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COURS 6
L’ACTEUR ET LE MÉTIER
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SOMMAIRE
INTRODUCTION
LE TRAVAIL DE TABLE
TROIS INFORMATIONS INDISPENSABLES À VOTRE TRAVAIL
LES RÉPÉTITIONS
LES DIFFÉRENTS JEUX
PRÉPARATION À UNE AUDITION PUBLICITAIRE
PRÉPARATION AUDITION DRAMATIQUE
LE JEU D’HORREUR
LA DRAMATISATION
LE CORPORATIF
LES SCÈNES DE NUDITÉ
LE JEU SUR ÉCRAN VERT
IMPACT DES NOUVELLES TECHNOLOGIES SUR LE JEU
DIRECTEUR DE CASTING ET AGENTS
CONCEPTION D’UNE DÉMO (PORTFOLIO POUR ACTEUR)
VOTRE STUDIO MAISON
LES ASSOCIATIONS
COURT SONDAGE DE SATISFACTION Cliquez ici
L’EXAMEN PRATIQUE ET L’EXAMEN THÉORIQUE
(inscription au moins 4 jours avant la fin de votre période de 12 mois de formation)
INTRODUCTION
Le temps file et le moment de faire vos premiers pas dans un métier exigeant, mais combien plaisant, se rapproche de plus en plus.
Hollywood n’est peut-être pas pour demain, mais ce n’est pas tant la notoriété du travail que sa nature exceptionnelle, hors du commun, qui devrait maintenant vous motiver. Comme vous en êtes au dernier cours de cette formation, vous savez que jouer un rôle, dans une production pour la télévision ou le cinéma, est un privilège.
Cependant, un acteur n’est pas un chirurgien, aucune vie ne dépend de lui, de son savoir-faire ou de son talent. Il faut donc relativiser et garder les pieds sur terre.
C’est également ce à quoi vous invite ce dernier cours. Ne vous découragez surtout pas si certaines vérités ou difficultés vous semblent plus dérangeantes que d’autres.
Aussi, vous devez aborder ce cours final avec tout le sérieux dont vous avez fait preuve jusqu’ici. Assurez-vous d’avoir ce petit calepin du premier cours et utilisez-le fréquemment. Surtout pour noter ce dont vous serez absolument certain de vous rappeler sans avoir à prendre de note.
LE TRAVAIL DE TABLE
C’est dommage de devoir le dire, mais certains acteurs ne débutent vraiment leur travail qu’une fois sur le plateau ou sur les planches. Quelle erreur!
Votre travail d’acteur débute dès le moment où vous avez accès à vos textes, bien entendu. Et le travail d’équipe lui, ce que nous appelons le travail de table, débute dès que vous êtes en présence de l’équipe.
En bref, le travail de table fait tout autant partie de votre mission que le tournage à proprement parler.
N’oubliez jamais qu’avant de penser à faire un film, un texte a été écrit, que vous avez lu (cours 1) et que vous avez découpé vos textes pour bien les maîtriser.
Une fois cela fait, vous allez ensuite découvrir les attentes du réalisateur et prendre connaissance de ses demandes et de la vision qu’il a de l’œuvre dans laquelle vous allez être impliqué.
Cette première répétition, cette première rencontre de travail avec le réalisateur et les autres acteurs, c’est le travail de table. Ne croyez surtout pas qu’il s’agit de vous asseoir, prendre un café et rigoler avec les amis. Vous allez fort probablement travailler dans l’humour, mais vous allez surtout vivre là un moment magique, un moment trop souvent sous-estimé.
C’est lors du travail de table que vous avez la chance, et peut-être la seule de toute la production dont vous ferez partie, de vous retrouver avec les autres acteurs et d’entendre comment le réalisateur compte mettre en images le texte que vous avez reçu.
Et si vous vous demandez si vous pourrez prendre des notes, la réponse est oui. Discrètement, et sans donner l’impression aux autres que vous notez ce qu’ils disent à chaque fois, bien entendu.
Vous aurez la chance de découvrir les autres acteurs, leur voix, leur tempérament, leurs réactions spontanées, leurs commentaires, etc., et vous ferez aussi possiblement la connaissance des artisans de la production (costumes, maquillage, décorateurs, et autres).
Bien sûr au début vous n’aurez que de petits rôles. Il faut apprendre à marcher avant de se mettre à courir. En tant que nouveau venu vous disposerez souvent de l’attention des anciens. Profitez-en pour prendre en notes leurs suggestions et poser des questions. Et il n’y a pas meilleur moment que le travail de table pour le faire.
« Qui se tait se nuit. »
Vous n’aurez pas souvent l’occasion de bavarder avec le réalisateur, donc si l’occasion se présente, ne la ratez pas. En pleine production, les journées d’un réalisateur ne sont même pas assez longues pour faire seulement ce qui doit être fait et le silence s’impose par lui-même, sur le plateau, pendant la préparation des scènes.
Le travail de table se fait évidemment sans costume et sans les décors. Suivent ensuite des répétitions en costumes et dans le décor approprié. Plus les répétitions progressent et plus les acteurs savent leur texte et aussi ce qu’ils ont à faire. Lorsqu’ils arrivent au moment du tournage, tous sont prêts à donner le meilleur d’eux-mêmes.

