
SOMMAIRE
Nos encouragements
A propos des exercices
À LA DÉCOUVERTE DE L’ÉQUIPE TECHNIQUE CHAP.4
LES 3 CERCLES AUTOUR DU RÉALISATEUR
- La liste des principaux départements dans la production d’un film
LE TRAVAIL DU PREMIER ASSISTANT RÉALISATEUR CHAP.4
- Le 2e rendez-vous avec le réalisateur et le producteur
À LA DÉCOUVERTE DE LÉQUIPE TECHNIQUE CHAP.5 : les producteurs
- Le directeur de production (UPM)
INFOS PRATIQUES : négocier son contrat de travail avec le directeur de production
LE TRAVAIL DU PREMIER ASSISTANT RÉALISATEUR CHAP.5
- Votre premier jour au bureau
- L’installation dans votre bureau
- Combien de temps la préparation du premier assistant
INFOS PRATIQUES: cinq ou six semaines? Jours ou semaines?
EXERCICE 2.01
EXERCICE 2.02
QUE FAIT-ON PENDANT LA PRÉPARATION?
LES ÉTAPES DE LA PRÉPARATION
- Infos pratiques Le tableau-planning compte à rebours de la préparation
- Infos pratiques Le Daily production schedule (DPS)
- Infos pratiques La production check list
LA DÉCOUVERTE DE LÉQUIPE TECHNIQUE CHAP.6 : La comptabilité (Account dept)
INFOS PRATIQUES
- Vos dépenses personnelles pendant le tournage
LE TRAVAIL DU PREMIER ASSISTANT RÉALISATEUR CHAP.6
INTRODUCTION AU DÉPOUILLEMENT (breakdown)
- Différences entre l’Europe et les Etats-Unis
- Le dépouillement du premier assistant et celui des autres
LE TEMPS ET LA MÉTHODE
LA MÉTHODE DANS L’ORDRE
LES CATÉGORIES, PARTIE 1
EXERCICE 2.03
Nos encouragements
Bravo ! Vous avez réussi à passer ce premier cours qui était assez théorique, mais c’était incontournable. Encore un peu de généralités dans ce cours pour aborder sereinement la suite qui va être beaucoup plus pratique. Voilà où vous en êtes… Vous savez quel métier vous allez faire, vous connaissez vos interlocuteurs, vous avez rencontré votre metteur en scène, et vous avez passé brillamment le premier rendez-vous. Il vous a confié la lecture du scénario, et vous attendez votre deuxième rendez-vous. Jusqu’ici tout va bien. Vous êtes en train de monter tranquillement les échelons de cette formation qui vous mènera à la qualification.
À propos des exercices
Lire le contenu des cours sans effectuer les exercices c’est passer à côté de choses essentielles. Si vous avez hâte de progresser et que vous avez l’impression que les exercices vous « ralentissent », nous vous conseillons de lire le contenu des 6 cours du programme en entier, une première fois, sans trop vous attarder aux exercices. Ensuite, lors d’une seconde lecture, nous vous recommandons de faire un à un tous les exercices.
Nous sommes conscients que la tâche peut sembler relativement considérable, mais, une fois terminée, vous constaterez vous-mêmes le chemin que vous aurez parcouru et vous serez aussi à même de constater que cela en valait vraiment la peine.
À LA DÉCOUVERTE DE L’ÉQUIPE TECHNIQUE CHAP.4

À LA DÉCOUVERTE DE L,ÉQUIPE TECHNIQUE CHAP. 4
LES 3 CERCLES AUTOUR DU RÉALISATEUR
Passons en revue tous les postes de l’équipe du film par ordre d’importance. Nous avons résumé en trois cercles l’importance de l’équipe technique par rapport au réalisateur.
Dans les pays anglo-saxons, on fait la différenciation entre l’équipe du plateau (shooting crew) et les autres. Ça a surtout son importance au moment du déjeuner, quand il faut faire manger 400 personnes en une heure, c’est très compliqué. Donc le lunch est organisé en priorité pour l’équipe du plateau (the shooting crew). Les chauffeurs, les gardes du corps, peuvent manger ou avant ou après l’équipe principale.
Le premier cercle a accès direct au réalisateur sans passer par l’assistant réalisateur nécessairement, les collaborateurs de création qui sont aussi des chefs de département. Le directeur de la photo, le chef décorateur, la créatrice de costumes, le chef monteur, la chef maquilleuse, le compositeur de la musique et bien sûr vous, le premier assistant réalisateur.
Le deuxième cercle c’est tous les chefs de département qui eux n’auront que rarement l’accès direct au réalisateur. Le chef électricien, le chef machiniste, le régisseur général et le directeur de production. Le troisième cercle c’est tous les assistants et les collaborateurs de ces chefs de département. Eux n’auront jamais à faire directement au réalisateur de même que tous les autres derrière.
L’objectif de cette répartition n’est pas d’expliquer une hiérarchie stupide, mais une fluidité concernant la communication des informations. Si chacun pose ses questions au réalisateur sans passer par le premier assistant cela pourrait avoir des conséquences sur l’organisation générale.
Voyons de quoi est composée une équipe technique. Nous parlerons beaucoup des équipes anglo-saxonnes, car c’est là où il y a le plus de monde et on pourra ainsi aborder tous les postes. existants
Sur les téléfilms français, une équipe comprend de 40 à 50 personnes et 80 à 120 sur les longs métrages.
Alors que sur un film américain c’est systématique et c’est très difficile de descendre en dessous de 150 à 300 personnes. En fait il n’y a pas 300 personnes sur le plateau, disons qu’il y a 100 personnes sur le plateau et à l’extérieur comme les chauffeurs, le catering, et tout le reste dans les bureaux ou en vadrouille.
Une mention particulière pour la postproduction numérique. Ce qu’on appelle les VFX, où il peut y avoir facilement 200 personnes qui travaillent dans des bureaux et des sociétés indépendantes.
La liste des principaux départements dans la production d’un film


Notez que la répartition de ces départements est différente entre les productions européennes et anglo-saxonnes.

LE TRAVAIL DU PREMIER ASSISTANT RÉALISATEUR CHAP.4
Le 2e rendez-vous avec le réalisateur et le producteur
Paul vient de terminer la deuxième lecture du scénario, il a mémorisé sa fiche de lecture qu’il va laisser chez lui bien entendu. Il est prêt à répondre à toutes les questions et il va décrocher son téléphone pour avoir le fameux rendez-vous avec le réalisateur. Comme nous l’avons dit plus haut même s’il vous a dit le contraire, il est très important de revenir très vite vers celui qui vous a remis le scénario et n’oubliez pas de prendre votre CV.
En principe vous aurez un rendez-vous directement à la production. Si ce n’est pas le cas, cela veut dire que le film n’est pas suffisamment avancé, ou qu’il y a eu un casting d’assistant réalisateur.
Quand vous allez arriver au bureau, vous allez pouvoir mesurer à quel stade en est la préparation et à quel genre de production vous allez avoir à faire. Petits bureaux, petite production avec une seule personne, grande production beaucoup de bureaux, beaucoup de personnes. La personne de l’accueil préviendra le réalisateur de votre arrivée qui dans le meilleur des cas viendra à votre rencontre. Le producteur que vous avez peut-être déjà croisé sera peut-être avec lui, mais si ce n’est pas le cas on vous le présentera plus tard.
Vous vous installerez dans le bureau du réalisateur. À ce moment-là le réalisateur va vous dire la phrase classique : alors ça vous a plu ?
C’est là que vous allez lui faire les compliments d’usage sans en rajouter. Vous reprendrez un petit peu tous les éléments que vous avez notés chez vous sur cette fiche de lecture.
Il va vous poser des questions, éviter de répondre sur le fond soyez toujours dans le concret, soyez déjà l’assistant metteur en scène qu’il a envie de voir sur le plateau c’est-à-dire quelqu’un qui exécute, et non pas quelqu’un qui fait des commentaires.
Développez l’aspect technique du tournage sans pour autant donner l’impression de quelqu’un qui ne peut pas les résoudre. Au contraire, montrer que vous avez de l’expérience pour gérer tous ces problèmes.
Ce deuxième rendez-vous est en général très rapide, la plupart du temps le réalisateur a déjà pris sa décision en votre faveur, sinon vous auriez déjà reçu un coup de téléphone vous annonçant la mauvaise nouvelle. Il conclura donc cet entretien en disant quelque chose du genre : Très bien… écoutez c’est bon pour moi. Vous pouvez commencer quand ?
Vos répondrez : dès que possible,
Il vous dira : Venez ! Je vais vous présenter le producteur et le directeur de production.
Très vite, vous allez rentrer dans le concret. Le producteur vous sera présenté. C’est toujours un petit peu court la première fois et on vous confiera immédiatement à la deuxième personne très importante : le directeur de production ou UPM (unit production manager) avec lequel vous allez négocier votre contrat et parler un peu plus concrètement du contexte de votre travail.
Arrêtons-nous un instant sur les différents types de producteurs.
À LA DÉCOUVERTE DE LÉQUIPE TECHNIQUE CHAP.5 : les producteurs
Le producteur en France

« Le producteur de l’œuvre audiovisuelle est la personne physique ou morale qui prend l’initiative et la responsabilité de la réalisation de l’œuvre. » Article 132-23 du code de la propriété intellectuelle. Le producteur est indispensable au développement d’un film. C’est lui qui recherche des projets avant de les développer. Ces derniers peuvent être de sa propre initiative ou portés par un scénariste, un réalisateur ou un éditeur de romans.
C’est lui qui choisit le réalisateur. C’est lui qui choisit les éventuels scénaristes pour écrire ou étoffer un scénario. C’est lui qui cherchera les financements nécessaires à la réalisation du film, il en est responsable financièrement, techniquement, artistiquement et il garantit la bonne fin du film. Le producteur n’est pas celui qui va payer de sa poche tout le film, il va chercher à collecter des fonds auprès d’investisseurs comme les chaines de télévision ou les sociétés de production.
Il ne travaille pas avec son propre argent. En France légalement, 5% minimum du budget d’un film doivent provenir de sa boite de production.

