Sommaire des sept cours cliquez ici

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SOMMAIRE
Introduction, objectifs et fonctionnement des cours
LA FRANCE N’EST PAS LE MONDE
Prérequis essentiels
À LA DÉCOUVERTE DE L’ÉQUIPE TECHNIQUE CHAP.1
- le réalisateur ou metteur en scène
- Son statut
- Son rôle et les sortes de réalisateurs
À LA DÉCOUVERTE DE L’ÉQUIPE TECHNIQUE CHAP. 2 : les assistants réalisateurs
- Comment sont-ils considérés
- Les Ad américains et les Assistants français
- Que fait le premier assistant réalisateur
- Le premier assistant aux États-Unis
- Les seconds assistants
- Les stagiaires ou auxiliaires
Infos pratiques
- Visiteurs et stagiaires, règles de comportement sur le plateau
COMMENT DEVENIR ASSISTANT RÉALISATEUR
À LA DÉCOUVERTE DE L’ÉQUIPE TECHNIQUE CHAP. 3
L’ÉQUIPE MISE EN SCÈNE
LES FEMMES ASSISTANTES
LE TRAVAIL DU PREMIER ASSISTANT RÉALISATEUR CHAP. 1
- La genèse
LE TRAVAIL DU PREMIER ASSISTANT RÉALISATEUR CHAP. 2
- Le premier entretien et premier contact
- Les différentes situations
LE TRAVAIL DU PREMIER ASSISTANT RÉALISATEUR CHAP. 3
- Comment lire et faire la synthèse du scénario
Quelques précisions sur le formatage
Infos pratiques: le compte rendu de lecture perso.
Remarques sur les numéros de versions
LE TRAVAIL DU PREMIER ASSISTANT RÉALISATEUR CHAP. 4
- Les 2 lectures avant votre deuxième rendez-vous
- Le pitch d’ascenseur
Infos pratiques: faire un pré-planning
LE DÉCOUPAGE EN HUITIÈMES DE PAGE (script lining)
Exercice 1.01
Exercice 1.02
INTRODUCTION AUX COURS
Avertissement de votre tuteur
Avant de vivre ce métier comme si vous y étiez, faisons quelques préliminaires.
Personne n’a le savoir absolu. Au long de ces pages nous partagerons nos expériences où depuis 1979, jusqu’à aujourd’hui, nous avons successivement pratiqué les fonctions de stagiaire, second, premier assistant réalisateur, directeur de production et producteur exécutif.
Vous allez connaître d’une part les techniques pour préparer un film, et tenir le plateau de tournage. Ces techniques de travail, sont communes à toutes les formations et sur toute la planète. Et d’autre part je vais partager avec vous des méthodes personnelles que j’ai pu expérimenter au fil des années. Des petits secrets, des trucs, des informations pratiques. Pour toutes ces méthodes, d’autres assistants réalisateur auront d’autres points de vue, d’autres avis, d’autres expériences, mais en toute modestie, vu le nombre de films sur lesquels j’ai travaillé, je peux dire que ces méthodes personnelles fonctionnent. Quand vous aurez un peu d’expérience vous les adapterez où vous en inventerez d’autres.
Sur tous les films que nous avons faits, nous avons toujours engagé des stagiaires, avec ou sans expérience. D’un film à l’autre pris des risques en propulsant ces stagiaires comme second assistant, et nous n’avons jamais été déçu parce que dans cette situation nous avons fait passer leur motivation avant leur expérience. L’objectif est de vous faire faire des raccourcis efficaces pour accéder à ce métier.
Pédagogie unique (un film comme si vous y étiez)

Nous proposons une formation avec un concept original unique, où vous serez dans la peau d’un premier assistant réalisateur : de la préparation au tournage comme si vous y étiez.
Chaque cours comprendra, une partie « On air » et une partie d’exercices pratiques. Il y aura sept cours et des bonus offerts pour ceux qui auront fait les sept cours.
Tout au long des cours nous ferons le parcours exact du premier assistant réalisateur. À partir du moment où il est convoqué à un rendez-vous d’embauche avec un réalisateur, jusqu’à son dernier jour de tournage. Nous expliquerons tout ce qui peut lui arriver. Nous vivrons, travaillerons avec lui pendant les 8 semaines de préparation d’un long-métrage cinéma et nous vous expliquerons tout jusqu’à la première semaine de tournage.

Au cours de cette immersion totale de ces sept cours nous passerons en revue absolument tout son travail grâce à des exercices, à développement et de type QCM (questionnaire à choix multiples). Les exercices pratiques complèteront les explications théoriques. Une vraie mise en application des connaissances, avec une mise en situation professionnelle comme si vous y étiez.

Un tuteur sera à votre disposition pour vous guider vers une validation finale qui sera, pour ceux qui le souhaitent sous la forme d’un examen pour l’obtention d’un diplôme reconnu.
Nous mettrons en place pour ceux qui ont fait au moins quatre cours, un échange vidéo pendant lequel vous pourrez lui poser vos questions.
Vous n’êtes pas obligé d’effectuer les exercices, mais nous vous le conseillons.
Essayez de développer votre plaisir à faire ces exercices. Dites-vous que vous pourrez les faire comme on voyage en avion: éco, business ou première. Vous choisissez. Vous avez déjà acquis vos droits d’entrée, alors profitez-en maintenant et voyagez en Première. La différence c’est le temps que vous y passerez. Pas pour réussir l’examen final, mais pour votre future vie d’assistant réalisateur.
Maintenant vous avez du temps avant que le téléphone sonne. En préparation, en tournage, on n’a jamais assez de temps. Profiter de cette manière unique que nous avons mise en place.
Dans de nombreux domaines, les diplômés des formations en ligne prennent leur place dans les différents milieux concernés. Les formations à distance ont maintes fois démontré qu’elles sont efficaces. Le milieu du cinéma et de la télévision ne fait pas exception. À CINECOURS nous avons ajouté à notre ensemble de cours la formation du premier assistant réalisateur, car il y a une forte demande et très peu d’écoles contrairement à la réalisation ou l’écriture de scénario.
Voilà les principales choses concrètes que vous allez apprendre à faire et qui vont être réparties sur les sept cours.
- Vous saurez lire un scénario.
- Vous saurez faire un dépouillement et les listes de dépouillement.
- Vous pourrez organiser un casting.
- Vous pourrez organiser des repérages.
- Vous pourrez faire un plan de travail.
- Vous connaitrez tous les membres de l’équipe et leurs fonctions.
- Vous pourrez préparer la feuille de service.
- Vous pourrez aborder sereinement votre premier jour de tournage.
- Vous serez un interlocuteur plausible face à n’importe quel membre de l’équipe technique, qu’elle soit Européenne ou Américaine.
- Vous pourrez, grâce à cette formation comprendre et répondre aux demandes du premier assistant, ou du second si vous êtes auxiliaire.

Autour de ces fondamentaux, nous partagerons avec vous de multiples petits secrets que nous avons rassemblés grâce à une expérience acquise pendant de nombreuses années. L‘ensemble sera illustré de nombreuses photos personnelles, de vidéos clip ainsi que de documents pratiques.

Destiné à qui ?
Ces cours sont destinés aux femmes et aux hommes, futurs premiers assistants réalisateurs, deuxièmes assistants et stagiaires sur des productions Européennes ou internationales de cinéma, fiction et séries télévisées.
Ces cours s’adressent aussi à tous ceux qui n’ont pas la possibilité d’être assis dans une salle de cours, je pense plus particulièrement à tous ces futurs cinéastes du monde francophone, du Canada, d’Afrique, du Maghreb, des Antilles, de Montréal à Dakar, de Bruxelles à Kinshasa, de Paris à La Réunion. Et pas seulement pour les habitants de ces capitales, mais aussi de tous ces villages perdus, mais en prise directe avec le monde grâce à Internet . Ces cours ont été faits pour eux aussi.
Nous n’avons pas traité le documentaire, ni l’assistanat de plateau tv en direct. Pour ça, là je recommande nos autres formations Cinécours.
Ces cours s’adressent également à tous ceux qui veulent faire une réorientation universitaire ou professionnelle.
Notre formation de premier assistant vous permettra au minimum de vous faire engager comme second ou comme troisième et de répondre à toutes les demandes. Il va de soi que l’expérience du plateau est incontournable pour devenir un vrai premier assistant réalisateur. Vous commencerez sûrement en bas de l’échelle, mais grâce à ces cours vous monterez les échelons plus vite que les autres.
Attention ces cours ne sont pas des cours de vulgarisation, mais des cours professionnels, nous les avons ponctués de nombreuses illustrations et de liens YouTube opportuns pour vous permettre de faire des pauses pendant votre formation.

LA FRANCE N’EST PAS LE MONDE
Il y a environ plus de 8000 films de cinéma qui se tournent dans le monde chaque année, dont environ 400 en langue française, avec des méthodes de travail françaises. Tout le reste fonctionne avec des méthodes américaines. C’est comme ça. Vous devez ajouter la case anglais dans votre CV. Si vous n’allez pas à l’étranger pour travailler, nous pouvons vous assurer que ces films avec leurs méthodes américaines débarquent chez vous tous les jours. Dans nos cours, nous parlerons en permanence de ces méthodes anglo-saxonnes autant que des méthodes européennes.
Nous utiliserons régulièrement des termes anglais comme c’est l’usage dans la profession. Vous pourrez les retrouver tous rassemblés à la fin de chaque cours, ainsi que beaucoup d’autres dans un lexique bilingue dans le cours 7.
Si vous n’êtes pas bilingue, quelques conseils
Dès le premier contact avec la production et le réalisateur pour un projet en anglais, annoncez-le avant qu’on vous pose la question. Mais dites que vous avez les bases et que vous apprenez vite.
Assumez votre accent français. Les Anglais adorent cet accent. Il vaut mieux parler en commettant des erreurs que de ne rien dire du tout.
Évitez de faire semblant de comprendre. Cela pourrait avoir des conséquences dramatiques sur un plateau. N’hésitez donc pas à faire répéter votre interlocuteur ou à lui demander de parler plus lentement.
Pour la lecture du scénario, vous allez vous en sortir. En lecture technique ou en repérage, c’est moins facile d’écouter et de se concentrer sur plusieurs interlocuteurs à la fois.
Faites-vous aider de votre second.
Pour le tournage nous vous avons préparé les termes anglais du plateau dans le cours 4. Ce sont toujours les mêmes qui reviennent à chaque plan.
Commencez donc par apprendre à dire l’heure et n’ayez pas peur.