Les acteurs sont ici en costume et ils font une dernière répétition avant d’entrer en studio et de prendre place dans le décor. Cette étape est la dernière avant le tournage proprement dit.


Une fois en studio, et dans leur décor, les acteurs sont fins prêts.

Ici, le réalisateur, à gauche, vérifie les plans captés par la caméra. Il dirige aussi les acteurs et leur donne des instructions claires. Le tournage peut ensuite débuter. Pendant les ajustements, on demande aux acteurs de faire silence sur le plateau. Il est important de rester concentré, d’éviter de faire des blagues qui pourraient
amuser autant que distraire et provoquer des oublis ou des erreurs.
Cliquez sur la caméra pour visionner la publicité des photos qui précède.
TROIS INFORMATIONS INDISPENSABLES À VOTRE TRAVAIL
1- Vous êtes qui ? Qui est votre personnage ? D’où vient-il, quel est son historique, etc.
Existe-t-il une bible des personnages ? Si oui, pouvez-vous y avoir accès ? En principe, on vous l’a remise au départ, dès que vous avez été choisi pour le rôle. Mais ce n’est pas toujours le cas.
Nous le répétons : plus vous en savez à propos de votre personnage, plus précise sera votre interprétation.
2- Vous faites quoi ? Qu’est-ce que votre personnage vient faire dans chaque scène ? Êtes-vous sûr d’avoir saisi les motivations de celui-ci ?
On ne peut pas jouer si l’on ne sait pas ce qu’on joue !
Ne vous présentez jamais sur un plateau sans être parfaitement sûr de ce que vous venez y faire.
3- Où êtes-vous ? Où se passe l’action de votre personnage ?
Vous croyez que la chose est sans importance ? Dans ce cas, prenons une dispute de couple ou avec un ami intime.
Imaginez d’abord cette dispute dans un restaurant chic. Prenez quelques instants pour vous imaginer la scène.
Imaginez-la maintenant chez vous, où il n’y a aucun témoin. Vous ne vous disputerez pas de la même manière, nous en sommes convaincus.
Ces trois questions, QUI/QUOI/OÙ influencent directement votre jeu, ne l’oubliez jamais.
À moins que ces trois questions aient trouvé réponse avant, le « Qui/quoi/où », se pose dès le moment du travail de table.
De cette manière, vous éviterez de prendre racine dans une interprétation qu’il sera peut-être difficile de rectifier une fois sur le plateau.
Dès que vous recevez vos textes, vous devez vous « préparer », mais il ne sert à rien de « répéter » sans d’abord savoir ce que le réalisateur attend de vous. Il vous faut donc attendre le travail de table avant de vous lancer dans des répétitions le moindrement avancées. Souvenez-vous de nos trois styles d’acteurs du cours 3. Vous voulez sûrement être dans la bonne catégorie.
EXERCICE 6.1
(Cet exercice n’est pas destiné à la correction)
Type : Influence de l’environnement sur le jeu
Expression : Jeu avec paroles.
Durée : 1 minute.
Directives du réalisateur : Placez-vous debout devant votre caméra (en plan américain). Vous êtes au théâtre, durant l’entracte, au milieu des gens, vous vous disputez avec votre conjoint.
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« Non sérieusement, ça suffit!! Chaque fois c’est la même chose, tu ne vas pas en faire tout un plat. C’est complètement immature de ta part, je n’en reviens pas. Si j’avais décidé de te jouer dans le dos, figure-toi que je ne t’aurais rien dit. Je suis fatigué de ces reproches, tu n’as pas idée».
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L’APRÈS EXERCICE 6.1
Que vous soyez rouge de colère ou simplement irrité, vous n’avez certainement pas crié votre texte. Vous êtes au théâtre, durant l’entracte. Il y a plein de gens tout autour de vous.
Qui plus est, ces gens sont relativement cultivés, car c’est souvent le cas au théâtre, et ils ne s’attendent sûrement pas à des éclats de voix, ni à des mots vulgaires en public. Vous avez donc dû adapter votre colère à votre environnement (C’est le « où », dans les trois informations indispensables que nous avons vues.).
Reprenez maintenant cet exercice, mais cette fois, considérez que vous êtes dans le confort de votre maison. Vous êtes chez vous, sur votre territoire.
Vous n’êtes peut-être pas du style chicanier, mais il y a fort à parier que ces deux versions ne seront pas du tout pareilles. Vous allez vous permettre plus d’intensité, des éclats de voix, des mots moins retenus que dans la première version. C’est l’exercice 6.1 version 2.
LES RÉPÉTITIONS
Le travail de table, c’est aussi la première répétition en groupe, et elle va vous servir de guide durant toute la production qu’elle concerne.
Bien sûr, il arrive, lors de certaines productions à très petit budget, qu’il n’y ait pas de travail de table, faute de temps et de moyens. Les répétitions se font alors directement sur le plateau, ce qui n’est pas nécessairement le meilleur moyen de faire les choses, on en convient.
