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COURS 3
LA BASE DE TOUTES FORMES DE COMMUNICATION
CONCEPTION DE L’IDÉE
CONSTRUCTION DE L’IDÉE
ANALYSE DE L’IDÉE
DÉPOUILLEMENT DE L’IDÉE
EXPRESSION DE L’IDÉE
S’EXPRIMER EFFICACEMENT PAR L’ÉCRIT
LES INTERFÉRENCES
LA COMMUNICATION INTERPERSONNELLE
LA COMMUNICATION DE MASSE
SECTION SPÉCIALE SUR LA RECHERCHE EN MILIEU POLICIER
EXERCICE 103.1
EXERCICE 103.2
EXERCICE 103.3
EXERCICE FINAL DU COURS 3
Les principes de la communication sont passionnants. Ils exigent cependant une certaine ouverture d’esprit et un peu de concentration.
LA BASE DE TOUTES FORMES DE COMMUNICATION
À la base de toutes formes de communication se trouve la transmission d’une idée. La nécessité de communiquer n’apparaît qu’avec la nécessité de transmettre une information ou d’en obtenir une.
Par exemple, un homme de la préhistoire et son camarade s’apprêtent à traverser une rivière. L’un d’eux s’avance dans l’eau en regardant droit devant lui. L’autre, resté en retrait, aperçoit un tronc d’arbre qui descend le courant en direction de son ami. La nécessité d’alerter ce dernier entraîne la nécessité de transmettre l’information. Le message, ou l’idée, à transmettre, c’est évidemment que le tronc d’arbre va heurter celui qui traverse la rivière.
L’homme de la préhistoire ne possédait pas le vocabulaire pour dire » Attention il y a un tronc d’arbre qui descend le courant et qui va te frapper ». Par contre, le simple fait de hurler pour attirer l’attention de l’homme qui traverse, puis de pointer du doigt le tronc d’arbre qui descend le courant dans sa direction, suffit à transmettre l’idée d’une manière efficace. C’est une communication par le son et par le geste, efficace dans un cas comme celui décrit ici, mais nettement inadéquate pour transmettre des informations plus abstraites, plus complexes.
Au fur et à mesure de l’évolution humaine, le perfectionnement constant du vocabulaire a permis de transmettre des informations ( des idées ) de plus en plus précises. Le fait que nous puissions communiquer de plus en plus efficacement nos idées nous permet non seulement de mieux nous faire comprendre entre nous, mais aussi de mieux nous comprendre nous-mêmes.
La communication nécessite en effet une idée claire chez l’émetteur – celui qui transmet l’idée – afin que le récepteur – le destinataire de la communication – puisse l’interpréter convenablement.
EXERCICE 103.1
Cet exercice ne doit pas être envoyé à la correction.
Choisissez une personne de votre entourage et lancez une conversation sur un sujet de votre choix. Puis, volontairement, au cours de la conversation, commencez une phrase et ne la terminez pas. Faites comme si vous cherchiez vos mots.
Exemple : Depuis quelque temps je suis un peu fatigué de la routine. J’éprouve un soudain besoin de…
Remarquez la réaction de votre interlocuteur : Il cherchera très probablement à compléter votre idée.
S’il ne dit rien, ajoutez la phrase qui déclenchera presque immanquablement son intervention : Exemple : Depuis quelque temps je suis un peu fatigué de la routine. J’éprouve un soudain besoin de… (court silence ) …Je ne trouve pas les mots…
Remarquez à nouveau la réaction de votre interlocuteur : Il cherchera à compléter votre idée à partir de ce que vous avez dit, évidemment, mais en tenant compte de ce qu’il connaît de vous, de votre vie, ainsi que de plusieurs autres éléments dont nous parlerons un peu plus loin.
Il complétera, fort probablement, en parlant d’un besoin de changements, de sorties, de voir du monde, de changer de boulot, d’environnement, de voyages, de repos, etc.
Laissez-le parler puis complétez vous-même par : « ...besoin de relever un nouveau défi« .
Votre interlocuteur sera très probablement surpris parce que ce n’est pas en conformité avec ses attentes. Son niveau d’attention augmentera alors d’un cran.
Note: Les scénaristes utilisent des méthodes de communication très avancées dans leurs scénarios, jouant ainsi sur les attentes des gens, ils les surprennent par un dénouement ou un rebondissement inattendu. Leur objectif est de raviver l’attention du public à un moment précis du scénario où tout le monde croit avoir deviné la suite.
UNE COMMUNICATION ORGANISÉE.
L’élaboration d’une idée claire, point de départ de la communication, nous oblige à mettre de l’ordre dans nos pensées et à « organiser » la communication de nos idées selon 5 critères :
1- Nos connaissances générales
2- Notre environnement social
3- Notre connaissance du vocabulaire
4- Nos émotions
5- Notre habileté à nous exprimer par la parole
La communication nécessite une idée claire chez l’émetteur.
Voyons en détail:
1- Nos connaissances générales
En toute logique, nous communiquons dans les limites de nos capacités. Nous ne pouvons donner ce que nous n’avons pas. Même si nos expériences de vie nous ont permis de développer une solide confiance en nous dans un ou plusieurs champs d’activités, même si notre performance aux études, au travail ou aux sports, épate la galerie, nous communiquons selon un registre limité par nos connaissances générales. D’où l’importance d’apprendre durant toute sa vie, de s’intéresser à une foule de choses, d’être attentif à la moindre nouveauté. Ce qui, disons-le, n’est pas du tout une corvée pour le recherchiste qui est, par définition, toujours avide d’apprendre et de découvrir.
2- Notre environnement social
Nous n’en sommes pas toujours conscients, mais nous communiquons d’une manière largement influencée par notre environnement social. À notre échelle, nous agissons comme les médias, nous nous adressons à des gens de la manière qui nous semble la plus appropriée pour qu’ils nous comprennent. Nous ne leur parlons pas de choses que nous savons, ou pensons, hors de leur portée.
Woody Allen, auteur et réalisateur
Par exemple, nous ne parlerons pas d’une manière aussi élaborée du dernier film de Woody Allen à une personne qui nous dit « J’ai déjà entendu le nom Woody Allen quelque part, y a pas une sorte de jus de fruits qui s’appelle comme ça? » que nous le ferions avec un passionné d’Allen qui a vu tous ces films plusieurs fois.
Nous adaptons notre niveau de communication aux gens avec lesquels nous communiquons. Le plus difficile est de déterminer, lors d’un premier contact, à qui nous avons affaire, de manière à nous adapter rapidement, sans infantiliser inutilement nos propos ni, à l’opposé, jouer les érudits qui se soûlent de mots. Notre environnement social joue donc un rôle prédominant dans notre manière de communiquer, tout comme dans notre niveau personnel de communication.
3- Notre connaissance du vocabulaire
Nous communiquons d’une manière largement influencée par notre connaissance du vocabulaire. Nous n’en sommes pas non plus conscients parce que nous ne pensons tout simplement jamais, évidemment, aux mots que nous ne connaissons pas. En certaines occasions, il nous arrivera toutefois de prononcer cette formule très révélatrice » Je ne trouve pas les mots « , sans pour autant en saisir toute l’ampleur. Ces six mots trahissent un vide, un manque, une faiblesse sur le plan du vocabulaire.
Vous direz « Ça arrive à tout le monde » et vous aurez raison, mais admettez que cela arrive plus souvent à certains qu’à d’autres. Il faut aussi mentionner que la phrase révélatrice précisée plus haut, est régulièrement remplacée par des expressions telles; » sais pas « , « comme dans le genre », « tu sais ce que je veux dire », ou encore, par la pire démonstration d’un manque dramatique de vocabulaire… le silence involontaire. ( Attention nous ne parlons pas ici des silences volontaires, utilisés comme un moyen de faire comprendre quelque chose, mais de ces silences induits par une incapacité à trouver un ou des mots pour exprimer notre pensée.)
Nous pourrions disserter longtemps sur le vocabulaire et son importance, sur le lien étroit entre l’intérêt d’une personne pour un domaine précis et sa connaissance du vocabulaire spécialisé lié à ce domaine, sur l’importance de posséder un vaste vocabulaire, car c’est LE SEUL MOYEN efficace d’exprimer correctement sa pensée, c’est LE SEUL MOYEN efficace de s’assurer que le « récepteur » (le destinataire de l’idée) percevra l’idée émise par le transmetteur (celui qui transmet son idée) telle qu’elle a été émise.
Toutefois, nous nous contenterons, pour l’instant, de préciser que, dans le métier de recherchiste, le vocabulaire est en constante progression, qu’il ne se passe pas une semaine sans que de nouveaux mots, de nouvelles connaissances s’ajoutent aux acquis du recherchiste.
C’est ce qui fait que, après quelques années de travail seulement, un recherchiste acquiert une notoriété tangible et un profond respect de la part des gens qui l’entourent. C’est ce qui fait que, lorsqu’on a la chance d’avoir un recherchiste parmi ses amis ou ses connaissances, c’est à lui qu’on pense spontanément pour trouver une idée, une explication, une solution, un conseil, une suggestion, etc.
