Assistant réalisateur cours 3

Nos encouragements

A propos des exercices

sommaire

LE TRAVAIL DU PREMIER ASSISTANT RÉALISATEUR Chapitre 6 (Partie 2)

  • Dépouillement (suite)
  • Les catégories
  • Conclusions et outils informatiques

LE TRAVAIL DU PREMIER ASSISTANT RÉALISATEUR CHAPITRE 7

Les documents édités à la suite du dépouillement chapitre 1

  • La continuité chronologique
  • Les raccords et les erreurs
  • Le pré-minutage
  • Comment faire un pré-minutage quand on n’est pas scripte

Les documents édités à la suite du dépouillement chapitre 2

  • Liste comédiens
  • Liste véhicules
  • Liste des décors
  • Liste des armes
  • Liste des sfx et vfx
  • Liste accessoires
  • Dépouillement dans l’ordre du tournage

À LA DÉCOUVERTE DE L’ÉQUIPE TECHNIQUE CHAPITRE 7

  • La scripte
  • Claps, slates, et autres claper-board
  • Rapports de production et « mouchard »
  • Les valeurs de plans au cinéma
  • Les angles de prise de vues
  • Le plan séquence

LE TRAVAIL DU PREMIER ASSISTANT RÉALISATEUR CHAPITRE 8: les repérages

  • Le repérage définition
  • Qui fait les repérages
  • La préparation des repérages
  • La validation du descriptif avec le réalisateur
  • Comment trouver un décor
  • Ce que le repéreur doit avoir avec lui
  • Le décor parfait
  • La validation du décor
  • Les autorisations
  • Les droits d’auteurs sur les lieux de tournage

À LA DÉCOUVERTE DE L’ÉQUIPE TECHNIQUE CHAPITRE 8

  • Le Régisseur général ou location manager
  • Pendant la préparation
  • Pendant le tournage
  • Après le tournage
  • Les rapports assistant réalisateur, régisseur
  • Les conflits
  • Le location manager

COURS 3

Nos encouragements

Encore bravo ! Vous êtes maintenant à la moitié des cours, et voyons ce que vous avez réalisé de plus …

Vous avez été engagé, vous faites partie d’une équipe qui grossit de jour en jour. Vous êtes dans les premières semaines de préparation et déjà le rythme s’accélère. Vous vous partagez entre le plan de travail qui vous prend énormément de temps et les questions permanentes de l’équipe qui fait irruption dans votre bureau. Le réalisateur ??? Vous ne le voyez pas beaucoup. Lui aussi est très occupé. Vous êtes en train de monter tranquillement les échelons de cette formation qui vous mènera à la qualification. Heu ! Non ! En fait pas vraiment ! Car vous êtes débordé par le travail. Vous avez l’impression que vous n’avancez pas, mais c’est normal, tout le monde est dans votre cas. Restez serein dès que votre dépouillement sera terminé vous allez prendre un rythme encore plus soutenu…. Allez retournons à notre dépouillement.

À propos des exercices

Lire le contenu des cours sans effectuer les exercices c’est passer à côté de choses essentielles. Si vous avez très hâte de progresser et que vous avez l’impression que les exercices vous « ralentissent », nous vous conseillons de lire le contenu des 6 cours du programme en entier, une première fois, sans trop vous attarder aux exercices. Ensuite, lors d’une seconde lecture, nous vous recommandons de faire un à un tous les exercices.

Nous sommes conscients que la tâche peut sembler relativement considérable, mais, une fois terminée, vous constaterez vous-mêmes le chemin que vous aurez parcouru et vous serez aussi à même de constater que cela en valait vraiment la peine.

LE TRAVAIL DU PREMIER ASSISTANT RÉALISATEUR Chapitre 6 (Partie 2)

  • Dépouillement (suite)

Reprenons notre dépouillement par catégories là où nous l’avions laissé.

Catégorie Accessoires (Props) : Cette case va être la plus fournie. Pour revenir à cette scène de voiture, alors que dans la séquence on ne fait pas mention des clés de voiture, il faut donc les prévoir. Idem pour des clés de l’appartement. Attention pour les clés, si la scène avec la voiture est tournée après la scène où le personnage dépose ses clés en rentrant chez lui il faudra s’assurer d’avoir les mêmes clés dans l’appartement ou en tout cas des clés qui y ressemblent.

Ci-dessus une chaise électrique fabriquée par le « Props department ».

D’où l’importance de dépouiller dans le détail tous les éléments d’une scène. S’il a des clés, il les a tout le temps avec lui, même si on ne voit pas sa voiture. Quand il rentre chez lui et qu’il ouvre son appartement, ses clés de voiture doivent être sur le trousseau. Ne vous retrouvez pas piégé avec une voiture de location que vous aurez plus tard dans le plan de travail ou que vous n’avez plus.

Il arrive fréquemment de faire construire aussi des accessoires qui n’existent pas.

Ci-dessous un cercueil et un système d’attache pour un prisonnier, les deux pour un film de science fiction.

À retenir

Si un personnage interagit avec un objet, c’est un accessoire, sinon c’est autre chose. Mais comme toutes les bonnes règles, celle-ci comporte des exceptions. Si un personnage interagit avec une partie d’un ensemble, est-ce un accessoire ou est-ce un élément de décor ?

Cette distinction peut sembler compliquée, mais elle est facile à comprendre avec un exemple. Dans une scène, Tom Hanks entend un bruit à l’extérieur de sa cabine et tire les rideaux pour regarder par la fenêtre. Les rideaux font partie de l’ensemble, nous devons donc nous demander s’ils sont manipulés de manière habituelle. Il n’y a rien d’inhabituel à tirer de côté les rideaux, donc, dans cette scène, les rideaux ne sont pas un accessoire, ils sont du décor.

Mais que se passe-t-il si le capitaine arrache le rideau du mur dans un accès de rage ? À ce stade, les rideaux ne sont plus manipulés de manière habituelle, ils deviendront des accessoires. Donc vous relèverez tous les accessoires qui interviennent dans la séquence en indiquant s’ils sont à renouveler, comme les cigarettes ou des aliments sans oublier de préciser s’ils sont praticables. 

Un accessoire praticable est un accessoire qui joue. Un gâteau d’anniversaire pourrait être loué chez un loueur d’accessoires, mais un gâteau d’anniversaire praticable doit être fait par un pâtissier. Inutile de préciser « praticable » dans le cas d’un briquet ou d’un stylo, car il y a peu de chances que l’accessoiriste fournisse exprès des accessoires qui ne fonctionnent pas.

Notez

Dans le cas d’un acteur qui fume des cigarettes, demandez-lui s’il a une préférence de marque. Il y sera très sensible.

Catégorie armes : Une arme à feu sera praticable si elle tire. En effet, une arme qui tire nécessitera un dispositif particulier : présence d’un armurier, cartouches à blanc, protections auditives pour l’équipe, lunettes et boucliers protecteurs pour l’équipe.

Il faudra également obtenir une autorisation spéciale en cas de plan Vigipirate, comme c’est le cas depuis plusieurs années. 

Ci-dessus le premier assistant fait la doublure de l’acteur pour le cadreur

Catégorie régie production : Vous inscrirez dans cette catégorie tous les besoins logistiques qui ne sont pas des besoins de mise en scène. Sans vous occuper du nombre de loges pour les acteurs, ça, c’est le travail du dépouillement du régisseur général.

Ci-dessus le camp de base qui ne fait pas parti de votre dépouillement

Ci-dessus une équipe en pleine mer sans gilets de sauvetage et la même ci-dessous, le lendemain après les directives de sécurité imposées par la production

Dans son dépouillement et après les repérages techniques le régisseur ne manquera pas d’ajouter tout le matériel nécessaire pour un tournage en plein désert. Comme des parasols, de l’eau des batteries électriques. Le premier assistant lui laissera la charge de tout détailler.

Catégorie Figuration : Les personnages qui ne parlent pas dans tout le film sont généralement des figurants (extras). Les extras peuvent être divisés en sous-catégories, telles que (atmosphère) ou (background extras ) qui font référence aux personnes qui remplissent simplement un espace comme une foule dans un métro. Featured Extras (silhouettes), personnages qui interagissent au sein d’une scène, mais qui n’ont pas vraiment d’importance pour l’histoire (comme un voiturier à l’extérieur d’un restaurant).

Ci-dessus des « backgrounds extras » ou « atmos » des figurants d’arrière plans

Les extras ne sont généralement pas identifiés par leur nom, mais par la fonction ou le rôle qu’ils jouent. Si un extra est important par sa récurrence, il peut devenir « bit part » (petit rôle) ou même changer de catégorie et passer dans le Cast. S’il n’est écrit nulle part qu’il y’a de la figuration, vous devez l’anticiper. Si la scène se passe en plein jour dans une rue, il y a forcément des gens et des voitures qui passent, en figuration. Dans ce cas particulier en France, la régie qui est en charge des véhicules s’occupera des véhicules figuration et donc des propriétaires.