Voyons maintenant comment devrait se dérouler le tout dans un monde idéal. Avant de jouer, vous devez savoir quoi faire. Vous devez comprendre, mais vous devez surtout « tester » ce que vous avez imaginé, ce que vous avez créé.
Au moment du travail de table, le réalisateur renseigne les acteurs sur ses attentes et sa manière de voir les choses. Une fois que cela est fait, on passe à la pratique. C’est le moment où le personnage que vous aurez imaginé à partir des textes que vous aurez reçus, sera mis à l’épreuve.
Après avoir pris connaissance des informations données par le réalisateur, vous pourrez déjà savoir si ce que vous aviez imaginé pour votre personnage va correspondre. Si ce n’est pas le cas, vous devrez adapter le personnage afin qu’il réponde aux attentes du réalisateur.
Par exemple, si vous avez considéré que votre personnage devait se montrer timide dans certaines situations, dans certaines scènes et que le réalisateur vous parle plutôt de retenue, vous devrez adapter votre jeu pour passer de la timidité à la retenue.
Cela se ressemble, mais il y a une différence. Le personnage timide ne donnera pas l’impression d’être en contrôle de sa vie autant que le fera un personnage qui démontre de la retenue.
Vous devez aussi vous assurer que vos idées et votre façon de faire les choses, sont comprises par le réalisateur et, pour cela, vous allez répéter devant lui lors du travail de table. Il vous guidera et vous pourrez vous baser sur ses observations pour répéter de manière plus approfondie ensuite.
Après le travail de table, dans les jours qui suivent, plusieurs acteurs conviennent souvent de se retrouver chez l’un d’eux et travailler, donc de répéter, ensemble. L’ambiance est détendue, le rythme de travail pas toujours très élevé, mais c’est une manière agréable de se familiariser à la fois avec le texte et avec les autres acteurs du groupe.
Cliquez sur la caméra pour visionner une répétition type, tenue chez un des acteurs.
EXERCICE 6.2 (PEUT ÊTRE ENVOYÉ À LA CORRECTION)
L’exercice suivant se divise en deux parties.
Dans la première, vous faites des répétitions pour améliorer votre jeu et votre personnage.
Dans la seconde partie, vous allez enregistrer la scène que vous aurez répétée dans la première partie, cette fois avec le personnage que vous jugerez suffisamment achevé pour être crédible.
Vous devrez nous proposer un personnage ainsi qu’une interprétation du texte de cet exercice.
Vous pouvez le « travailler » comme vous le voulez, mais assurez-vous de respecter les étapes de travail. Prenez votre temps et soignez le résultat.
Vous devez lire le texte plusieurs fois, le comprendre clairement, le découper pour en faire le phrasé et l’apprendre par coeur.
Vous devez créer un personnage original, lui donner du sens, une couleur qui lui soit propre.
Vous devez choisir vos déplacements (s’il y en a), vos mouvements, ainsi que votre valeur de plan pour votre caméra.
Nous insistons : ne vous pressez pas. Mettez l’accent sur votre préparation et sur vos répétitions. Répétez autant de fois qu’il le faut, jusqu’à ce que vous soyez suffisamment satisfait.
IMPORTANT : Pour cet exercice, enregistrez vos premières répétitions et vous pourrez comparer avec le résultat final. Cela vous permettra de mieux comprendre encore le chemin que vous avez parcouru. Ne commencez les répétitions qu’une fois que vous avez bien appris votre texte.
Si vous estimez que votre personnage est complet, et que vous êtes prêt au bout de 5 minutes, c’est que quelque chose ne va pas. Reprenez du début et consacrez à vos répétitions la durée indiquée dans l’exercice.
Type : Exercice de répétition
Expression : Jeu avec paroles.
Durée : partie 1, 15 minutes; partie 2, deux minutes.
Directives du réalisateur : Installez-vous devant votre caméra, assis à une table, sans votre texte. Vous pouvez choisir la valeur de plan que vous voulez. Si vous faites des déplacements, assurez-vous qu’ils soient toujours visibles à la caméra.
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«T’aurais vraiment pu te retenir de passer ces commentaires au salon funéraire. Tout le monde sait que tu t’en fous que maman soit morte, mais tâche au moins d’avoir du respect pour ceux qui restent. Tu pars vivre à la grande ville quelques mois et quand tu reviens… tu te prends pour la reine d’Angleterre. Tu te rends compte ? Abandonner sa mère pour aller faire plus d’argent, c’est du propre. Maintenant qu’elle est partie, essaie au moins de ne pas tous nous couvrir de honte.»
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L’APRÈS EXERCICE 6.2
Vous avez sûrement pris le temps de bien faire les choses pendant votre répétition, comme nous l’avons vu dans les leçons précédentes. Mais il faut aussi avoir pensé à l’homogénéité de l’ensemble, à sa conformité.
Beaucoup d’acteurs, et des plus sérieux, s’occupent de leur texte comme du Saint Graal. D’autres vont peaufiner leur personnage jusqu’à l’habiter corps et âme.
Pourtant, bien peu procéderont à ce que nous appelons « l’élagage », c’est-à-dire au sacrifice d’une partie dans leur jeu. Ce que l’on doit abandonner pour gagner en « égalité ».