» Je ne trouve pas les mots « , six mots qui trahissent souvent un vide, un manque, une faiblesse de vocabulaire.
4- Nos émotions
Le domaine de l’émotion est le seul, parmi ceux qui jouent un rôle dans notre capacité à communiquer nos idées, dont nous sommes vraiment conscients et encore, en règle générale, nous le sommes uniquement parce que nous révisons mentalement ce que nous avons dit, et dans quel état émotionnel nous l’avons dit, dans les minutes ou les heures qui suivent l’action.
Par exemple, le recherchiste présente un nouveau projet devant une équipe de la direction et un des membres, un nouveau venu, se montre rébarbatif à l’idée, remettant systématiquement en question les arguments du recherchiste. Ce dernier sera, évidemment, influencé par la situation et risquera, sous la pression, de parler trop vite, de présenter son projet sans respecter l’ordre qu’il s’était établi, de passer trop rapidement sur des points majeurs, etc.
Après la réunion, le recherchiste fera cette analyse introspective que nous faisons tous face aux grands moments de communication de notre existence (déclarations d’amour, scènes de colère, annonces dramatiques, etc.) et il révisera, étape par étape, ce qui s’est passé, cherchant le point où il a manqué, se répétant intérieurement ce qu’il a dit et ce qu’on lui a répondu. Inéluctablement, au cours de sa réflexion, le recherchiste trouvera plusieurs arguments clés auxquels il s’en voudra de ne pas avoir pensé PENDANT la réunion.
C’est, par ailleurs, par ces expériences que le recherchiste se construit et apprend à devenir efficace en toutes circonstances. Ces moments de réflexion et de retour en arrière, ces constats d’échec par manque de préparation (c’est le cas le plus fréquent) permettent au recherchiste de fourbir ses armes pour la prochaine réunion qui sera un peu hors du commun. Il se conditionne à la façon dont les autres réagissent à ses idées et prépare sa stratégie de communication.
5- Notre habileté à nous exprimer par la parole
Pour les prochains paragraphes, faites appel à l’ouverture d’esprit dont nous parlions au début. Vous pourriez en avoir besoin.
Nous n’en sommes pas toujours conscients, mais nous communiquons également d’une manière largement influencée par notre habilité à nous exprimer. Plus nous communiquons en nous efforçant de prendre conscience de nos erreurs, plus nous perfectionnons notre capacité à communiquer par l’oral.
Le problème, c’est que la plupart d’entre nous avons la profonde conviction de bien nous faire comprendre, donc de communiquer d’une manière efficace. Malheureusement c’est rarement le cas. En fait, nos interlocuteurs s’empressent de deviner ce dont on parle et de compléter les informations qu’on leur transmet à partir de leurs propres connaissances, de leur propre vocabulaire, de leur propre manière de s’exprimer, de leur propre culture, etc.
Ils confirment souvent avoir bien compris ce que nous disons, sauf qu’ils amputent notre message d’une partie plus ou moins bien perçue, qu’ils s’empressent de remplacer par une partie qui correspond à leurs attentes et à leur capacité de compréhension.
Une femme dit à son mari qu’elle sait très jaloux; « Tout à l’heure j’ai rencontré un homme qui a joué un rôle très important dans ma vie » . Le mari tourne tout doucement au bleu et la dévisage, en attente de la suite. Sa compagne n’ajoute pas un mot et attend pour voir ce qui va se passer.
Le mari demande des précisions sur un ton sans équivoque. Sa compagne s’amuse de le voir fulminer et ne répond toujours pas. Le mari lève le ton et exige des précisions. Sa compagne finit par lui dire qu’en allant à la banque, elle a rencontré son père.
Nos interlocuteurs s’empressent de deviner ce dont on parle et de compléter des informations qu’on leur transmet à partir de leurs propres connaissances, de leur vocabulaire, de leur culture, etc.
UN MOYEN POUR AMÉLIORER VOTRE CAPACITÉ À COMMUNIQUER
Un moyen bien utile consiste à s’enregistrer pendant de longues périodes. Lorsque vous recevez des amis placez un magnétophone dans la pièce (cela peut être une bonne idée de les aviser), et laissez-le fonctionner aussi longtemps que possible. Après leur départ, écoutez-vous. Remarquez des phrases que vous avez dites d’une manière totalement différente de ce qu’était en fait votre intention. Remarquez ces phrases que vous pensiez décisives dans la conversation et qui sont passées sans susciter de réaction. Remarquez votre débit. Remarquez votre ton de voix. Remarquez aussi vos silences et vos répétitions. Remarquez également le contexte dans lequel on vous aura éventuellement coupé la parole.
MÊME LA VOIX PEUT ÊTRE AMÉLIORÉE.
Si votre voix est haut perchée, aiguë, sachez que les gens réagissent moins bien aux voix hautes. Faites des exercices de pose de voix. En voici un tout simple.
Prononcez la lettre « O » en commençant par le ton le plus haut perché dont vous êtes capable puis vous descendez vers le ton le plus grave dont vous êtes capable.
Au début vous aurez l’impression que vous avez vite atteint la limite de votre voix, sur le note haute tout comme sur la note basse. Toutefois, à force de refaire ce petit exercice, vous allez constater que vous allez accroître votre capacité à descendre votre ton de voix, nettement plus bas qu’au départ, toujours en considérant que votre voix serait un peu trop aiguë, bien entendu.
Qu’est-ce que c’est que cet exercice enfantin se diront certains de nos étudiants? Eh bien croyez-le ou non, à l’échelle de la population, les gens qui ont pris conscience de leur registre de voix sont rares.
Le changement de la voix d’enfant à la voix d’adulte se fait naturellement, mais nombreuses sont les personnes qui n’ont pas complété tout à fait la transition et qui utilisent une voix de gorge toute leur vie durant, c’est-à-dire qu’ils ne font à peu près pas appel à leur diaphragme et à la puissance de leur respiration dans leur expression orale. Parlez-en à ceux et celles qui ont suivi des cours de chant.
Or, la voix n’est pas qu’un son émis par les cordes vocales, c’est un ensemble d’éléments : son émis par les cordes vocales, résonance fournit par le pharynx, la bouche, la cavité nasale et la puissance fournie par l’air projeté par les poumons. En faisant cet exercice au rythme de 15 minutes par jour, deux ou trois fois la semaine, vous allez prendre conscience de votre registre RÉEL de voix, tel un chanteur doit le faire au début de sa carrière, et, chaque fois que vous parlerez d’une voix inutilement haut perchée, vous en prendrez conscience.
Ne vous inquiétez pas trop des changements qui pourraient être perceptibles pour votre entourage. Il est rare qu’il s’en aperçoive puisque c’est un changement graduel, un peu comme en enfant qu’on ne voit pas grandir parce que nous vivons à ses côtés.
Le changement est toutefois très perceptible en ce qui vous concerne, vous. Le plus souvent, une fois que vous avez placé votre voix, si elle était trop aiguë, vous remarquerez que les gens vous sont plus attentifs et vous écoutent avec plus d’intensité qu’auparavant.
Dans les cas les plus flagrants de voix « ajustées », des étudiants ayant fait l’exercice régulièrement, nous ont rapporté des réactions marquées de la part de leurs amis et collaborateurs. La plus significative étant un commentaire du style ; « Je ne sais pas ce que tu as de changé, mais je t’écouterais parler durant des heures. »
Nous communiquons d’une manière largement influencée par notre habileté à nous exprimer par tous les moyens dont nous disposons, y compris les regards, les gestes et les silences.
À ÉVITER… UN DÉBIT TROP RAPIDE
Autre problème de communication fréquent à l’oral: le débit trop rapide. C’est un problème qui remonte à notre enfance, à l’époque où l’attention des parents était souvent difficile à obtenir et où on se pressait de tout déballer pendant que les regards étaient enfin posés sur nous.
Nous savions que cette attention serait brève, infiniment plus brève que ce dont nous aurions eu besoin pour prendre le temps de mettre de l’ordre dans nos idées d’enfant et les exprimer avec tout le lustre qu’elles auraient mérité, mais c’est la vie.
Sauf qu’en grandissant, bien que la plupart d’entre-nous se soient rajustés avec le temps et la nécessité de communiquer lentement ce qui est quelque peu compliqué, il subsiste souvent un vieux réflexe, une tendance à dire très vite ce qui ne semble pas captiver autant l’attention que nous le souhaiterions.
Nous remplaçons instinctivement ce qui devrait être un effort pour améliorer notre présentation orale (un effort de réflexion à ce que nous allons dire, un effort de recherche du bon vocabulaire, un effort de recherche de meilleures idées pour s’exprimer, etc.) par une accélération de notre débit.
En un instant, dans une situation où nous sentons que l’attention de la personne à laquelle nous nous adressons va nous échapper, notre cerveau, « programmé » par nos premières expériences de communication orale, se remet en mode de communication « infantile » et nous pousse à parler trop vite, enlevant du coup de la valeur et du poids à chacun de nos mots, contribuant, de ce fait, à écourter davantage la période d’attention de notre interlocuteur.