Ci-dessus des figurants spéciaux

Ci-dessus la feuille de service du film « Gandhi ». Le nombre de figurants (crowd)? Plus de 300 000 !!!

Le premier assistant-réalisateur peut en prévoir lors de sa lecture, il mentionnera : voitures diverses figuration (ND cars). Il ajustera cette information plus tard avec le réalisateur.  Le réalisateur souhaitera peut-être un peu plus de monde, ou ne souhaitera personne. Si c’est une scène très rapide, prévoyez une dizaine de figurants. Si c’est une scène beaucoup plus longue avec un long dialogue dans la rue, prévoyez le double ou le triple.

Conseil

Pour la figuration prévoyez large de toute façon on va vous en enlever. Sachez qu’un figurant coûte environ cent cinquante euros à la production, plus les costumes, plus le déjeuner, plus… plus… plus…

À la fin de votre dépouillement, quand vous aurez fait votre plan de travail, le directeur de production va vous poser la question fatidique : « combien a-t-on de cachets de figuration ???? » Et évidemment c’est beaucoup trop. Mais quand même, prévoyez toujours un peu large, d’autant que la figuration peut être utilisée deux fois ou plus grâce aux changements de costumes.

Catégorie musique : Ce n’est pas la bande sonore originale. Si vous avez une scène dans votre film où les personnages écoutent de la musique, c’est souvent utile d’avoir cette musique sur le plateau pour que les acteurs l’entendent. Cela devient encore plus important dans les comédies musicales ou les clips, où les acteurs doivent chanter et danser avec la chanson.

Étude de cas de musique, dialogues et figuration

Imaginons une scène de mariage avec un orchestre et un chanteur sur scène. Des gens qui dansent, des couples en train de dîner, et les mariés observant les danseurs. Jusque-là rien de compliqué.

Pour le plan large où il n’y a pas de dialogue il y a deux options :

  • soit on utilise le son live de l’orchestre et du chanteur, on enregistre la vraie musique dont on aura pris au préalable soin de vérifier les droits du morceau.
  • Ou on utilise un play-back que l’on rediffuse sur le plateau. Dans le cas du play-back il est hors de question que les musiciens fassent des bruits avec leurs instruments. Ils devront donc mimer leur interprétation. C’est assez drôle de voir le batteur faire semblant de frapper sa batterie.

Revenons à nos jeunes mariés ils échangent quelques mots, se lèvent, et se mettent à danser tout en parlant.

 Il y aura deux plans, un plan moyen pour les situer et les localiser sur la piste de danse et un plan à deux rapproché poitrine en train de danser.

La situation se complique !

L’orchestre pendant le dialogue des acteurs ne peut pas jouer au risque de couvrir les dialogues du couple. Ils devront encore mimer leur interprétation.

Les figurants devront danser en silence, mais dans le rythme de la musique. Sans la musique !

Pour le plan large, on fera comme dans le plan précédent soit du play-back soit en direct.

Quand on passera sur le plan serré des acteurs en train de parler, on commencera le plan avec orchestre et musique (play-back ou pas) pour mettre tout le monde dans le rythme, puis le premier assistant fera un signe discret à l’orchestre qui s’arrêtera de jouer en vrai et se mettra à mimer la musique afin que les acteurs puissent donner leur dialogue dans le silence. Après en postproduction on remettra toutes les pistes ensemble. Ce genre de scène est extrêmement longue à tourner.

Regardons cette vidéo qui vous montre de quelle manière les musiques différentes agissent sur votre inconscient.

Anecdote

Quand j’étais second aide-réalisateur, il m’est arrivé de commettre quelques erreurs, dont une qui a failli me coûter très cher. J’avais la charge de placer la figuration, c’était la fin de la journée et l’ingénieur du son me demanda de faire vivre cette foule de figurants afin qu’il puisse enregistrer des sons seuls d’ambiance de rue très animée. J’ai donc demandé aux figurants de parler entre eux et voulant faire du zèle j’ai même demandé à l’un d’entre eux de siffloter l’air très connu de « Singing in the Rain ». Ça s’est très bien passé jusqu’à la copie de présentation. Comme il se doit à la suite de la projection, la compagnie d’assurance envoya un mémorandum pour signifier tous les points litigieux qui pouvaient avoir des conséquences financières ou légales importantes. Je fus convoqué par le producteur qui me montra le coût des droits d’utilisation de ce sifflement. Bien entendu je n’avais pas les moyens de payer. Heureusement pour moi le réalisateur décida de couper la scène pour d’autres raisons et cette erreur fut vite oubliée.

Catégorie Animaux : Dans cette catégorie, vous répertoriez les gros animaux. Les animaux qui pourraient avoir besoin de leur propre véhicule pour être transportés et déposés sur le plateau. Les chevaux, les vaches, les moutons et les chèvres entrent dans cette catégorie.

Ci-dessus le dresseur fait en sorte que le loup se familiarise avec l’acteur

Les animaux viennent toujours avec un éventail complexe de personnel, d’équipement et de fournitures. Avoir des animaux vivants sur le plateau aura un impact à la fois sur l’assurance et le budget, car le poste nécessite bien sûr plusieurs responsables.

Ci-dessus un cas rare où le dresseur avait confié quelques minutes l’animal au Production designer

Catégorie Maitres animaliers : Les manipulateurs d’animaux amènent les petits animaux sur le plateau. Les chiens, les chats et les autres petites créatures qui pourraient être transportés dans une caisse sont répertoriés dans cette catégorie, car généralement, ils sont amenés par leurs maîtres.

Cascadeur au galop au milieu d’un orchestre

En France les manipulateurs et les animaux sont répertoriés dans la case animaux.


Ci-dessus, une vidéo de dresseur animalier

Catégorie Équipement spécial : L’équipement spécial est un équipement de production qui ne fait pas partie du matériel classique de production. Vous pouvez noter ici la grue, la technocrane, la dolly spéciale, le steadicam que votre réalisateur veut vraiment utiliser. Mettez tout l’équipement inhabituel. Quand la production loue un kit de machinerie et d’éclairages, ils sont livrés pour des besoins standard, vous n’avez pas besoin de les énumérer pour chaque scène.

Ci-dessus un « water-tank » pour faire des gros plan

Ci- dessus un système de cheval mécanique pour faire des gros plans. Remarquez le fond vert ou sera incrusté les décors. 

Ci-dessus une « cherry picker » équipée de lumières pour un tournage de nuit

Si vous connaissez suffisamment le matériel électrique, décomposez-le en sous-éléments. Sinon attendez le dépouillement du directeur de la photo. De même pour les véhicules caméras tels que les voitures travelling, low loader, Russian arms, VTT, quad, ou drones équipés de caméras. N’hésitez pas à doubler cette catégorie dans la catégorie caméra à reprendre ces éléments dans la catégorie caméra.

Comme ci-dessus dans des lieux éloignés de routes, il arrive qu’une simple échelle suffise pour faire le plan.

Catégorie Sécurité : Vous constaterez peut-être que vous avez besoin de sécurité sur le plateau si vous utilisez certains accessoires coûteux (argent réel, bijoux, tableaux). Vous pouvez également avoir besoin de sécurité si vous tournez à un endroit où vous devez éloigner les curieux, ou créer un périmètre de sécurité en cas d’effets spéciaux dangereux.

Ici aussi la régie pourvoit le matériel pour sécuriser le plan et transporter le matériel

Ci-dessus c’est la régie qui à fournit tous les casques de l’équipe, ce n’est pas dans votre dépouillement.

Il nous est arrivé de tourner dans une Société de transfert de fonds pour une scène. Il y en avait pour des millions sous nos yeux toute la journée. L’assurance de la production avait demandé à une équipe de sécurité spéciale pour nous surveiller toute la journée.

Vous pouvez mettre dans cette catégorie, les ambulances en stand-by.

Notez

En France il n’y a pas de catégorie pour la sécurité, elle fait partie du dépouillement du régisseur général.

Catégorie Main-d’œuvre supplémentaire : La catégorie Main-d’œuvre supplémentaire vous donne la possibilité de mettre en évidence tout personnel inhabituel dont vous pourriez avoir besoin sur le plateau. Peut-être aurez-vous besoin d’un conseiller médical lorsque vous filmez la scène de chirurgie, ou un consultant historique. Ceci est pour le personnel divers qui ne rentre nulle part ailleurs.

Si vous réalisez un film sur le Vietnam, sur la guerre de 14, ou dans un camp de concentration par exemple, un conseiller sera intervenu très en amont sur le scénario, pendant la préparation, il participera aux répétitions des cascadeurs, conseillera la déco pour le set dressing et les accessoires. Pendant le temps le tournage il conseillera le réalisateur et les acteurs. C’est un plus pour la production pour le film c’est un collaborateur précieux pour le premier assistant.

En photo ci-dessus le célèbre Dale Adam Dye Jr.

Ancien Marine décoré, vétéran de la guerre du Vietnam qui a créé une société de conseil militaire pour le cinéma on le voit ici avec Tom Hanks sur le film de Spielberg « il faut sauver le Soldat Ryan.