Le producteur aux états unis
Aux USA il arrive néanmoins que des sociétés de production aient suffisamment de moyens pour financer intégralement leurs propres films tels que les studios américains (Disney, Warner Brother, Marvell).
Comme le producteur est responsable financièrement, il doit d’abord vérifier que le projet est faisable puis faire respecter le planning de fabrication du film.
Quelques journées supplémentaires peuvent vite coûter très cher. Un budget qui déborde trop peut compromettre sa pérennité.
Le terme producteur désigne des fonctions très différentes selon les pays.
Schématiquement, on peut opposer le producteur de studio (ou major de cinéma), c’est-à-dire une grande entreprise de production s’appuyant sur les banques et autres organismes financiers, et le producteur indépendant qui travaille pour sa structure et compte bien souvent sur les aides d’organismes divers.
Les producteurs sont souvent plusieurs et se partagent les tâches, voici les variantes que vous pouvez rencontrer :
Le producteur délégué (executive producer)
Il est responsable juridiquement et financièrement. Notamment, il doit assurer la bonne fin. C’est-à-dire que le film soit terminé dans les temps sans dépassement de budget vis-à-vis de tous les investisseurs qui ont donné leur argent. C’est un peu lui le boss de la production. Il pilote la conception du projet en supervisant l’écriture du scénario, étudie la faisabilité, conçoit le montage financier en recherchant des financements (partenaires, aides, etc.) Il établit et fait respecter l’agenda de la fabrication. Il exploite l’œuvre produite dont l’exploitation est confiée au distributeur. Ces missions sont très souvent assurées par la même personne morale ou physique. Aux Usa il a le Final Cut pas en France.

Producteur exécutif (line producer, executive in charge of production)
À la différence du producteur délégué, le producteur exécutif ne détient pas des droits de production sur le film. Il est choisi par ce dernier pour encadrer une partie ou l’ensemble de la production, mais il n’exerce pas de responsabilités qui sont toujours l’affaire du producteur délégué. Il ne sera pas copropriétaire du film. Il est présent sur le terrain pour préparer le film, pour réunir tous les moyens techniques et humains, gérer les contrats. Pendant le tournage, il fait respecter la tenue du calendrier, en suivant l’avancement jusqu’à la post-production.

Le producteur associé (associate producer)
Il apporte des fonds, mais ne participe pas dans la production du film. Il intervient souvent en fin de tournage, lorsque des fonds sont nécessaires pour finir le film et que tout a été dépensé.

Le co-producteur (co-producer)
Lui aussi apporte des fonds au projet. Encore faut-il une contrepartie : il obtient des droits de propriété (il touchera un pourcentage sur les recettes du film). Il demande aussi à ce que le film soit fini dans les temps sans dépassement de budget : encore la garantie de bonne fin ! Ces producteurs peuvent avoir des assistants dont les fonctions varient selon les besoins et l’ampleur d’un projet. Chaque film possède son organisation, il peut y avoir plusieurs producteurs exécutifs ou co-producteurs comme il peut ne pas y en avoir. Sur le film « the come back trail » avec Robert de Niro, ils ne sont pas moins de «35 executive producers !
UPM unit production manager (Directeur de production)

Arrêtons-nous plus longuement sur un poste à qui vous allez avoir à faire au cours d’un tournage international. C’est en fait un poste typiquement américain qui se place entre le premier assistant réalisateur et le directeur de production français.
Dans le cas d’une coproduction internationale, il peut arriver que vous soyez engagé comme premier assistant français parce que le réalisateur est français et que le directeur de production français ne vienne pas sur le tournage à l’étranger, cependant, le UPM prendra sa place dans le cadre de la co-production.
Vous allez voir que ces fonctions définies par le syndicat américain DGA, sont assez proches des fonctions du premier assistant français et du directeur de production. Il est tenu de coordonner, de faciliter et de superviser la préparation et le tournage de la production, de toute la logistique, des décisions de production au jour le jour, des décors, des calendriers budgétaires et du personnel.
- Préparer la ventilation et le pré plan de travail.
- Préparer et coordonner le budget.
- Superviser les repérages et finaliser les négociations de décors.
- Aider à la préparation de la production.
- Superviser l’achèvement du rapport de production pour chaque jour de tournage.
- Coordonner les arrangements pour le transport et le logement des acteurs, de l’équipe et du personnel.
- Superviser et vérifier les feuilles de « release ».
- Maintenir une liaison avec les autorités locales en ce qui concerne les emplacements et l’exploitation de l’entreprise.
- Mettre en place le bureau de production et les systèmes en coordination avec le coordinateur du bureau de production
- Travailler avec les différents syndicats (DGA, SAG, WGA, IATSE et TEAMSTERS) pour soumettre et finaliser les contrats.
- Gérer les questions liées aux arrangements contractuels du « above the line » acteurs, réalisateurs et producteurs.
- Travailler avec l’équipe comptable pour s’assurer que le film est en permanence admissible à des crédits d’impôt (incentives).
Responsabilités et devoirs
Un UPM crée un calendrier de tournage préliminaire en tenant compte du budget de la production.
Les nombreuses tâches d’un UPM
Les tâches du UPM comprennent également le recrutement des techniciens et acteurs la négociation des contrats des lieux de tournage. Un directeur de production vérifie et valide, le rapport de production de la fin de la journée. Il vérifie et s’assure que tout était suffisant et qu’aucun obstacle futur n’est prévu.
Le UPM et les budgets
Selon la taille de la production, le directeur de production engage un ou plusieurs comptables de production pour garder un œil sur les fonds de cash sortant, pour exécuter les salaires chaque semaine, faire un « cost report » journalier et hebdomadaire pour anticiper les dépassements.
Hébergement et transport
L’UPM s’occupe également du transport et de l’hébergement des acteurs et de l’équipe. L’UPM s’efforce de garder tout le monde à l’heure pour le film. Parallèlement, l’UPM tient au courant heure par heure le producteur de l’évolution du tournage.
Ce type de travail exige que le directeur de production soit constamment de garde. L’UPM partage également son temps entre le plateau et les bureaux de production.
Infos pratiques
Négocier son contrat avec le UPM ou le directeur de production
Vous venez d’être présenté au directeur de production. Vous ne le connaissez pas et vous lui donnez votre CV. Il fera sûrement quelques remarques sur des gens qu’il connait dans votre parcours et vous posera des questions. Très rapidement il abordera le sujet financier de votre travail. Il est très important de lui faire comprendre que vous allez être son partenaire autant que celui du réalisateur. Il veut absolument être rassuré là-dessus.
Dans le meilleur des cas, le directeur de production a vu toute votre expérience sur votre CV, il connaît les méthodes de certaines productions alors il vous demandera quel est votre tarif. C’est devenu de plus en plus rare. Comme dans toute négociation, annoncez un peu plus que le tarif syndical, 10 ou 20% puis vous négocierez avec lui.
S’il ne vous demande pas votre tarif, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de moyens. Mettez-vous aussi à sa place, il a peut-être démarré une semaine avant vous et vous allez être une de ses premières dépenses récurrentes.
Comme toujours dans le cinéma il n’y a jamais assez d’argent. Il vous fera un petit laïus pour dire combien la production est compliquée à monter, que le film est difficile à faire, qu’il va y avoir beaucoup de dépenses et donc que vous allez être payé au tarif syndical, mais que les heures supplémentaires ne seront pas payées. Il sait que c’est en partie grâce à vous qu’il n’y aura pas d’heures supplémentaires, car c’est vous qui tenez le plateau. Ce qui l’intéresse lui, c’est que vous puissiez travailler en bonne harmonie, que vous respectiez le plan de travail, que vous soyez aussi proche de lui que du réalisateur. Rassurez-le, faites-lui bien comprendre qu’il sera au faîte de toutes les décisions qui pourraient être prises en son absence.
Il faut dire que le contexte syndical en France est devenu strict. Depuis 40 ans les situations se sont améliorées au profit des techniciens. Il fut un temps où on pouvait être payé au noir, on n’avait pas de feuilles de paye, mais tout cela est terminé heureusement. Mais vous pouvez être confronté à une proposition ou on vous demande de travailler à -10, -20,-30% du tarif syndical. Il faut toujours considérer cette option avec prudence. Autant les conditions de travail se sont améliorées autant les tarifs sont devenus n’importe quoi. Il faut savoir que beaucoup de jeunes assistants ou de jeunes techniciens acceptent du -10, -20, -30% pour pouvoir travailler. Ils savent qu’ils vont pouvoir compléter leur nombre d’heures minimum pour toucher le chômage (les ASSEDIC).
Si le film ou la série est sur une très longue durée, vous pouvez envisager un abattement. On peut aussi vous proposer un contrat en participation, c’est-à-dire que vous touchez 60 % du tarif syndical et le reste suivant les recettes du film. Ne rêvez pas, ça arrive très rarement de récupérer son argent.
Pour résumer, c’est à vous de décider jusqu’où vous êtes prêt à aller pour travailler. Revenons à Paul, il vient de passer six mois sans travailler il a besoin de compléter ses 507 heures aux ASSEDIC, le projet est intéressant et il va donc accepter de travailler en dessous du tarif syndical. Sachant que toute l’équipe accepte également.
Suivant la réactivité de la production vous pouvez être amené à signer tout de suite un mémo deal, (voir modèle plus bas) c’est ce qui se pratique dans les productions anglo-saxonnes, alors que sur les productions françaises le contrat arrive en général beaucoup plus tard.
doc 10 : j’ai bien reçu le document mais peut-on retirer la dernière page qui est une page de pub? Avez-vous le document sans cette page?
En France il est très fréquent de se mettre d’accord sur un salaire hebdomadaire que vous recevrez régulièrement, mais votre contrat sera généralement signé la dernière semaine de préparation. Le directeur de production se donne comme une période d’essai avant de vous faire signer votre CDD.
Un tour d’horizon entre les États-Unis et l’Angleterre
Comme les assistants réalisateurs américains qui travaillent à New-York
et Los Angeles sont quasiment tous inscrits à la Directors Guild of America. Cette dernière décrit précisément les salaires de base et pas question d’y déroger.
Au Royaume-Uni cependant, les syndicats existent, mais leurs lignes directives sont plutôt comme une série de recommandations plutôt que des exigences fixes.
Il y a une différence significative entre les Anglais et les Américains à partir d’une production de 5.M € : un 1er assistant américain recevra environ 4.500 € la semaine contre 2.000 € pour son homologue anglais.
Les heures supplémentaires
Souvent sur les tournages belges francophones ou français les techniciens devaient d’office offrir cinq heures supplémentaires à la production par semaine ce qui équivaut à une heure par jour.
Le producteur demande donc au premier assistant de rajouter
la feuille de service le « +1h ». Étant donné que cette heure supplémentaire est annoncée, la production ne s’inquiète pas de savoir si l’équipe est d’accord de la payer, car c’est dans leur contrat.
En Nouvelle-Zélande, même sur des tournages fauchés, les heures supplémentaires sont payées et il est aussi demandé si les gens sont d’accord de travailler plus longtemps.
Il y a donc une différence énorme de mentalité entre les Français et les Anglo-Saxons.
Après le rendez-vous avec le Directeur de production, vous aurez rendez-vous avec la comptabilité pour parler de votre contrat et signer votre DPAE (Déclaration préalable à l’embauche) et remplir une feuille de renseignements comme celle-ci.
Le travail du premier assistant réalisateur Chapitre 5
Votre premier jour au bureau

