étant habituellement réservées aux chanteurs et à ceux qui doivent en faire un usage artistique, comme les humoristes, les animateurs, les acteurs, il est nécessaire, dans cette formation en Interprétation de personnages, de vous les transmettre.

Un avertissement est cependant nécessaire. Comme c’est un sujet peu traité, peu abordé, et comme le développement de la voix est considéré comme étant une chose toute naturelle dont on n’a pas à s’occuper, certains de nos étudiants auront tendance à négliger cette partie des cours.

Or, tous ceux qui travaillent avec les artistes dont la voix est l’outil principal d’expression, comme les réalisateurs de films ou de dessins animés, par exemple, savent que cela peut représenter des pertes de temps et des complications que d’avoir recours à une personne qui ne connaît pas bien sa voix, son registre de voix, ses capacités d’amplitude vocale et sa souplesse voix/respiration. (Vous allez voir ces aspects dans les cours, tout y est clairement expliqué.)

Chaque fois c’est un coup de dé pour un réalisateur de travailler avec une telle personne. Par exemple, si elle doit interpréter une voix pour animer un ourson en peluche, et le faire parler dans un dessin animé, elle aura du mal à trouver le bon ton, elle aura du mal à le conserver une fois trouvé, et si les séances d’enregistrement des voix sont distantes dans le temps, par exemple, une séance d’enregistrement à toutes les deux semaines, et bien chaque retour en studio exigera à nouveau des répétitions et du temps pour retrouver le ton juste pour ce personnage.

Au contraire, une personne qui a travaillé avec sa voix, qui a appris à l’exploiter selon ses capacités et aptitudes, arrivera rapidement à trouver un ton approprié pour un type de personnage et n’aura pas de mal à retrouver le ton juste pour poursuivre les enregistrements de cette voix, même si la production s’étale dans le temps ou comporte plusieurs épisodes, comme la série télévisée « Les Simpson » par exemple, qui s’est renouvelée année après année.

Dans les prochaines leçons, nous allons vous fournir des éléments qui vont vous permettre de vérifier si vous utilisez réellement toute la richesse de votre voix pour vous exprimer.

Même si vous n’avez aucune intention de vous intéresser aux voix de personnages de dessins animés, vous devez explorer vos capacités vocales afin de vous assurer d’utiliser votre voix au mieux.

C’est un outil d’expression formidable pour faire passer les émotions, les sentiments, les idées, pour appuyer des mots significatifs, pour faire des sons pertinents et pour vous distinguer des autres. Car votre voix doit être tout aussi unique que votre visage.

Si vous savez comment faire et que vous interprétez un personnage devant une caméra, votre visage portera une expression, vos mots la préciseront et votre voix la transmettra. Et si vous interprétez un personnage dans un dessin animé, c’est à la maîtrise de votre voix et de ses caractéristiques que vous ferez appel.
(suite dans le cours numéro 3)

UNE FOIS CE SECOND COURS TERMINÉ…

Afin d’aller chercher toute la substance du contenu de ce cours, vous devez lui aussi le refaire en entier, incluant chacun des exercices, après avoir laissé passer une période de détachement d’une à deux semaines.

Le contenu est conçu de manière à ce que vous puissiez voir des différences notables entre les exercices de jeu à la caméra enregistrés lors de votre première lecture du cours, et les exercices repris après une certaine période de détachement.

Vous venez de terminer le cours 2 d’une série de 6 cours.
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Si vous avez des observations, commentaires ou suggestions, faites-nous-les parvenir sans tarder à info@cinecours.com

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