Ci-dessus un conseiller spécial pour les parachutes était présent sur le tournage.

Ci-dessus/dessous, un spécialiste des tyroliennes est venu installer ce dispositif compliqué. Les acteurs étaient sur le câble suivis par une caméra aussi sur un câble et une deuxième caméra sur quad.

Catégorie Notes. Ce n’est pas vraiment une catégorie, vous pouvez utiliser cette section comme vous le souhaitez.

Et ainsi vous allez répéter l’opération ligne par ligne, page par page jusqu’à la fin du scénario.

Conclusion importante sur le dépouillement

Prévoyez l’imprévisible en extrapolant ce dont vous allez avoir besoin. Lâchez-vous, à ce stade de la préparation il est très facile d’enlever, en. Si vous aviez une chose à retenir : c’est d’inscrire dans le dépouillement toutes les questions que vous vous posez. N’hésitez pas à mettre toutes les idées qui vous passent par la tête. Cela vous permettra de poser des questions en temps voulu aux chefs de postes concernés et au réalisateur.

Les outils informatiques

Pour tous ceux qui ont l’intention d’acquérir ses programmes, n’hésitez pas à nous poser des questions, nous pourrons vous guider dans votre choix. Pour ceux qui possèdent déjà ces programmes, si vous avez des questions n’hésitez pas également.

Le dépouillement avec Final draft.

Ce programme américain est avant tout un programme d’écriture de scénario très populaire utilisé pratiquement sur toute la planète. Nous n’étudierons pas son fonctionnement pour l’écriture, je vous conseille pour cela de visiter les CinéCours d’écriture de scénario, mais nous pencherons sur son outil intégré qui s’appelle : le taguer. Si je vous montre cette vidéo c’est pour vous expliquer en images le principe du dépouillement. Après vous ferez des exercices mais c’est extrêmement simple à comprendre. L’avantage de Final Draft, c’est que vous pouvez exporter toutes les informations dans un programme de dépouillement. Mais pour cela comme je l’ai dit précédemment il sera préférable de vous procurer une version Final Draft du scénario sur lequel vous allez travailler. Vous avez 90 % de chance que le scénario ait été écrit avec ce programme.

Tuto Final Draft

Le dépouillement avec Movie Magic

Movie Magic et aussi un programme américain très pratique et dans les pays anglo-saxons surtout aux états unis, extrêmement simple d’utilisation, dans lequel vous pourrez importer vos tags de final Draft, ou bien tout simplement faire votre dépouillement scène par scène.

Movie Magic

Le dépouillement avec Fuzzelcheck.

Fuzzlecheck

LE TRAVAIL DU PREMIER ASSISTANT RÉALISATEUR CHAPITRE 7

Les documents édités à la suite du dépouillement chapitre 1

La continuité chronologique

La continuité ou continuité chronologique sera une base de travail indispensable lors du tournage puisqu’elle permettra de s’assurer de la cohérence temporelle. Le minutage et la continuité, c’est la scripte qui s’en occupe au jour le jour.  En préparation elle rencontre le réalisateur pour en parler et aussi des aberrations générales du scénario. Dans ce document, chaque séquence est numérotée dans l’ordre chronologique du film et l’action y est résumée. Pour chaque séquence, tous les éléments qui ont une importance dans la continuité temporelle du film sont notés : quand a lieu la séquence, le jour ? la nuit ? Quel décors ? quels costumes ? quels maquillage ? quelles coiffures ? quels figurants ? ou accessoires etc.

Quelle que soit la liberté que prend le scénariste avec la chronologie, le film devra suivre une logique de narration qui sera reconstituée au montage, puisqu’il sera tourné dans le désordre. Cette continuité sera la ligne de vie du tournage. Et le premier assistant réalisateur élabore un premier jet de cette continuité chronologique. L’exemple le plus extrême est le film d’Alfred Hitchcock : The Rope. Ce film se passe en temps réel, l’action se déroule sur une heure et demie, à peu près le temps de la projection du film. Du point de vue de la continuité, cela veut dire que le film démarre au Jour 1 et se termine au Jour 1. On sait donc qu’il n’y aura pas de changement dans les décors, les costumes, les accessoires etc. 

Prenons l’exemple dont l’action se passe sur 30 jours. La continuité du film démarrera en Jour 1 et finira en Jour 30, avec entre chaque jour l’indication de temps qui le sépare du jour précédent. On partira du principe que les personnages changent de costumes chaque jour. Grâce à la continuité, on sait que le personnage principal va avoir au moins 30 tenues différentes.

Les raccords et les erreurs

La plupart des erreurs de continuité sont subtiles et mineures, telles que les changements du niveau de boisson dans le verre, ou la longueur d’une cigarette et sont tolérées avec une relative indifférence jusqu’au montage final. D’autres peuvent être plus visibles, comme des changements soudains dans l’apparence d’un personnage. De telles erreurs de continuité peuvent ruiner l’illusion du réalisme et affecter la narration.

Au cinéma, une attention particulière doit être accordée à la continuité, car les films sont rarement tournés dans l’ordre dans lequel ils sont présentés. Le plan de travail nous le verrons est souvent dicté par des problèmes de décors. Par exemple, un personnage peut revenir sur la place des Vosges à Paris plusieurs fois tout au long d’un film, mais comme il est très coûteux de fermer complètement la place, ces scènes seront probablement filmées en une seule fois pour réduire les coûts. La météo, l’ambiance de la lumière naturelle, la disponibilité du casting et de l’équipe peuvent également influencer un plan de travail.

Raccord de temps qui passe, de mouvements, de lieux, d’axes caméras, de lumières de maquillages, de coiffures, d’accessoires, de figurants, de véhicules. Autrement dit tout ce qui est porté à l’écran est susceptible d’avoir un raccord.

Pour éviter les erreurs de continuité, la première solution est de filmer tous les plans d’une scène ensemble et tous les plans de scènes consécutives ensemble. Cela permet aux acteurs de rester dans leur costume, dans leur personnage et au même endroit.

La deuxième solution est pour les costumiers, les chefs décorateurs, les accessoiristes est de prendre des photos des acteurs et des décors au début et à la fin du tournage de chaque jour. Ainsi cela permet aux différents départements de vérifier les vêtements, les décors, les accessoires et le maquillage de chaque jour par rapport à ceux d’un jour précédent.

La troisième est d’éviter complètement de tourner sur un décor naturel, mais plutôt de tout filmer sur un plateau de studio. Cela permet de contrôler la météo et l’éclairage et de stocker tous les vêtements et décors au même endroit.

Quelques erreurs de raccords visuels

Raccords décor, costumes

Les vêtements changent de couleur, les ombres deviennent plus ou moins longues, les objets d’une scène changent de lieu ou disparaissent, etc. L’un des premiers exemples de raccord visuel apparaît dans un film de Charlie Chaplin en 1914 : The Property Man. Le Clochard perd son chapeau dans une pièce, mais il est par magie de retour sur sa tête alors qu’il entre dans la pièce suivante. Un autre exemple flagrant de mauvaise continuité est dans le film de Disney Pete’s Dragon tourné en 1976. Pendant la chanson « Brazzle Dazzle Day » lorsque Mickey Rooney, Sean Marshall et Nora Helen Reddy montent les escaliers jusqu’au sommet du phare, la chemise de Sean Marshall est orange. Mais après être redescendu et être sorti de la porte du phare, sa chemise est grise.

Vous trouverez sur Internet énormément de sites très amusants qui consignent un peu toutes ces erreurs de raccords de l’histoire du cinéma.

Raccords d’axes caméra et direction de regards

La scripte veille à chaque position de caméra pour assurer un raccord d’un plan sur l’autre. Elle note et aide le réalisateur et le cadreur à définir la position de la caméra et les directions de regards pour que les personnages semblent toujours, sans aucune confusion de la part du spectateur, regarder précisément le personnage ou l’objet visé.

Une situation compliquée de raccords d’axe, de regards, d’action, d’angles caméra (surtout à deux caméras)

Raccords d’intrigue

Cela reflète un échec dans la cohérence du monde fictif recréé. Un personnage déclare qu’il est un enfant unique, mais mentionne plus tard un frère ou une sœur. C’est un événement fréquent dans les sitcoms et séries.

Raccords de vieillissement

La pratique d’accélérer l’âge d’un personnage généralement un enfant ou un adolescent. Des enfants invisibles à l’écran pendant un certain temps pourraient réapparaître interprétés par un acteur de plusieurs années de plus que l’acteur d’origine. Notez que l’inverse peut également se produire.

Erreurs de continuité délibérées

Parfois, un film peut délibérément utiliser des erreurs de continuité, généralement dans des comédies. Par exemple, dans le classique des Marx Brothers « Duck Soup »,  la caméra montre un plan de Groucho Marx  lançant une réplique, suivi d’un plan de quelque chose d’autre qui se passe, suivi d’un autre plan de Groucho. À chaque fois, le chapeau de Groucho change, pour quelque chose de plus délirant qu’auparavant, un chapeau napoléonien, puis un chapeau prussien, etc.