Trop de texte et pas assez de personnage, ou trop de personnage et pas assez de texte, la balance est difficile à atteindre car le temps imparti pour la création n’est pas toujours suffisant.
Vous souvenez-vous que nous avons donné 15 minutes seulement pour cette répétition ? Inutile de savoir le texte à la virgule près, si vous ne savez pas comment votre personnage s’exprime.
Vous devez donc procéder pas étape, un peu comme si vous deviez construire un corps humain, partie par partie.
Le squelette c’est apprendre le texte. Les muscles ce sera le travail de table. La peau, pourra être ces indications reçues du metteur en scène. Les vêtements, ce sera votre apport, votre partie de création.
Le simple fait de vous rappeler du travail de répétition en songeant à cette comparaison avec la construction d’un corps, vous permettra de conserver une meilleure vue d’ensemble. Gardez aussi en tête qu’il vaut mieux avoir un peu de tout, que d’avoir un aspect hyper soigné et rien, ou trop peu, pour les autres aspects.
LES DIFFÉRENTS JEUX
Il est ici utile de vous rappeler les différences fondamentales qui caractérisent le jeu de l’acteur, avant de vous attaquer à la suite.
Théâtre : La parole domine. Vous devez penser de manière ample. Gestes amples, parole ample, tout doit se magnifier si vous voulez être entendu et vu jusqu’au fond de la salle. Pensez à ce jeu comme un jeu vu à travers une loupe.
Télévision : La situation domine. Le texte est souvent privilégié car les séries se déroulent sur plusieurs semaines, mois ou années. Tout se rapporte à la situation, y compris le jeu. Pensez à ce jeu comme à une activité de groupe.
Cinéma : L’état domine. L’état du personnage (acteur) état de la scène (ambiance). Il s’y trouve peu de mots, c’est l’image qui prime. Image, émotion et état. C’est un médium très intime. Pensez à ce jeu comme à une danse à deux .
PRÉPARATION À UNE AUDITION PUBLICITAIRE
Jouer pour des publicités n’est pas toujours facile parce que les délais de production sont souvent très courts.
Le réalisateur compte énormément sur votre conscience professionnelle qui vous poussera à vous préparer de votre mieux avant d’arriver sur le plateau de tournage. Tout ce que vous pourrez faire pour améliorer votre performance, dans le confort de votre foyer, sans que cela coûte un sou à la production, vous serez bienvenu de le faire.
La publicité est un monde à part. Un monde difficile, parfois cruel, dans lequel l’image, la perception, est excessivement importante.
Si vous tournez des publicités, vous devrez vous armer d’une carapace solide, car le temps manquera forcément et vous risquez de ne pas atteindre le niveau de finition dont vous vous savez capable.
La production n’aura pas le loisir de ménager les susceptibilités. Les acteurs quitteront le studio parfois avec un goût amer en bouche.
On s’occupe du produit et on vous demande de « performer » selon ses besoins à lui, au produit, sans tenir compte de vos besoins à vous, vos besoins d’acteur perfectionniste ou simplement consciencieux.
Vous aurez peut-être même l’impression d’être un jouet dans les mains de professionnels de l’image, qui ne prendront pas toujours le temps de tout vous expliquer. Ce n’est cependant qu’une perception. Le rythme de production est élevé, les conditions de tournage sont souvent contraignantes pour les équipes techniques et pour les acteurs, tout comme pour le réalisateur qui doit, en plus, tout faire dans les délais et respecter son budget.
Le monde du jeu publicitaire exige des acteurs autonomes, capables de créer sous pression et qui comprennent le but de leur présence sur le plateau : vendre un produit.
NOTE : Il y a une différence fondamentale entre « jouer » pour vendre un produit et être un porte-parole pour un produit. Dans le premier cas, vous faites votre travail d’acteur, dans le second, vous endossez le produit, vous le cautionnez, vous le faites bénéficier de votre notoriété.
En tant qu’individu, vous pouvez détester une marque de boisson gazeuse, mais faire sa pub quand même, car c’est un personnage qui en parle, pas vous. Par contre, vous ne pouvez pas être le porte-parole d’un produit que vous avez en horreur, car, dans ce cas, c’est le comédien qui est le porte-parole, pas le personnage.
Des acteurs détestent la pub, c’est bien connu. Ce sont en général, des acteurs qui refusent de se retrouver dans des conditions de tournage plus difficile que ce à quoi ils sont habitués.
Pour un acteur débutant, l’accès au tournage de publicité devrait être considéré comme une expérience à vivre, une occasion de se dépasser, de plonger dans une réalité de tournage exigeante et pas toujours prévisible. Bref, c’est une formidable occasion d’apprendre.
Pour bien des acteurs, tourner dans une publicité c’est le défi ultime à relever : cela équivaut à créer un personnage crédible, suffisamment représentatif pour que de parfaits inconnus achètent le produit qu’il présente, et ceci dans un délai souvent court, et dans des conditions de tournage pas toujours évidentes.