Prérequis
Vous n’aurez pas besoin de beaucoup de choses en dehors de ce qui est en vous et que nous allons réveiller.
C’est-à-dire :
- Un peu de Culture artistique,
- d’Organisation,
- de Rigueur,
- d’Esprit d’équipe,
- être bon Négociateur,
- avoir du Dynamisme et du Leadership,
- avoir de la Résistance physique,
- avoir le sens de la Débrouillardise.
- Avoir un sens de l’Observation.
- Être familiarisé avec l’usage de l’ordinateur et pouvoir en disposer d’un pour travailler avec une connexion internet.
- L’usage d’une tablette ou du smartphone est possible s’il y a des logiciels de bureautique.
Ce qu’il faut avoir et connaitre en dehors de notre formation
Un téléphone portable (indispensable)
Avec sa simple fonction téléphone, SMS ou smartphone pour pouvoir utiliser le dictaphone entre autres.
Une montre (indispensable)
Oubliez les montres connectées, une simple montre à aiguille ou digitale.
Une formation aux Premiers Secours (vivement conseillé)
Nous en parlerons dans le cours numéro six dans le chapitre sécurité. Appelée PSC1 (Prévention et Secours civiques de Niveau 1), elle permet de former une personne aux situations d’urgences qu’elle pourrait rencontrer dans sa vie personnelle ou professionnelle.
Permis de conduire (indispensable)
Que vous ayez un véhicule ou non, il faut avoir son permis B (VL), ou classe 5 pour le Québec. Nous avons souvent choisi ce critère pour choisir entre deux assistants d’expériences équivalentes.
Un ordinateur portable (vivement conseillé)
Mac ou un PC mais sachez que Mac est plus répandu dans le cinéma, car il est réputé plus fiable et moins vulnérable aux virus. Mais c’est à votre convenance. Une suite bureautique Mac, PC ou la suite gratuite Open Office.
https://www.openoffice.org/fr/Telecharger/
Un compte de stockage Dropbox. Ce service est gratuit pour son plan basique.
Logiciels (conseillé) Pour ceux qui veulent investir dans des logiciels spécialisés n’hésitez pas à vous adresser à nous, nous pourrons vous conseiller.
Final Draft : https://www.finaldraft.com
Movie Magic Scheduling : https://www.ep.com/movie-magic-scheduling/
Outlookmovie https://www.outlookmovie.com
Fuzzelcheck4 https://www.fuzzlecheck.com/index/FR/index.html
Fuzzelcheck4 que nous utiliserons quelques fois pour illustrer les cours et donner des exemples de formulaires. Nous avons choisi Fuzzelcheck4 car après avoir pratiqué de nombreux programmes pendant des années c’est celui qui fait la meilleure synthèse. Et surtout son prix est très attractif avec des formules au mois renouvelables de moins de 50 euros.
Attention
Ces cours sont faits pour être suivis sans ces programmes. Ce n’est donc pas une obligation, mais que ceux qui en posséderaient déjà se signalent. Nous pourrons les aider dans le cadre de la formation.
Un appareil photo (conseillé)
Reflex, compact ou un smartphone de qualité
De quoi noter (Indispensable)
Stylo et petit carnet à garder en poche
Un couteau multifonctions (conseillé)
Un Leatherman, Sog, ou Swiss Army knife.
Une batterie supplémentaire (vivement conseillé)
La batterie externe pour recharger ses appareils en déplacement pourra vous dépanner.
Objectifs pédagogiques de ces 7 cours
Apprendre à lire et analyser un scénario pour en faire un instrument de travail pour l’ensemble de l’équipe technique;
Connaître toutes les différentes tâches de l’assistant réalisateur;
Apprendre à faire un plan de travail;
Préparer chaque élève à assumer et à gérer sa fonction d’assistant réalisateur dans n’importe quel pays;
Traverser toutes les étapes de la fabrication d’un film;
Assimiler le travail du réalisateur;
Aiguiser ses facultés d’organisation de la journée de tournage;
Comprendre le rôle et les responsabilités de tous les membres d’une équipe pour coordonner leur travail.;
Répondre aux contraintes spécifiques du réalisateur et du directeur de production;
Et enfin, acquérir confiance en soi et compétence pour conjuguer de manière professionnelle l’artistique, la technique et l’humain nécessaires à la préparation et au tournage d’un film.
Nous parlerons souvent des États-Unis, des grosses productions américaines par rapport au productions européennes. L’une n’est pas meilleure que l’autre. Nous avons synthétisé les 2 mondes, donc vous aurez la chance d’avoir un point de vue des 2 côtés.
Dans chaque cours vous trouverez des chapitres récurrents, comme l’équipe technique que nous détaillerons au fur et à mesure de l’arrivée dans la production, et le travail de l’assistant réalisateur. Nous prendrons comme postulat de départ une préparation de huit semaines et un tournage de huit semaines sur un long métrage en coproduction internationale. Sur les cours nous avancerons par groupe de deux semaines de préparation. Dans le cours 6 nous aborderons les premières semaines de tournage. En suite, le processus est cyclique. Prenez votre temps pour lire, car le contenu est parfois dense. Mais nous sommes toujours là pour vous aider.
À LA DÉCOUVERTE DE L’ÉQUIPE TECHNIQUE CHAP. 1
Metteur en scène ou Réalisateur ???

Nous devons définir tout d’abord ce qu’est un réalisateur.
Qui est celui que vous allez assister, avec qui vous allez travailler, manger, ne pas dormir, bref passer 4 mois intenses ? Regardons ce qu’il est dit dans l’Encyclopédia Universalis pour comprendre.
Les termes « metteur en scène », « réalisateur » et « cinéaste » sont synonymes et interchangeables.
Pourtant, si l’on s’en tient aux définitions, les deux notions sont bien différentes.
Réaliser, pour le dictionnaire Robert, c’est « faire exister à titre de réalité concrète ce qui n’existait que dans l’esprit », et le « réalisateur » est « la personne qui dirige toutes les opérations de préparation et de réalisation d’un film », tandis que la « mise en scène » se limite à « l’organisation matérielle de la représentation d’une pièce, d’un opéra (choix des décors, places, mouvements et jeu des acteurs, etc.) », ou d’un film.
Pour Larousse, le réalisateur est « la personne qui réalise ce qu’elle a conçu » tandis que le metteur en scène « dirige une représentation de théâtre, un film ». On peut ainsi en conclure que le réalisateur fait passer une idée à l’état d’objet concret, une « représentation » que le metteur en scène organise et dirige. La réalisation couvre tout le champ de la fabrication d’un film, tandis que la mise en scène n’est qu’une phase de ce long processus.
Pour conclure, nous utiliserons donc le mot Réalisateur.

Aux États-Unis s’est imposé le seul terme « director ». Il désignait avant tout la direction des acteurs qui constituait une part essentielle des prémisses du cinéma. Plus tard, la division du travail instaurée par les grands studios hollywoodiens limitera en effet nombre de « directors » à cette fonction et le « producer » aura toujours la possibilité de renvoyer un « director » qui ne se conforme pas à ses conceptions.
Avec l’arrivée du cinéma parlant, le terme « mise en scène », est vite jugé trop théâtral lorsqu’on cherchait à définir la spécificité du cinéma.
Plus la technique devient complexe (avec les changements de plans et de point de vue), plus cet espace échappe à son origine théâtrale pour devenir spécifiquement cinématographique.
Le cinéma connaît en effet une révolution bien plus importante que l’arrivée du son ou de la couleur: celle du numérique et du virtuel.
Mettre en scène consistait, au temps du cinéma analogique ou argentique, à inscrire des corps, c’est-à-dire des êtres réels, vivants, dans un espace, celui de la nature, du décor et du cadre.
La révolution du numérique change ces données en profondeur. Tout est désormais possible, et plus seulement le trucage des scènes enregistrées par la caméra, comme la suppression d’éléments de paysage, l’inscription de personnages dans un décor hétérogène, le mélange d’acteurs réels avec des personnages de dessin animé (les « toons »), ou le traitement du corps humain à la manière d’un personnage de celluloïd, comme dans Qui veut la peau de Roger Rabbit (Robert Zemeckis, 1987).

On peut maintenant faire dialoguer le héros d’un film avec un président de la République disparu (comme dans Forrest Gump, R. Zemeckis, 1994).
Bien plus, il est possible de numériser un corps et de faire renaître un personnage (Gary Cooper, Marilyn Monroe ou Humphrey Bogart) pour de nouvelles aventures.
Des mondes totalement imaginaires peuvent être envisagés (comme dans la série des Matrix, 1999-2003).
(extraits Encyclopédia Universalis)
Quel est le statut du réalisateur ?
En Europe, au Québec, c’est le grand patron.
L’INSEE classe le réalisateur et l’assistant comme Profession 353c :
Cadres artistiques et technico-artistiques de la réalisation de l’audiovisuel et des spectacles. Professionnels, généralement salariés, exerçant des responsabilités d’encadrement ou présentant une qualification technique confirmée, intervenant dans la réalisation des spectacles vivants ou audiovisuels, sans exercer pour autant une activité de direction d’ensemble quant à cette réalisation. Les professionnels concernés peuvent exercer pleinement une responsabilité artistique (cas des réalisateurs), mais ils travaillent le plus souvent en fonction de directives données par des directeurs artistiques, même si leur production ou leur activité sont susceptibles d’exercer une grande influence sur la qualité finale du produit présenté. (Source INSEE)
En France il est considéré comme un intermittent du spectacle. Vous trouverez dans les bonus, le guide complet de l’intermittent en France.
Aux USA c’est un employé du producteur sauf ceux qui sont réalisateurs-producteurs, mais nous allons y revenir.
Quel est le rôle du réalisateur ?
C’est la personne qui assure la réalisation d’une œuvre audiovisuelle de cinéma, de télévision ou de publicité à partir d’un document… le scénario. Il ne peut le faire que grâce à l’assistance d’une équipe technique et d’acteurs
Les 4 sortes de réalisateurs
Le technicien réalisateur, le scénariste réalisateur, le producteur réalisateur et le réalisateur caméraman. C’est important de les connaitre, car leur approche est différente à chaque fois.
1- Le technicien réalisateur n’a pas écrit le scénario, mais il est engagé pour réaliser le film ou la série. Il n’intervient pas dans l’écriture sauf s’il y a des incohérences directes avec des éléments artistiques et avec les dialogues. Il a l’habitude, le savoir-faire, et respecte les contraintes budgétaires.
2- Le scénariste réalisateur. Il a écrit le scénario, adapté le livre ou a participé à l’écriture, et en plus il réalise le film, le téléfilm ou la série.
3- Le réalisateur caméraman