Des séries comme 24, dans lesquelles les acteurs doivent apparaître comme si c’était le même jour pour 24 épisodes consécutifs, ont porté la continuité à la connaissance du public. Cependant, les tournages de films peuvent durer plusieurs mois, et les scènes sont souvent tournées à des semaines d’intervalle.

Faux raccords

La chronologie flottante

Certaines fictions ignorent la continuité pour permettre aux personnages de ralentir ou d’arrêter le processus de vieillissement, malgré des marqueurs du monde réel comme des changements sociaux ou technologiques majeurs. Les bandes dessinées parlent parfois d’une « chronologie flottante », où la fiction se déroule dans un « présent continu ». Les bandes dessinées utilisent cette technique pour satisfaire « le besoin commercial de garder certains personnages pour toujours ».

Erreurs de films

Le pré-minutage

C’est vous premier assistant qui allait commencer dès la préproduction le prêt minutage comme je l’ai dit avant ce prêt minutage est provisoire il sera rectifié et vérifier par la script quand elle commencera sa préparation. Cela permet d’estimer la durée finale du film et la production sait si le film est trop long ou trop court et peut modifier le scénario en conséquence.  Le pré-minutage est une tâche délicate qui consiste à imaginer et jouer le film pour soi en mimant le jeu et les dialogues à partir du scénario et de le chronométrer. Cela nécessite de prendre en compte un grand nombre de paramètres qui joueront sur la durée, tels que le genre, le style du réalisateur, les actions des personnages, le jeu des acteurs, et même anticiper le montage final.

Comment faire un pré-minutage quand on n’est pas scripte

Voilà quelques éléments qui vont vous permettre d’approcher le pré-minutage si vous n’êtes pas script de formation. Après vous être créé un tableau comme ci-joint, avec une ligne par séquence, avec votre chronomètre, vous commencez à lire en imaginant l’image et vous arrêtez votre chronomètre. Vous lisez l’action, et quand vous arrivez au dialogue vous voulez jouer à vous-même. Attention, le minutage du premier assistant-réalisateur est un outil supplémentaire pour préparer votre travail, la script va faire un vrai minutage plus tard, que vous intégrerez à votre dépouillement.

La différence avec votre minutage c’est qu’elle va moduler le timing avec les éléments ci-dessous.

  • Identifier le genre. (si c’est un film d’action, ça sera plus rapide).
  • Si vous connaissez le nom du réalisateur et connaître ses films précédents. (Sur un film de Bergman par exemple les séquences seront plus longues plus posées, si c’est un film de Tarantino il va de soi que c’est plus rapide.)
  • Imaginer le rythme du jeu des comédiens.
  • Se représenter les lieux et les espaces.
  • Connaître les moyens de production.
  • Évaluer la durée et la quantité des débuts et fins de plan, les entrées et sorties de personnages coupées au montage.
Système complexe d’éclairage par leds

Les documents édités à la suite du dépouillement chapitre 2

Les documents qui seront édités à la suite du dépouillement seront les éléments les plus coûteux. Il s’agit très vite pour le directeur de production de vérifier le nombre de jours de présence pour tel ou tel véhicule, le nombre de jours de location pour tel décor ou le quota de figuration sur l’ensemble du film.

Les listes accessoires, si ce sont des accessoires ordinaires sont moins urgentes. Il est vrai que les programmes informatiques de dépouillement permettent de sortir toutes les listes dans tous les sens, mais si vous n’avez pas ces programmes, donnez la priorité aux listes suivantes.

Liste des décors

Liste des armes

Liste des sfx et vfx

Liste accessoires

Dépouillement dans l’ordre du tournage

Il va falloir passer du temps avec le réalisateur pour lui poser toutes les questions sur les éléments du dépouillement. Une fois cette épreuve terminée vous pourrez commencer à diffuser votre dépouillement général au directeur de production et à tous les chefs de poste qui le compléteront et le conjugueront à leur manière. Cela va permettre de chiffrer les besoins du tournage.

*Attention*

Les listes peuvent varier en fonction du genre du film. Si c’est un film d’action, on donnera la priorité aux cascades et à la liste d’effets spéciaux, si c’est un film d’horreur, au maquillage. Si c’est un film de science-fiction priorité aux décors et ainsi de suite.

À LA DÉCOUVERTE DE L’ÉQUIPE TECHNIQUE CHAPITRE 7

La scripte

Étudions un petit peu plus particulièrement la scripte et son travail, car vous allez faire en préparation la une partie de son travail. La continuité chronologique et le pré- minutage.  Que vous reporterez pour alimenter les cases appropriées de votre dépouillement. La scripte vérifiera et modifiera et après ça sera à vous de reporter ou de remplacer vos informations par les siennes dans votre dépouillement général.

La scripte également appelée continuity supervisor en anglais, est un des pivots les plus importants d’une équipe de tournage.  Elle supervise la continuité du film, y compris les costumes, les accessoires, la déco, les cheveux, le maquillage et les actions des acteurs au cours d’une scène. Elle s’occupe également de surveiller les plans caméra, en cherchant à maintenir la cohérence du du scénario entre les scènes. Ses notes seront utilisées pour aider le monteur à monter la scène. Elle est également chargée de suivre la progression quotidienne de la production du film. En France elle remplit « le mouchard », qui comme son nom l’indique reporte tous les événements sur le plateau, problème d’horaires, horaire de coupure, horaire de reprise, etc. Notons que c’est un métier qui est principalement pratiqué par des femmes, mais ce n’est pas une règle absolue.

La scripte est en fait le représentant du monteur et du scénariste sur le plateau. La scripte doit toujours avoir le montage final en tête pour s’assurer qu’il n’y aura pas de problèmes de raccords entre les prises. C’est le travail de la scripte de s’assurer que le film peut être monté une fois le tournage terminé. Elle surveille le scénario pendant le tournage et s’assure qu’il n’y a pas d’erreurs de continuité.

En préproduction, la script crée un certain nombre de rapports basés sur le scénario, y compris une continuité chronologique fournissant des informations de base de chaque scène telles que l’heure de la journée, le jour dans l’ordre du scénario et un synopsis d’une ligne de la scène.

La scripte en train de taper ses rapports pendant la pause

Ces rapports sont utilisés par divers départements afin de déterminer l’ordre de tournage le plus cohérent et de s’assurer que tous les départements, y compris la production, sont synchronisés en ce qui concerne la progression du temps dans l’histoire. La scripte exécute au préalable un minutage du scénario, ce qui est d’un énorme avantage pour le réalisateur et le producteur.

Ainsi, la scripte collabore avec chaque chef de poste pour veiller à la continuité du jeu, des décors, des costumes, des coiffures, du maquillage, des accessoires, de la lumière, du son et de la mise en scène.

Le minutage du film durant le tournage est toujours très important. À chaque séquence, le scripte chronomètre les plans et en déduit un minutage utile soit le minutage réel de la séquence. En comparant avec son pré-minutage initial, la production peut savoir si le film fera bien la bonne durée. Dans le cas contraire, il faut se préparer à couper des séquences ou en ajouter de nouvelles.

Claps, slates, et autres claper-board

La scripte collabore étroitement avec le deuxième assistant caméra et l’ingénieur du son pour s’assurer que chaque prise de film, chaque plan a un clap cohérent, que les numéros de la prise de son et de l’image correspondent. La scripte note également le niveau de qualité de chaque prise et surtout quelle sera la prise choisie parmi toutes les prises qu’il peut y avoir pour un seul plan afin que le monteur puisse trouver et utiliser les prises correctes.

Pour cela et pour identifier toutes les prises la production utilise le clap, the slate, le claper board, qui comme vous le voyez sur les images ci-dessus précise la date, le nom du film, le numéro de la prise. Le principe de la claquette permet de synchroniser le son et l’image. Il y a quelques années, la plupart des claps étaient constitués d’une plaquette en bois peinte en noir sur laquelle on écrivait à la craie. Plus tard on a collé des morceaux d’adhésifs pré-écrits avec les numéros pour que ce soit beaucoup plus lisible. De nos jours le clap électronique permet d’avoir une synchronisation extrêmement précise avec entre la caméra et le recorder de l’ingénieur du son.

Rapports de production et « mouchard »

La scripte est responsable de la conservation de la version la plus récente du scénario de tournage. Pendant le tournage, la scripte note tous les changements du scénario qui peuvent être apportés par les acteurs, le réalisateur ou d’autres. Si des changements importants sont apportés au scénario qui pourrait compromettre ou changer le tournage d’un jour futur, la scripte est responsable de fournir ces changements à l’équipe au premier aide-réalisateur qui lui, distribuera ensuite ces changements au reste de l’équipe.