C’est un grand jour pour Paul, c’est son premier jour à la production, son premier jour de préparation sur les huit semaines qui vont s’enchaîner à une vitesse exponentielle. À huit semaines du premier jour de tournage, tout est possible dans sa tête, il croit qu’il a beaucoup de temps, mais c’est faux. Dans la production audiovisuelle et cinématographique, les techniciens sont obligés de faire connaissance très vite. On ne perd pas de temps en considérations, on va à l’essentiel tout de suite, car on sait que les minutes sont comptées jusqu’au premier jour de tournage. Les premiers contacts avec les gens de la production sont toujours très chaleureux.
L’installation dans votre bureau
Paul prend possession de son bureau. Il va sûrement rencontrer des personnes qu’il n’avait pas vu la dernière fois comme la comptabilité, la secrétaire, peut-être un stagiaire de la production qui va faire les courses, ou d’autres productions en cours si c’est une grosse boite de production. On va lui montrer la machine à café, et l’accès à la photocopieuse.
Paul se renseigne sur les horaires du bureau, car il aime arriver très tôt avant tout le monde. Peut-être qu’on lui confiera une clé. On va lui demander tout de suite s’il a besoin de quelque chose, c’est à ce moment-là qu’il ne faut pas hésiter à demander une fois pour toutes un certain nombre de choses. Vous pouvez aussi les avoir avec vous. Des marqueurs, du papier, un grand tableau blanc effaçable ou une grande feuille de papier blanc sur laquelle vous allez faire le planning avec des paquets de post-it.
Récupérez aussi les numéros de téléphone et les mails importants. Partager les vôtres auprès de la secrétaire de production.
Installez-vous à votre bureau, occupez tout l’espace nécessaire, car vous allez en avoir besoin. Si possible positionnez-vous face a la porte d’entrée pour avoir la meilleure vue sur la circulation du bureau dans le bureau. Ne fermez jamais votre porte sauf cas exceptionnel. Il faut que tout le monde puisse avoir accès à vous et à vos informations sans avoir besoin d’ouvrir la porte ni de frapper.
Combien de temps de préparation du premier assistant ?
Idéalement 1 semaine et demie par semaine de tournage. Maintenant c’est 1 pour 1. Il est fréquent que quand le 1AD arrive dans le bureau du directeur de production, on lui dit combien il a de semaines. C’est à lui de se débrouiller. En général ça passe. Quelques fois on déplace le début du tournage de quelques jours à la dernière minute, s’il y a un problème particulier ou parce qu’on n’est pas prêt.
Un téléfilm se tourne entre 20 et 23 jours, et on vous alloue 5 semaines de préparation environ. Pour un long métrage, c’est un pour un. Sur les très gros films américains, c’est une semaine et demie pour une semaine de tournage. Mais de plus en plus les prépas sont courtes et c’est de fausses économies.
Il est de plus en plus fréquent que sur les productions anglo-saxonnes de faire une « soft-prep » ou pré-préparation en français. Seuls quelques techniciens dont le premier assistant réalisateur y participent. Sur les productions anglo-saxonnes, c’est systématique depuis quelques années. Sont concernés : le réalisateur, le premier assistant réalisateur, le production designer, le directeur de production, le Line Producer, et quelqu’un de la comptabilité.
Sur certaines productions US on tourne une semaine de 5 jours, alternée avec une semaine de 6 jours, car la tension est tellement forte sur un tournage qu’on est content d’avoir un week-end sur deux. Sinon on tourne cinq jours par semaine, ou six à l’étranger. Les jours de repos sont en principe les week-ends, mais ce n’est pas toujours le cas. Il peut y avoir des situations où vous avez besoin de tourner un samedi, un dimanche, ou un lundi dans un musée par exemple. Dans ce cas après avoir négocié avec l’équipe les jours de repos seront tous les six jours ou cinq jours jusqu’à ce qu’on retombe sur un week-end.
Aux États Unis et dans les pays anglo-saxons, presque toute l’équipe technique démarre en même temps. En France il y a des temps de préparation qui varient en fonction des postes.
À quoi bon engager des peintres si on ne sait pas quoi peindre, des constructeurs si on ne sait pas quoi construire. Disons que dans l’ordre logique les premiers départements à être engagés en dehors de ceux qui le sont déjà et dont on a parlé, sont la régie, la décoration, les costumes. Les derniers à être engagés en préparation sont, coiffure, maquillage, son, cascadeur, caméra. Tous ces départements ont en général entre 1 et 2 semaines de préparation. L’équipe montage du film démarrera après la première semaine de tournage. Ce système de préparation en décalé est un petit peu vicieux, car quand un accessoiriste sait qu’il va faire un film il va commencer à travailler chez lui par conscience professionnelle. Il ne sera évidemment pas payé par la production. Cela dit il peut aussi négocier.
Pendant la préparation il y a 2 patrons importants, le directeur de production et le premier assistant réalisateur.
Ce sont eux qui vont tout gérer, qui vont dire au réalisateur quoi faire, et qui rencontrer. Sinon le réalisateur sera chez lui à travailler sur son découpage technique, mais en général il passera plusieurs fois par semaine au bureau. Le producteur, vous n’allez pas le voir beaucoup. Il va boucler son financement avec les chaînes, il va prendre des rendez-vous avec des banques. Le premier assistant réalisateur va s’occuper de tout préparer pour que tous les intervenants puissent avoir les infos du réalisateur.
Tout le monde n’aura pas un rendez-vous avec lui. Le premier assistant et là pour faire l’interface. Le directeur de production va être principalement occupé à ajuster son budget négocier les contrats des acteurs des techniciens des décors et ainsi de suite.
INFOS PRATIQUES
Cinq ou six semaines ? Jours ou Semaines ?
Il faut savoir aussi si les semaines seront de cinq ou six jours. Et dans quel pays vous allez tourner. Au bureau nous vous conseillerons de parler en jours de préparation ou de tournage pas en semaines, car il peut y avoir des jours fériés…
Prenons un exemple un peu extrême. On vous dit : 5 semaines de préparation, vous regardez le mois de mai, qui tombe en plein dedans et vous perdez presque 5 jours. Idem pour le tournage. Vérifiez toujours le calendrier des jours fériés. Donc, parlez en jours pas en semaines et après vous faites le calcul pour donner le nombre de semaines. Ça peut être un chiffre avec une virgule.