Ce qu’on appelle un « spot publicitaire » est court par définition. Certaines publicités sont un peu plus longues que d’autres, dépassant assez rarement une minute, d’autres tiennent en 30 secondes, et un grand nombre de publicités tiennent en 15 secondes seulement.
Il arrive même de voir ces pubs de 15 secondes être divisées en 3 sections de 5 secondes chacune que l’on présentera, par intervalles, tout au long d’une diffusion de publicités.
En audition donc, comme sur le plateau, vous devez aller droit au but.
La psychologie profonde de l’acteur et de son personnage n’a pas vraiment sa place. Faites ce travail avant, chez vous. Cette partie relève de la préparation. Ce que vous amènerez à l’audition, ce sera « l’essentiel ».
Aucune place pour le superflu ou l’hésitation. Votre préparation doit être complète et efficace. Vous devez arriver au tournage de l’audition comme au tournage final si vous avez le contrat, fin prêt.
Pour vous donner une idée de la situation, imaginez l’extraction de pétrole.
Pour l’extraire, chaque compagnie aura ses propres équipements et ses propres façons de faire. Une telle utilisera une plateforme marine, l’autre un puits dans le désert, la dernière raffinera les sables bitumineux, etc. Chacune aura ses propres méthodes, ses couleurs et ses logos. Toutes ces méthodes d’extraction représentent un personnage terminé et prêt à jouer.
En audition publicitaire, on ne veut voir que le pétrole, le cœur du message. On ne veut pas voir le processus qui a conduit au résultat. On ne veut pas le sentir derrière le résultat. Tout est concentré sur le résultat.
En termes plus concrets encore, si vous devez faire une pub pour une organisation venant en aide aux gens qui vivent dans la rue, les sans domicile fixe, que vous devez interpréter une de ces personnes, vous ne disposerez que de quelques secondes pour faire comprendre ce qu’est votre vie dans la rue.
C’est le résultat qui va compter, c’est ce que la caméra percevra de votre jeu, de votre tenue, de vos propos, de votre attitude, etc. Et toute la préparation derrière cette très courte performance à la caméra ne devra pas se sentir, se percevoir par le spectateur. La totalité de la pub doit concerner le produit et non la qualité d’interprétation de celui qui annonce ce produit.
Le réalisateur vous dirigera lors du tournage, c’est évident et il vous aidera à atteindre le résultat attendu dans les conditions de tournage du moment. Mais, pour l’audition, vous ne recevrez que quelques directives, et vous devrez aller droit au but.
C’est aussi ce côté « expéditif » qui fait frémir d’horreur certains acteurs face au domaine de la publicité.
Il y a même des acteurs qui voient l’audition publicitaire comme une séance de torture, une expérience qui va les faire souffrir. C’est dommage, parce que ce genre d’audition c’est plutôt une séance intense de création, remplie d’inattendu, de surprise.
Si, tout de suite après l’audition, on vous dit « merci, on va visionner tout ça et on communiquera avec vous si vous êtes retenu », ce n’est pas plus grave. On sait bien que vous ne pouvez pas tous les décrocher. Mais il faut se dire que c’est à force de se faire dire non qu’on se rapproche du oui tant attendu.
On demandait à un jeune acteur pourquoi il était encore tout sourire au sortir d’une audition sans suite. Il répondit « Mais parce que j’ai un « non » de plus à mon crédit, ce qui me rapproche d’autant du « oui » qui va forcément venir.
Dans ce domaine aussi, la persévérance est essentielle. Certains acteurs vous diront qu’ils décrochent une audition sur dix. Et, avec le plus grand sérieux, ils préciseront, que sans les 9 « non », il ne se rendraient jamais au « oui ».
EXERCICE 6.3
(Cet exercice n’est pas destiné à la correction)
Type : Exercice d’audition publicitaire
Expression : Jeu avec paroles.
Durée : 15 secondes
Directives du réalisateur : Placez-vous debout devant votre caméra (plan d’ensemble). Placez votre caméra de façon à laisser un espace au-dessus de votre tête. Vous vous approcherez doucement de votre caméra en disant votre texte, jusqu’au moment où vous serez en plan taille. Votre tête ne doit pas sortir du cadre. Votre personnage est sûr de lui, sincère, et inspire la confiance. Vous devez être convaincant. Vous devez faire ce texte en 12 secondes.
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L’APRÈS EXERCICE 6.3
Vous avez surement utilisé un ton doux, respectueux et empreint de gentillesse.
On voit bien ici qu’il ne s’agit pas d’une publicité pour un concert rock au stade de France.
Vous avez certainement pris le temps de bien découper votre texte et de bien prononcer chaque segment. Bravo, c’est ainsi qu’il faut travailler.
Si, à la fin, on entendait votre voix sur des images montrant des gens en train de faire des opérations bancaires en ligne (au lieu de vous voir prononcer ces paroles), on appellerait votre travail… une signature vocale.
Si vous faites une simple voix, il s’agit d’une narration. Mais si cette voix sert à identifier le client (le commercant pour lequel vous tournez la pub), il s’agit alors d’une signature vocale.
Maintenant que vous en savez un peu plus, refaites la publicité et enregistrez-la de nouveau. Donnez-lui un caractère différent, un ton particulier, comme vous seul pouvez le faire, puisque ce que vous faites, seulement vous pouvez le faire exactement de cette manière.