À la fin de chaque journée de tournage, la scripte prépare des rapports quotidiens pour la production. La forme de ces rapports varie selon les pays, le studio ou la société de production ; cependant, ils comprennent généralement un journal des heures réelles pendant lesquelles le tournage et les pauses ont commencé et se sont arrêtés, et une ventilation des pages, des scènes et des minutes qui ont été tournées ce jour-là, ainsi que les mêmes informations pour la veille, le script total et les montants restants à faire. Sont également inclus le nombre de scènes complètement tournées, le nombre de prises et le nombre de « sons seuls ».

« Le mouchard » est un document non officiel que la script exécute au dos du rapport production. Elle écrit à la main tout ce qui s’est passé sur le tournage et qui serait susceptible d’être utilisé en de problème. Par exemple une dispute entre le réalisateur et un technicien, un comportement inhabituel, ou tout autre événement qui pourrait entraver le bon déroulement du tournage. Le mouchard est une spécificité typiquement française, la plupart du temps ce document reste à la production.

La scripte est la liaison principale entre le réalisateur qui décide quelles scènes doivent être tournées et le monteur qui n’est généralement pas présent pendant le tournage. La scripte est un poste technique plutôt qu’artistique et est généralement considérée comme faisant partie de l’équipe du réalisateur. Il n’y a généralement qu’une seule la scripte sur une production cinématographique. Cependant, sur les grandes productions de studio, les séries, la scripte aura une assistante et une scripte spécifique pour la deuxième équipe s’il y en a une.

Les valeurs de plans au cinéma

Important

Il est absolument inconcevable de faire un cours sur l’aide-réalisateur sans comprendre et expliquer quelles sont les différentes valeurs de plans au cinéma. En tant qu’assistant-réalisateur vous êtes toujours à l’écoute des échanges entre les membres de l’équipe, et quand le réalisateur dira au directeur de la photo on va faire un insert en « contre-plongée cassée », vous comprendrez si vous savez ce que cela veut dire que ce sera plus rapide à faire qu’un plan large en panoramique. La plupart d’entre vous les connaissent déjà, cependant il est bon de les rappeler avec des dessins très simples. Notez que chaque valeur de plan peut se conjuguer avec des mouvements de caméra et des angles de prises de vues.

Ci-dessus: valeur de plan extrême: insert de l’oeil

Les angles de prise de vues

Plan demi-ensemble (medium long shot) qui est aussi « a two shot »

Quand le metteur en scène explique au cours de la mise en place la valeur de plan qu’il va utiliser, c’est un travail qui demande une grande attention de la part de tout le monde, car chacun devra en déduire ce qui est nécessaire et pas plus.

Pour son propre département, le directeur de la photo dira au chef électricien à quel endroit placer ses projecteurs de manière que les acteurs ne fassent pas d’ombre ou ne sortent pas de la zone de lumière. Il devra aussi mesurer la puissance de la lumière directe réfléchie pour pouvoir utiliser le même niveau de lumière dans une valeur de plan différent. Le cadreur devra s’assurer qu’il n’y a pas de différence notable dans la combinaison des mouvements de caméra dans le cadrage tout en vérifiant que chaque acteur ne se cache pas là par rapport à l’autre.

Le machiniste devra harmoniser les mouvements de caméra et les conjuguer avec les panoramiques effectués par l’opérateur.

Le perchman sera tout à fait attentif à la valeur de plan pour que le microphone ne soit pas dans le champ.

L’accessoiriste gardera au chaud le repas préparé pour la scène à table. Etc., etc.

Le plan séquence

Ci-dessus un plan-séquence caméra à l’épaule

Le plan-séquence c’est l’aristocratie du cinéma (C.Lelouch)

On parle de plan-séquence quand une scène est filmée d’une seule traite. Cela existe déjà depuis le début du cinéma puisque la caméra tournait sans interruption jusqu’à la fin du magasin de pellicule. Il a fallu attendre l’apparition de 2 choses pour qu’on ait une notion de plan-séquence : le montage et le son. S’il y a montage c’est qu’il y a plusieurs plans et comme le son ne défile pas à la même vitesse que l’image, quand vous faites une coupe ça se verrait dans un plan-séquence. Une étude a montré que la durée des plans est passée de 12 secondes dans les années 30 à 2,5 secondes de nos jours. Tourner un plan-séquence est très compliqué pour une équipe technique. Nous pensons que ça marche bien dans un film si il y a une vraie raison, mais il ne faut pas que la technique prenne le pas sûr sur le contenu.

A quoi sert un plan-séquence ?

Il y a différentes situations si la caméra est fixe ça permet de rentrer dans l’intimité du personnage comme ci-dessus, dans JCVD.

JCVD

Dans ce cas précis, le personnage sort du film et pour le faire sortir du film, le réalisateur le fait s’élever dans les cintres du studio et tout le dialogue a lieu au milieu des projecteurs. L’acteur, Jean Claude Van Damme redescend lentement pour revenir à la réalité de la scène. Nous trouverons ce plan-séquence brillant, car non seulement on sort du film, mais on rentre dans l’intimité du personnage et de l’acteur.

Soy Cuba

Un plan-séquence peut être une prouesse technique comme celui de « Soy Cuba » de Mikael Kalatozov ou la caméra se lève et n’en finit pas de traverser des obstacles. À ce jour personne ne sait exactement comment ce plan a été réalisé, à l’époque où il n’y avait pas de steadicam et d’effets numériques.

« C’était un rendez-vous »

Et notre favori, un court-métrage en plan-séquence de neuf minutes, « c’était un rendez-vous » de Claude Lelouch qui au volant de sa Ferrari traverse Paris à plus 120 km/h.  Accrochez-vous !

On peut citer aussi des films de long-métrage qui ont été tournés en faux plan-séquence. Comme « la corde » d’Alfred Hitchcock, et « l’Arche Russe » d’Alexandre Sokourov et/ou plus récemment « 1917 » de Sam Mendès.

Le plan-séquence doit avoir une vraie raison narrative, la prouesse technique est ennuyeuse, si le plan-séquence justifie une technique phénoménale le bon plan-séquence et celui dont on n’oublie cette technique.

LES DOCUMENTS ÉDITÉS À LA SUITE DU DÉPOUILLEMENT CHAPITRE 2

LE TRAVAIL DU PREMIER ASSISTANT RÉALISATEUR CHAPITRE 8

Les repérages

Le repérage définition

Dans un film il y a deux sortes de décors. Le décor naturel (on location) et le studio (on stage). Dans les décors naturels, il y a deux catégories : les extérieurs et les intérieurs. Pour ces deux dernières catégories, il faut trouver des lieux existants. Le repérage (scouting) est l’opération qui consiste à trouver ces décors qui vont être affectés à des séquences particulières du scénario, le tout en accord avec le réalisateur.

Ces décors sont appelés des décors naturels, car ils existent par eux-mêmes, ils n’ont pas été créés en studio.

Un décor extérieur ou intérieur comprend éventuellement un sous-décor.

Définition des repérages selon Wikipedia

Décors rare: un cimetière de tanks russes

Exemples

Décors Extérieurs 

  • rue de banlieue
  • façade appartement bourgeois
  • musée
  • aéroport

Sous-décors extérieur

  • rue de banlieue – façade boulangerie,
  • façade appartement bourgeois – entrée cour
  • musée – entrée livraisons
  • aéroport – arrivée taxis

Décors Intérieurs

  • Maison de banlieue
  • appartement bourgeois
  • musée
  • aéroport

Sous-décors intérieurs

  • Maison de banlieue -cuisine
  • appartement bourgeois -palier
  • musée -salle d’ethnologie
  • aéroport -comptoir enregistrement.
La « second unit » attend les instructions pour faire le plan

Qui fait les repérages ?

Il devient de plus en plus rare que l’assistant doive faire des repérages étant donné que c’est devenu un métier en soi. Les productions font souvent appel à des repéreurs professionnels locaux, connaissant la région et pouvant proposer ce qui convient le mieux aux besoins du film. Cependant, il est essentiel que l’assistant connaisse les règles de base d’un bon repérage au cas où la production n’a pas les moyens financiers suffisants. Sinon, il y a plusieurs personnes qui peuvent les faire dans la production, comme : un régisseur général ou adjoint ou une agence de décors.

Des plans 2e équipe tournés au cours des repérages avant que la neige fonde.

Quand le régisseur cherche les décors si le budget ne permet pas d’engager un repéreur c’est un peu regrettable, car le régisseur va s’occuper essentiellement de sa chapelle. Là où on peut garer les camions, pouvoir avoir la cantine à proximité alors qu’il délaissera naturellement un peu plus l’aspect mise en scène. Si le temps de préparation est réduit, il est possible que plusieurs régisseurs soient engagés et que les repérages soient répartis sur plusieurs départements.

Attention

Si ce n’est pas l’assistant réalisateur qui fait les repérages, il faut absolument qu’il passe derrière en vérifiant tout, avant de présenter les décors au réalisateur.

Il se peut également, dans certains cas, que ça soit la déco qui effectue la recherche si un tournage a lieu sur plusieurs régions et que l’équipe décoration est répartie dans différentes zones pour construire des décors un membre de l’équipe peut chercher un décor dans la zone où il se situe. Dans ce cas-là, la vérification l’assistant-réalisateur, s’impose toujours, mais finalement il n’y a pas mieux qu’un chef décorateur pour trouver un décor.