Que fait-on pendant une préparation de 8 semaines
Les deux premières semaines de préparation seront essentiellement consacrées à la mise en place du dépouillement, du plan de travail, de l’amorce des repérages, de la préparation du casting des rôles secondaires et des rôles principaux s’ils n’ont pas été choisis.
Les troisièmes et quatrièmes semaines de préparation sont consacrées essentiellement à l’élaboration du plan de travail en fonction des décors qui ont été déjà validés. On s’occupera aussi du casting de la figuration. Les cinquièmes et sixièmes semaines de préparation sont réservées à des réunions, des tests, des essais maquillage, coiffure et costumes. À ce stade-là, l’équipe est presque complète.
La septième et huitième semaine de préparation sont principalement réservées à la validation de toute la préparation, la finalisation du plan de travail et des listes de dépouillement général.
Bien sûr la dernière semaine est consacrée à la préparation de la feuille de service et à de grandes réunions de production. Une pour la lecture du scénario, l’autre pour les repérages techniques de tous les décors.
Les étapes personnelles de votre préparation
-1ère lecture : peser le scénario
-2eme lecture : analyser le scénario
-Faire le planning général du compte à rebours de la production
-Faire un DPS pour commencer à faire circuler les informations
-Faire une check list
-Faire un premier dépouillement (dépouillement minute)
-Faire un premier plan de travail (plan de travail minute)
-Lancer les repérages
-Lancer le casting
-Finaliser le plan de travail
-Finaliser le dépouillement en le transformant en dépouillement général
-Faire les feuilles de services
Nous passerons en revue toutes ces étapes et bien d’autres tout au long des CinéCours

INFOS PRATIQUES
Le tableau- planning compte à rebours de la préparation
Quand débute la préparation et le moment du choix des outils de communication avec l’équipe, le tableau de production, le « Daily Production Schedule » (DPS) et la check liste de production, sont des options efficaces et économiques qui renforceront la coordination des départements en préparation. L’assistant réalisateur peut proposer ces outils s’ils sont ignorés jusqu’alors par la production.
La base du métier d’un premier assistant réalisateur est la communication. Montrez et exposez votre travail, n’hésitez pas à faire un tableau bien visible afin que tout le monde puisse en profiter et poser des questions sur le planning et le plan de travail affiché au mur. Vous verrez, ça facilite beaucoup la communication. Il s’agit d’un grand tableau blanc ou d’une grande feuille blanche sur laquelle vous aurez dessiné en vertical, une colonne par semaine de préparation et idem pour le tournage. Donc huit semaines de prépa huit semaines de tournage, c’est ce que l’on en tout avec en abscisse les semaines et les jours en ordonnée. Sur ce tableau vous utiliserez des Post-it avec les rendez-vous importants de la préparation, et pour le tournage vous pourrez commencer à mettre les décors par jour de tournage.
INFOS PRATIQUES
Le daily production schedule (DPS)
Il ressemble beaucoup à votre propre tableau de production. Il est utilisé par les productions anglo-saxonnes, systématiquement par le bureau de la production, mais vous pouvez en prendre quelques éléments et les appliquer à votre propre tableau.Le « Daily Production Schedule » (DPS) est en fait un « simple » rétro-planning. Aussi connu sous le nom de « Prep Schedule ». C’est une sorte de calendrier prévisionnel rédigé par l’assistant réalisateur ou par la coordinatrice de production avant le tournage pour transmettre les grandes et petites échéances de la préparation à l’équipe. C’est surtout une manière de communiquer et transmettre votre grand tableau blanc.
Un planning repose sur la planification d’échéances avec une date de début de tournage. Le rétro-planning, consiste à les planifier avec une date butoir.
Assez courant à l’étranger, ce document est rédigé et envoyé par l’assistant réalisateur ou la secrétaire de production qui centralise, au bureau de préparation, les informations qu’on lui transmet. Il est généralement soumis au directeur de production, et au premier assistant réalisateur avant sa diffusion.
Sur certains films « low budget », il arrive que le second assistant réalisateur s’en charge temporairement en début de préparation si les effectifs dans le département production sont réduits.
Son contenu est très simple, car il tient en 4 mots à l’ordre indicatif : le « Quand, Quoi, Qui, Où » « When, What, Who, Where ! »
En France, on y préfère souvent le simple mail qui confirme l’événement ou les agendas partagés de Google Calendar.
Le « Where » & le « When » Ou ? et Quand ?
Le lieu et la date / heure de l’événement.
Le « What » Quoi ?
Une audition, une lecture technique, un repérage, une répétition, un essayage
costume, un essai maquillage ou effets spéciaux (SFX), une nouvelle version de
scénario, un nouveau plan de travail, des essais filmés ou des essais caméras,
les indisponibilités du réalisateur ou d’un comédien, etc…
Le « Who » Qui ?
Les personnes concernées par l’échéance en question et qui seront bien sûr
citées sur la ligne correspondante.
Comment faire votre « DPS » ?
Sous un logiciel de traitement de texte ou un tableur. Par semaine et par jour calendaire, ouvré ou ouvrable)
Les jours calendaires, les 7 jours de la semaine, les jours ouvrables, les 6 jours sans le dimanche et ouvrés c’est-à-dire les 5 jours sans le samedi et dimanche.
Les week-ends peuvent y figurer. Les indiquer en gris par exemple.
Comme en-tête d’une semaine, on peut faire figurer une ligne non déterminée à un jour précis. Cela correspondra à un événement qui doit se tenir cette semaine-là, mais dont la date n’est pas encore confirmée.
Distribution du « DPS » ?
Par mail, en pièce jointe et au format PDF. Généralement à toute l’équipe même si tous ne sont pas concernés par les échéances qui y sont indiquées. Cela permet de donner une vue d’ensemble sur les avancées préparatoires et de sensibiliser un équipier sur un événement qui pourrait l’intéresser.
Ce document est envoyé par la production, comme évoqué plus haut, tous les jours et uniquement aux techniciens, pas aux acteurs.
Vous pouvez agrémenter ce document avec le logo de la production, indiquer une date d’émission, d’édition, utiliser des trames de couleur.
On peut aussi indiquer la date de la première journée de tournage avec les semaines -1, -2, -3 afin de montrer le temps qu’il reste avant le jour J.
Optez pour la lisibilité en restant simple tout en adaptant ce document au type de projet.
La rédaction, la transmission et la lecture des informations contenues dans ce document nécessitent peu de technologie tel qu’un mail et une connexion internet.
Les agendas synchronisés sont parfois instables ; réglages parfois complexes et bugs… Tout le monde ne possède pas un smartphone adapté, une application à jour ou une connexion internet 24h sur 24.
INFOS PRATIQUES
La production check list
Si le tableau est suffisamment grand, organisez un coin dans lequel vous mettrez des post-it avec toutes les tâches à faire pendant la préparation. Vous le verrez tous les jours, devant tout le monde pourra vous poser des questions à propos de telle ou telle chose. Dites-vous que votre travail à partir d’aujourd’hui, doit être partagé par le plus grand nombre.
Voici une liste exhaustive des tâches à accomplir et à reporter sur vos post-it. Notez que certaines ne vous concernent pas directement mais vous allez y être impliqué. Par exemple les dossiers d’autorisation de tournage pour les enfants. Très vite le directeur de production va vous demander le nombre de jours et les dates, les dossiers sont longs à faire et il y a des dates pour le passage en commission.
Principales listes de choses à mettre dans votre check list
Vous
la personnalisez bien sûr à votre guise. Elle est délibérément faite en deux
langues
- Crew list
- Scénario distribution list
- Dossier autorisation enfants
- Préparer les release sheets
- Préparer la liste des contacts
- Finaliser le casting
- Préparer des listes de casting
- Repérages
- Repérages techniques
- Essais costumes
- Essais maquillage, coifure
- Rdv cascadeur
- Dialogue Coach
- Horaire des répétitions
- Figuration doublures lumière
- Finaliser le script
- Scripts, script changes
- Script dupliqué
- Script distribué acteurs
- Distribution à l’équipe
- Préparer un plan de travail one-liner
- Animaux
- Conseillers techniques
- VFX
- Pré-tournage de 2nd équipe
- Lister les images d’archives
- Check request forms
- Purchase orders
- Petty cash envelopes
- Release forms
- Cast lists
- Contact lists
- Shooting schedules
- Day-out-of-days
- Maps to the locations
- Extra vouchers
- Contact List (local and location)
- Final staff and crew list
- Call sheets
- Production reports
- Final shooting schedule
- Final day-out-of-days
À la découverte de l’équipe technique Chapitre 6
La comptabilité ( accounting dept)