Il opère lui-même sa caméra.
4- Le producteur réalisateur. Pour bien le définir nous devons faire une parenthèse et parler du « final cut », des droits d’auteur et des Copyrights.
On peut citer au passage Claude LELOUCH et Luc BESSON qui non seulement tiennent la caméra, mais en plus sont des réalisateurs-producteur. Seule une grande expérience sur de nombreuses années permet d’arriver à cette manière de travailler, dans ce cas le premier assistant réalisateur se voit confier de plus nombreuses tâches.
En France et dans beaucoup de pays Européens, le réalisateur à le dernier mot pour le montage final, (le final cut aux USA). En principe, le producteur n’a pas son mot à dire.
Aux États-Unis c’est le producteur qui a le final cut, le réalisateur n’est qu’un exécutant. C’est pour cela que sur les promos américaines des films on met souvent en avant le producteur plus que le réalisateur. On dira par exemple tel film par le producteur de Titanic. En France on parlera plutôt du réalisateur.
Vous avez dû remarquer souvent que sur les films américains, quand un film a fait un succès énorme, quelques mois plus tard ou quelques années plus tard le réalisateur a le droit de sortir sa version personnelle ce qu’on appelle le « director’s cut ». C’est à dire sa version première du montage avant que le producteur y mette son nez.
Tout ça est lié aussi aux Copyrights qui sont un système de droits d’auteur où on vend un petit peu son âme au diable. Pour simplifier : on vous achète le scénario, on vous paye comme réalisateur, et après vous ne touchez plus rien sur les entrées.
En France le réalisateur, exécutant, ou producteur, à la télé comme au cinéma touche en plus une rémunération d’auteur comme réalisateur. Le droit d’auteur français estime que son travail pour transformer un scénario en film est un acte de création personnelle, même si ce n’est pas son scénario.
À LA DÉCOUVERTE DE L’ÉQUIPE TECHNIQUE CHAP. 2
Les assistants réalisateurs

Les assistants réalisateurs que vous allez rencontrer seront évidemment vos proches collaborateurs. Vous aurez, suivant l’importance du film, un second assistant réalisateur, un second second assistant réalisateur, un troisième assistant réalisateur, et/ou, un stagiaire mise en scène que l’on nomme maintenant auxiliaire de réalisation.
Les assistants réalisateurs Européens et les 1AD’s Américains

En Europe, le métier d’assistant réalisateur souffre encore d’un passé où il était considéré comme une passerelle vers le métier de réalisateur alors qu’aux États-Unis, les réalisateurs sont plutôt issus des filières techniques. Plus fréquemment, c’est le métier d’acteur ou de scénariste qui mène à la réalisation. Du côté européen, mises à part les deux dernières catégories, les grands cinéastes sont passés par le métier d’assistant, ce qui n’est plus autant le cas aujourd’hui. On rencontre donc de temps en temps des premiers assistants frustrés sur les plateaux européens.

Dans les pays anglo-saxons, le métier d’assistant est vu comme un métier à part entière et il n’est jamais considéré comme un réalisateur frustré.

Les assistants réalisateurs européens qui choisissent ce métier lorgnent le poste de Réalisateur. Aux USA les « first assistant directors » (1AD), veulent devenir producteurs, car c’est le poste « créatif » suprême. Ainsi les plus grands réalisateurs américains sont des producteurs avant tout. Ils gardent leur « final cut » de réalisateur face aux Majors.
Le 1er assistant réalisateur en quelques mots et même plus

Le travail de l’assistant réalisateur commence bien avant le début du tournage. Repérages de décors, casting d’acteurs et de figurants, réservations en tous genres, dépouillements plans de travail, conformément au planning de production et au budget. Et aussi de gérer le plan de travail au jour le jour. Sa présence est indispensable sur le plateau et ses responsabilités sont très importantes.
C’est également le bras droit, le bras gauche, et « le bras cassé » du réalisateur, mais aussi sa mémoire, son complice.
Le premier assistant réalisateur est le chef du plateau. C’est lui qui donne les directives générales du fonctionnement et ceci, quelle que soit la hiérarchie, le salaire, le titre ou le poste des techniciens. Il faut donc avoir de l’assurance et du tact pour faire que son autorité soit respectée sans froisser les égos.
Ses fonctions sont nombreuses et touchent tous les postes de la fabrication du film.
Il trouve les solutions les meilleures et ainsi laisse le réalisateur libre de créer.
Le premier assistant réalisateur et la scripte sont les seuls à avoir la vision globale de la fabrication du film à n’importe quel moment.

C’est un poste à responsabilités multiples qui engage la production et particulièrement aux USA. De plus en plus les producteurs font appel aux « Completions bonds » « garantie de bonne fin » en français. C’est une sorte d’assurance qui garantit la bonne fin du film avec une compensation monétaire si un projet donné n’est pas terminé. Ils sont toujours utilisés pour des projets complexes impliquant d’importantes sommes d’argent ou plusieurs investisseurs. Pour vous donner une idée, ils sont tout en haut de l’échelle, au-dessus des producteurs. Comme le système de financements des films est privé, ces assurances protègent les investisseurs. Aux USA si le premier assistant n’est pas reconnu comme hautement professionnel il ne sera pas engagé à cause d’eux. Si un accident arrive sur le plateau et si sa responsabilité est engagée sérieusement cela peut finir devant les tribunaux. Les acteurs et les réalisateurs sont aussi sous le verdict des « Completion bonds ».
Anecdote

Souvent entre deux chaises, entre le marteau et l’enclume, partagé entre le réalisateur et la production, le premier assistant réalisateur fait en sorte que tout ce qui est écrit dans le scénario et dans son dépouillement arrive en temps et en heure sur le plateau.

Il organise la réalité du scénario, alors que le metteur en scène organise la fiction. Les techniciens vous verront du côté des producteurs, alors que pour les producteurs vous êtes du côté du réalisateur. Il faut toujours gérer ces situations en essayant d’avoir en finesse, une bonne relation avec tout le monde tout en gardant une autorité absolue.
Dès le premier jour de tournage, si un assistant réalisateur a de la personnalité, l’intérêt de toute l’équipe se polarisera autour de lui et il deviendra naturellement le véritable patron du plateau, sans le faire sentir.
Tout est dans la manière dont il sollicite les différents départements, la manière de rappeler à chacun ses devoirs. Les contrôles attentifs qu’il aura effectués auront communiqué à toute l’équipe un sentiment de sécurité ainsi qu’une manière de concevoir le travail qui sera vite adoptée par tout le monde. À partir de cet instant, n’importe quel problème, n’importe quel doute pouvant surgir passera par lui et il deviendra le rouage indispensable entre les chefs de postes et le réalisateur.
Certains assistants ne partagent pas les informations sous prétexte de garder le contrôle. C’est très mauvais cela entraîne une mauvaise ambiance.
Pour y arriver, il faut essayer de connaître chaque membre de l’équipe et les inclure dans la communication, quelle qu’elle soit. Nous le ferons au cours de cette formation dès le deuxième cours. Comme Paul notre assistant « pilote » (nous vous le présenterons bientôt) nous rencontrerons par ordre d’arrivée dans la production tous les membres d’une équipe.

Le premier assistant réalisateur aux États-Unis

Étudions les grandes lignes des définitions de la Director Guild of America (DGA). Syndicat très puissant aux États-Unis supervisant les conditions de travail des réalisateurs, des assistants réalisateurs et des directeurs de production. Cela vous donnera une idée du travail de l’assistant dans ce pays où tout est extrêmement réglementé.
Article 1er-303 Premier assistant réalisateur
Un Premier assistant réalisateur est désigné par l’Employeur comme premier assistant du réalisateur. Le Premier assistant réalisateur, seul ou en collaboration avec l’UPM (unit production manager), organise la préproduction, y compris l’organisation de l’équipe, la sécurisation de l’équipement, le dépouillement du script (breakdown), prépare le strip-board (plan de travail) et un calendrier de tournage (call sheets). Pendant la production, il assiste le réalisateur en ce qui concerne les détails de la production sur le plateau, coordonne et supervise les activités de l’équipe et facilite le flux organisé des activités de la production. Le premier assistant réalisateur peut avoir les responsabilités généralement attribuées au directeur de production (UPM). Sa principale responsabilité est de servir et d’aider le réalisateur dans la supervision ou la participation des points suivants.
Le premier assistant:
1. Prépare le dépouillement et le strip-board (plan de travail) prépare l’horaire de tournage en respectant le temps et les limites imposées par le budget, la disponibilité de l’équipe, du casting et la mise en image complète du scénario.

2. Si le UPM le lui délègue (ou en l’absence de celui-ci), supervise la recherche, des lieux de tournage, la gestion et les besoins particuliers de ces emplacements, car ils pourraient avoir une incidence sur la production. Le premier assistant réalisateur doit être envoyé sur chaque décor suffisamment avant le début des prises de vues pour s’acquitter adéquatement de sa mise en place.
3. Vérifie les bulletins météorologiques
4. Prépare des feuilles de services quotidiennes pour le casting et détermine les horaires de convocation de l’équipe.
5. Supervise la préparation de la feuille de service pour l’équipe
6. Dirige la figuration et supervise le contrôle des foules.
7. Peut être en charge du contrôle du respect des contrats des mineurs, des feuilles de journées (time sheets) et à l’occasion, faire respecter le contenu des contrats d’acteurs.
8. Supervise le fonctionnement du plateau de tournage et de l’équipe.