Il faut faire la différence entre un lieu et un décor. Un lieu trouvé en repérage ne sera jamais tourné tel quel, excepté certains extérieurs. C’est la déco qui s’en occupe, car elle transforme le lieu en décor. Le chef décorateur définit la ligne artistique des décors avec le réalisateur. Il les budgète, scène et le fait rentrer dans l’univers du film. C’est le chef décorateur qui organise aussi leur fabrication, leur mise en place et leur démontage.

Dans ce cours nous allons faire en sorte que c’est comme si vous aviez été désigné pour faire des repérages. Vous êtes stagiaire, ou deuxième assistant.

Le repéreur est un des premiers techniciens à travailler sur le film, parfois même avant le 1er assistant. Il va sillonner la région ou une partie dans laquelle la production veut tourner le film. Son but est de prendre des photos, faire des schémas et des plans des décors qu’il a trouvés pour que le réalisateur puisse comprendre les lieux. Vous pourrez présenter les repérages sous forme de cahier en format A3 en paysage, c’est-à-dire à l’horizontale.

Rechercher un décor est complexe. Il faut prendre en compte plusieurs éléments. Le plus important c’est d’être sur de la vision du réalisateur, car au delà de trouver un simple lieu, il faut trouver le décor qui correspondra à chacune des séquences.

Il préférable d’avoir des notions d’architecture, connaître les styles de maisons et de bâtiments correspondants à chaque époque. Très souvent il y a des films d’époque autre que la nôtre. Même si l’intérieur est réaménagé, il faut que l’endroit corresponde à l’époque et idem pour les extérieurs. Si vous proposez une maison construite en 1960 alors que le film se déroule en 1950, cela peut poser un problème. Cela dit les maisons construites en 1950 existaient toujours en 1960. Mais il faut quand même être prudent sur le vieillissement des bâtiments, les boîtes aux lettres qui ont peut-être changé, les cabines téléphoniques qui ont peut-être disparu, les poteaux électriques, les feux de signalisation, etc.

Important

Il faut savoir que, au-delà de 50 kilomètres, la production doit loger l’équipe sur place.

Il faut aussi savoir que, le transport aller et retour, pour atteindre un décor depuis le lieu de rendez-vous de l’équipe, doit être inférieur à 2h par jour.

Il faut savoir qu’au-delà de 2 heures de transport par jour aller et retour, les heures de déplacement sont comptées comme heures de travail effectif.

La préparation des repérages

Avant de partir sur le terrain, voici les étapes préparatoires avant de se lancer.

  • Établir une liste des séquences par décor : à partir du dépouillement du scénario, le premier assistant réalisateur établit une liste des séquences par décor sur Excel. Ce document est essentiel en repérage. On obtient une vue d’ensemble des décors et des sous-décors du film. L’assistant y inclut éventuellement les résumés d’action, les rôles principaux, la chronologie et ses estimations de temps de tournage par séquence et par décor.

Reportez-vous au document que nous avons déjà étudié.

Un très beau décors repéré mais impossible d’accès

La validation du descriptif avec le réalisateur

Sur un autre document, sous Word, sans modèle particulier, le premier assistant liste les décors et sous décors par ordre alphabétique et avec un court descriptif à partir des indications du scénario et des discussions avec le réalisateur. Mais il doit valider celles-ci avec lui, car il aura sans doute d’autres éléments à ajouter. Par exemple, pour un appartement ou une maison, il faudra définir le nombre de pièces, une surface, un style décoratif, une époque, le type de vue, etc. Indiquez en quelques lignes ce qui est incontournable et le plus souhaitable.

Sachez cependant qu’un décor peut quelquefois être accepté même s’il n’a pas toutes les conditions classez-le donc dans un dossier à part. Par exemple le réalisateur cherche un appartement avec une vue sur un passage à niveau. Vous l’avez trouvé cependant il n’a pas toutes les conditions requises sauf la plus importante.

Vous pouvez aussi, avant de partir, organiser une réunion à laquelle participent les chefs de poste, régie, déco, image et le directeur de production. Le but est alors de se mettre d’accord sur les décors les plus importants, les plus complexes ainsi que de définir la ligne artistique à suivre. C’est l’occasion de comparer les dépouillements respectifs de manière à vérifier l’arborescence des décors et des sous-décors.

Comment trouver un décor

Pour les intérieurs des maisons ou des appartements si vous êtes hors métropole il est possible de s’appuyer sur les agences de repérages ou les agences immobilières. Mais c’est assez rare de trouver ce que l’on cherche surtout auprès des agences immobilières. Ce ne sont pas des gens qui ont la même vision du décor que nous, ce ne sont pas des gens de cinéma, ils ont toujours un petit peu de mal à comprendre ce qu’on cherche et en général ils refusent dès qu’on leur explique comment se déroule un tournage.

Décor trouvé pendant le tournage et transformé à la hâte en village Vietnamien

Alors que les agences de repérage possèdent tous les fichiers. Vous pouvez même les consulter à distance, il y en a beaucoup, c’est extrêmement bien fait, c’est très détaillé, les inconvénients c’est que les agences ne font pas de recherche, elles n’ont simplement qu’un catalogue. Souvent les réalisateurs rechignent à voir ces décors, car souvent utilisés. Il vous demandera dans quel film ça a déjà été utilisé. Je parlais des réalisateurs français bien entendu.

Pour les extérieurs, c’est devenu beaucoup plus facile avec Internet, & Google Earth qui permettent de survoler des zones entières en quelques minutes et de faire des photos. De plus en tapant sur un moteur de recherche ce que vous cherchez exactement, vous trouverez des photos et ça vous donnera des lieux. Une maison sur la plage, vous pourrez la trouver grâce à ce système. Reste toujours à aller sur place et de trouver les propriétaires ou les responsables. Attention, les photos ne sont pas toujours récentes sur internet, mais on gagne du temps avant de se déplacer. Il reste encore la carte IGN que vous allez passer au peigne fin.

  • Vous pourrez aussi éplucher votre fichier personnel. Un décor déjà repéré ou filmé lors d’un film précédent ?
  • Vous pourrez aussi utiliser le bouche-à-oreille de votre réseau personnel.  
  • Vous pourrez vous renseigner auprès des institutions publiques comme la mairie.
  • Vous pourrez consulter les associations, les commerçants, les concierges
  • Étudiez le fichier des Commissions du film locales. Ces bureaux d’accueil des tournages existent dans le monde entier, pratiquement dans tous les pays. Aux États-Unis et en France, ils sont même divisés par régions, par États. C’est une mine d’informations, nonobstant que certaines commissions du film proposent des aides financières ou des supports logistiques.
  • Travailler étroitement avec le bureau d’accueil de tournages de la région concernée est incontournable, car ils ont des contacts et des fichiers de décors. Certains bureaux peuvent même faire des pré-repérages et amorcer des prises de contacts auprès de décors difficiles et tout cela, gratuitement … ajouter la liste des commissions du film

Faire du repérage c’est un petit peu comme mener une enquête policière. Vous allez utiliser toutes vos ressources, toute votre intelligence, toute votre mémoire photographique et par-dessus tout il faudra avoir un très bon sens du contact.

Même si vous avez repéré un décor il faut encore trouver les propriétaires et surtout avoir leur accord de principe. Il faut aussi leur demander si vous pouvez prendre des photos.

Décor rare mais intournable car en démolition chaque jour

Conseil

Quand vous aurez trouvé un décor, faites systématiquement beaucoup de photos, mais photographiez aussi les contrechamps. Par exemple vous avez une très belle façade de boulangerie vous la photographiez de face et vous faites un panoramique à 380° avec d’autres photos de tout le lieu. Vous pourrez ainsi montrer au régisseur général et au chef déco les problèmes liés au décor et à son environnement. En vous présenterez vos photos vous choisirez une feuille A3 en positionnant au centre, l’axe principal, et sur les côtés le reste du panoramique. Vous pouvez aussi utiliser une vidéo. Ça reste compliqué à montrer à un groupe de personnes, cependant gardez-la pour vous, c’est une bonne technique pour le cas où vous auriez oublié un détail.

Remarque

Vous pouvez également présenter comme ci-dessus les décors dans l’ordre du tournage avec des photos.

Une règle d’or d’ailleurs est de ne jamais montrer des photos des décors au réalisateur ou au producteur si vous n’avez pas l’autorisation des propriétaires. Il faut en effet tenir compte aussi des aspects : financiers et techniques. Vous avez trouvé le décor idéal malheureusement l’endroit est près d’un aéroport trop bruyant, où l’équipe devra porter tout le matériel sur des centaines de mètres comme au Mont-Saint-Michel par exemple. Idéalement les décors doivent tous être regroupés dans la même zone. Donc, ne présentez pas tous vos décors. Présentez que ce qui rassemble le plus d’avantages. Les autres vous les gardez dans un fichier que vous pourrez ressortir plus tard ou sur un autre film.