En France, la directrice financière ou l’administrateur de production est celui qui gère tout le budget du film par rapport aux dépenses ou plutôt qui gère les dépenses par rapport au budget du film. Ce département s’occupe évidemment d’établir les feuilles de paye. On voudra on vous demandera donc de remplir une DPAE (que nous verrons un peu plus loin) avec toutes les indications sociales nécessaires à votre déclaration auprès du ministère du Travail. Vous serez sûrement obligé de mettre à jour votre visite médicale et de le prouver.
Elle vous rappellera le principe des dépenses dans la production. Si vous avez besoin de cash, vous remplirez un formulaire spécifique avec le montant et la raison de la dépense, vous le faites approuver par le directeur de production et ensuite elle vous remet le cash dont vous avez besoin.
Il est préférable de rendre ses notes de frais chaque semaine. Vous récupérerez donc également un formulaire approprié, ou il vous faudra remplir la date, la raison de la dépense et le montant TTC et hors-taxes. Vous agraferez les notes de frais par ordre chronologique en ayant bien pris soin de mettre un numéro d’ordre sur chaque note de frais, ce même numéro que vous retrouverez sur le formulaire.
Une fois ce document terminé vous le ferez valider par le directeur de production et vous le déposerez à la comptabilité pour votre remboursement.
En général au début d’un tournage on vous alloue une certaine somme et on vous rembourse cette somme ou plus.
Si vous avez besoin d’un chèque ou d’un transfert pour un prestataire le principe est le même, validation par le directeur de production et la comptable s’occupe du reste.
Le poste d’assistant réalisateur n’est pas un poste qui dépense. Le régisseur général en revanche est celui qui a besoin de cash tout le temps.
Sur les productions anglo-saxonnes pendant la préparation, le déjeuner est inclus et pris en charge par la production. En France et en Europe, c’est beaucoup plus rare, et en général ce n’est même pas remboursé dans vos notes de frais. Sauf bien sûr si vous invitez quelqu’un pour négocier un décor ou autre, mais vous aurez bien pris le soin de prévenir au préalable le directeur de production.
Infos pratiques
Vos dépenses personnelles pendant le tournage
Les
notes de frais sont les dépenses engagées par les personnels salariés dans la
production du film et qui doivent leur être remboursés. L’usage veut que la
production fasse une avance au salarié afin que celui-ci n’utilise pas sa
trésorerie personnelle. Dans ce cas, les dépenses indiquées sur les notes de
frais seront déduites de l’avance.
Ce sont des pièces justificatives essentielles servant au suivi et au
classement des différentes dépenses liées au film.
Ne trainez pas pour les rendre en temps et en heure, idéalement une fois par semaine
Accompagnez-les de leurs justificatifs, c’est-à-dire une facture, avec le nom et l’adresse de la production.
Utilisez le modèle fourni par la production.
Quels
sont les principaux frais généralement admis : Frais de décors, accessoires,
costumes, frais de transports et d’hébergement, frais affectés au matériel
technique, frais de carburant, péage, repas.
Marquer sur chaque note de frais
– Votre nom, votre fonction, le type de dépense, idéalement un genre de
dépenses par note de frais.
–Numéroter les dépenses par ordre chronologique.
–Indiquer la date de la dépense
–indiquer le descriptif de la dépense.
–Indiquer le prix de la dépense TTC dans la colonne.
–Ne reportez jamais vous-même le calcul de la TVA même s’il est indiqué
–Signer la note de frais avant de la remettre au directeur de production.
–Pas de remboursement possible si les notes de frais ne sont pas approuvées par le directeur de production
Si vous vous servez de votre voiture pour travailler, repérages ou autre, vous recevrez un défraiement par semaine sur justificatif d’essence et/ou sur forfait kilométrique par rapport à votre véhicule. Si vous utilisez votre téléphone personnel, arrangez-vous avec la comptabilité pour faire un relevé des dépenses mensuelles. Sur les productions américaines, c’est fréquent que l’on vous confie un téléphone avec son abonnement pour le temps du tournage.
Sur les productions anglo-saxonnes, il y a beaucoup de gens dans le « accounting département ». Un chef comptable un assistant comptable un caissier et une personne dédiée spécialement aux salaires. Sur les productions françaises, il y a en général deux ou trois personnes.
Le travail du premier assistant réalisateur Chapitre 6
Introduction au dépouillement (script breakdown)
Avertissement
Le dépouillement est la partie la plus importante du travail du premier assistant. Il est donc essentiel que vous assimiliez bien tout le processus. N’hésitez pas à nous poser des questions. Afin de rendre l’exercice moins fastidieux, nous avons ponctué des petites vidéos et photos au gré des différentes catégories.
Jusqu’à l’arrivée de l’informatique, on faisait à la main une fiche par séquence. C’est ce que nous allons faire, car c’est la meilleure manière d’apprendre et vous ne serez pas obligé d’acheter tout de suite un programme. Puis on regroupait ces fiches par ordre de priorité pour obtenir le plan de travail. Ce plan de travail était réalisé sur des grandes feuilles de papier avec tout simplement une règle, un crayon à papier et une gomme. Chaque feuille de dépouillement était reportée sur une baguette en carton, qui elle-même était insérée dans un énorme dossier aux volets en accordéon qu’on appelait « production-board ». Ce système avait la souplesse pour les changements de plan de travail, puisqu’il suffisait de déplacer les baguettes à la main, mais il était lourd et volumineux. L’ordinateur portable et des tableurs comme Excel apparurent fin 80 pour le remplacer. Puis, un peu plus tard, Movie Magic Scheduling, fit son apparition. Depuis les programmes se sont multipliés, mais le principe reste le même.
Le premier assistant réalisateur débute souvent son travail avant même que la préparation du film ait commencé. Il est chargé par la production de faire un pré-plan de travail afin d’évaluer le temps de tournage et les contraintes. Ce qui permettra au directeur de production d’ajuster son devis et de vérifier si le projet est bien faisable. De plus, il traque tous les problèmes d’intitulés de séquences, de structures ou d’incohérences de personnages…
Il y a trois documents fondamentaux que nous allons étudier dans le détail de leur élaboration :
- le dépouillement dans le cours 2 et 3
- le plan de travail dans le cours 4
- et la feuille de service dans le cours 5
Le dépouillement c’est le document qui regroupe toutes les informations vitales pour votre film, séquence par séquence. Le dépouillement vous permet toujours de savoir de qui, de quoi vous avez besoin et dans quelles conditions. C’est le document de travail indispensable pour pouvoir tourner. Bien évidemment ce dépouillement s’apparente à une check-list et n’est pas un outil de planification de tournage. Une fois que vous savez de quoi vous avez besoin, grâce à ce document, et que chaque poste sait ce qu’il doit préparer pour être prêt le jour J, vous pourrez passer au plan de travail.
Le dépouillement est donc un gros document qui reprend tout ce qui se trouve dans votre scénario. Comme c’est une page par séquence vous réfléchirez sérieusement avant de l’imprimer.
Le dépouillement consiste à faire une lecture minutieuse de votre scénario, séquence par séquence et ligne par ligne.
Le dépouillement se divise en plusieurs cases.
Chaque case correspond à une Catégorie : Mise en scène, Machinerie, Comédiens, Accessoires, Costumes, Maquillage, Décors etc.
À chaque changement de séquence, il faut prendre une nouvelle page. Si vous avez 200 séquences, votre dépouillement sera constitué de 200 pages. Comme un film se tourne très rarement dans l’ordre chronologique, cela permet de toujours s’y retrouver.
Le choix des scénarios pour les cours
Pour l’exercice nous choisirons plusieurs scénarios le film n’ont pas été tournées le premier est un film contemporain qui se passe en Colombie dans les années 2000, ensuite un film d’époque (1784) tourné en France et vous aurez donc à votre disposition plusieurs pages du scénario et plusieurs exercices à faire.
Les outils informatiques
Sachez que les outils informatiques ont les énormes avantages d’accélérer une saisie un peu répétitive. Ces programmes sont évidemment payants, il existe différentes formules avec des forfaits illimités ou par projet. Mais nous utiliserons une méthode beaucoup plus classique et simple avec une feuille Excel.
Les différences entre les dépouillements français et anglo-saxons.
Le principe de présentation reste à peu près le même. Cependant les Anglo-saxons et surtout les Américains sont beaucoup plus pointilleux par exemple : si Tom Hanks, coupe des buches. Il faudra prévoir une doublure, une fausse hache et des buches pré-coupées pour une question de sécurité et afin d’éviter tout problème en cas d’accident. Il est évident que la sécurité n’est pas mise de côté dans aucun pays, cependant, ces petites choses à nos yeux prennent des proportions gigantesques du côté anglo-saxon.
De plus, cela aura un impact sur le plan de travail et la préparation.
Pour une voiture qui part en trombe et fait un tête à queue, il faudra le régleur cascade, la voiture et prévoir l’entraînement pendant la préparation.