Le fait de s’enregistrer souvent nous permet de prendre conscience de plusieurs de nos défauts de communication orale et, par le fait même, nous permet de prendre la décision de devenir de meilleurs communicateurs.
EXERCICE 103.2
Cet exercice ne doit pas être envoyé à la correction.
Au cours des prochaines 24 heures, analysez le débit de tous les gens que vous rencontrez et qui s’adressent à vous ou à quelqu’un de votre entourage. Remarquez le rythme de leurs phrases. Remarquez si les mots se bousculent à la sortie . Remarquez si les mots sont entrecoupés d’un silence. Pour chaque personne rencontrée, accordez mentalement une note de 0 à 10, 0 correspondant à un débit très lent et 10 à un débit très rapide.
CONCEPTION DE L’IDÉE
Concevoir une idée, c’est d’abord se placer dans une situation ou un état propice à la naissance de l’idée.
Un exemple concret – Votre patron veut lancer un nouveau produit. Il ne sait pas très bien ce que ce sera, mais il se dit stimulé à l’idée de conquérir de nouveaux marchés.
Un recherchiste peut être appelé à contribuer en suggérant des pistes, des idées. Il peut s’agir ici d’un produit de consommation aussi bien que d’une nouvelle émission de radio ou de télévision. Le recherchiste se mettra alors dans une situation qui lui permettra d’avoir une vue d’ensemble des produits ou des émissions déjà offerts par l’entreprise. Il utilisera parfois un grand tableau ou de grandes feuilles de papier et y inscrira les produits ou émissions et leur description, leur public cible par groupe d’âge et toutes les informations pertinentes.
Ensuite, le recherchiste procédera par recoupement. Dans le cas d’un produit de consommation, il essaiera de trouver des liens logiques entre les produits existants fabriqués par l’entreprise et un nouveau produit qui pourrait s’insérer tout naturellement dans la gamme offerte.
Par exemple, si l’entreprise fabrique des jouets améliorant le développement des enfants en bas âge, il identifiera que les jouets offerts font tous appel aux bras et au torse des enfants et qu’aucun jouet n’implique l’usage des jambes ou des pieds. Le nouveau produit pourrait bien être un jouet pour l’usage duquel un enfant devra utiliser ses jambes ou ses pieds. Ce serait complémentaire aux autres produits de l’entreprise.
Dans le cas d’une émission de radio ou de télévision, le recherchiste remarquera peut-être qu’une certaine émission, déjà à l’antenne, attire un public élevé dans sa première partie pour le perdre ensuite dans la seconde partie du programme. Une recherche plus approfondie pourra lui apprendre que la première partie traite d’un sujet pour lequel l’auditoire se passionne de plus en plus, ce qu’on pourrait appeler un sujet « montant », qui serait possiblement qualifié de « viral » sur Internet par exemple. Ce sujet mériterait probablement d’être traité dans une émission qui lui serait entièrement consacrée.
Ces deux exemples vous permettent de comprendre ce que signifie « se placer dans une situation ou un état propice à la naissance de l’idée ». Si vous êtes un jour impliqué dans une recherche d’idée, ne faites surtout pas l’erreur de croire que vous possédez déjà en vous toutes les connaissances pertinentes et que vous allez vous lever un beau matin avec « l’idée » en tête. Soyez vigilant, regardez, écoutez, mettez-vous en état de veille et soyez attentif à tout ce qui pourrait potentiellement vous inspirer.
Ce n’est pas impossible, mais une idée trouvée de cette manière est rarement bien établie, rarement solide. Par opposition, l’idée inspirée par une vue d’ensemble de vos expériences tant antérieures que toutes récentes sera souvent bien établie et même parfois déterminante.
Notez que, en bien des cas, les meilleurs idées surgissent de liens que nous faisons entre des éléments qui, à première vue, n’avaient aucune raison d’être faits.
CONSTRUCTION DE L’IDÉE
Une fois que vous avez trouvé une idée qui vous semble valable, vous devez la construire, la solidifier, la rendre aussi invulnérable que possible, surtout si vous devez l’exposer à un groupe de personnes. Pour arriver à lui donner toute la validité dont elle aura besoin, vous devrez procéder à l’envers du processus qui vous a servi à la développer.
Dans ce processus, vous avez créé une situation qui vous a permis d’avoir une vue d’ensemble des produits offerts par l’entreprise et vous avez analysé le tout en vous efforçant d’y trouver un indice, une piste, une source d’idées.
En prenant bien le temps de vous arrêter à toute la brochette des produits de l’entreprise pour vous demander ce qui y manquait possiblement, vous avez fait un exercice que les autres font rarement, trop occupé qu’ils sont à améliorer ou à promouvoir les produits déjà existants. C’est bien connu, les cordonniers sont les plus mal chaussés. Et il est fort possible que personne, dans l’entreprise, n’ait constaté ce que vous avez découvert.
Devant les décideurs de l’entreprise, pour rendre votre idée aussi invulnérable que possible aux arguments de ceux qui pourraient être réticents, vous devrez d’abord présenter l’idée achevée, avec tous les détails pertinents, et ensuite seulement conclure votre présentation en expliquant le cheminement qui vous a amené à cette idée.
Voici quelques éléments qui doivent ressortir, dans cet ordre, c’est-à-dire, une idée achevée et utile en premier lieu, et ensuite seulement vous parlez du cheminement. Si vous vous demandez pourquoi on ne devrait pas se présenter devant des décideurs pour leur faire part du cheminement qui nous a conduit à notre idée, étape par étape, pour arriver finalement en leur annonçant ce qu’est le fruit de notre réflexion… tout simplement parce que nous ne voulons pas que les étapes et l’analyse qui ont mené à notre idée soient mises en évidence au détriment du plus important, soit l’idée elle-même.
Si vous étiez bijoutier, vous ne présenteriez pas un diamant non taillé à votre client pour lui parler de ce qu’il donnera une fois taillé. Vous présenteriez le produit fini, et ensuite vous pourriez lui livrer son historique de fabrication si le cœur vous en dit. Votre idée, doit aussi être traitée comme un bijou.
(En prenant toujours pour exemple les jouets)
– Quelle est la toute première utilité de ce nouveau jouet?
Développer des habiletés dans les membres inférieurs du corps des enfants.
– Quelle est la particularité majeure de ce nouveau jouet par rapport aux autres offerts par l’entreprise?
Il se distingue totalement parce qu’il est spécialement conçu pour développer les habiletés des membres inférieures du corps, alors que tous les autres jouets fabriqués par la société sont destinés aux membres supérieurs.
Comment avez-vous trouvé cette idée ?
En faisant une analyse globale de l’ensemble des produits fait par l’entreprise, analyse qui fait apparaître une absence totale de produits destinés à l’exercice des membres inférieurs des enfants.
(En prenant pour exemple une émission de télévision)
– Quel est le sujet principal de l’émission?
L’Internet, afin de répondre aux interrogations des gens face à ce médium, tout en gagnant un nouvel auditoire.
– Quelle est la particularité de cette émission par rapport aux autres offertes par la chaîne?
Ce sera la seule émission de la chaîne entièrement consacrée à l’Internet.
– Comment avez-vous trouvé cette idée? Ou qu’est-ce qui vous fait penser que ce sujet attirera un auditoire?
L’analyse globale des émissions offertes par la chaîne a démontré qu’une des émissions dans laquelle il était question, entre autres sujets, d’Internet, obtenait un niveau d’écoute nettement supérieur précisément pendant la partie de l’émission traitant spécifiquement de l’Internet. Ce qui a permis de détecter un sujet « montant ».
Pour arriver à donner à une idée toute la validité dont elle aura besoin pour être présentée, vous devrez procéder à l’envers du processus qui vous a servi à trouver cette idée. Vous présenterez d’abord votre idée achevée, d’une manière courte et efficace, mais complète et ensuite seulement vous parlerez du cheminement qui vous a conduit à cette idée.
ANALYSE DE L’IDÉE
Voici la partie la plus difficile. C’est à l’étape de l’analyse que vous devez être extrêmement exigeant, envers vous-même, et envers les gens qu’il vous arrivera de consulter dans le but d’obtenir une opinion.
L’analyse qu’un recherchiste fait de sa propre idée est immanquablement biaisée. S’il s’est arrêté à cette idée, c’est évidemment qu’il la trouve bonne, qu’elle le séduit, qu’elle l’accroche. L’analyser froidement est pourtant indispensable. Le truc… Prendre du recul, simplement du recul. On ne devrait JAMAIS présenter une idée nouvelle sans l’avoir totalement laissée de côté pendant environ une semaine. Et encore, il faut même éviter d’y songer pendant cette période. À la fin de cette semaine de mise à l’écart, le recherchiste reprend son idée sur le papier et en fait la lecture. Dès les premières lignes, il remettra en question des points précis, révisera sa présentation, son argumentation et la validité même de l’idée.
En fait, le recherchiste s’est distancé pour devenir davantage étranger à l’idée et être en mesure de la juger plus objectivement. La plupart du temps, le résultat sera plus soigné, mieux présenté, mieux défendable.