Le second assistant réalisateur (Second Assistant director)
Le deuxième assistant réalisateur est le collaborateur direct du premier assistant réalisateur et assiste celui-ci dans ses fonctions tout au long de la préparation et du tournage.
En préparation, il affine le dépouillement initié par le premier assistant réalisateur et s’assure de la bonne diffusion des informations aux différents corps de métiers. Ses principaux interlocuteurs sont l’équipe HMC (Habillage, Maquillage, Coiffure), l’accessoiriste…Au Québec on parle du CCM (costumes, coiffure, maquillage) .
En tournage, sous la responsabilité du premier assistant réalisateur, il participe à la mise en place de la figuration, il élabore chaque jour la feuille de service du lendemain. Supervisée par le premier assistant réalisateur, elle sera complétée par le régisseur général, l’assistant(e) de production avant d’être validée par le directeur de production et envoyée à toute l’équipe. Nous étudierons dans le détail cette feuille de service dans le cours 5.
Le deuxième second assistant réalisateur (Usa, Uk)

Reprenons les définitions de la Director Guild of America (DGA), et vous allez constater que son travail est immensément plus important que le second assistant réalisateur en France. Cela tient du fait que les équipes sont généralement plus importantes aussi.
Le terme « second assistant réalisateur » comprend également: le deuxième assistant réalisateur adjoint (Key second AD), le deuxième, le deuxième assistant réalisateur (Second second AD) et le deuxième assistant réalisateur adjoint supplémentaire (Aditional Second AD).
Sans s’y limiter, parmi les fonctions que l’Employeur doit assigner au deuxième assistant réalisateur, il administre sous la supervision du premier assistant ou participe dans les éléments suivants :
1. Prépare les feuilles de service (call sheets) s’occupe des figurants et de tous les documents requis pour le premier assistant réalisateur.
2. Prépare le rapport de production quotidien et tout le « paper-work » de fin de journée.
3. Distribue à l’équipe les scénarios et les changements de dialogue qui interviennent après le début du tournage.
4. Distribue les feuilles de service aux acteurs et à l’équipe.
5. Distribue, et approuve les cachets supplémentaires, en effectuant des ajustements selon les directives du premier assistant réalisateur et les reporte sur les artistes time-sheet.
6. Communique la planification à l’avance aux acteurs et à l’équipe.
7. Aide aux repérages, et à la gestion des décors. Il vérifie que lors de la gestion des emplacements les tâches sont effectuées
8. Facilite le transport de l’équipement et du personnel.
9. Peut être tenu d’assurer l’exécution de contrats de distribution des mineurs et des feuilles de présence, et à l’occasion vérifie le respect des contrats des acteurs. Il peut également être délégué auprès du directeur de production (UPM).
10. Coordonne avec le personnel de production pour que tous les départements, y compris la distribution, l’équipe technique et les figurants, soient prêts au début de la journée, et supervise l’ensemble en studio et en décors naturel (Studio & on location).
11. Planifie les repas, l’hébergement et toute autre installation.
12. Fait signer les « time sheets » par les membres du casting à leur arrivée et à leur départ.
13. Maintient la liaison entre le UPM et/ou le bureau de production et le premier assistant réalisateur sur le plateau.
14. Assiste le Premier assistant réalisateur dans la direction et le placement de la figuration et dans la supervision du contrôle des personnes hors équipe.
15. Effectue le contrôle des personnes hors équipe, sauf lorsque le travail est habituellement effectué par des agents de police ou par le personnel de sécurité d’un établissement où a lieu le tournage et qui exige ou fournit habituellement ce service.
16. Supervise et dirige le travail de tout stagiaire.
17. Aide à la distribution de la documentation appropriée des défraiements (perdiem).

L’auxiliaire de réalisation ou le troisième assistant réalisateur
L’Auxiliaire de réalisation cinéma ou l’assistant réalisateur adjoint en fiction TV assiste les premiers et deuxièmes assistants réalisateurs.
En préparation, il aide le deuxième assistant réalisateur dans la bonne diffusion des informations aux différents corps de métier.
En tournage, il s’occupe de la bonne organisation au niveau des loges.
Il fait l’accueil des acteurs, puis supervise le passage au HMC (Habillage, Maquillage, Coiffure). Il peut être amené à assister le premier assistant pour des tâches spécifiques (top départ comédiens par exemple) et la mise en place de la figuration.

COMMENT DEVENIR ASSISTANT RÉALISATEUR

Stagiaire, troisième, second assistant, premier assistant.
L’expérience et la notoriété permettent de grimper les échelons, on ne peut pas aller plus haut que 1er assistant réalisateur. Vous êtes en haut de la pyramide, vous êtes cadre et vous pouvez rester 1er assistant réalisateur toute votre vie si vous le voulez. Mais vous pouvez aussi changer de métier. Vous aurez acquis, au fil des années, de l’expérience et vous pourrez prétendre à passer directeur de production ou alors passer réalisateur vous même. D’ailleurs en France nombreux sont les assistants réalisateurs qui sont devenus des réalisateurs très connus aujourd’hui.
Les écoles.
Elles sont nombreuses et se divisent en deux parties : des écoles privées payantes qui sont très nombreuses et les écoles publiques qui sont très difficiles d’accès. Aucun de ces deux types d’écoles ne vous permettra d’accéder directement au poste de premier assistant. À Cinécours nous sommes à égalité sur ce point. Il vous faudra d’abord faire vos preuves comme stagiaire troisième assistant, second assistant et enfin un jour on vous confiera votre premier poste de premier assistant. Grâce à cette formation complète, vous irez plus vite que les autres, le premier assistant pour lequel vous travaillerez sera surpris de tout ce que vous savez déjà faire.
Le réseau
Le réseau est un grand pourvoyeur d’emplois. En effet, il s’agit de communiquer de bouche à oreille, les besoins et les candidats. Le réseau, c’est essentiellement de la confiance, de la recommandation par autrui et de la cooptation. Le plus difficile est donc d’intégrer ou de se faire un réseau. Cela passe par les stages, par les rencontres et par la capacité que les gens qui vous connaissent ont à vous recommander auprès d’autres professionnels en recherche de personnels. Le réseau est le meilleur moyen de trouver du travail. De manière moins confidentielle, on retrouve de plus en plus d’offres d’emplois sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook à travers divers groupes ou pages communes. N’hésitez pas à taper les mots clés “casting” ou “intermittent”, ou “film en tournage”. Au-delà de Pôle emploi, il existe des sites internet sur lesquels trouver des offres spécialisées à destination des techniciens de la profession cinématographique. Les plus importants et les plus sérieux sont Profilculture, et Cinéaste.org
Les courts-métrages
Pensez à proposer vos services de stagiaire, second ou premier assistant gracieusement à des réalisateurs de courts-métrages. C’est le meilleur moyen d’apprendre, de pratiquer et vous vous créerez un réseau. Le réalisateur du court-métrage en fera forcément un autre et comme il est comme vous avec un réseau naissant, il finira par reprendre les gens avec qui il avait fait son premier court-métrage et un jour il finira bien par faire un long métrage. Pour trouver un poste de stagiaire ou de 3e, pas besoin de connaître nécessairement un 1er assistant réalisateur. Sur un film, le 1er assistant réalisateur choisit son second puis le second assistant réalisateur choisit le 3e assistant ou son stagiaire. Donc, essayez de vous brancher avec un second assistant réalisateur. Les seconds assistants réalisateurs font souvent des courts-métrages en tant que 1er assistant.
À LA DÉCOUVERTE DE L’ÉQUIPE TECHNIQUE CHAP.3

L’ÉQUIPE MISE EN SCÈNE
En Europe vous ferez partie de ce qu’on appelle : l’équipe mise en scène. Constituée du réalisateur, du premier assistant réalisateur, du deuxième, du troisième assistant et du stagiaire mise en scène, ou auxiliaire ainsi que de la script.
On pourrait regrouper avec les mêmes règles de fonctionnement le cinéma fait en Europe, dans les pays de l’Est, au Maghreb, en Afrique francophone, et avec d’autres règles les USA, l’Amérique du Sud tous les pays anglophones d’Afrique, et l’Asie. Des exceptions cependant avec la Turquie et l’Inde qui ont des modes de fonctionnement très disparates. Avec l’arrivée de plateformes comme Netflix qui sollicitent toute la planète, une certaine uniformisation à l’américaine s’impose. Au Québec, la manière de produire des films est aussi proche de la culture européenne que de la culture américaine. Les enjeux des productions étant plus grands, les assistants réalisateurs sont impliqués plus tôt dans le film. Donc souvent ils vont participer beaucoup plus au casting et être naturellement plus proches du réalisateur. Jusqu’en 1985 encore, les premiers assistants faisaient le casting. Il y avait peu d’agents et de directeurs de casting.

Sur un tournage international vous ferez partie du « AD’s department »,(Assistant director department) qui comprend le 1AD, le « Second AD », le « Second Sec AD », le « third AD » et la « Continuity » (la scripte). Vous remarquerez que le réalisateur ne fait pas partie de votre équipe il fait partie d’un département à part, le « Director’s department » qui peut comprendre un réalisateur de deuxième équipe, un storyboarder, un coach, ou toutes sortes de conseillers techniques, chorégraphes, conseillers militaires, etc. C’est très important dans la répartition des postes budgétaires sur les films américains.
LES FEMMES ASSISTANTES RÉALISATEUR

Les femmes sont de très bonnes assistantes. Elles sont de plus en plus nombreuses. Elles ont moins d’égo que les hommes, plus d’intuition, plus de diplomatie, plus de sensibilité, plus de perception des autres. C’était longtemps un milieu très masculin avec une culture de la virilité au niveau technique alors la meilleure manière d’assurer était leur compétence. Ça a un peu changé, mais il faut encore que les femmes se battent les premiers jours pour se faire respecter. Notez aussi que de plus en plus de femmes occupent des postes à la caméra, à la lumière, et même en machinerie.

Nous parlerons de ce genre de décor et à quoi ça sert
LE TRAVAIL DU PREMIER ASSISTANT RÉALISATEUR CHAP. 1

Voilà comment commence un nouveau job pour un premier assistant réalisateur. Nous avons choisi cette forme originale de scénario, bien que nous n’allions pas écrire tout le scénario de son quotidien. Nous utiliserons cette présentation et le personnage de PAUL, de temps en temps pour faire passer des informations et éviter un cours magistral.

Tout d’abord, définissons PAUL, avant d’aller avec lui à ce premier rendez-vous. Nous avons choisi un garçon parce que votre tuteur en est un, donc que les filles ne se formalisent pas, ça fonctionne aussi, elles sauront naturellement en lisant à quel moment ça se passe différemment pour elles.
Qui est celui dont vous allez suivre le job

Paul c’est un peu nous tous qui vous avons préparé ces cours, c’est aussi la synthèse du parcours de beaucoup d’assistants. Après un Bac en sciences-éco, Paul s’installe à Paris pour faire des études de cinéma à la Sorbonne et dans une école privée.
Paul n’a aucun « piston » ne connait personne, ni dans le cinéma ni dans l’armée où il va avoir la chance de faire son service militaire à la division cinéma. Il complètera sa formation avec un diplôme de management de production de films. Et un jour selon l’expression consacrée, il se retrouve sur le marché du travail.
Si seulement c’était vrai ! Imaginez un marché vous pourriez choisir les jobs. Mais bon, voilà, il n’y a pas de marché du travail. Il y a simplement VOUS, qui êtes tout seul au début, comme Paul sur son canapé à regarder le téléphone. Alors bien sûr il y a des réseaux, il y a des publications, des sites Internet. Mais ce n’est pas souvent comme ça que vous allez trouver du travail.
« Marché du travail », c’est une expression qui peut s’appliquer à des métiers beaucoup plus classiques ou pour chercher une place d’employé de banque ou de professeur.
Vous, vous ne savez pas où chercher quand vous démarrez. Si vous n’avez pas de relations, c’est un peu plus long. C’est le cas de notre Paul.
Pendant une dizaine d’années il a commencé à travailler pour des productions françaises et internationales sur de nombreux films, séries tv et pubs. Successivement comme stagiaire, second, premier assistant réalisateur, et enfin directeur de production.
Il a fait à peu près tous les genres de films. Il a eu la chance de travailler sur des grosses productions américaines. Il parle anglais et possède toutes les connaissances liées à la production internationale, tant sur le terrain qu’en « back office.
Il a même eu une occasion de se marier et d’avoir des enfants. Mais malgré tout cela Paul est inquiet, car il est toujours intermittent du spectacle. Les années passent et il ne sait pas encore s’il va essayer de faire son premier film, ou continuer comme assistant, car maintenant, il commence à être connu. Il pourrait faire comme les 1AD américains et continuer jusqu’à ce qu’il ne puisse plus tenir debout sur un plateau. Ou alors, devenir producteur. En tout cas pour l’instant Paul est face à son ordinateur, googlise le nom du réalisateur et de la production pour découvrir à qui il aura faire dans quelques heures, mais surtout il remet son CV à jour.