Généralement, aux États-Unis, les cascades et les effets spéciaux sont plus faciles à gérer, car ils ont l’habitude. Ils ont historiquement des départements extrêmement spécialisés et très bien rodés afin d’avoir l’effet parfait. Ce sera la deuxième équipe qui aura la charge de tourner ces plans. En France, la notion de deuxième équipe n’est pas tellement réelle, c’est surtout une équipe réduite (skeleton crew) qu’on envoie en amont ou en aval du tournage.
Dans les pays anglo-saxons, c’est une équipe complète qui peut parfois atteindre plus d’une centaine de personnes avec son propre plan de travail et feuille de service.
Le dépouillement du premier assistant réalisateur et celui des autres
C’est le premier assistant qui va faire le premier dépouillement, il sera incomplet nous l’avons nommé « dépouillement minute ».
L’utilité de faire un dépouillement « dépouillement minute » est de communiquer au plus tôt possible les éléments importants au directeur de production.
Et aussi clarifier de nombreux points du scénario en posant des questions très vite au réalisateur sur tel ou tel point pas suffisamment clair.
Mais son « dépouillement minute » est incomplet, car chaque département va faire son propre dépouillement pour enrichir l’information de base pour devenir le dépouillement général, mais la dernière semaine de préparation.
Les costumes, la décoration, le maquillage, la lumière, les machinistes, les électriciens, la régie, tous les corps de métier vont venir grossir votre dépouillement tout au long de la préparation.
Cela pourra aussi permettre aux autres chefs de poste de comparer leur dépouillement avec le vôtre afin que chacun puisse soulever d’éventuels problèmes ou des manques.
Quand le premier assistant commence son dépouillement, il est rare que les décors soient déjà trouvés, que les acteurs soient tous choisis, il y a donc plein de détails qui ne peuvent pas être intégrés dans ce premier dépouillement. Vous avez ainsi la mesure de l’étroite collaboration qu’il doit y avoir entre vous, premier assistant et le reste de l’équipe.
Vous mesurez aussi l’importance des informations, et la communication au reste de l’équipe.
Jusqu’au dernier jour de la préparation, ce dépouillement va s’enrichir avec tous les techniciens qui vont travailler sur le film. Les dernières informations seront collectées au cours de la grande réunion de production en présence de tous les techniciens, le dernier jour de la dernière semaine de préparation (cours 5).
Le temps et la méthode
Paul commence par faire une première lecture très rapide du scénario pour vérifier la numérotation, il se peut qu’un numéro de séquence se répète ou qu’il manque des numéros, c’est à lui qu’il appartient de renuméroter tous les scénarios. Il fera un mémo à tout le monde bien sûr. La deuxième lecture va être beaucoup plus approfondie. C’est une opération qui peut être très longue et fastidieuse, c’est très important qu’elle soit très longue, car plus il y passera du temps moins il sera obligé d’y revenir. Dépouiller un long métrage prend entre une semaine et deux semaines. Il consignera toutes les informations et ses remarques dans le document appelé : dépouillement général.
La méthode dans l’ordre Créer votre modèle de feuille de dépouillement comme celle qui suit. Attention d’avoir suffisamment de feuilles, car nous vous le rappelons, il y a une page par séquence. Vous pouvez le faire directement sur votre ordinateur, ou sur papier déjà formaté. Si vous le faites à la main, vous pourrez le faire transcrire sur un programme ou dans la feuille Excel par votre assistant ou votre stagiaire, il pourra vérifier ainsi au passage s’il n’y a pas d’erreur. C’est une très bonne méthode de formation que j’ai appliquée à tous mes stagiaires.

Lorsque vous lirez votre scénario, vous allez « éclater » (breakdown) le contenu. Vous reporterez dans chaque case de chaque poste l’élément qui y correspond.
Voyez ci-dessus, une forme horizontale de dépouillement synthétique. Ce modèle est un exemple de dépouillement français.
Vous pouvez à votre gré, changer le contenu des colonnes suivant le genre du film.
L’exemple ci-dessus que vous venez de télécharger est un dépouillement créé sur Excel avec un onglet par séquence, c’est aussi une très bonne solution.

Copier un onglet sur excell. Dans notre cas, vous faites un clic droit sur l’onglet en bas de la feuille, vous choisissez déplacer ou copier. Ensuite vous choisissez « copier la feuille », vous cliquez sur ok et voilà, vous avez créé un double de votre première feuille de dépouillement. Vous pouvez ainsi créer un onglet par séquence. Attention: renumérotez bien l’onglet en cliquant dessus et en changeant le numéro.

Pour tous ces modèles, la procédure est identique.
- Commencez par le numéro de la séquence, et le numéro de page du dépouillement. (Obligatoire dans le « dépouillement minute »)
Même si vous faites une page par séquence, ne vous servez jamais de la numérotation de séquence comme numéro de page.
Il se peut que dans un scénario il y ait des A des B ou des Bis.
- Puis Intérieur ou Extérieur (Int, Ext) (obligatoire dans le « dépouillement minute »)
- Le décor, l’intitulé de la séquence, où l’action se déroule ? (Obligatoire dans le « dépouillement minute »)
- L’effet : (Jour, nuit, aube, crépuscule) (obligatoire dans le « dépouillement minute »)
L’effet n’a rien à voir avec les effets spéciaux, mais avec le fait qu’il fasse Jour ou Nuit. Cela paraît évident lorsque l’on tourne en extérieur, mais lorsque l’on tourne en intérieur il est important que l’équipe connaisse l’effet. Par exemple, si votre séquence 13 est en effet intérieur nuit et que vous êtes obligé de tourner de jour, cela oblige les machinos et les électriciens à recréer la nuit…ce qui demande plus de travail et de préparation d’installation. Si la séquence se déroule en Extérieur, vous savez que vous devrez planifier des horaires de nuit pour tourner cette séquence.

- N’oubliez jamais de mettre la numérotation des séquences. (Obligatoire dans le « dépouillement minute »)
- Synopsis : (obligatoire dans le « dépouillement minute »)
Un petit résumé de l’action : Pierre arrive à la porte de la boulangerie. Il peut aussi y avoir une indication de flashback, et d’année si c’est un film d’époque. Cette phrase est primordiale, vous allez la retrouver sur de nombreux documents tout au long du tournage. Plus tard on aura peut-être oublié le scénario, surtout à quoi correspond tel ou tel numéro de séquence, ce petit résumé va rafraîchir la mémoire à toute l’équipe.
- La continuité : (obligatoire dans le « dépouillement minute »)
Jour 6 par exemple. C’est-à-dire le sixième jour depuis que l’histoire a commencé. La continuité est faite par l’assistant réalisateur puis la scripte. Mais la continuité c’est tout simplement le temps qui s’écoule, les jours qui passent dans l’histoire. Cette continuité va permettre de toujours être raccord. Par exemple, si votre film se déroule sur 6 jours de continuité mais que le jour 2 est composé de plusieurs séquences qui ne se tournent pas le même jour de tournage, et bien, grâce à cette continuité, vous saurez quels costumes vos personnages doivent porter. Pour faire une continuité simple, il suffit de repérer les changements entre les jours et les nuits ou de repérer les ellipses. Chaque changement sera un nouveau jour. La continuité permet aussi de savoir, plus ou moins, à quelle heure se déroulent les séquences. Par exemple : une horloge à l’écran, une montre, les news de 20H, après un diner au restaurant il est forcément autour de 23h., etc.
- Les huitièmes de pages : (obligatoire dans le « dépouillement minute ») comme nous l’avons expliqué plus haut.
Après, vous remplirez toutes les cases des autres catégories au mieux possible sachant que chaque département va faire son propre dépouillement pendant toute la préparation et vous le faire partager.
Les Catégories partie 1
Catégorie Casting : (obligatoire dans le « dépouillement minute »)
Lorsque vous dépouillez votre script, l’un des premiers éléments que vous répertoriez sont les acteurs. Ce sont les personnages de votre script qui parlent à un moment donné pendant le film.
Catégorie Cascades : (obligatoire dans le « dépouillement minute »)
Bien qu’une cascade ne soit ni un objet ni une personne, elle est toujours répertoriée sur votre feuille de dépouillement. Les cascades nécessitent un équipement supplémentaire et des répétitions. Comme c’est le cas avec la plupart des catégories, il existe deux approches pour décomposer les cascades.
Soit vous marquez chaque cascade « le héros est jeté par une fenêtre » comme un élément. Laissez à votre coordinateur de cascades le soin de vous assurer que tous les sous-éléments requis arrivent sur le plateau.
Soit vous décomposez chaque sous-élément de la cascade (cascade doublure, fenêtre praticable, breakaway glass, crash pad, etc.).
Choisissez la première option, jusqu’à ce que le coordinateur de cascades soit engagé et vous minimiserez l’encombrement sur votre feuille de dépouillement.

Catégorie Image / caméra : (obligatoire dans le « dépouillement minute »)
Dans cette case, on indiquera les éléments techniques liés à la caméra ou l’image. Par exemple, si les images sont ralenties, c’est ici qu’on le notera, car en fonction de la nature de cet effet on devra sans doute utiliser une caméra spéciale.

On précisera s’il est prévu de filmer un écran de télévision, pour les mêmes raisons. C’est aussi ici que l’on indiquera si on va devoir avoir plusieurs caméras, donc plusieurs équipes. Ou encore un caisson de prise de vues sous-marine ou un autre objectif spécial utilisé ponctuellement.

Catégorie Électricité : Peu d’indications dans le scénario seront reportées ici, à part des moyens spécifiques comme des « machines à éclairs » en cas de séquence d’orage. On pourra cependant y noter les effets « extinction » en cas de coupure générale de courant dans une séquence, ou « allumage ». En effet, mettre en scène un plan dans lequel tout un bâtiment s’éteint au même moment nécessite une gestion particulière des branchements électriques.

Cette case sera complétée au fur et à mesure de la préparation avec le chef électricien et le directeur de la photographie.
Catégorie Machinerie : On indiquera ici au fur et à mesure de la préparation et des réunions les moyens techniques nécessaires hors liste de matériel classique comme sur les photos qui suivent.





-Une grue pour placer la caméra au bout d’un bras de grue afin de pouvoir l’élever au-dessus du sol.


– Un steadicam : système de harnais qui permet à la caméra de faire des plans compliqués et très longs sans à-coups.

– Une voiture-travelling, ou tout autre système d’accrochage de la caméra inhabituel. Nous aborderons dans le cours 6 tous les types de voitures travelling.


Catégorie Effets spéciaux (SFX) : (obligatoire dans le « dépouillement minute »)
Les effets spéciaux ici sont à la fois ceux de plateau SFX et ceux de « postproduction VFX. Dans les effets de plateau, on pourra souvent rencontrer les impacts de balles, les explosions, bref tous les effets pyrotechniques qui nécessiteront la présence d’un spécialiste.