Ce que le repéreur doit avoir avec lui

  • Un moyen de transport
  • Une montre
    La liste des séquences par décor
  • La liste des décors
  • La check-list pour un décor
  • Le scénario
    Un plan de travail
  • Un GPS pour les repérages difficiles (forets, montagne)
    Un téléphone portable avec son chargeur.
    Un mètre ou un télémètre.
    Un plan de la ville
  • Une carte routière
  • Une carte type IGN au 1/200000 millièmes
  • Une lampe torche
  • Des petites jumelles
    Un papier et stylo et /ou dictaphone sur votre smartphone
  • Des cartes de visite de la production
  • Un peu d’argent
    Un appareil photo (reflex, compact, ou smartphone)
    Et un sac à dos pour emporter tout ça.

Le décor idéal

Il se peut parfois que la vision que se fait le réalisateur de son décor idéal ne corresponde pas à ce qui existe. C’est à vous aussi de confronter le réalisateur et sa vision artistique à la réalité de ce qui existe. Un film est toujours en perpétuel mouvement, ce n’est pas parce qu’un réalisateur a idéalisé un décor qu’il ne va pas s’adapter à la réalité des repérages. À l’inverse, un repéreur ne doit jamais se reposer sur sa connaissance du métier. Il doit toujours repousser ses limites pour offrir le meilleur décor possible. Avec l’expérience, la connaissance du terrain et la compréhension de l’univers du réalisateur et de son histoire, il devient possible de lui proposer le meilleur décor aussi bien sur le plan artistique que sur le plan technique.

Anecdote.

Nous cherchions pour un remake de la série « Stargate » une pyramide en Europe. Jamais nous n’aurions imaginé que cela puisse exister ! Et pourtant nous l’avons trouvé (photo ci-dessus). Malheureusement le film ne s’est jamais fait. Le maître mot du repéreur est :  persévérance.

La validation du décor

Une fois les décors trouvés a lieu une autre réunion pour choisir ce qu’on va aller voir en repérage de validation. Le premier assistant et son second s’il est déjà engagé ont fait une présélection de ce qui sera montré au réalisateur qui souhaite voir le plus de propositions possible. Au-delà de l’aspect purement esthétique qui sera souvent défendu par le chef opérateur et le chef décorateur, l’aspect technique et logistique est déjà abordé par le régisseur et le directeur de production à la vue des décors trouvés. L’aide-réalisateur encouragera à aller voir un décor bénéfique pour son plan de travail. Il restera donc à organiser avec cette petite équipe une journée ou plus de repérages sur les sites.

Au retour de ces repérages, l’aide-réalisateur pourra reprendre son plan de travail en y reportant les impératifs des décors. Le régisseur prendra le relais pour organiser et réserver tous les lieux de tournage en contactant les propriétaires et les administrations. C’est donc lui qui parlera argent négociera, rassurera. En aucun cas l’aide-réalisateur ne parlera argent pendant ses repérages. Dès que les décors sont validés, toute la préparation du film s’accélère. La régie la déco, la production, et d’autres techniciens vont rentrer en préparation dans l’équipe. C’est donc très important de faire des repérages le plus tôt possible et de les faire valider immédiatement. Le côté financier est important, mais il ne doit pas être la motivation première pour les propriétaires. L’assistant réalisateur a mis en avant le fait de participer à une expérience unique, avoir la possibilité de rencontrer des acteurs et d’être aux premières loges de la fabrication d’un film qui est toujours confidentielle.

Anecdote

Sur le film « Les Visiteurs » dans lequel la maison est complètement inondée d’eau sur plusieurs centimètres et sur toute la surface le décor était un décor naturel, les propriétaires avaient accepté contre une bonne rémunération, une bonne assurance, mais surtout et par-dessus tout, parce qu’ils allaient pouvoir assister au tournage de ce film emblématique. Il faut saluer dans ce cas précis le travail du régisseur et de l’assistant réalisateur qui ont su très bien expliquer et convaincre les propriétaires.

Anecdote

Dans un tout autre genre de film, nous avions à faire avec un propriétaire très réticent pour la location de son château. Sûr de son coup le régisseur général lui a fait comprendre que le film était un film érotique et qu’il pourrait peut-être y assister de loin. La négociation s’est très vite conclue en notre faveur. Le propriétaire qui avait demandé de rester sur place s’est débrouillé pour envoyer sa femme chez sa mère pendant le tournage.

Donc l’assistant réalisateur laissera toujours le régisseur général expliquer dans les détails les dommages collatéraux du tournage. Repeindre des murs, vider la maison, le nombre de personnes qui vont débarquer et peut-être même le fait que les propriétaires ne pourront pas habiter dans leur maison, mais qu’ils seront relogés aux frais de la production.Évidemment un état des lieux sera fait avec le régisseur général et le propriétaire avant et un autre après le tournage avant que le propriétaire ne revienne chez lui. Au moindre problème de détérioration, l’assurance de la production prendra le relais.

Les autorisations des lieux de tournage

Les autorisations des lieux de tournage font plutôt partie du travail du régisseur général et du directeur de production. Cependant il est important de connaître quelques points avant de vous lancer dans des repérages.

Attention : Si vous voulez tourner : dans une rue, dans un parc, devant un bâtiment officiel ou n’importe où ou sur la voie publique vous devez faire une demande d’autorisation à la mairie et à la préfecture de police.

Attention : S’il y a des commerces, vous devez aussi prévenir les commerçants que pendant le ou les jours de tournages leur commerce risque de ne pas fonctionner comme d’habitude.

Attention : Si vous devez bloquer la rue toute la journée pour une cascade de voiture, vous risquez de vous attirer les foudres des commerçants. Il faudra aussi les prévenir au moins une semaine avant. Si la rue n’a aucun intérêt particulier, choisissez un autre endroit.

Attention : Devant ou à l’intérieur d’une maison ? Si c’est une copropriété, vous devez demander l’autorisation au syndicat de copropriété ainsi que l’accord des propriétaires de la maison en question. Il vous faudra aussi demander également l’autorisation à la mairie si vous devez garer les véhicules techniques en dehors de la copropriété.

Attention : Pour les routes nationales, il faut demander l’autorisation à la Direction départementale de l’équipement. Pour les départementales, rapprochez- vous des conseils généraux, de l’unité technique territoriale. Pour les routes communales, adressez-vous à la mairie.

Attention : Pour les autoroutes ? Toutes les autoroutes de France sont gérées par des sociétés privées qui acceptent, sous certaines conditions. Tout cela a bien évidemment un coût. Il vous suffit de contacter l’entreprise qui gère l’autoroute sur laquelle vous souhaitez tourner et ils se feront un plaisir de vous expliquer comment ils peuvent vous aider. Notez que même si vous ne filmez pas dans une cabine de péage, et que vous ne faites que rouler, filmer sur une portion d’autoroute est payant. Et est soumis à une autorisation. Vous serez obligés de vous adjoindre les CRS pour encadrer et sécuriser la portion d’autoroute.

Attention : Pour les gares, le métro, les aéroports, les ports, les bases militaires, etc., tous ces organismes possèdent des services dédiés aux autorisations de tournage.

Attention aux droits d’auteurs sur les lieux de tournages.

Vous pouvez filmer un plan large de Paris, avec en fond la tour Eiffel, sans payer de droits à la société qui la gère. En revanche, si vous faites le même plan de nuit, là vous devrez payer des droits. Idem pour la Pyramide du Louvre. Les droits d’auteurs (et c’est valable pour les architectes, Le Corbusier ou autres) pendant 70 ans après la mort de l’auteur sans compter les années de guerre. En revanche, les illuminations sont considérées comme une œuvre d’art et l’auteur n’est pas encore décédé. Attention aussi aux œuvres d’art qui pourrait être chez les particuliers: statues, tableaux, un fauteuil Le Corbusier, une lampe Pippistrello, même si les propriétaires vous donnent l’autorisation.

Anecdote (photo ci-dessus)

Sur un autre film américain, il y avait une scène qui se déroulait dans un musée. La salle choisie était la moins compliquée en ce qui concerne les droits d’auteur. En effet, elle contenait une vingtaine de toiles XVIIIe siècle dont l’auteur était inconnu alors que toutes les autres contenaient des toiles de maître à des prix inabordables. Par précaution la production fit quand même des recherches sur les ayants droit et comme ils ne trouvaient rien ils décidèrent de faire des copies de ces tableaux. La déco fit des photos et des tirages grandeur nature qu’ils collèrent sur des toiles blanches. Une artiste peintre fut engagée pour faire des changements significatifs sur les toiles.