Visionnez la différence, car il y en a surement une.
PRÉPARATION AUDITION DRAMATIQUE
Dans le domaine de la préparation, la publicité et la dramatique n’ont pas grand-chose en commun, outre le fait d’apprendre un texte et de le jouer, bien entendu.
Une des différences fondamentales, en matière d’audition dramatique (personnage télé ou pour le cinéma) c’est que vous devez amener une proposition viable.
C’est-à-dire que, le plus souvent, qu’il s’agira d’un troisième rôle (soit une seule scène à jouer dans toute l’œuvre), mais parfois aussi, de second et de premier rôle, et forcément davantage de scènes à jouer. Ces rôles sont donc appelés à revenir au fil de l’œuvre.
Votre agent, si vous en avez un, vous transmettra ces informations lors de la demande d’audition. Il aura reçu une offre de casting avec le maximum d’informations disponibles concernant le rôle en question : le texte, le nombre de jours de tournage, les lieux de tournage, les conditions salariales, etc.
Comme il s’agit de tournages récurrents, dans lesquels votre personnage sera appelé à se présenter à plusieurs reprises, vous devez absolument maintenir votre personnage tout au long de la production. Il ne pourra pas être différent d’une scène à l’autre, ni d’un épisode à l’autre dans le cas d’une série. D’où cette notion de proposition « viable » lors de l’audition.
Dans le cas d’une audition de publicité, vous présenterez l’idée de départ que vous avez du personnage, tout en étant disponible pour recevoir les demandes du réalisateur, du publiciste, etc.
Les choses changent parfois rapidement en publicité, et vous serez prêt à vous adapter, sur place et sans période d’ajustement à proprement parler. On comptera sur votre capacité à vous adapter sur le champ aux changements dans l’attitude, le geste, la parole et l’allure, de votre personnage.
Pour un rôle dramatique, disons un premier rôle dans une nouvelle œuvre, vous devez amener un personnage le plus complet possible. Vous l’aurez donc bien préparé, bien élaboré, en accord avec les besoins et les attentes du réalisateur, et en conformité avec les indications et les situations décrites au scénario.
Le réalisateur aura aussi, à l’occasion, des directives et des ajustements de dernière minute, mais rien de majeur comme cela se fait en publicité.
Comme vous devez prouver que vous êtes suffisamment digne de confiance pour tenir la responsabilité d’un rôle important durant toute la durée du tournage, le réalisateur sait qu’il ne peut quand même pas chambarder votre travail, vos répétitions, etc.
Si la production dans laquelle vous jouez est un film, cela peut représenter facilement de 35 à 50 jours de travail et c’est pendant toute cette période que vous devrez faire vivre votre personnage.
Si c’est une série télé, cela peut s’étendre sur des années entières, à raison de 13, 26 ou même 39 épisodes par année. La direction de production, c’est-à-dire les gens responsables de toute l’organisation, doit s’assurer que vous ne les lâcherez pas en chemin.
Pour cette raison, dès l’audition, vous devez inspirer confiance et présenter un personnage le plus complet possible, le plus défini possible, tout en vous montrant toujours ouvert aux changements. Un acteur réticent à modifier un peu son personnage est un acteur menaçant pour la production entière, un acteur qui risquera d’être têtu, opiniâtre, voire borné.
Les auteurs ne savent pas tout de leurs personnages. Le réalisateur non plus. Le scénariste découvre parfois , en voyant son personnage agir, des facettes de sa personnalité qu’il n’avait pas soupçonnées. L’acteur fait donc évoluer le personnage aux yeux de tous. Votre manière d’interpréter un personnage est, rappelez-vous, absolument unique.
De même, le réalisateur n’a pas toujours des idées bien définies de ce que sera son œuvre finale. Les acteurs vont lui proposer des tonnes d’idées, sans compter que les personnages joués devant lui vont aussi l’inspirer grandement.
ANECDOTE
Une audition avait lieu pour un personnage handicapé dans une série déjà en cours. La production voulait toutefois le faire jouer par un acteur professionnel et non pas par un handicapé réel pour des raisons d’expertise du jeu.
Un vrai handicapé s’est tout de même présenté à l’audition, avec sa chaise roulante, bien préparé et tout. Malheureusement, ne s’improvise pas acteur professionnel qui veut et il n’a pas obtenu le rôle.
Toutefois, le réalisateur s’est vite rendu compte que le décor existant ne permettait pas le passage d’une chaise roulante. La présence de cet handicapé aura donc été des plus bénéfique pour la production. L’auteur s’est remis à la tâche pour modifier le handicap du personnage, chose plus simple à faire, et surtout moins coûteuse, que de faire reprendre le décor entièrement.
Comme quoi les réalisateurs ne sont pas parfaits et ne pensent pas à tout.
EXERCICE 6.4
(Cet exercice peut être envoyé à la correction)
Type : Exercice d’audition dramatique
Expression : Jeu avec paroles.