On aura aussi les effets de maquillage, du style impact dans la tête, coup de couteau, section de membres, etc. Si vous travaillez sur un film d’horreur, il vaut mieux prévoir d’agrandir cette case !
Si vous lisez : la pluie tombe. C’est important pour la mise en scène, il faut prévoir le matériel nécessaire pour faire cette pluie, soit prévoir un spécialiste. Il existe des sociétés spécialisées dans ces effets climatiques, ou la régie peut faire appel aux pompiers. Le vent, la pluie, la neige dès lors qu’ils apparaissent dans le scénario, sont synonymes d’inconfort, de perte de temps et de coûts supplémentaires. Le vent implique des ventilateurs qui sont bruyants, la pluie est très compliquée à installer et à éclairer et totalement inconfortable pour les comédiens et l’équipe. La neige artificielle est un cauchemar à gérer, ne serait-ce que pour effacer les traces entre les prises. L’assistant passe son temps et son énergie à les éviter quand ils sont naturels, et à les gérer quand ils sont artificiels. Parmi les effets spéciaux les plus courants vous noterez le feu, les explosions, la fumée, la neige, la pluie, le vent, et également tout type de construction ou d’accessoire nécessitant des mécanismes comme un poignard rétractable.

Catégorie Effets visuels (VFX) : Parfois appelé « effets optiques », c’est là que vous énumérez toutes les exigences en matière d’effets visuels.
Les écrans verts sont probablement les plus communs dans cette catégorie de nos jours. Si vous avez un bon coordinateur d’effets visuels, vous pouvez rédiger cette catégorie comme un processus, et listez l’effet entier comme un élément plutôt que d’énumérer chaque besoin. Avec l’explosion de la technologie, il peut être difficile de déterminer la différence entre une cascade, des effets spéciaux, des effets visuels et les effets mécaniques. Lorsque vous dépouillez votre script, soyez toujours dans en communication avec les chefs de départements. Sachez que les meilleurs effets spéciaux sont une conjugaison des effets réels SFX et des effets virtuels VFX. Donc attention vérifiez toujours auprès des SFX qu’il y’a bien une coordination avec le département des VFX.
Catégorie Motion capture (Mocap) : La technique de la motion capture permet de créer des personnages, humains ou non, à partir des mouvements d’un acteur réel. C’est par exemple le cas de Gollum ou des singes de la saga la Planète des Singes, animés par l’acteur Andy Serkis. À partir de capteurs portés par l’acteur, on enregistre ses déplacements qui vont alors être capturés puis retransmis de façon numérique. Ainsi, on peut, de façon totalement digitale, donner vie à des personnages tout en leur attribuant une gestuelle spécifique, voire des expressions faciales bien précises.
- L’incrustation : L’incrustation est une technique connue grâce au célèbre fond vert, qui consiste à incruster un personnage dans un décor. Ce décor est d’ailleurs souvent créé à partir du matte painting. Ainsi, sur une même image, on peut intégrer des objets, des personnages, des décors ou encore des objets 3D créés grâce à des logiciels spécifiques.

- Matte painting : On utilise le matte painting afin de créer un décor spécifique ou de modifier un paysage, par exemple dans le cadre d’une scène apocalyptique. Originellement, le matte painting consistait à peindre le décor sur des plaques en verre pour ensuite les intégrer sur le plateau. Aujourd’hui, la technique s’est digitalisée. Le numérique permet de rendre les scènes ultras réalistes, à tel point qu’il est de plus en plus difficile de distinguer les effets spéciaux. Le matte painting intervient lors de la phase de post-production.

- Studios virtuels Led 3D : Un tout nouveau système arrive en Europe, il offre de nouvelles possibilités dans la façon de tourner les films et les séries TV (Disney + The Mandalorian, …). Les murs de LEDs utilisés sur ces nouveaux plateaux virtuels offrent un écran géant en arrière-plan pour tourner directement des plans comédiens qui auraient été filmés sur fond vert auparavant.
Soyez bien conscient que ces studios sont en train de révolutionner toute la fabrication des films. Pour le premier assistant, il faudra organiser des repérages très en amont et un pré- tournage avec une équipe spéciale, bien avant la fin pour être sûr d’avoir au moment du tournage de la semaine en studio le fond d’écran nécessaire.

- La technologie des murs de LEDs (LED WALL ou LED CAVE) ne remplace pas les fonds verts, mais elle permet dans certains cas de ramener la phase de post-production à la pré-production. Par exemple, au lieu d’assembler les pelures (plates) et les plans comédiens sur fond vert en post-production, on tourne directement les comédiens sur fond de mur LEDs qui « projette » le décor en arrière-plan (façon transparence des débuts du cinéma) et on obtient un compositing « temps réel », avec le résultat final directement sur le plateau de tournage.

- Ceci permet notamment au Chef Opérateur de reprendre possession de son image, car il peut maitriser la prise de vue sur fond de mur LEDs (éclairage, colorimétrie, cadre, …) au lieu qu’elle lui échappe en post-production. Les plans voitures sont un bon exemple d’application pour cette nouvelle méthode de production. Sur fond vert, on filme les dialogues des comédiens en studio, puis on les assemble avec les plans de routes tournés séparément, numérisés sur fond de mur de LEDs en 3D et stockés sur les serveurs. Un « tracker » installé sur la caméra et des capteurs de mouvements positionnés sur le plateau permettent d’ajuster en temps réel la perspective de la route en arrière plan. Avec ce processus, l’éclairage apporté par le mur de LEDs (mur et plafond) est ainsi quasiment le même que si la scène était tournée en extérieur et en lumière naturelle.


Catégorie Effets mécaniques : La catégorie Effets mécaniques est l’endroit où vont vos animatroniques. Tourner une scène avec une marionnette T-Rex géante par exemple. C’est là qu’il faut le noter ! Si vous reconstituez une scène en studio dans un ascenseur, sur un bateau, ou dans un avion dans les turbulences, afin que le décor bouge l’ensemble doit être construit sur un « gimbal » qui est une sorte de plateforme. C’est donc un effet mécanique.




Catégorie Costumes : Pour chaque jour d’histoire dans votre script, vos personnages sont censés porter des costumes. Sur les grosses productions qui s’étendent sur de nombreux jours de script, cela peut devenir très difficile à suivre et à organiser. Faites un système de classement de chacun de vos éléments de costumes pour garder une trace de tout. Par exemple un tableur avec plusieurs colonnes. Et rassurez-vous, la chef costumière passera derrière vous avec son propre dépouillement que vous intégrerez. Cas particuliers. « Il ouvre son parapluie ». Pourquoi le parapluie se trouve dans les costumes et non pas dans les accessoires ? Tout ce qui est sac à main, parapluie, lunettes de soleil, chapeau, etc.…Pour les comédiens, est géré par les costumes, car ces accessoires font partie des costumes et du look du personnage. Si un parapluie est posé dans un appartement et que personne ne l’utilise, c’est un accessoire. Prévoyez aussi un double costume pour l’acteur sous la pluie. Si le costume est mouillé et que nous devons refaire la prise, il faut qu’il puisse, soit être séché rapidement, soit qu’il puisse changer de costume.

Faire le dépouillement c’est aussi prévoir ce dont vous allez avoir besoin alors que ce n’est pas inscrit noir sur blanc dans le scénario. Vous pouvez facilement mettre un numéro de costume pour les acteurs principaux. Le costume numéro 1 sera le costume du premier jour du récit coin et ainsi de suite, la costumière rectifiera en cours de préparation. De la même manière, c’est la régie qui prévoira des parapluies pour l’équipe, et les costumières des parapluies pour protéger les comédiens entre les prises de vues. Ces parapluies là, ne seront évidemment pas les mêmes que les parapluies du jeu.
Catégorie Maquillage : La catégorie Maquillage est vraiment uniquement pour le maquillage inhabituel (prothèses, blessures, sang, choses qui ne reviennent que pour certaines scènes et non pour d’autres). Vous ne noterez pas le maquillage habituel pour chaque acteur.

Si vous travaillez sur un gros film avec une lourde charge en maquillage, considérez nommer les éléments de maquillage stratégiquement pour garder la liste organisée, comme nous l’avons fait ci-dessus pour les costumes. Une catégorie supplémentaire peut être créée s’il y a beaucoup de maquillage effets spéciaux. Les maquilleuses peuvent faire des cicatrices des blessures simples, mais quand il y a des moulages à faire on fait appel à des maquilleurs spéciaux (SFX make-up ou Prosthetics department).

Une note au passage pour leur rappeler que s’il pleut on devra prévoir de faire des raccords plus souvent ou prévoir un maquillage waterproof ou prendre les dispositions nécessaires.
- Catégorie Véhicules jeu : (obligatoire dans le « dépouillement minute »)
Les voitures.
Il est écrit « Il se dirige vers sa voiture, de l’autre côté de la rue, l’ouvre, entre et démarre en trombe » Vous reporterez l’élément : voiture Luc, dans les véhicules et mettrez la mention : « praticable » pour vous assurer que la régie vous donnera un véhicule fiable. Cela semble évident, mais il faut une voiture en bon état et qui démarre au quart de tour. Il y a toujours énormément de séquences d’intérieur voiture dans les films, ce qui implique une gestion et des moyens spéciaux. Le plus souvent, on utilise ce qu’on appelle des « voitures-travellings, camera, car, low loader ». Ce sont des plateformes sur lesquelles on installe le véhicule. Le comédien fera semblant de conduire et on pourra maîtriser davantage l’éclairage et la direction d’acteur.