LE TRAVAIL DU PREMIER ASSISTANT RÉALISATEUR CHAP. 2
Premiers contacts
Le 1er entretien avec le réalisateur

Chez les Anglo-Saxons, il s’agit là d’une véritable interview par le directeur de production et par le réalisateur. L’assistant réalisateur est présenté au réalisateur par la production et il ne voit en général qu’un seul assistant. Rares sont les castings d’assistants. Si le feeling ne passe pas, il interviewera un autre assistant. Les questions sont très concrètes. Sur le scénario, sur le plan de travail possible, sur les jours avec de la figuration et on vous teste sur la mise en place des plans difficiles.
En France c’est plutôt un monologue de la part du réalisateur et du producteur. Le producteur veut savoir si l’assistant peut faire le film en un certain nombre de jours pour que ça coûte le moins cher possible et voir si l’assistant a bien analysé les scènes compliquées, que ce soit une cascade, une figuration importante, ou tourner avec des animaux. En France le réalisateur peut quelques fois encore imposer son assistant, sinon la production voudra rencontrer plusieurs assistants.
Pourquoi vous ?
Parce que comme Paul, vous avez une formation pertinente (ou quelques années d’expérience), vous avez une bonne réputation, votre cv est éloquent, vous êtes recommandé par quelqu’un ou pas, vous parlez anglais ou pas et le film se tourne en Europe ou pas, voilà pourquoi.
Le rdv : le lieu, les différentes situations
Le premier rendez-vous est évidemment très important, cela peut-être un indicateur de plein de choses. Nous avons vécu toutes les situations qui suivent. Soyez à l’heure. Vos excuses de retard n’intéressent personne, elles seront écoutées avec un sourire condescendant, mais ça sera poliment terminé pour vous. Et savoir qu’il y a trois options pour un rendez-vous: la première c’est d’être en retard (ce n’est pas une option), et la deuxième c’est d’être à l’heure, ce qui est très difficile de nos jours dans les grandes villes. La seule possibilité qu’il reste c’est d’être en avance. Nous vous répètons ce conseil de base, pour être à l’heure soyez en avance.
Le rdv à la production
S’il a lieu à la production, c’est qu’il y a peut-être un casting d’assistant. Ou alors que le réalisateur est vraiment pressé par la prépa qui se raccourcit de jour en jour et il vous reçoit sérieusement, mais entre deux autres rendez-vous.
Le rdv dans un café
C’est le plus fréquent. S’il vous donne rendez-vous dans un café, c’est qu’il ne veut pas prendre de risque par rapport à la production. Peut-être que la production a déjà trouvé un assistant, mais qu’il n’en est pas convaincu. Peut-être qu’il veut une approche plus personnelle, cela dépend de beaucoup de choses. Si le film est un « film d’auteur » Il est certain qu’on sera plus sur la sensibilité d’une approche. Si c’est un film d’action dans plusieurs pays, il cherchera la compétence et l’expérience. Évidemment, soyez à l’heure et la meilleure manière d’être à l’heure c’est d’être en avance. Prenez toutes les dispositions nécessaires : adresse du rdv, repérages éventuellement, attention au parking si vous venez en voiture et surtout échangez préalablement vos numéros de portables au cas où.
Le rdv dans un restaurant
C’est assez rare pour la première rencontre et nous ne vous le souhaitons pas même si ça semble plus convivial, c’est toujours un endroit bruyant, où ce n’est pas très facile d’être intime. Si vous êtes en avance, après avoir vérifié s’il ne l’était pas aussi, attendez plutôt dehors. Le restaurant vous permettra de découvrir un peu plus d’informations personnelles sur votre réalisateur. La manière dont il regarde la carte, la manière dont il appelle le serveur, Ce qu’il mange, végan, kasher ou autres. Fumeur non-fumeur ? Boit-il du vin à midi ? Ne tombez pas dans les pièges. Il peut arriver que le déjeuner soit suivi d’un rendez-vous à la production. C’est un très bon signe, car vous allez sûrement rencontrer le producteur. Dans ce cas prenez votre temps pour parler pendant le repas.
Le rdv chez le réalisateur.
C’est bien, ça veut dire qu’il est plutôt confiant, ou alors qu’il n’a pas le temps de sortir ou encore que la production n’a pas encore de bureau. Là on est plus sur la sensibilité, le contact personnel, l’humain. Vous aurez peut-être l’occasion de croiser son chien, ses enfants et sa compagne, et ce n’est pas anodin. Elle lui donnera son avis quand vous serez parti. La situation sera dans ce cas différente pour une femme; vous passerez automatiquement par la case « compagne » qui tôt ou tard voudra connaître celle avec qui son compagnon va passer 4 mois, c’est comme ça.
Le rdv sur le pouce
C’est-à-dire dans l’urgence. Vous partez avec le réalisateur et le producteur en repérages, vous ne connaissez ni l’un ni l’autre. Là c’est presque gagné, votre CV a effectué le travail, mais restez vigilant et ne partez pas trop gagnant. Au gré des moments calmes, connectez-vous avec votre réalisateur tout en communiquant avec le producteur qui peut-être fera la gueule discrètement pour ne pas avoir été consulté. Avec le réalisateur prenez le temps de parler d’autre chose car le concret vous y êtes déjà. Si c’est en train, à l’aller vous vous mettez avec le réalisateur et au retour avec le producteur. Si ça s’est bien passé. Le réalisateur sera même plutôt content de voir que vous allez discuter de vos conditions de travail avec le producteur. Car peut-être que dès le retour à Paris vous commencerez immédiatement.

Le rendez-vous sur un plateau de tournage
La dernière possibilité de rendez-vous, et pas des moindres, est un rendez-vous directement sur le plateau avec le réalisateur qui est train de finir son dernier film. Cela peut être une situation assez inconfortable que de débarquer le dernier jour d’un tournage. Si vous connaissez ses règles et si vous les respectez, vous serez néanmoins très à l’aise pour assister à ce moment unique qu’est le dernier jour de tournage d’un film. À la suite de ça le réalisateur vous emmènera sûrement à la cantine pour discuter un peu plus de votre prochain travail. Prenons le cas où vous n’êtes jamais allé sur un plateau de tournage et étudions les différentes règles d’usage.

INFos PRATIQUES
Règles de conduite pour le « stagiaire mise en scène » ou le visiteur

Nous allons passer en revue quelques règles de comportement importantes au cas où vous êtes invité sur un plateau de tournage, ou même pour votre premier jour de tournage. Vous avez été engagé comme stagiaire à la dernière minute pour remplacer quelqu’un. Vous n’avez jamais fait ce métier vous allez tout apprendre en quelques semaines mais avant toute chose il va falloir respecter des règles de comportement élémentaires.
La première fois que vous arrivez sur un plateau, vous avez l’impression de voir des gens qui s’agitent dans tous les sens et d’autres qui ne font rien, assis à attendre. Dans le cinéma tout le monde ne travaille pas en même temps. Il y a une espèce de désorganisation organisée. Généralement les visites impromptues sur un plateau n’existent pas. La production doit systématiquement être prévenue par la personne qui vous a invité et doit être au courant de votre présence. Quand vous arriverez dans un studio, ou dans un décor naturel aux abords du tournage, s’il y a des portes pour y accéder profitez de passer avec quelqu’un au même moment. Vous serez sûr de passer au bon moment.
La tenue vestimentaire
Évitez les couleurs claires et fluo. Sur un plateau, on s’habille avec des couleurs sombres pour éviter quelques désagréments avec la lumière et les réflexions. Évitez les talons qui claquent ou les matières bruyantes lorsqu’elles sont soumises à des frictions quand vous marchez ou levez un bras. Soyez discret « vestimentairement » parlant.
Présentez-vous
Quand vous arriverez, vous allez sûrement rencontrer un régisseur général ou un assistant réalisateur. Reconnaissables avec leur talkies-walkies, mais cela peut être aussi un assistant de la production, ou un figurant. Présentez-vous et expliquez votre venue et demandez à rencontrer la personne qui vous a convoqué. Si celle-ci n’est pas disponible immédiatement, on vous dirigera vers quelqu’un d’autre, proche de lui ou de son département. Une fois sur le plateau, on doit aussi vous présenter le premier assistant réalisateur. Celui-ci n’aime pas beaucoup découvrir une nouvelle tête sans avoir été prévenu. En cas d’indisponibilité, un de ses assistants ou quelqu’un de la production lui signalera votre présence.
Ne dérangez pas
Ne dérangez pas les techniciens, les acteurs, personne. Même si vous ne le voyez pas, ils travaillent même entre les prises de vue et se concentrent. Il n’est pas bon du tout d’aller leur poser des questions sur leur métier ou ce qu’il se passe au moment où vous les voyez. Si vous avez à vous déplacer sur le plateau regardez bien où vous marchez, où vous mettez les pieds, il y a énormément de câbles, d’objets, qui traînent au sol.
Prenez vos distances
Évitez la promiscuité physique, avec un technicien ou un acteur, même en silence. Prenez vos distances. Mettez-vous dans un coin pour attendre, et pas dans les projecteurs. Ne vous mettez pas directement derrière l’axe de la caméra car vous êtes dans l’axe du regard des acteurs (eye line). C’est évidemment le point de vue le plus intéressant mais il ne vous est pas réservé.
Anecdote eye line (de votre tuteur)