À LA DÉCOUVERTE DE L’ÉQUIPE TECHNIQUE CHAPITRE 8

Le Régisseur général ou location manager

Le régisseur général va être un de vos partenaires principaux pour que le tournage se déroule dans les meilleures conditions. La relation assistant réalisateur et régisseur général est indispensable, essentielle, primordiale, nécessaire.  S’il n’y a pas une collaboration, le bon déroulement du tournage est en danger. L’assistant met en place et exprime au mieux les souhaits du réalisateur et le régisseur fait en sorte que ces souhaits soient réalisables. Le régisseur général est l’alter ego logistique de l’assistant réalisateur. Avec le directeur de production, ils sont les trois colonnes de la préparation et du tournage. Le régisseur travaille avec un budget. L’assistant sur le scénario. Tous convergent vers le meilleur film possible. L’un est le patron, l’autre l’arrangeur. L’assistant-réalisateur, c’est vraiment le patron du plateau. Le régisseur général lui donne tous les éléments techniques pour qu’il ne se soucie que de son plateau. Le régisseur général est le collaborateur direct du directeur de production. Passons en revue le spectre de ses attributions principales.

Pendant la préparation

Il sera engagé dans la préparation presque en même temps que vous et vous partagerez au plus tôt avec lui toutes les informations nécessaires au tournage. Il soulagera le premier assistant réalisateur de tout l’aspect logistique du tournage.

Le régisseur général s’occupe de l’organisation matérielle, technique, logistique, et administrative d’un tournage et il veille au confort de chacun. Il participe aux repérages, recherche des décors et négocie leur utilisation. Il obtient les autorisations de tournage auprès des autorités, l’accord des propriétaires ou le blocage d’une rue.

Avant le tournage, le régisseur général commence par dépouiller le scénario comme le premier assistant réalisateur. Cela lui permet de déterminer les besoins du tournage en logistique. Il repère les séquences qui nécessitent une logistique particulière : les changements de décor, les besoins en véhicules jeu, de camions techniques. En collaboration avec la société de repérage ou le repéreur, il évalue les décors et lieux de tournage. Les camions doivent pouvoir stationner près du décor, les loges doivent être à proximité, vérifier si des travaux ne doivent pas être prévus aux alentours. Vérifie les nuisances sonores. Le régisseur général s’occupe également des différentes demandes d’autorisations auprès des autorités et des particuliers. Le régisseur général devra aussi s’assurer que les loges et la cantine sont raccordées à l’eau et l’électricité. C’est également au régisseur général qu’il revient de négocier les prix des décors, les prix d’achat ou de la location du matériel et des équipements. Ensuite, il veillera à leur transport sur les lieux du tournage. Il va réserver physiquement des places pour chaque véhicule, ordonnancer les plannings de transport, d’hébergement, et de restauration.

Le régisseur général va également préparer les itinéraires pour l’équipe, puis les installer pour que la logistique n’interfère pas avec le champ de la caméra.

L’assistant réalisateur et le régisseur général vont avoir deux domaines qui peuvent être complémentaires et différents, mais là où ils se rejoignent en premier lieu, c’est sur le décor. L’assistant a besoin d’un décor pour le réalisateur et le décor c’est la base du travail du régisseur général.  Il existe différentes collaborations assistant réalisateur/ régisseur général dans la recherche de décors : certains assistants sont très impliqués dans cette recherche ou très présents auprès du repéreur ou régisseur général.  Il y a dans un second temps, l’élaboration du plan de travail. Le régisseur général s’occupe de la réalisation administrative du plan de travail. Échange permanent. Soit l’assistant concerte le régisseur avant, soit il le fait et partage au régisseur général une version encore non communiquée afin qu’il le valide. C’est vraiment une question de communication en temps réel avec le dialogue comme clé. L’assistant centralise les demandes de la réalisation et les soumet au directeur de production et au régisseur général. Lors de la préparation, la pire situation sera si l’assistant ne tient pas compte des remarques du régisseur en se déchargeant de cette responsabilité.

Pendant le tournage

Avec l’aide du régisseur adjoint et de ses auxiliaires régie, le régisseur général veillera au transport des comédiens, et des chefs de département. Juste avant le premier assistant réalisateur, il est le premier arrivé sur les lieux, pour ouvrir et chauffer les loges et le HMC (habits, maquillage, coiffure) et ouvrir les décors pour l’équipe technique.

La régie a fourni des parapluies pour les figurants

Dès que l’équipe arrive, il guide les véhicules techniques pour se garer et décharger le matériel. Il veille ensuite à l’installation de la table régie. Avec l’aide de son régisseur adjoint, le régisseur général aura toujours un oeil sur le plateau et se chargera de faire tout ce qu’il faut pour que le travail avance rapidement en efficacité. Le régisseur général et son équipe doivent se montrer disponibles pour toutes les demandes provenant du plateau.

Ils devront également gérer les imprévus technique, matériel, logistique et même répondre à certaines demandes personnelles. Sur le tournage l’assistant va vraiment gérer le plateau et la mise en place des plans. Sa priorité c’est de respecter le plan de travail et le timing de la journée. Le régisseur général a en charge la logistique et l’installation technique.

On ne pardonnera pas à un assistant si un comédien est absent à telle séquence, et on ne pardonnera pas à un régisseur général qu’il manque le matériel prévu.

Lorsque le tournage se déroule bien, les échanges sont moins intenses entre eux et le régisseur n’est pas sur le plateau. Toutefois, en cas de modifications du plan de travail ou d’évènements imprévus, l’assistant et le régisseur général se consultent pour mettre en place les alternatives afin de continuer et de ne pas prendre de retard.

Même cas lorsque le réalisateur et son assistant décident de faire quelque chose qui n’était pas prévu et qu’ils voudraient savoir dans l’immédiat si cela est possible. L’assistant réalisateur et le régisseur général peuvent être amenés à collaborer pour l’élaboration de la feuille de service, car le second assistant n’est qu’un exécutant, les négociations se font entre chefs de poste.

Après le tournage

Après le tournage, le régisseur général doit se pencher sur les prochains jours du tournage avec le 1er assistant réalisateur et valider chaque jour la feuille de service avant la fin du tournage. Le régisseur général et son équipe rendent rapidement le matériel et les décors loués après les avoir nettoyés.

Les conflits mise en scène régie

On parle toujours de la guerre entre la régie et la mise en scène. N’exagérons pas. Cependant dans le stress du tournage certaines situations conflictuelles peuvent se présenter. Il peut arriver que cette collaboration puisse devenir conflictuelle si l’assistant ne tient pas en compte les problèmes de logistique et d’autorisations. De la même manière, lorsque le régisseur refuse quelque chose et l’assistant persiste.  Un conflit peut également s’installer lorsque l’assistant ou le régisseur n’ont pas assez d’expérience et n’ont pas d’autres moyens de s’affirmer pour cacher le manque d’assurance. Sinon, la plupart du temps, c’est un conflit entre le réalisateur et la production avec le directeur de production qui fait que le régisseur général peut se trouver à en souffrir alors qu’il n’y est pour rien.

En cas de mésentente ou d’incompétence, une mauvaise collaboration entre l’assistant réalisateur et le régisseur général peut tout simplement amener à un tournage chaotique où personne n’est heureux et où l’équipe se demande ce qu’elle fait exactement. Elle peut également mener à des catastrophes. Cette situation nuira donc à tous mais surtout au film et à sa qualité artistique et technique. Un assistant réalisateur qui a fait de la régie avant saura mieux comprendre les enjeux de son régisseur général et cela évitera certains conflits. De plus en plus sur les tournages les assistants demandent la présence d’un régisseur sur le plateau alors qu’avant c’est eux seuls qui dirigeaient le plateau, c’était leur domaine. Ce poste existe sur les tournages américains c’est le rôle du Key PA (Assistant de production principal).

C’est souvent le manque de temps de préparation qui rend les choses tendues. Sur le tournage, les premiers assistants ont maintenant tellement de choses à régler à la dernière minute qu’ils n’ont pu vraiment le temps de gérer le plateau en termes de fonctionnement. De plus en plus, les régisseurs généraux ont à régler certains problèmes le jour J. un autre problème qui provoque des tensions entre ces deux départements, est que les films en France disposent de budgets de plus en plus réduits, où les directeurs de production n’en sont pas et où la tendance est de prendre des techniciens débutants. Ces techniciens qui sont parachutés à des postes clefs sans avoir l’expérience se font alors dépasser par les évènements. Un assistant expérimenté qui se retrouve face à un débutant peut en effet amener à des situations un peu compliquées voir conflictuelles.

Le location manager anglo-saxon

Le location manager est l’équivalent du régisseur général dans les équipes anglo-saxonnes. Les fonctions et l’équipe sont légèrement différentes, avec des postes supplémentaires comme : « le Transport manager, le Transport Captain, les drivers et les mechanics » . Il est assisté d’un adjoint et d’une quantité de «  PA’s » (productions assistant) tous sous la direction du « Key PA’s ». Le Key PA est est un poste vraiment très utile sur un plateau, il est entre le régisseur adjoint et le deuxième assistant réalisateur. C’est lui qui fait bouger l’équipe quand il y a un changement d’axe, c’est lui qui organise le blocage des routes, le silence sur le plateau, etc. Le « Location scout » est responsable des repérages et de la première négociation des décors.

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