En revanche, c’est extrêmement chronophage et cela demande un grand temps de préparation. Il faut également déterminer le chemin que l’on va parcourir, obtenir les autorisations, bloquer des rues ou se faire accompagner par la police. Chaque changement de position de caméra prend des heures. De nos jours on revient de plus en plus à la méthode d’autrefois. Le tournage en studio, la voiture à l’arrêt, et on incrustera par la suite des pelures d’images de paysages ou de rues qui défilent. Ces images auront été tournées séparément par une deuxième équipe en tenant compte de tous les paramètres de la séquence : jour ou nuit, campagne ou ville, axes latéraux ou frontaux. Nous reviendrons sur tous ces véhicules techniques dans le Cinécours 6
Catégorie Véhicules jeu : Le train
Tourner dans un vrai train en marche est un casse-tête pour la régie. Il faut emporter tout le matériel, le stocker dans un compartiment, emporter des tonnes de batteries pour alimenter les éclairages, embarquer les comédiens, les figurants, les maquilleurs, coiffeurs, tout le monde se marche dessus pour être près des comédiens.

On ne maîtrise absolument pas les arrêts, les horaires… Ou alors, vous pouvez tourner sur une voie dédiée au tournage. Cependant, on peut tourner les séquences de nuit dans un train à l’arrêt, c’est beaucoup plus facile. Les électriciens auront beaucoup plus de travail, car ils devront prévoir des effets d’éclairage de lumières qui passent.

Ci-dessus un machiniste à la tête d’une équipe de six, s’évertue à reproduire les mouvements d’un wagon de train à l’arrêt pour prétendre qu’il roule. Cela peut sembler ridicule, mais pour un gros plan ça marche très bien.
Catégorie Véhicules jeu : L’avion


Même si tourner des scènes à l’intérieur d’un avion de ligne est plus facile, ça reste quand même un vrai casse-tête. On ne filmera jamais dans un avion en vol. La seule possibilité pour les équipes était de louer un avion cloué au sol à une compagnie ou à un constructeur, sans vraiment avoir le choix de la date ni de la configuration. Sans parler de l’étroitesse des lieux. Avec les contraintes pratiques et l’emploi du temps que ça représente, immobiliser un avion au sol est hors de prix. Jusqu’à très récemment, il n’existait pas en France ni en Europe, de décor d’avion réaliste pour le cinéma ou la télévision.

Si l’on devait reconstituer une partie de l’avion en studio et le détruire à chaque fois, ça deviendrait trop couteux, c’est pour cela que le studio Grand Set, à Toulouse, vient de créer le premier décor d’avion pour les tournages. Ce décor d’avion neutre et transportable, à taille réelle, est opérationnel depuis avril 2020.
Il peut être configuré à la demande « en classe business ou en monocouloir », ses cloisons et le plafond sont amovibles afin de gagner en profondeur de champ ou de filmer en contre-plongée. Les Européens sont très en retard par rapport à Hollywood, comme on peut l’imaginer surtout pour les cockpits. À Los Angeles, une compagnie baptisée Air Hollywood est spécialisée depuis des années dans la mise à disposition de décors d’avions pour les tournages. C’est le numéro 1 du genre, qui fournit les studios pour la quasi-totalité des films et séries. Ils ont de nombreux styles d’avions différents, actuels et vintage, modulables et adaptables à volonté en fonction des désirs de la production.
Notez au passage que sur les films anglo-saxons, les véhicules sont gérés par un département particulier, le « véhicle department », alors qu’en France et en Europe c’est la régie qui s’en occupe. S’il y a beaucoup de véhicules et motos, prévoyez aussi un mécanicien pour faire les réparations de première urgence. Vérifier aussi que le comédien qui est censé conduire le véhicule a son permis. S’il ne l’a pas, il faudra prévoir une doublure. Donc un costume supplémentaire, un casting à faire, etc. Si c’est un comédien qui va conduire la voiture, il va devoir démarrer et s’éloigner. Pour des raisons de sécurité, vous demanderez à la régie et à la production de prévoir un arrêté municipal et des barrières pour permettre au comédien, qui conduira la voiture, de démarrer sans risque lors de la prise et de permettre, éventuellement, aux voitures figurations, prévues ce jour, de rouler aussi en sécurité.

En règle générale, la catégorie Véhicules ne comprend que des véhicules jeu, pas des véhicules de production comme les voitures pour accompagner les acteurs ou pour le matériel. Les véhicules peuvent inclure des voitures, des camions, des motos, des bateaux ou tout objet volumineux qui pourraient transporter des personnages ou des objets dans une scène. Patins à roulettes, planches à roulettes et autres appareils de transport de petite taille ne sont pas des véhicules.
Il y a une « zone grise » lorsqu’il s’agit d’objets légèrement plus grands tels que des scooters électriques ou des vélos. Exercer votre pouvoir discrétionnaire pour déterminer si ces éléments sont des véhicules ou des accessoires.
Quand il s’agit de très gros véhicules, tels que des paquebots, des avions, des trains, vous devez les traiter comme des lieux de tournage.
Dans quelle catégorie allez-vous mettre le TITANIC du film du même nom ?
Les décors, car nous tournons simplement à bord pendant que le navire reste à quai. Nous n’exploitons pas le navire, et nous ne le déplaçons pas. Nous le considérons comme un lieu, un décor, donc, ce n’est pas un véhicule. Quand dans le navire navigue en eau libre, comme dans « Capitaine Phillips » le film avec Tom Hanks, nous devons le faire bouger, et il se déplace sous les ordres de notre production, dans ce cas, ce sera un véhicule, et devra être classé comme tel. Notez cependant que pour Titanic le bateau a été reconstitué complètement en studio au Mexique.
Catégorie Véhicules jeu : Les bateaux

Catégorie Véhicules jeu : L’hélicoptère
Il peut y avoir trois cas, soit un hélicoptère réel hors service, soit une maquette construite à l’échelle 1/1, soit un véritable hélicoptère utilisé en condition réelle de vol.






Ci-dessus, série de photos sur « Expendables » un dispositif de câbles très complexe pour que la moto percute une maquette d’hélico en plein vol.
Catégorie Set Dressing (ameublement, déco) : Cesont les choses qui remplissent l’ensemble du décor. Lorsque votre scénario décrit une pièce, cette pièce est pleine de set dressing, des décorations aux meubles en passant par les luminaires.

Comme nous l’avons vu plus haut avec des accessoires, si vos personnages interagissent avec le décor (dressing) dans une pièce, c’est toujours de l’ameublement, sauf si l’interaction est inhabituelle. Si quelqu’un ouvre un tiroir dans un bureau, le bureau et le tiroir sont du set dressing. Mais si le tiroir tombe sur le sol, et que l’acteur le prend pour examiner l’intérieur, c’est un accessoire.

Généralement cette case va assez peu servir. On y indiquera principalement les éléments présents dans le scénario, par exemple s’il est indiqué qu’il y a des volets aux fenêtres, ou des stores, des plantes vertes, un poster ou tableau particulier.

Inutile de dresser la liste complète des éléments de décors en cas de tournage dans un appartement ou un restaurant, ça va de soi.
On précisera plutôt les éléments inhabituels qui nécessiteront un repérage particulier ou une construction, comme une trappe ou une entrée de passage secret, un lustre qui s’effondre, ou encore du mobilier à casser au cours d’une bagarre, comme des tables ou des chaises.
Dans ce cas, on indiquera la mention : prévoir plusieurs, ou à renouveler X fois , ou to be repeated sur les breakdown américains.

Catégorie Son (Sound): Dans cette catégorie, vous pouvez répertorier tout enregistrement sonore inhabituel ou un équipement dont la production pourrait avoir besoin pour la scène.

Un équipement d’enregistrement sonore inhabituel peut inclure des microphones spéciaux ou des radio-mikes (sans fil) ou des haut-parleurs pour le play back ou encore un kit spécial pour communiquer avec un hélicoptère de prises de vue. Cela implique un équipement son supplémentaire au-delà du kit habituel de l’ingénieur du son. Notez que les talkies-walkies utilisés par toute l’équipe pour communiquer ne font pas partie de votre dépouillement. Il appartient à la régie de se les procurer et de les charger tous les jours.
Catégorie Greenery (Plantes et verdure) : Une différence fondamentale entre les dépouillements français et anglo-saxons, c’est la Greenery qui est une catégorie à part alors qu’en France elle est associée à l’ameublement ou la déco en général. La Greenery n’est pas seulement un type spécifique de set dressing. La Greenery est une catégorie pour toutes les plantes en pot, arbustes, petits arbres et vignes et la jungle qui pourraient être sur le décor en studio. C’est une catégorie à part entière parce que ce sont des plantes vivantes qui nécessitent un niveau de soins et d’entretien. Encore une fois, si un personnage interagit avec une plante d’une manière inhabituelle, cette plante devient un accessoire.
Fin de la première partie du cours sur le dépouillement

Dépouillement de 2 pages d’un film d’époque.
Pour cet exercice de dépouillement de 4 séquences nous allons utiliser ces deux pages extraites d’un film d’époque. Télécharger les modèles suivants, et remplissez les cases.
PRÊT À REJOINDRE LA TROISIEME ÉTAPE DE LA FORMATION ?

Sommaire cours 3
Vous pouvez commander le cours numéro 3 en cliquant ici
* Vous pourrez ensuite accéder à la troisième étape de votre formation en passant par le lien « Mes cours » dans le menu.