Alors que je rendais visite à une production américaine, je me souviens très bien de ce visiteur qui n’avait rien compris sur ce problème particulier d’axe de regard. Il avait été sûrement invité comme moi par la production, il était même un proche du producteur mais n’était jamais venu sur un plateau. Il s’était mis exactement dans l’axe du regard de l’acteur vers la caméra. Tout le monde était prêt, le premier assistant réalisateur lance les répliques habituelles : « attention tout le monde en place !! silence !! moteur demandé !! ca tourne ! annonce !! le second assistant caméra présente le claperboard, le réalisateur lance « action » et l’acteur qui était filmé en gros plan commence sa réplique et il fait soudainement un clin d’œil à la caméra. Flatté, le visiteur lui répond par un grand sourire alors que l’acteur continue sa réplique. Le plan se termine, le réalisateur s’approche de l’acteur, et lui demande pourquoi il a fait un clin d’œil. Parlant suffisamment fort l’acteur dit mais c’est qui le put… de clown qui est juste derrière la caméra ??? (who is the fucking bozzo right behind the camera ??) À ce moment-là le visiteur a senti les regards des 80 personnes se poser sur lui. Dans ce cas précis, l’assistant réalisateur, le deuxième assistant, le directeur de production et même le producteur n’avaient pas fait leur travail. Le visiteur n’y était pour rien.
Respectez le silence
Règle numéro un du plateau et de ses alentours : Observez le « silence » quand il est demandé sur le plateau. Très souvent vous verrez une petite lampe rouge aux abords du plateau qui signifie que le tournage est en cours. Dans ce cas-là ne bougez plus et attendez que la lumière s’éteigne. Cette consigne est surtout valable pour les décors en studio.
Éteignez votre portable
Dès votre arrivée aux abords du plateau, votre téléphone portable doit être impérativement mis en mode avion ou être éteint. Sachez que même en mode silencieux, votre téléphone continue à émettre et à recevoir des ondes. Cela peut gêner la prise de son car les récepteurs HF et les micros peuvent capter ces ondes et provoquer des parasites. Même si vous voyez certains membres de l’équipe le faire, ne sortez pas votre téléphone portable sur un plateau pour vous distraire ou pour téléphoner devant une équipe qui travaille.
Ne jamais toucher au décor
C’est simple vous ne touchez à rien sur le plateau. Vous pouvez sans le savoir déplacer un objet « raccord » (emplacement nécessaire dans l’image), ou de la nourriture. L’accessoiriste vous tombera dessus très vite quand il s’en apercevra. Ne mangez pas en arrivant et surtout des chips, même si vous les avez vues sur la table régie à la disposition de l’équipe à l’entrée.
Ne pas prendre de photo
Pour ne pas déranger mais surtout pour ne pas contrevenir à une clause de confidentialité bien connue des contrats que signent les équipes et les acteurs, on ne prend pas de photos de film.
Et encore moins de selfies pour les diffuser sur les réseaux sociaux ou envoyer à sa famille.
Ne pas laisser traîner ses affaires.
Sac, bouteille d’eau, manteau, parapluie, gobelet… les régisseurs et la déco n’apprécieront pas du tout que vos affaires traînent. Quand la caméra changera d’axe, il se peut que vos affaires soient déplacées. Ne laissez donc rien traîner sauf là où on vous l’aura indiqué.
Soyez en forme
Attention: vous fumez, retenez-vous. Vous toussez, vous avez un rhume qui a du mal à passer, tout cela peut provoquer un éternuement involontaire pendant une prise. Ne venez pas sur un plateau si vous êtes malade.
Tous ces conseils peuvent vous sembler compliqués la première fois mais vous prendrez très vite l’habitude de les respecter comme le reste de l’équipe.
Vous trouverez ici deux liens en anglais qui vous résument aussi d’autres règles.
Pendant le rendez-vous
Revenons à notre rendez-vous. Dans tous les cas de figure, vous aurez pris avec vous un CV, même si vous l’avez déjà envoyé par mail. Sachant qu’il va vous rencontrer il l’aura survolé dans sa boite mail, mais peut-être pas imprimé et c’est donc une très bonne entrée en matière que de lui donner. Laisser le commencer, il va regarder votre CV vous poser deux trois questions, éclaircir certains points. Attention vous pouvez tomber sur quelqu’un de très pointilleux qui va lire ligne par ligne votre CV, donc soyez prêt à tout justifier, car évidemment vous n’avez pas mis de fausses informations. Connaissez votre parcours sur le bout des doigts. N’hésitez pas à mettre des détails comme le nom de la production, le genre de film, le pays de tournage en plus du nom du réalisateur bien sûr. Il se peut qu’il reconnaisse quelqu’un, ça le rassurera. Un petit truc est de mettre en fin de CV une petite note disant que tous les justificatifs, étaient disponibles sur demande. Mais il va vite le laisser tomber pour venir à l’essentiel, car le but de la rencontre est de vous remettre en main propre le scénario. Si le réalisateur est sûr de lui, que la production est complètement avancée, à ce moment-là il va vous dire la phrase consacrée : Lisez-le dites-moi ce que vous en pensez ! Et il rajoutera si c’est pressé : …mais prenez votre temps. Et c’est exactement le contraire qu’il faut faire. Lire vite et ne pas faire de commentaires de fond. Nous insistons, tout doit se passer très vite, vous devez lire dans la journée et le rappeler à sa convenance le plus tôt possible.
Il peut vous dire aussi, et c’est très bon signe, « c’est une version provisoire, j’ai encore des choses à retravailler d’ailleurs si vous voyez des incohérences n’hésitez pas ». Dans ce cas-là vous pourrez risquer d’avoir un avis un peu plus personnel mais votre tuteur le déconseille fortement.
Anecdote

Je me souviens très bien de ce 2e assistant confirmé que je n’ai jamais engagé. J’avais du retard, les smartphones n’existaient pas, je n’avais pas pu le prévenir. Il s’était assis et avait déjà commandé deux apéritifs sur la table. Quand il s’est levé pour m’accueillir il m’a dit : « Je nous ai commandé un apéro pensant que ça vous ferait venir…. Vous aimez le pastis ? »


LE TRAVAIL DU PREMIER ASSISTANT RÉALISATEUR CHAP. 3
Lecture et Synthèse

Comment lire un scénario
Retrouvons quelques instants notre ami Paul. Il rentre de son rendez-vous avec le scénario sous le bras et commence à le lire sans plus attendre. Il s’est donné comme objectif de le lire d’une traite. C’est généralement ce qui se pratique, ça donne une bonne idée du temps du film. C’est une sorte de convention, vous le savez certainement mais un scénario écrit normalement représente une minute de film par page. Ça peut être 45 secondes. Ça va nous servir plus tard pour faire un pré-plan de travail, mais nous y reviendrons.
Paul a même déjà prévu plusieurs surligneurs de couleurs afin de noter les choses importantes, les questions et sa fiche de lecture. Il n’a pas encore le job, donc pour le prochain rendez-vous il doit connaître parfaitement le scénario et avoir les bonnes questions, et les bonnes suggestions.
Pour cela vous pouvez faire comme Paul, c’est-à-dire utiliser une fiche de lecture pour préparer votre rendez-vous. Vous allez en trouver une plus bas, un modèle parmi d’autres.
Laissons Paul se plonger dans son scénario et regardons ensemble le modèle. De nombreux assistants réalisateurs n’utilisent pas ce système, encore une fois, chacun son expérience.
Cette fiche de lecture vous devrez la garder absolument pour vous et la laisser chez vous.
Vous la faites à la fin de la lecture. Quand tout est encore frais dans votre tête. Le modèle qui suit est un modèle pratiqué à Hollywood. Elle n’est pas utilisée par les assistants réalisateurs, mais plus par les agents des acteurs ou les lecteurs des « Majors ». C’est simplement un des documents que votre tuteur a détournés pour son usage personnel tout au cours de ces années où il a lu des centaines de scénarios. C’est une base pour ordonner d’une part toutes les informations générales et d’autre part commencer à vous faire un avis sur la difficulté de ce film. Au passage préparez-vous un petit laïus sur le fond.
INFOS PRATIQUES
Le compte-rendu de lecture personnel (film coverage template)