C’est aussi immédiatement après cette semaine de mise à l’écart que le recherchiste pourra solliciter des opinions sur son idée, sans biaiser inconsciemment les résultats. Parce que, comme vous vous en doutez, une semaine avant, dans le feu de la passion créatrice, si le recherchiste avait consulté des gens, il aurait placé un sourire au bon moment dans sa présentation et aurait marqué certains mots dans ses phrases, le tout dans le but de trouver, chez les autres, des opinions voisines de la sienne. Cela plus ou moins consciemment, bien entendu.
Nous disions que cette étape est la plus difficile, et pour cause, la plupart des recherchistes qui pensent avoir trouvé une bonne idée vont estomper l’étape de l’analyse objective. Ceci est particulièrement vrai chez les recherchistes d’expérience, dont certains n’hésitent pas à faire peser leur notoriété dans la balance, au moment de la présentation.
C’est à l’étape de l’analyse que vous devez être extrêmement exigeant, envers vous-même, et envers les gens qu’il vous arrivera de consulter dans le but d’obtenir une opinion sur l’idée que vous avez trouvée.
DÉPOUILLEMENT DE L’IDÉE
Pour que la présentation d’une nouvelle idée soit efficace, elle doit toujours être dépouillée de son superflu. Il faut éviter, au cours d’une présentation d’une idée à un groupe, à un patron ou à un directeur des programmes, de se perdre dans les détails. Ce qui ne manque pas d’arriver si l’idée n’a pas été dépouillée des éléments inutiles.
En règle générale, ces éléments sont des précisions auxquelles le recherchiste devrait s’attacher dès la naissance de l’idée dans son esprit.
Rappelez-vous de ce recherchiste suédois qui avait présenté sa nouvelle idée d’une émission dans laquelle un politicien parlerait de sa vie et de sa carrière, fourche à la main, dans une étable, au milieu des vaches.
Visiblement, au moment de présenter son idée pour la toute première fois, son insistance sur la grange, la fourche et les vaches, plutôt que sur la présentation de la vie et de la carrière des politiciens dans un environnement naturel quelque peu inhabituel, a eu pour effet de discréditer son idée, pourtant attrayante à la base.
C’est seulement par la suite que le recherchiste a dépouillé son idée et l’a présentée en choisissant une manière de le faire, et un vocabulaire, correspondant aux attentes des gens auxquels il s’adressait.
EXPRESSION DE L’IDÉE
Nous l’avons dit, l’objectif de la communication est de « transmettre » des informations, des idées. Encore faut-il, nous l’avons compris, que l’idée, nette et précise dans notre esprit, soit exprimée de manière tout aussi précise, afin d’être reçue et interprétée par le destinataire de manière exacte.
Il faut songer que notre cerveau conçoit une idée puis doit puiser dans l’ensemble des ressources dont il dispose pour la formuler en passant par une interface de communication, le langage.
Un dessinateur professionnel, par exemple, a appris à créer un dessin dans sa tête puis à le transposer sur le papier d’une manière efficace.
Pour bien des gens, par exemple, imaginer une tête de lion sera facile. Ils verront en eux tous les détails avec précisions. Par contre, si vous leur demandez de dessiner ce qu’ils ont en tête, vous risquez d’avoir parfois bien du mal à reconnaître un lion.
Un communicateur professionnel, pour sa part, sait transmettre une idée de manière à ce que son destinataire la reçoive telle qu’elle était à son point d’origine.
Vous connaissez ce jeu dans lequel les gens font la chaîne et se transmettent une courte phrase d’un bout à l’autre du groupe et où, immanquablement, la phrase prononcée par la dernière personne est nettement différente de celle d’origine.
Si la déformation de la phrase d’origine est si considérable, et plus il y aura de gens dans la chaîne plus elle le sera, ce n’est pas que les gens comprennent mal, ce n’est pas que les gens ajoutent ou enlèvent des éléments pour « personnaliser » la phrase, comme on le croit souvent, c’est tout simplement que les gens « l’interprètent » selon les éléments mentionnés plus haut, à savoir :
1- Leurs connaissances générales
2- Leur environnement social
3- Leur connaissance du vocabulaire
4- Leurs émotions
5- Leur habilité à s’exprimer par la parole
Un communicateur professionnel sait transmettre une idée de manière à ce que son destinataire la reçoive telle qu’elle était à son point d’origine.
S’EXPRIMER EFFICACEMENT PAR L’ÉCRIT
Bien évidemment, les textes rédigés par les recherchistes se doivent d’être clairs et précis.
La rédaction du texte que l’on fait peu de temps après avoir trouvé des éléments spécifiques à la recherche, s’appelle le premier jet.
Exemple – Un recherchiste trouve des éléments lui permettant de penser qu’un article sur la vie après la mort pourrait être un point de départ pour un documentaire sur ce sujet.
Il découvre, lors de ses recherches, que les techniques modernes d’enregistrement vidéo dans l’obscurité, ont permis à nombre de petites équipes de filmer des manifestations étranges dans les maisons dites « hantées » partout à travers le monde.
Il a aussi trouvé en visionnant de tels reportages, des paroles qui seraient prononcées par les défunts et il a ainsi remarqué que ces paroles, enregistrées en anglais aux USA, recoupent bien souvent les enregistrements faits en français et dans d’autres langues.
Les défunts laissent donc des messages qui se ressemblent d’un pays à l’autre. Cela pourrait bien appuyer la thèse de ces médecins qui affirment, depuis peu, avoir observé des phénomènes qui démontrent que nous vivons sous une autre forme après la mort.
Le recherchiste rédige donc un premier jet que voici… (Le premier jet est toujours moins fini qu’un texte révisé et amélioré, ne soyez pas surpris de le constater dans ce texte.)
« Ce projet consiste à tourner un documentaire faisant le point sur les récents développements en matière d’enquête sur la vie après la mort. Nombre de personnes se sont munis de caméras permettant de filmer dans l’obscurité depuis quelques années, et de magnétophones ainsi que d’autres équipements permettant de ramener des images et des voix, des commentaires, des messages, qui se recoupent d’une partie à l’autre de la planète, indifféremment des langues utilisées, et des contextes. Ce documentaire pourrait permettre de démontrer que des défunts qui s’expriment sur les magnétophones, toujours par de courtes phrases, disent des choses similaires, permettant ainsi de confirmer les propos enregistrés d’un pays à l’autre. »
Une fois le premier jet terminé, on peut repérer, sans perdre trop de temps, les noms communs et se demander rapidement si un adjectif apporterait une précision dans le texte ou un agrément quelconque à la lecture.
Correction du premier jet –
« Ce projet consiste à tourner un documentaire rigoureux faisant le point sur les récents développements en matière d’enquête sur la vie après la mort, un sujet toujours intrigant. Depuis quelques années, en utilisant de nouvelles caméras permettant de filmer dans l’obscurité complète, et des magnétophones très sensibles, des gens ont ramené des images et des voix troublantes. Ce documentaire comparerait, pour la toute première fois, les messages et les images obtenues d’un pays à l’autre, lors de ces séances nocturnes. Ce documentaire pourrait aider à démontrer que ce sont bien des défunts qui s’expriment sur les magnétophones, qui se manifestent devant la caméra, partout dans le monde, dans la langue dans laquelle ils ont vécu, accréditant ainsi la thèse nouvelle voulant que la vie se perpétue sous une autre forme après la mort du corps. »
LES INTERFÉRENCES DANS LE TRAVAIL DU RECHERCHISTE
Le recherchiste travaille en constante interaction avec les gens. Il doit bien évidemment être toujours courtois, diplomate et il doit savoir s’adapter rapidement à des individus de tous genres, de tous groupes sociaux.
Malheureusement, les contacts avec les gens sont souvent complexifiés par des interférences. Par interférences, on entend; les enfants qui tournent autour d’une mère que le recherchiste interviewe par téléphone, la secrétaire qui entre dans le bureau du patron pendant que le recherchiste fait son entrevue, le téléphone qui sonne au moment précis où le recherchiste arrivait à faire parler une personne sur un point qu’elle préférait ne pas aborder, etc.
Ces interférences sont multiples et se manifestent souvent à des moments inopportuns. Toutefois, bon nombre d’entres elles sont prévisibles et évitables. Si vous devez mener une entrevue téléphonique avec une dame et que, sitôt le téléphone décroché, vous entendez des enfants jouer tout autour, proposez de la rappeler une fois que les enfants seront au lit, dans la soirée.
De même, si vous sentez qu’une personne n’est pas attentive comme vous le souhaiteriez, au téléphone, suggérez de la rappeler plus tard. Elle est peut-être occupée, sans oser vous le dire. Elle était peut-être plongée dans un film policier passionnant, et votre appel sera arrivé au moment où l’intrigue culminait.
Si vous devez faire une entrevue préparatoire pour la radio, la télévision ou autre, avec un important personnage, à son bureau par exemple, demandez-lui de vous indiquer une heure à laquelle vous ne serez pas interrompus par les activités de l’endroit.
Vous devez choisir un moment de la journée ou du soir, pendant lequel votre invité sera vraiment disponible. S’il a la tête ailleurs pendant la rencontre, vous ne ferez rien de bon. C’est une des raisons pour lesquelles on tourne souvent les entrevues dans les bureaux, après les heures de fermeture.