Durée : 1 minute
Directives du réalisateur : Placez-vous debout, en plan américain, pour que l’on voit bien vos bras et vos mains. Votre personnage est intolérant, sans grande empathie. Toutefois, son passé est lourd de secrets et nous devons sentir que cette méchanceté n’est pas gratuite, mais plutôt le fruit d’expériences passées fort pénibles.
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« Mais au bout d’un moment, qu’est-ce qu’on en a à foutre, sérieusement ? D’accord, son travail n’est pas facile, mais ça, c’est le lot de tout le monde. On va pas commencer à pleurer sur le sort de tous ceux qui n’ont pas exactement le job de leurs rêves (Temps, comme si une personne vous parlait) Mais je ne suis pas dégueulasse, c’est la vérité. Si quelqu’un n’a pas ce qu’il faut pour faire un boulot, il doit foutre le camp et puis c’est tout. Fait chier à la fin. »
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L’APRÈS EXERCICE 6.4
Assurez-vous d’avoir bien respecté les demandes du réalisateur.
Vous n’êtes pas en train de le jouer officiellement, vous êtes en audition.
D’ailleurs, le réalisateur vous demande de modifier votre interprétation.
Il vous donne la directive suivante : PRISE 2 : Reprenez la scène, mais cette fois-ci en étant sur la défensive, comme si vous tentiez de justifier vos propos. Jouez-le comme si on vous attaquait et qu’il n’y avait que cette réponse possible.
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« Mais au bout d’un moment, qu’est-ce qu’on en a à foutre, sérieusement ? D’accord, son travail n’est pas facile, mais ça, c’est le lot de tout le monde. On va pas commencer à pleurer sur le sort de tous ceux qui n’ont pas exactement le job de leurs rêves (Temps, comme si une personne vous parlait) Mais je ne suis pas dégueulasse, c’est la vérité. Si quelqu’un n’a pas ce qu’il faut pour faire un boulot, il doit foutre le camp et puis c’est tout. Fait chier à la fin. »
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Il y a sûrement des différences entre la prise 1 et 2. Il doit y en avoir, car le but de ces demandes n’est pas de savoir si vous êtes capable de tout jouer sur commande, mais surtout de vérifier si vous êtes capable d’assimiler des notes et des demandes qui vous seront faites là, sur place, sans toujours vous donner le temps de vous ajuster réellement.
Ce genre de demandes il y en aura beaucoup sur les plateaux de tournage. Un acteur doit donc savoir faire preuve de souplesse.
L’audition est le premier test, le tout premier moment où le réalisateur pourra vérifier qu’il ne se retrouvera pas avec un candidat incapable de faire des essais. Il doit s’assurer que l’acteur en audition ne sera pas paralysé par la peur de se tromper dès qu’il lui fera faire un changement, ou qu’il lui donnera une directive sur la manière de jouer son personnage.
Reprenez cet exercice avec quatre indications suivantes et regardez les différences :
1 -Avec un sentiment d’infériorité face aux autres
2 -Avec une très grande froideur
3 -En étant le plus méchant possible
4 -En étant le plus désolé possible
LE JEU D’HORREUR
Peut-être le plus difficile de tous les jeux d’acteur.
La chose peut sembler étrange, mais n’oubliez jamais que, pour pouvoir faire peur, il faut être totalement crédible.
La moindre incohérence et c’est terminé, le spectateur a décroché.
Pensez au jeu comique que nous avons vu dans le cours numéro 4. Souvenez-vous qu’il fallait avoir un léger surplus d’intensité pour être drôle. Et bien, c’est un peu la même chose pour le jeu d’horreur, sauf que, à la place d’un léger surplus d’intensité, vous devrez avoir un léger surplus de « détachement ».
L’acteur sait pertinemment ce qui s’en vient dans l’histoire, puisqu’il ou elle a appris un texte et l’a répété, mais pas le personnage. Encore ici, lorsque vous jouez, ce n’est plus l’acteur qui est en contrôle, mais le personnage, et celui-ci ne peut pas savoir ce qui lui arrivera dans le futur. Cela se sent clairement.
Or, l’erreur la plus fréquemment commise, dans le jeu d’horreur, c’est cette attitude qu’il va arriver quelque chose, une attitude nettement trop présente dans certains aspects du jeu des personnages.
Nous nous sommes tous dit à un moment ou un autre « Ah je suis sûr qu’il y a quelqu’un derrière la porte ». Peut-être le film est-il mal réalisé, mais, la plupart du temps, c’est le jeu de l’acteur qui trahit.
Un simple coup d’œil de trop vers une porte, un court instant avant qu’une personne en surgisse ou une hésitation qui ne devrait normalement pas être là, ce sont de petits détails qui ne sont pas crédibles et ne sont pas acceptables car ils trahissent la situation.
Évidemment, les mêmes détails dans une comédie n’auraient pas le même impact.
Mais n’oubliez jamais que les spectateurs « savent » qu’il s’agit d’un film d’horreur. Ils sont déjà dans cette expectative. Ils sont aux aguets. Ils souhaitent être vraiment surpris par ce qui va se passer.
Comme nous l’avons précisé dans les cours précédents, il n’y a rien que le spectateur aime plus que de deviner ce qui va arriver. Il se sent intelligent s’il a déjoué le scénario. La chose est tout à fait normale.