Évidemment, évitez les aspects critiques du film. Vous pouvez tomber sur un très mauvais scénario, un scénario très mal écrit, ou une histoire sans intérêt. Mais vous pouvez être aussi en présence d’un scénario magistral dont vous ne mesurez pas la qualité de la réalisation finale. Vous n’êtes pas censé donner votre avis même si on vous l’a demandé. Dites-vous aussi que si le film est au stade de la préparation, qu’il y a un producteur, un réalisateur c’est qu’il y a plein de bonnes raisons de le faire qui vous échappent. Ne faites pas comprendre que le film ne vaut pas la peine ou que vous auriez fait différemment.
Après tout c’est un travail, si vous le voulez, gardez votre avis dans votre poche. Au moment où on vous le demandera vous improviserez en parlant des personnages, des décors, du casting, vous essayerez de détourner l’attention sauf évidemment si le réalisateur insiste, et dans ce cas allez-y très prudemment. S’il insiste, c’est qu’il a des doutes lui-même. Mais ça ne peut être qu’après un certain temps que vous découvrirez ça. Jamais au premier ou au deuxième rendez-vous.
Une fois terminé, rappelez le réalisateur et faites les commentaires en utilisant cette fiche de lecture sous les yeux. Il va sûrement vous demander de venir à la production ou de le voir pour en parler plus longuement. En fonction du temps que vous avez, préparez un document que vous prendrez avec vous, qui serait plus à l’attention du producteur. C’est une espèce de plan de travail ou plutôt un planning que vous vous êtes « amusés » à faire en relisant le scénario. Mais avant cela, regardons d’un peu plus près comment il faut lire un scénario et comment déchiffrer la page de garde.
La forme et la présentation de la page du script sont souvent négligées, mais elles sont tout aussi importantes que le contenu. Elles sont propres à l’art du scénario et ne se trouvent pas dans les romans. Je vous recommande la formation scénario de Cinécours, elle est très complète et aborde tous ces domaines. Tout le monde ne sait pas lire un scénario, ça ne se lit pas comme un roman ou une bande dessinée. Savoir lire un scénario prendra du temps et de la pratique et heureusement on en trouve facilement sur internet.
Quelques précisions sur le formatage du scénario
Scénario original ou adaptation, les normes de mise en page doivent être respectées pour une meilleure lisibilité et surtout, pour que vous puissiez, « peser » votre scénario car en respectant ces indications, une page de scénario correspond à une minute utile en moyenne et 25 secondes de temps de lecture.
Aux États-Unis, les règles sont draconiennes, alors qu’en Europe et surtout en France c’est souvent un peu n’importe quoi.
1 – Le scénario comporte des actions et des dialogues et son format est en A4.
2 – La police de caractère : Courrier, taille 12. Arial ou Times New Roman sont fréquentes en France.
3 – Un scénario est découpé en séquences.
4 – Chaque séquence est numérotée. L’incrémentation (1,2,3…) se fait dès qu’il y a un changement de décor ou une rupture de l’unité de temps comme un flash-back, un flash-forward, une ellipse, une coupure. Vous serez souvent obligé de reprendre la numérotation des séquences.
5 – Un scénario est découpé séquentiellement avant de l’être plan par plan dans le découpage technique. Dès qu’il y a un changement d’unité de temps ou de lieu, voir les deux en même temps, on change de numéro de séquence.
6 – La numérotation initiale à laquelle l’assistant est confronté lors de la première lecture du scénario va lui permettre surement de relever des incohérences de numérotation. Par exemple, une séquence avec une ellipse importante et impliquant un changement d’effet jour vers le soir. Une séquence avec deux lieux distincts mais dans une même unité de temps, par exemple:
INT.BUREAU DU MAIRE – JOUR
EXT. MAIRIE – JOUR
D’où l’importance de bien définir les sous-décors du décor principal. Il arrive dans ce cas précis de voir simplement EXT MAIRIE et INT MAIRIE comme un même décor, alors que dans la lecture nous découvrirons que la deuxième scène se passe dans le bureau du maire. C’est donc à l’assistant réalisateur de reparamétrer les dénominations des décors et sous décors. Renuméroter séquentiellement donc consiste simplement à distinguer plus clairement par un numéro de séquence, les différents temps et lieux de chaque action. Attention quand même de ne pas augmenter inutilement la numérotation.
7 – Voyons deux cas où il n’est pas obligatoire de renuméroter.
Dans le cas où il y a une très courte ellipse dans une séquence.
Si cette courte ellipse n’implique pas un changement de lieu ou d’effet.
Dans le cas où vous avez une séquence avec un personnage qui va et vient entre le bureau et la machine à café. Indiquez simplement le sous-décor correctement.
Maintenant, voyons les cas où il est obligatoire de renuméroter.
8 – Quand deux personnages parlent au téléphone si l’action les décrit à tour de rôle dans leur lieu respectif et si le scénario décrit une action visuelle particulière pour chacun.
On peut aussi utiliser une sous-numérotation à l’aide de lettres, ce n’alourdira pas la numération.
(13A. INT. BUREAU DU MAIRE – JOUR)
(13B. INT. VOITURE FEMME DU MAIRE – JOUR).
Évitez de sous-numéroter avec des chiffres car cela peut prêter à confusion et signifier un numéro de plan ou d’épisode. Sur le clap ce système va embrouiller tout le monde.
9 – Si ce découpage séquentiel pose un problème, consultez le réalisateur.
Dans le cas d’un flash-back, ou un d’un flash-forward, renumérotez et ajoutez FB ou FW (13A. INT. BUREAU DU MAIRE FB– JOUR)
10 – La gestion de la numérotation lors des réécritures
ATTENTION
Quand il y a des réécritures et que des séquences sont ajoutées ou supprimées, si cela intervient en début de préparation dans les deux premières semaines, la numérotation peut être entièrement revue.
Mais si cela se produit en milieu ou fin de préparation, ou en tournage, il vaut mieux éviter absolument car les numéros de séquences commencent à être intégrés par l’équipe qui grossit de jour en jour. Passez donc à une numérotation avec des lettres. Cela évitera les erreurs liées à la mise à jour et vous ne serez pas détesté par toute l’équipe.
11– Les notions de découpage comme travelling avant, ou la caméra panoramique, ou encore gros plan de…ne doivent pas apparaître.
12 – Les pages du scénario sont toujours numérotées.
13 – Les intitulés de séquence sont écrits en gras souligné dans cet ordre, en majuscules et se décomposent en : un numéro de séquence, une indication abrégée de INT (pour intérieur) ou EXT (pour extérieur), le nom du décor et sous décor et l’effet (Jour, Nuit, Soir). Les termes de temps comme les flashback ou générique peuvent être inclus.
14 – L’action est en tabulation « justifiée » toujours au présent, comportant des descriptions détaillant l’environnement visuel et sonore de la séquence. Lorsqu’un personnage apparaît pour la première fois, on écrit son nom en majuscule. Il est possible d’indiquer les transitions entre les séquences telles que : noir, fondu enchainé, etc.
15 – Les dialogues sont centrés par rapport à l’action et le nom d’un personnage qui précède chaque dialogue est en lettres majuscules.
Les didascalies qui sont des indications d’action, de jeu ou de mise en scène permettent de communiquer des informations sur le comportement et l’humeur d’un personnage. Elles sont entre parenthèses juste à droite du nom du personnage, en minuscule et ne sont destinées qu’à être jouées.
16 – Dans les dialogues, une extension entre parenthèses peut être écrite comme les voix off (voix off) ou hors champ (OS, off screen).
Lire un scénario demande beaucoup de pratique, de technique et de concentration. Paul le sait et il va attendre d’arriver chez lui pour s’isoler, après avoir nourri son chien et coupé son portable. Pas dans un café ou un restaurant ou un métro. Concentré, au calme, Paul va faire comme s’il était au cinéma. Il sait aussi qu’il va devoir le lire au moins trois fois.
Paul sait qu’un scénario bien présenté indique souvent quelque chose sur le contenu. La plupart des producteurs feuillètent un script pour avoir une idée. Est-il trop long ? Avec beaucoup de descriptions ? De scènes ? Est-il trop court ? Cent pages ou plus de 125 ? Est-il conçu dans le format standard ? Si l’auteur a pratiqué la règle qu’une page de script est égale à une minute, alors un script sera correctement rythmé dès la conception.
Un script bien conçu est fluide à la lecture et accentue le rythme. Avant de commencer la lecture, Paul va donc le feuilleter, regarder la présentation générale, le nombre de pages, écriture serrée, marges réduites ? Police fantaisie, taille de police 14 ??? Pourquoi pas en Courrier 12 comme c’est l’usage ? Dites-vous que si le script est mal formaté le minutage par page ne sera plus le même. C’est pour ça que souvent pour être sûr de votre analyse en tant que premier assistant, demandez une version Final-Draft du scénario. Si le scénario a été écrit en police Bookman 13, et non pas Courrier 12, grâce au programme vous pourrez tout reformater en quelques clics, tel que ça doit être. Ça nous est arrivé très souvent avec des scénarios en France. Si le script n’est pas formaté normalement cela cache quelque chose, peut-être des longueurs ? Aux États-Unis ce n’est pas possible de tricher sur le formatage, c’est considéré comme une erreur professionnelle.

Ci-dessous l’exemple à ne surtout pas imiter, d’un scénario de 230 pages ! Extrêmement complexe et mal formaté, peut-être le script le plus difficile que nous avons rencontré. Le film ne s’est jamais fait, aucun producteur n’a avoué qu’il n’avait pas lu plus d’une cinquantaine de pages.

L’éphéméride de la page réelle, c’est-à-dire l’encre elle-même, le pixel et le papier sont différents de l’expérience de la minute. Le film est fait d’images (24 ou 25 images par seconde) avec une piste (track) son et est destiné à être projeté. La page est destinée à être lue. Les expériences sont différentes dans les temps internes : il suffit de quinze ou vingt secondes pour lire une page bien conçue, pendant qu’il faut une minute entière pour visualiser le film. Le concept est qu’une page de scénario doit être conçue pour une lecture facile. Lire un script, c’est un peu comme regarder un film.
Les pages doivent être tournées tranquillement et uniformément de la façon dont le film serait projeté, sans jamais revenir en arrière. Paul observe à cet instant précis que le scénario comporte des numéros de séquences. Vous semblez surpris mais ce n’est pas systématique surtout dans les méthodes de travail américaines. Un scénario qui n’est pas numéroté est un scénario qui n’a pas été budgété, sachez-le. En France on met toujours les numéros.
Paul sait qu’un scénario passe par plusieurs versions, et il commence par regarder la page de garde et tout ce qu’elle contient. Le titre, le nom de la production s’il y en a une, l’adresse, le téléphone, le nom du scénariste. Autant d’indications sur son futur job.
En Europe, en principe le nom du réalisateur, sauf s’il est aussi scénariste, apparait assez vite dans l’ordre des versions.
Aux États-Unis ce n’est quasiment jamais sur la page de garde avant le « shooting script ». Comme on l’a expliqué, le réalisateur aux USA est engagé assez tardivement. Toutes ces règles qui sont assez respectées aux USA, le sont moins en Europe.
Remarques sur les numéros de versions

Paul remarque qu’il n’y a pas de numéros de versions, c’est un script français de cinéma. Si c’était une série, il y aurait systématiquement le numéro de l’épisode et la version. Il y a en France une espèce de gêne à montrer que l’on a travaillé de nombreuses versions du scénario. Les numéros de version sur les scripts français c’est un petit peu comme les salaires. Les Français ne parlent pas de leurs salaires, c’est même indécent. Alors qu’aux States : « they tell you how much money they make »
Mais c’est obligatoire quand vous écrivez un scénario. Il grandit tous les jours et se transforme jusqu’au tournage. Les numéros de versions sont obligatoires aux États-Unis. C’est souvent un problème avec l’équipe technique car une version qui change c’est un dépouillement qui change, et souvent des coûts en plus. Par exemple, tel véhicule a été acheté pour le faire exploser, les effets spéciaux le préparent et d’un seul coup on le supprime. C’est un peu caricatural, mais ça arrive.
La version 1 est la version de l’auteur. Cela peut englober plusieurs réécritures, mais considérez-les toutes comme le travail de l’auteur avant que les droits soient cédés à une production.

La version 2 (ci-dessus) peut être la version du réalisateur ou du producteur. Ils peuvent ajouter des angles de caméra ou supprimer des lignes trop coûteuses, quand il est déjà budgété. Ils ne peuvent pas changer le dialogue ou la description de la scène.
Il est important de noter que de nombreux producteurs, réalisateurs, studios et agents plaident auprès des scénaristes débutants de ne pas inclure d’axes caméra ou de morceaux de musique spécifiques. Ceux-ci ne devraient pas faire partie du scénario jusqu’à ce qu’il ait été vendu. Le réalisateur déterminera quel axe de caméra et le producteur, en fonction du budget décidera pour les droits musicaux, pas le scénariste.
La version 3 peut être la version du Studio ou de la production. Le producteur va essayer d’obtenir du financement et peut-être faire un package avec un casting ou inclure des éléments plus commerciaux pour attirer des investisseurs. Donc il peut être nécessaire de modifier certains éléments du script pour tenir compte de ces nouveaux éléments, changer un peu de dialogue ou autre.