Si vous participez à l’enregistrement d’une entrevue, chez un invité, que ce soit à son bureau ou à sa résidence, assurez-vous que le réalisateur n’oublie pas de tenir compte des sons ambiants qui pourraient interférer.
Dans une résidence, ce sera une horloge bruyante, un frigo qui se met en marche et s’arrête bruyamment, un animal de compagnie enfermé dans une pièce pour ne pas gêner qui pourrait soudainement se manifester bruyamment, la sonnerie du téléphone, un éclairage au néon qui gronde comme une locomotive, etc.
Finalement, toujours au chapitre des interférences, mentionnons que le recherchiste a besoin de temps de réflexion et d’analyse dans son travail. Dans les endroits très actifs, pour ne pas dire agités, le recherchiste doit développer une capacité à faire abstraction des bruits et des mouvements. C’est le cas dans les salles de rédaction, dans certaines chaînes de télévision, dans certaines stations radio et dans certaines grandes sociétés privées ou publiques qui ont recours à des recherchistes.
Notez aussi que de plus en plus d’employeurs de recherchistes leur accordent la possibilité de travailler quelques jours de temps à autre depuis leur domicile, du moins si le cadre de travail en entreprise n’est pas vraiment propice au calme.
Fort heureusement, dans les endroits aménagés pour tenir compte des impératifs environnementaux liés au type de travail à effectuer, c’est plutôt dans un relatif silence que se retrouvent les recherchistes. Souvent isolés dans un secteur peu fréquenté d’un immeuble, ces penseurs chercheurs sont dans leur cocon et se stimulent les uns les autres dans leurs tâches de recherchiste. Quittant cet univers le temps de glaner des informations sur le terrain ou le temps de rendre des comptes à la direction, ils y reviennent comme l’abeille rentre à la ruche.
À noter que ce dernier modèle d’environnement correspond à ce que devrait être le milieu de travail des recherchistes travaillant principalement sur l’Internet.
Le recherchiste a besoin de temps de réflexion et d’analyse dans son travail.
LA COMMUNICATION INTERPERSONNELLE
Dans la communication interpersonnelle, le message transmis par l’émetteur comporte deux objectifs.
1- Transmettre clairement une idée
2- Susciter une réaction ou influencer le récepteur.
Par exemple, si je dois, en tant que recherchiste, faire une pré-entrevue avec une vedette de la chanson reconnue pour son mauvais caractère, je préparerai quelques répliques aussi désarmantes que possible. Comme le font les animateurs de talk-show qui doivent recevoir des auteurs, des acteurs et des chanteurs.
J’écouterai ses dernières chansons et j’y prélèverai deux ou trois lignes qui pourraient s’appliquer à la situation anticipée, des lignes dans le genre « Je ne me laisse pas piler sur les pieds Chloé ». Et lorsqu’elle fera son petit numéro, je lui servirai « Comme dans la chanson… je ne me laisse pas piler sur les pieds, Chloé », et j’enchaînerai aussitôt avec une question comme si de rien n’était. La vedette, toute vedette qu’elle soit, sera fort probablement touchée que je connaisse les paroles d’une de ses dernières chansons. Si ce n’est pas le cas elle sera au moins surprise, et c’est tout ce qu’il me faut pour désamorcer son agressivité passagère, susciter un sourire, et obtenir sa collaboration pour la suite. Notez que si vous avez le temps de vraiment vous intéresser à ses chansons et d’en apprendre les paroles, ce sera encore mieux.
S’il y a un point important à mentionner à propos des pré-entrevues, c’est bien qu’il ne faut pas rater son coup. Lorsque le recherchiste voit trois ou quatre des invités majeurs de l’émission annuler leur présence dans les heures ou les jours suivants la pré-entrevue qu’il a faite avec ces gens, les réalisateurs et les équipes de production peuvent très vite associer pré-entrevue du recherchiste avec le mot « annulation ». Le temps du recherchiste peut alors être compté.
Le résultat saute aux yeux, si le recherchiste est un piètre représentant de l’émission, l’émission n’ira pas loin. Tout comme ce serait le cas avec un réalisateur qui ne s’acquitterait pas décemment de ses tâches. Il faut être conscient que le recherchiste est le premier contact que les invités, vedettes, politiciens ou autres, ont avec une certaine émission.
Ces invités, ces gens, se font une idée de ce qui les attend en studio à partir du rapport qu’ils ont avec le recherchiste. Si le recherchiste communique mal… c’est un mauvais départ. Un correctif rapide et efficace s’impose.
Les communications interpersonnelles sont passionnantes, mais complexes. Elles tiennent souvent davantage de l’art que de la technique. Il faut leur accorder beaucoup d’attention et de temps afin de les perfectionner. Fort heureusement, les occasions de les améliorer ne manquent pas et un recherchiste attentif aux détails pourra rapidement prendre conscience de ses petits travers et apporter les correctifs nécessaires.
Un des travers les plus fréquents dont le recherchiste doit se débarrasser, c’est l’acquiescement systématique, c’est à dire cette manie de confirmer chacun des bouts de phrases qui lui sont adressés. « Oui, oui », « Han, han », « je comprends », « ok », « Je vois », « Évidemment », « Bien entendu » sont autant d’acquiescement et de variations d’un même message, qui surgissent de la bouche du récepteur (celui qui reçoit le message, dans ce cas c’est le recherchiste) pour dire en fait » J’ai compris ce que vous venez de dire ».
Dans une conversation banale, sans but précis, cet acquiescement répété ne pose pas de problème, mais dans une entrevue dirigée, c’est autre chose. Celui qui dirige l’entrevue lance une question, attend la réponse et ne doit pas acquiescer au moment où la réponse lui est livrée, de manière à pousser son interlocuteur à poursuivre encore, à aller plus loin dans ses propos.
Ce dernier, dérouté par le fait que le recherchiste n’acquiesce pas comme le fait le commun des mortels, sentira le besoin d’ajouter quelque chose et le fera très probablement. C’est là que l’entrevue dépasse le niveau de surface habituel, pour aller plus en profondeur.
Bien entendu, il ne faut pas se montrer non plus de glace. Un acquiescement occasionnel est nécessaire. Toutefois, faire des acquiescements automatiques et répétés pendant que la personne nous parle, c’est comme souffler sur une chandelle en entrant dans une pièce obscure.
Dans une entrevue dirigée, par son silence et son absence d’acquiescement répétés, le recherchiste transmet à son invité un message très clair, ce message c’est : » Est-ce bien tout ce que vous avez à me dire sur ce sujet ? »
Si vous êtes mal à l’aise avec cette technique, vous pouvez même en prévenir votre interlocuteur auparavant. Cela ne changera rien du tout. Il est si habitué d’obtenir des réactions spontanées à ses propos, par tous les gens qui l’entourent, qu’il sera quand même poussé à en dire davantage devant votre absence d’acquiescement. Comme ça au moins, il n’aura pas l’impression que le système de la maison s’est mis en marche tellement vous étiez froid .
S’il y a un point important à mentionner à propos des pré-entrevues, c’est bien qu’il ne faut pas rater son coup. On n’a jamais une seconde chance de faire une première bonne impression, vous le savez bien.
EXERCICE 103.3
Cet exercice ne doit pas être envoyé à la correction.
Choisissez une personne de votre entourage et discutez de choses et d’autres avec elle. Remarquez comme elle acquiesce régulièrement, remarquez comme elle réagit par automatisme pendant que vous lui parlez, en répétant des mots comme « je vois », « bien sûr », « oui, oui » ou encore en hochant la tête de manière positive et ce très régulièrement.
À votre tour, portez attention à vos propres acquiescements et tentez de vous retenir d’acquiescer. Voyez comme c’est difficile et comme vous oubliez vite de vous observer vous-même, surtout si la conversation vous captive. Remarquez combien vous avez l’impression de manquer d’une certaine forme de courtoisie vis-à-vis de la personne qui vous parle, simplement parce que vous ne réagissez pas à ses propos comme vous le faites à l’habitude.
Note: Si votre interlocuteur vous connaît bien, il pourra remarquer tout de suite que quelque chose est inhabituel, mais il ne pourra pas, généralement, le préciser. Ne vous fiez pas aux réactions des gens qui vous connaissent pour perfectionner votre capacité à diriger des entrevues. Les réactions les plus valables viendront fatalement de gens auxquels vous vous adressez pour la première fois.
UN MALAISE AVEC L’EXERCICE PRÉCÉDENT?
Si vous êtes mal à l’aise avec l’idée de faire participer une personne à son insu à votre exercice, vous pouvez lui demander de vous aider à faire un travail de cette formation, en se livrant avec vous à un échange, dont vous vous engagez à lui expliquer, par la suite, les observations que vous en aurez faites.
LA COMMUNICATION DE MASSE
(Lazare) « La seule différence essentielle entre la communication interpersonnelle et la communication de masse, réside dans la nature différente des acteurs, autrement dit dans le fait que les pratiques impliquées dans le processus de communication de masse ont un caractère collectif. La communication de masse est le processus social particulier qui se réalise en faisant appel à trois composants essentiels : la masse de l’audience, les communicateurs et la pratique communicationnelle. »
On divise la masse en différentes strates. Rappelez-vous du cours numéro 2 – Une « strate cible », est un groupe de personnes qui partagent des connaissances et des intérêts qui les distinguent des autres groupes de personnes.