La version 4 est la version définitive en principe. Le « shooting script », le scénario de tournage. Celui que récupère la « Completion bonds company ». Nous verrons plus loin comment sur le plateau nous sommes autorisés à changer des pages, grâce à un code couleur à chaque nouvelle version de page. En France c’est la scripte qui tient le journal de ces changements qui peuvent être faits aussi à la dernière minute.
La version 5, peut être la version du film tourné et monté. Une fois que le film est version finale avec les relevés de dialogues pour la sortie, le studio peut avoir une copie. Une copie de cette version du scénario est déposée dans la Library of Congress, par sécurité. En France le scénario final est déposé au Registre Public de la Cinématographie en vue de l’obtention du numéro de visa d’exploitation.
Beaucoup de gens se moquent de l’idée de défendre le scénario comme une forme de littérature. Peut-être que le problème est que la plupart des gens n’ont pas lu suffisamment de scénarios pour avoir une idée de la beauté d’entre eux. Certains soutiennent qu’un scénario n’est pas un produit final. Ils soulignent que le film fini est le produit final et que le scénario est la première chose que l’on jette.
Admettant qu’un scénario est une forme intermédiaire d’art, il peut être comparé au croquis qu’un sculpteur fait lors de la conception d’une statue en bronze. Le produit fini serait la statue grandeur nature.
LE TRAVAIL DU PREMIER ASSISTANT RÉALISATEUR CHAP. 4
Les deux lectures avant votre deuxième rendez-vous
La première lecture est faite pour avoir une impression générale du scénario, de l’intrigue, de l’histoire, des personnages et des décors. Mais surtout, c’est la lecture « plaisir ». Au fil des années vous allez acquérir de plus en plus un grand esprit de synthèse et ça vous aidera beaucoup dans l’analyse émotionnelle de cette première lecture. Mais, encore une fois, gardez vos émotions pour les reporter sur votre fiche de lecture citée plus haut. Nous dirons que cette lecture est un peu comme si vous aviez la commande de réaliser un film. C’est la lecture qui va vous donner envie d’être réalisateur ou producteur.
Paul aura passé en gros deux heures. Quoi qu’on dise, même s’il a coupé son téléphone, il s’est levé deux fois, pour aller aux toilettes, boire un verre d’eau et s’occuper de son chien. Disons que si vous lisez en deux heures c’est bien. Pensez que c’est la seule fois où Paul prendra le temps de lire le scénario comme s’il était au cinéma. Après il sera jeté dans la production, il n’aura plus du tout le temps. Donc, comme Paul, ne ratez pas ce moment privilégié où tout est encore possible : vous n’avez pas ouvert le scénario, c’est peut-être une histoire magnifique, et c’est surtout peut-être pour vous, quatre mois de travail. Donc, appréciez ce moment.
La deuxième lecture. Là, vous commencez à vraiment travailler. Paul va effectuer les premiers gestes fondateurs de son travail d’assistant réalisateur. Il va commencer à prendre des notes. Consciencieusement surligné avec ses markers, relevant les points importants, les incohérences, les questions afin de commencer à préparer le document dont nous avons parlé plus haut : le pré-plan de travail. À ce moment-là aussi, pensez toujours aux producteurs ou au directeur de production que vous risquez de rencontrer au cours de ce deuxième rendez-vous. Préparez une liste des choses qui vous semblent les plus coûteuses, les effets spéciaux, les véhicules, la figuration, le nombre de décors ou les plus difficiles à faire.
Au cours du rendez-vous avec le directeur de production, vous pourrez aborder ces sujets. Vous sentirez si le réalisateur a carte blanche ou si le scénario va être encore modifié. Mettez en valeur les éléments du budget qui sont coûteux. À la fin de cette lecture, Paul doit être capable de « pitcher le scénario« . Le « pitch », c’est savoir résumer en quelques lignes, en quelques mots, l’histoire de ce film. Quand vous allez attaquer votre rendez-vous, c’est un très bon début pour lancer la conversation. Alors nous allons faire une parenthèse à propos de ce que nous appellerons « the elevator pitch » le pitch d’ascenseur.
« The elevator pitch«
Ce pitch pourra vous servir en toute circonstance. Un jour vous serez peut-être même réalisateur à pitcher pour un producteur ou pitcher votre film pour un assistant réalisateur que vous voulez engager. C’est l’essence même de l’assistant réalisateur : l’esprit de synthèse

Un « elevator pitch », ou un argumentaire éclair, est un exercice de communication orale qui consiste à se présenter et mettre en valeur son projet face à un partenaire ou investisseur potentiel, situé à un niveau hiérarchique plus élevé que soi et dont le temps est compté.
L’expression réfère à la très courte durée de l’intervention: il faut que cette dernière puisse se faire au cours d’un déplacement « en ascenseur »
Alors imaginons Paul , 10 ans plus tard, il est devenu scénariste, il est dans un grand hôtel pour un festival, va rejoindre sa chambre au huitième par l’ascenseur et juste avant que les portes ne se referment, un réalisateur, Spielberg par exemple, fait irruption dans l’ascenseur. Paul serait ravi que Spielberg lise son scénario et peut-être même le produise et le réalise.À partir de ce moment-là, il sait qu’il a à peu près 45 secondes pour lui parler dans l’ascenseur.
Soyez toujours prêt à ce genre d’exercice
Ce que nous voulons souligner c’est que quand vous travaillez sur un scénario, mettez-vous aussi le pitch dans la tête et soyez prêts à le raconter à n’importe qui à tout moment. Vous en aurez besoin très souvent surtout pendant la préparation pour l’expliquer à des intervenants à qui vous ne pouvez pas donner le scénario. Faites-le dans votre langage propre, apprenez-le par cœur, répétez-le en permanence.
INFOS PRATIQUES
Le pré-planning
Dans un souci de synthèse et pour montrer que vous possédez déjà le sujet, préparez-vous un pré-planning de tournage. Ca peut être sommaire, nous dirions même c’est beaucoup mieux pour votre premier rendez-vous. Une feuille griffonnée à la main avec des colonnes et des dates montrera que vous êtes quelqu’un de très réactif. Après plus tard vous mettrez ça sur un tableur et sur un grand tableau dans votre bureau.
Donc, tableau Excell avec des dates et les jours fériés. Vous rassemblez les séquences par décor et vous essayez de répartir ça sur les huit semaines de tournage qu’on vous a annoncés. C’est un début, même si vous n’avez fait aucun minutage. Voilà à quoi ça ressemble en grand format.
INFOS PRATIQUES
LE DÉCOUPAGE EN HUITIÈMES (script lining)
Mais comment on peut estimer le temps de tournage avant d’avoir fait un dépouillement ? C’est très simple, on utilise le système des huitièmes de page. C’est une convention qui vient des USA depuis longtemps.
-Vous prenez une page A4 et vous la divisez en huit en tirant des lignes horizontales.
-Vous vous retrouverez donc avec huit paragraphes. Donc une demi-page c’est quatre paragraphes ou quatre huitièmes. On est d’accord !
-La moitié de quatre huitièmes c’est deux huitièmes. D’accord ? Et la moitié encore, 1/8. Le minimum qu’il puisse y avoir sur une page c’est le titre de la séquence et un résumé d’une ligne ou deux soit 1/8 de pages.
Si vous avez un dialogue, ça rallonge et là vous arrivez à 2/8.
On l’a déjà dit, une page formatée normalement représente entre 45 secondes et une minute, à l’écran.
Donc on a 8/8 (1 page) pour une minute, 4/8 pour 30 secondes et ainsi de suite.
Ce n’est pas aussi simple que ça, mais c’est un très bon premier indicateur.
Prenons l’exemple ci-dessous, imaginons que ce soit une page complète.

Regardez le découpage avec les couleurs.
Évidemment la répartition ne se fait pas toujours aussi parfaitement, en tout cas quand vous le faites manuellement. Avec un programme c’est très rapide.
Prenons pour commencer toutes les données que vous connaissez.
-Vous savez que c’est un long-métrage qui fait 90 minutes soit 5400 secondes. (90x60sec)
– Vous savez qu’il y aura 40 jours de tournage.
– Donc 40 jours font 135 secondes de minutage utile par jour.
-Soit 2 minutes 25 secondes par jour.
-Pour votre pré-plan de travail, vous saurez alors que vous devez planifier 2 pages et 2/8 par jour de tournage.
Vous venez de « peser » votre scénario: vous avez estimé grossièrement le temps de tournage.
À partir de maintenant vous allez rentrer dans le détail et affiner toutes ces informations.
Mais souvenez-vous le producteur vous a donné un nombre de jours de tournage, il y a un certain nombre de pages très bien formatées et grâce à de simples règles de trois vous allez pouvoir vérifier si le producteur a fait une bonne estimation.
C’est une estimation, bien sûr car nous allons vous donner deux exemples de huitièmes de page qui peuvent prendre 10 fois plus de temps l’une et l’autre.

Cette scène ci-dessus, prendra peut-être quatre jours de tournage. Alors que la suivante ci-dessous prendra à peine une heure à tourner. Donc encore une fois ce processus des huitièmes est un indicateur, ce n’est pas une règle absolue. Mais très en amont, avant de faire le plan de travail détaillé vous pouvez effectuer cet exercice de calcul de jours de tournage.


Modèle de page découpée en huitièmes
Tous les programmes d’écriture de scénario, de dépouillement, vous calculent automatiquement les huitièmes. C’est très pratique.
Bien sûr quand vous êtes assistant vous aurez acheté un ou deux programmes qui vous permettront de dépouiller et de faire vos plans de travail très rapidement.
La plupart des scénarios sont écrits avec des programmes comme Final Draft.
Exercice et QCM

Exercice 1.01
Pour ce tout premier exercice, votre tâche consiste à nous faire parvenir votre « pitch de candidature » de 1 minute. Vous pouvez utiliser la caméra de votre ordinateur ou celle de votre smartphone. La qualité de l’image n’est pas ce qui sera évalué mais bien votre « énergie », votre détermination.
Assurez-vous d’avoir bien lu et compris les chapitres liés aux exigences du métier. Votre tuteur visionnera et évaluera votre présentation.
Ne prenez pas cet exercice à la légère. Il n’est simple qu’en apparence. Vous aurez rarement le temps de vous vendre pendant des heures (pour ne pas dire jamais) aussi, vous devez être en mesure de convaincre de votre sérieux, votre capacité d’organisation et surtout, de votre « fiabilité » et tout ça, dans le temps d’un voyage d’ascenseur.

Exercice 1.02
Exercice: en utilisant ces 5 pages de scénario, ci-dessous, trouvez combien de huitièmes font chacune des 16 séquences





Quiz du cours 1
[WATU 3]
À propos de ce premier cours…
Le programme de formation que vous venez de débuter comporte 7 cours en tout. Il arrive que les débutants trouvent ce premier cours un peu complexe. C’est en relisant et en effectuant les exercices que tout deviendra clair, rassurez-vous. En cas de doute sur un point, il ne faut pas hésiter à contacter votre chargé de cours.
Il arrive aussi que certains nouveaux étudiants ayant déjà une base dans le domaine trouvent exactement le contraire. Si c’est votre cas, rassurez-vous ici aussi, car plus vous avancerez dans le programme de formation et plus vous serez conquis par sa richesse et ses particularités.
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