On utilise aussi une dénomination générique telle « groupe cible ou public cible » pour désigner un groupe de personnes identifiées par leur âge, leur revenu, leur niveau de scolarité, etc. Il y aurait bien quelques menues distinctions à faire entre « strate cible » et « groupe cible », mais par commodité, on conviendra que les deux termes sont ici synonymes.
Le terme « masse » n’est pas très utilisé en communication à cause de sa connotation quelque peu négative. On désigne plutôt la masse en tant qu’auditoire ou audience.
(Lazare) « L’audience c’est l’ensemble des individus qui constituent les consommateurs des « mass média » ».
Les dirigeants des médias souhaitent toujours mieux connaître les caractéristiques sociales de leur audience. Ils ont appris, au cours des années, à dire ce qu’il fallait dire à qui souhaitait l’entendre. Ils parlent donc des sujets à la mode et sont à l’affût des variations, des vents de changements, des nouvelles tendances.
Ils ne font pas cela uniquement pour le plaisir de mieux servir leur auditoire comme vous vous en doutez. Ce qu’ils souhaitent, c’est connaître au mieux l’auditoire, et ses attentes, afin de rejoindre le plus grand nombre possible de personnes et vendre ensuite de la publicité aux annonceurs. De son côté, l’annonceur qui obtient des résultats sur son investissement en publicité en est satisfait et il renouvelle son contrat, permettant ainsi au cycle de se poursuivre.
(Lazare) « L’audience est caractérisée par la largeur, l’hétérogénéité et l’anonymat. Il s’agit d’une masse d’individus, dispersés dans l’espace et inconnus les uns des autres. Les membres de l’audience peuvent appartenir aux diverses couches sociales : âge, sexe, profession, religion, etc. »
La communication de masse implique la nécessité de réduire le niveau de spécialisation du message transmis.
Exemple: On ne fera pas une série télé. ou une série d’articles sur « L’élevage du ver de vase en Papouasie centrale ».
Par conséquent, le message transmis sera général avec comme inconvénient un abaissement du niveau de vocabulaire dans le but d’être compris par l’ensemble et un abaissement de la complexité des sujets traités, ceci dans le but de plaire au plus grand nombre de personnes à la fois.
La communication de masse c’est aussi un seul émetteur s’adressant à plusieurs récepteurs à la fois.
Les médias sont les outils principaux de la communication de masse, ce sont les « canaux de diffusion ». Le concepteur du message qui s’adresse à un auditoire (à la masse) prend en considération les canaux de diffusion qui sont à sa portée. Le recherchiste, quant à lui, doit s’adapter au canal de diffusion pour lequel il travaille. La télévision demandera plus de travail au niveau de l’image alors que la radio exigera des invités volubiles.
Une phrase référence dans le milieu des communications.
QUI DIT QUOI PAR QUEL CANAL À QUI ET AVEC QUEL EFFET.
– «Qui», c’est le journaliste, l’animateur, celui qui communique.
– «Quoi » c’est le message qui est transmis.
– «Canal» c’est le moyen utilisé pour transmettre ( journaux, radio, TV, etc.)
– «Qui» c’est l’audience visée, le public que le communicateur souhaite toucher.
– «L’effet» c’est la réaction suscitée dans l’auditoire à la réception du message.
LA RECHERCHE EN MILIEU POLICIER
Les services de police font déjà appel à des spécialistes comme des médecins, des techniciens en armes, des chimistes. Ils ont maintenant de plus en plus recours à des recherchistes documentalistes pour rendre plus efficaces la gestion et le traitement des informations nécessaires à l’accomplissement de leur mission. Toutefois, ne soyez pas surpris de vous faire dire que nombre de ces services n’ont jamais entendu parler des recherchistes documentalistes, surtout en Europe.
Au cours des dernières années, plusieurs de nos finissants recherchistes documentalistes ont offert aux services de police de leur région de mettre à profit les nouvelles connaissances acquises pendant ce programme de formation. Le plus souvent, c’est en leur proposant de faire un stage qu’ils sont parvenus à s’introduire, après seulement quelques tentatives. Le travail qu’on leur a confié leur a permis d’adapter sans trop de mal le contenu des cours à ce domaine un peu particulier, mais ils ont dû aussi faire face à l’inconnu.
Dans ce chapitre nous vous présentons quelques éléments dont ils nous ont fait part et qui pourraient vous être utiles, à vous aussi, si vous choisissez ce domaine spécialisé de la recherche.
Notez que ces éléments peuvent aussi vous servir à adapter le contenu des cours à d’autres domaines.
Les enquêteurs de la police qui découvrent ce que les recherchistes peuvent faire pour eux, ou qui en comptent dans leur environnement de travail, les utilisent pour faire des recherches dans les dossiers d’enquêtes et pour les assister dans la partie documentaire de leurs tâches. Le recherchiste se trouve alors parfois bien placé pour faire du recoupement d’informations entre les dossiers, afin de faire des liens possibles entre les différentes affaires en cours.
Ainsi, dans une affaire criminelle, l’enquêteur se voit attribuer un recherchiste documentaliste pour rassembler toutes les informations, les trier et les archiver d’une manière efficace une fois qu’on n’en aura plus l’usage. En cours d’opération, le recherchiste est en contact avec TOUTES les composantes du dossier, depuis les rapports d’événements établis sur la scène d’un crime ( le recherchiste ne va pas sur les lieux toutefois ), jusqu’aux dossiers des suspects, en passant par les photos, les analyses d’empreintes, les analyses de laboratoires, les rapports d’autopsies, les pièces à conviction, les armes, etc.
Une partie de la tâche du recherchiste est de rassembler toutes les informations sur ces éléments afin de les présenter sous la forme d’un rapport de recherche à l’enquêteur, ce qui contribue à lui offrir une meilleure vision d’ensemble dans son enquête. Autrement dit, on doit lui rendre l’information plus accessible, que ce avec quoi il doit habituellement travailler.
Il apparaît, cependant, que le fait que les recherchistes soient appelés à travailler sur plusieurs dossiers d’enquêtes simultanément, auprès de plusieurs enquêteurs différents, tous à la recherche d’indices, les amène parfois à faire du recoupement d’éléments d’un dossier à l’autre, contribuant ainsi, occasionnellement, à faire progresser certaines enquêtes d’une manière inattendue.
Ce recoupement n’étant pas toujours possible dans les structures policières de taille moyenne et de grande taille, à cause du nombre considérable d’enquêteurs et du nombre encore plus considérable de dossiers d’enquêtes, les services policiers seront fort probablement appelés à faire de plus en plus appel à des recherchistes documentalistes, formés dans le traitement des informations, autrement dit, formés pour trouver des informations utiles dans des domaines précis.
Cette formation, à la base, c’est celle de recherchiste documentaliste, mais une fois introduit dans un milieu, comme celui de la police, le recherchiste se spécialise lui-même, il comprend ce que l’on attend de lui et il a la capacité d’adapter ses recherches aux besoins et aux exigences spécifiques du domaine dans lequel il travaille.
En quelques années, un recherchiste spécialisé peut avoir développé une expertise peu commune et qu’aucune maison d’enseignement ne peut vraiment dispenser. C’est de l’auto formation, une autre caractéristique intéressante, liée à l’exercice de la profession de recherchiste documentaliste.
Il y a fort à parier que les écoles de polices envisageront d’offrir éventuellement cette spécialité, ce qui serait certainement une bonne idée.
Contrairement à ce que nous montre le cinéma, les enquêteurs ne sont pas tous des Colombo ou des Maigret et bien des détails peuvent leur échapper parmi tous les éléments d’une enquête.
Dans les grandes villes, il y a tellement de dossiers en cours, simultanément, que même le meilleur système de communication ne permettrait pas aux enquêteurs de prendre connaissance de toutes les informations qui pourraient pourtant leur être utiles.
LOGICIEL DE RECOUPEMENT AUTOMATIQUE POUR LES ENQUÊTES POLICIÈRES
On utilise, dans certains services, des logiciels d’analyse de rapports de police qui parcourent rapidement tous les rapports de police en filière informatique et mettent en surbrillance les points communs qui sont ensuite vérifiés un à un.
EXEMPLE DU RÉSULTAT D’UN LOGICIEL AUTOMATIQUE DE RECOUPEMENT.
Dossier 12VU0923343-1
– Mégot de cigarette
– Trace de chaussure dans l’entrée – L’analyse montre la présence de suie
– Couteau de cuisine sur le sol, empreinte de la victime sur le manche.
– Traces de lutte dans la pièce
– etc.
Dossier 18VU194345-2
– Cendre de cigarette
– Trace de chaussure sur la moquette – L’analyse montre la présence de suie
– Verres et bouteilles renversés sur le sol
– Manche à balai brisé
En présence de ce résultat, on vérifie les deux dossiers et les possibilités de faire des recoupements. Si l’un des deux dossiers est plus avancé que l’autre sur le plan de l’enquête, les résultats peuvent permettre aux enquêteurs de progresser encore plus rapidement.
Dans le cas présent, il s’agit qu’un des suspects potentiels dans une des deux enquêtes travaille dans un endroit où se trouve de la suie en quantité, pour que l’enquêteur puisse l’interpeller et l’interroger.
UN PEU DE TOUT DANS LE TRAVAIL AVEC LES POLICIERS
En travaillant pour les services de police, le recherchiste documentaliste se voit confier également des tâches variées.
Quelques exemples bien concrets:
Situation 1: Un témoin a vu une voiture noire, conduite par le suspect décrit dans un vol de banque, qui sortait de la cour d’un hôtel près de l’aéroport. Le témoin se rappelle clairement que le toit de l’hôtel était jaune, sans plus.
Rôle du recherchiste documentaliste – Trouver les hôtels du secteur de l’aéroport dont le toit est jaune.
Notre approche de la situation 1, en tant que recherchiste documentaliste :
Le commun des mortels appellerait les hôtels un par un. S’il y en a 67 en tout, cela risque de demander du temps et c’est ennuyeux à faire. Le recherchiste documentaliste, lui, se demandera plutôt qui pourrait posséder ce renseignement, afin d’éviter les appels en série. Il songera alors aux gens qui peuvent avoir remarqué à la fois le bâtiment de l’hôtel et la couleur de son toit.
Parmi ces gens, les entreprises de réfection de toitures situées à proximité, les entreprises de peinture en bâtiment, les pompiers du secteur et les pilotes d’hélicoptères qui ne doivent pas manquer de repérer un toit jaune du haut des airs. Le recherchiste choisira le plus accessible et le plus sûr, dans ce cas-ci, les pompiers du poste incendie situé le plus près du secteur où se trouverait l’hôtel au toit jaune.
Par ordre d’importance, nous aurions ceci.
1- Pompiers (ils connaissent les toits, les bâtiments, etc.)
2- Les pilotes locaux (que l’on peut facilement trouver à l’aéroport évidemment ou dans un aéro-club)
3- Les sociétés de peintres en bâtiment du secteur en question
4- Les compagnies de réfection de toiture du secteur en question
Nous pourrions ajouter que la police possède aussi des photos aériennes des quartiers, ce qui permet de limiter encore la zone des recherches et, dans certains cas, les photos satellites disponibles sur Internet (Google map, Google earth, et autres) peuvent aussi être utiles.
Les renseignements recueillis par cette recherche superficielle sont ensuite vérifiés par le recherchiste qui contactera directement les établissements identifiés pour se faire confirmer la présence du toit jaune. Ne se rendent alors, à l’enquêteur, que les adresses vérifiées.
Situation 2: Une personne arrêtée sur les lieux d’un crime jure qu’un témoin peut l’innocenter. Les seules informations qu’elle possède sont un prénom (Raoul) lu sur son costume et sa profession, livreur de courrier dans un important service de messagerie qu’il ne saurait pas identifier de façon certaine.
Rôle du recherchiste documentaliste – Trouver les services de messagerie qui ont un employé livreur prénommé Raoul et remettre la liste à l’enquêteur.
Notre approche de la situation 2, en tant que recherchiste documentaliste :
Sachant que le commun des mortels appellerait les sociétés de messageries une à une, dans notre cas, avant d’en arriver là, nous nous demanderons qui pourrait posséder l’information et nous la transmettre sans délai. Nous savons déjà dans quel quartier travaillait le livreur de la société de messagerie.
Sachant qu’un livreur de messagerie se fait attribuer habituellement un secteur et dessert toujours le même, quelques appels à des réceptionnistes de quelques sociétés susceptibles d’avoir recours aux services de messageries, sociétés voisines du lieu où le livreur aurait été vu, devraient permettre de trouver rapidement les informations.
Situation 3: Un témoin jure qu’une pelleteuse mécanique orange portant un nom se terminant par « guy » était au coin des rues Latreille et Pacotte, le 8 du mois dernier. L’opérateur de la pelleteuse pourrait avoir été témoin de certains événements.
Rôle du recherchiste documentaliste – Trouver le nom exact de la société inscrit sur la machinerie – rien dans le bottin téléphonique ou sur Internet ne permettant de la retracer à partir des lettres « guy ».
Notre approche de la situation 3, en tant que recherchiste documentaliste :
Le commun des mortels appellerait les sociétés de construction les unes après les autres. Dans notre cas, avant d’en arriver là, nous nous demanderons qui pourrait posséder l’information et nous la transmettre sans délai.
Connaissant l’emplacement des travaux effectués par la pelleteuse, une brève démarche à l’hôtel de ville, au service d’ingénierie, nous permettra de remonter jusqu’à l’opérateur en question. Nous songerions ensuite, si besoin est, à contacter les entreprises qui VENDENT des pelleteuses mécaniques parce que leurs clients ce sont ceux qui inscrivent leur nom dessus et les utilisent.
Ces sociétés connaissent tous ceux qui possèdent ce genre de machinerie dans la région. Si cela ne fonctionne toujours pas, il nous reste les ateliers de réparation des pelleteuses mécaniques. Finalement, il y a aussi possibilité de faire appel aux compagnies d’assurances spécialisées dans les entrepreneurs en travaux de construction. En trois ou quatre appels, nous devrions avoir trouvé l’information qui fera progresser l’enquête.
POLICE OU PAS, LE PRINCIPE EST LE MÊME.
Que vous travailliez pour la police ou pour une autre organisation, le principe reste le même; développer une approche de recherche simple, rapide et efficace, afin de présenter des résultats clairs et conformes aux attentes, dans un délai raisonnable.
Cela ne signifie pas qu’il y ait toujours moyen de trouver l’information recherchée autrement que par le procédé le plus évident, soit celui qui consiste simplement à faire des appels en série, comme dans la situation numéro 1. Le recherchiste n’a parfois pas d’autres choix. Toutefois, à force de penser à un moyen plus rapide pour trouver une information, le recherchiste développe une approche particulière qui devient de plus en plus efficace avec le temps.
Lorsque vous serez un recherchiste d’expérience, vous verrez comment les gens qui vous entourent, qui ne sont pas dans votre domaine, s’y prennent maladroitement pour trouver les informations dont ils ont besoin. Vous serez alors en mesure de mieux évaluer encore le chemin que vous aurez parcouru.
Dans le domaine policier, comme dans d’autres domaines, le recherchiste en vient à se tisser une véritable toile de contacts et de sources d’informations. Il peut alors se faire une place enviable dans un domaine et dans une organisation structurée, jouir de la considération de ses collègues et se sentir utile.
Une seule information découverte grâce à votre efficacité pourrait contribuer à protéger les citoyens de votre ville.
AVIS. Nos anciens étudiants en poste aux côtés des policiers ne peuvent prendre part à un certain nombre d’étapes concernant les enquêtes et les opérations de police, parce que ce ne sont évidemment pas des policiers. Leur formation de recherchiste leur sert essentiellement à trouver et traiter les informations, comme doit le faire tout bon recherchiste documentaliste, de manière à les rendre utiles à la personne qui en a besoin dans l’exercice de son travail.
Notez que quelques services de police découvrent actuellement la valeur des recherchistes documentalistes et que cette profession a certainement un avenir très prometteur dans ce domaine. Un recherchiste efficace peut faciliter la tâche de plusieurs enquêteurs à la fois, surtout dans les secteurs où le nombre d’enquêteurs est limité et les dossiers à résoudre nombreux.
Plus les recherchistes seront impliqués dans la recherche, le recoupement et la préparation des informations, plus les enquêteurs pourront être efficaces dans leur service. Il semble bien, tel que mentionné précédemment, qu’il soit déjà question, dans certaines écoles de police, d’inclure une formation spécifiquement destinée aux recherchistes documentalistes. Ceci dans le but de les intégrer encore plus efficacement dans les opérations policières.
Par contre, ce n’est pas le cas dans tous les pays et, en Europe, par exemple, pour l’instant nos finissants ont plus de mal à faire un stage au sein d’un service de police afin de démontrer leur utilité. On les regarde un peu comme des extra-terrestres. « Jamais entendu parler » est ce qu’ils se font répondre le plus souvent. Mais il faut insister et piquer leur curiosité, car les recherchistes s’introduisent petit à petit dans leur milieu.
Pour les convaincre de vous accorder un stage, vous pouvez leur présenter, en fin de votre formation, une liste des choses que vous aurez apprises dans les cours et leur expliquer que le recherchiste doit s’intégrer dans un organisme, afin de l’étudier et de voir comment il pourrait y être utile. En une semaine ou deux de stages, vous pourrez déjà avoir une idée assez claire de ce que vous pouvez faire pour eux, et s’ils n’ont pas vraiment besoin de vous, ce qui serait étonnant, vous aurez tout de même fait un court stage tout à fait intéressant à ajouter à votre CV.
Le plus souvent, le fait de leur faire comprendre que le recherchiste trouve les informations pertinentes rapidement et les rend disponibles à ceux qui en ont besoin, sous la forme dont ils ont besoin, est déjà un bon point de départ. Il faut aussi leur préciser que votre stage ne leur fera pas perdre de temps, bien au contraire.
Certains étudiants recherchistes proposeraient aussi de leur remettre un document, suite à leur stage, un document leur permettant d’avoir une vision d’ensemble de leur réseau de communication interne, de ce qui pourrait y être amélioré en terme d’efficacité.
Il y a peu de nos étudiants qui se sont fait une place dans ce domaine et tous signent un document les tenant au secret professionnel. Ce n’est donc pas facile d’avoir des détails de leur part. Nous avons ajouté ces éléments dans les cours suite à leurs commentaires et observations, concernant l’importance de mentionner ce nouveau débouché méconnu.
Nous avons compris que les stages en milieu policier se sont obtenus surtout en précisant le contenu des cours suivis et non en présentant un dossier de recherche. Les étudiants auraient simplement fourni une liste des grandes lignes du contenu des cours, et expliqué que la formation les a préparés à entrer dans un domaine, un milieu de travail, à l’étudier afin de voir comment il fonctionne et à déterminer ce que le recherchiste peut y apporter comme contribution ensuite.
Bref, comme c’est nouveau pour tout le monde, le stagiaire offre ses services pour étudier ce milieu et faire savoir quel pourra y être son apport.
Au moment de solliciter un stage dans ce milieu, il faut tomber sur un contact à l’esprit ouvert, bien entendu et proposer le stage comme une initiative vers l’avenir, en insistant sur les liens croissants dans le travail policier avec Internet, les sources d’information multiples et la nécessité d’utiliser les outils du Web de la manière la plus productive possible. Surtout si vous êtes très à l’aise avec le Web.
En même temps, il faut qu’il soit bien clair pour les gens auprès desquels vous sollicitez ce stage, que vous vous lancez dans l’inconnu, tout comme eux, que c’est une expérience à tenter pour les deux parties, que l’occasion est belle de vérifier ce qu’un recherchiste documentaliste peut apporter à un service qui n’a jamais bénéficié d’un tel apport.
Il en a toujours été ainsi pour les nouveaux débouchés ouverts aux recherchistes, ils ont débuté par un finissant recherchiste qui songea tout bonnement à ce qu’il pourrait faire dans un champ d’activité auquel personne n’avait encore pensé.
LES JUGES FONT APPEL À NOUS.
Depuis peu, certains juges ont aussi recours à des recherchistes documentalistes pour les assister. Nous sommes peut-être à l’aube d’un tout nouveau développement pour la profession de recherchiste. Sans tambour ni trompette, la profession de recherchiste documentaliste s’étend à des domaines dans lesquelles elle n’avait encore jamais été utilisée. La raison de ce phénomène est toujours la même, la profusion des informations. Il y a maintenant nécessité d’en confier le tri et la sélection à une personne qui a les compétences pour le faire.
Exercice final du troisième cours
Cet exercice peut être envoyé à la correction au besoin.
Vous êtes nouvellement engagé dans une équipe de production d’un documentaire sur les médecines alternatives et on vous demande de faire une recherche sur le sujet suivant : » Kombucha « , en ayant, comme seul point de départ, le fait que cela a rapport avec la médecine orientale et que l’on appelle cela aussi « petite mère japonaise ».
Ne vous perdez pas dans les détails. Cherchez plutôt à rédiger un résumé qui serait destiné à être lu devant le réalisateur et l’équipe de production. Le résumé servant à leur démontrer qu’il y a là matière à faire un reportage. Il doit être aussi accrocheur et surprenant que possible et doit concerner le sujet demandé, alors ne vous étendez pas dans les multiples sujets voisins de celui sur lequel vous devez effectuer la recherche (même si c’est tentant… Il vous faut développer une bonne discipline de travail).
Faites un feuillet tout au plus.
Notez que si vous travailliez pour une entreprise pharmaceutique la même demande pourrait très bien vous être faite. Le but serait alors de faire connaître le Kombucha à des spécialistes de la pharmacologie afin qu’ils évaluent la pertinence de faire des recherches approfondies ou non sur ce sujet et d’en voir les applications possibles dans leur domaine.
CONSEILS POUR CET EXERCICE
Voici une procédure qui pourrait vous inspirer.
1- Décrivez le sujet – Le Kombucha est…
2- Présentez à quoi sert le sujet: On l’utilise pour… il est reconnu pour… on considère que…
3- Présentez son historique: Les plus anciennes mentions remontent à… par exemple, ce sont les Chinois qui l’ont découvert, etc.
4- Présentez la situation actuelle: Il est utilisé par… on se le procure de la manière…
5- Expliquez « pourquoi » on devrait s’intéresser à ce sujet, ce qu’il a de particulier, etc.
6- Votre conclusion, en demeurant objectif.
EXEMPLE DE CET EXERCICE COMPLÉTÉ – Des exemples de cet exercice complété sont disponibles dans le prochain cours (à la fin du cours 4) – Assurez-vous toutefois de le faire avant de consulter les exemples, sinon vous perdrez tout le bénéfice de cet exercice et vous serez tenté de copier sans comprendre vraiment les étapes. Ce serait une erreur, d’autant que les exemples ne présentent que des manières différentes de le faire, et pas nécessairement les meilleures. L’objectif étant de vous permettre de comparer votre travail avec celui d’autres étudiants qui ont accepté que leur travail soit ici présenté.
CONTENU DES PROCHAINS COURS
LE RECHERCHISTE QUI REÇOIT UNE DEMANDE
PRÉPARATION DU DOSSIER DE RECHERCHE
LES ÉTAPES DE CETTE RECHERCHE
DOSSIER DE RECHERCHE COMPLET
L’ENQUÊTE
IDENTIFICATION DES PRÉOCCUPATIONS DU PUBLIC SUR LE SUJET
IDENTIFICATION DES SPÉCIALISTES ET INVITÉS
LES EXIGENCES TECHNIQUES
LE BUDGET
UNE ÉMISSION TYPE (VOUS PRÉPAREZ VOTRE PREMIÈRE ÉMISSION)
LE RECHERCHISTE ET LES ARTISTES
L’ACCUEIL DANS L’ESPACE DE TRAVAIL DU RECHERCHISTE
EXPRIMER LE CALME ET LA CONFIANCE
ÊTRE SOI MÊME OU JOUER UN JEU – SUJET DÉLICAT
LA CRÉATION DE PROJETS AVEC DES ARTISTES
ANTICIPER LES ENTREVUES IMPORTANTES
VOUS M’AVIEZ POURTANT PROMIS
COMPRENDRE LES ATTENTES DES GENS FACE AUX RECHERCHISTES
COMMENT ÉVITER DE FAIRE DES PROMESSES INVOLONTAIRES?
DOIT-ON S’IMPLIQUER DANS UN PROJET QU’ON NOUS PRÉSENTE?
UN MOYEN POUR RÉDUIRE LES ATTENTES DES CONCEPTEURS
DOIS-JE M’ATTENDRE À RECEVOIR BEAUCOUP DE PROJETS?
ET LORSQUE LE PROJET EST ACCEPTÉ …
RECONNAÎTRE LES RÊVEURS QUI NOUS FERONT PERDRE NOTRE TEMPS
MÉTHODE SIMPLE POUR ANALYSER UN PROJET
PRIVILÈGE ET RESPONSABILITÉ
PIÈGES DU MILIEU À CONNAITRE
IDENTIFICATION DES TRICHEURS ET DES PROFITEURS
ÉTABLIR VOTRE NOTORIÉTÉ DANS LE MILIEU
CONNAITRE LES ENTREPRISES ET LEURS RÔLES DANS LE MILIEU
IMPRESARIO, AGENT ET AGENCE ARTISTIQUE
DÉVELOPPER DES CONTACTS AVEC LES ARTISTES
VIVRE SELON SES MOYENS
SE LANCER EN AFFAIRES EN TANT QUE RECHERCHISTE (TRAVAIL À LA PIGE)
EST-CE UNE BONNE IDÉE QUE DE S’ASSOCIER ?
SAVOIR DÉTERMINER SON RYTHME DE TRAVAIL
LES ÉBAUCHES DES DOSSIERS DE RECHERCHE (OU DE RAPPORTS DE RECHERCHE)
CHOISIR UNE SPÉCIALITÉ, POURQUOI PAS?
CONTRAT DE TRAVAIL TYPE
POSTE DE RECHERCHISTE POUR UNE MAISON DE DIFFUSION – TÉLÉ OU RADIO
TRAVAILLER POUR UN EMPLOYEUR RÉGULIER
SAVOIR DÉTECTER LES OPPORTUNITÉS D`EMPLOIS
PÉRIODE D’ESSAI
VOTRE CARTE D`AFFAIRES DE RECHERCHISTE
TROUVER DES ADRESSES UTILES DANS LE MILIEU
TRAVAILLER À SON COMPTE VIA INTERNET, COMME LE FONT LES TRADUCTEURS
LES PERSPECTIVES D’EMPLOIS SUR INTERNET
Prêt à rejoindre la quatrième étape de cette formation ?

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