Vous devez donc aider la production en ce sens et prendre le spectateur par surprise. Si vous devez être attaqué par quelqu’un caché derrière la porte, vous devrez subtilement vous détacher de la porte.
Inconsciemment, vous savez que quelqu’un est caché derrière, qu’il devra vous attaquer et en bout de ligne, devra faire peur aux spectateurs. Vous le savez et votre inconscient vous trahira souvent dans votre interprétation du personnage.
À vous maintenant de forcer très légèrement les choses pour attirer l’attention ailleurs que sur la porte, ou à tout le moins, pour ne pas l’attirer sur la porte.
EXERCICE 6.5
(Cet exercice n’est pas destiné à la correction)
Type : Exercice de jeu d’horreur
Expression : Jeu sans paroles.
Durée : 1 minute
Directives du réalisateur : Asseyez-vous à une table, ou dans un fauteuil, et placez votre caméra en plan taille. Vous êtes seul dans une immense maison. Vous êtes en train de tourner les pages d’une livre qui traînait sur un meuble, vous êtes attentif à tous les bruits. L’éclairage est tamisé. Soudainement, un grattement attire votre attention. Vous n’osez aller voir. On doit sentir la peur vous gagner de plus en plus. Le craquement se répète, encore et encore. Quand vous pensez avoir atteint le maximum de crainte, vous hurlez ce court texte.
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«Ça suffit!!!»
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L’APRÈS EXERCICE 6.5
La chose vous a peut-être semblé facile.
Cependant, il faut que le spectateur, en vous regardant, se demande continuellement ce qui va se passer, si vous allez réagir ou non et comment vous allez réagir. Il doit être dans l’expectative d’une action, d’une réaction. Cela le maintient attentif, concentré sur votre personnage.
Il peut sentir la peur s’installer dans votre personnage et croître petit à petit. Si la montée de cette peur est crédible, le spectateur attendra fébrilement le moment ou quelque chose va surgir, une main vous empoignant soudainement, des lumières qui s’éteignent brusquement, etc.
Lorsque le jeu est bien amené, chaque seconde inspire de nouveaux scénarios dans la tête du spectateur et c’est pendant ce moment de « confusion » que l’on peut vraiment le surprendre.
Reprenez cet exercice aussi souvent que nécessaire et variez vos réactions, vos regards, vos expressions.
Faites-le écouter à des gens et demandez-leur leur opinion. Idéalement, ne vous fiez pas trop à l’opinion de vos amis proches, des gens qui vous connaissent trop bien. Ils auront tendance à ne pas être objectifs et ils deviendront trop ou pas assez critiques, selon le cas.
LA DRAMATISATION
On pourrait aussi l’appeler – Reconstitution dramatique. Il s’agit de reconstituer un fait vécu. On ne demandera pas à des gens ayant vécu, par exemple, un traumatisme sévère, de venir en studio pour nous rejouer la scène comme elle s’est déroulée. Ce ne sont pas des acteurs crédibles, ils n’y arriveraient pas d’une part, et ce serait humainement très pénible pour eux.
Alors la dramatisation consiste à confier à des acteurs la reconstitution de ces scènes et à les enregistrer dans le but de les diffuser, soit dans des documentaires, soit dans des émissions spécialisées.
Par exemple, des acteurs ont simulé le naufrage de leur voilier en plein océan, dans un secteur infesté de requins. Ils ont reproduit ce qui s’est réellement passé, selon les témoignages des survivants du vrai naufrage. Cette histoire a été reconstituée dans le cadre d’une série sur les gens ayant frôlé la mort.
Ce que vous devez savoir, c’est que jouer ce type de scène demande un savoir-faire légèrement différent du jeu dramatique de fiction, où tout est inventé de toutes pièces.
La chose la plus importante consiste à ne pas chercher à imiter les « personnages » réels, ceux qui ont vécu l’incident.
Vous devez vous concentrer sur l’émotion et l’intensité de ce qui s’est passé. Sur la reproduction de l’évènement et de son impact sur votre personnage. Vous ne devez pas en faire plus, ni moins, que la personne que vous personnifiez dans l’histoire. La fidélité à cette personne est ici importante.
Souvent, vous aurez accès à des documents d’archives, tel un enregistrement téléphonique de la personne qui raconte sa mésaventure, un entretien en personne, un témoignage vidéo, etc.. Vous pourrez utiliser cela pour vous familiariser avec le récit, mais aussi avec la personne que vous devrez ensuite personnifier.
Vous vous baserez sur ce que vous entendrez ou visionnerez pour vous mettre dans l’état d’esprit nécessaire à la reconstitution de la scène, de l’événement. Mais en aucun cas ne devez-vous chercher à « imiter ». C’est un jeu franc, un jeu réel, d’une situation vécue, et non pas une imitation d’une personne ayant vécu la situation en question.
Ce que nous cherchons, dans ce type de jeu, c’est l’émotion et l’intensité qui prévalait au moment du drame.
Ne cherchez pas non plus à être plus émotif que l’original. Vous devez reproduire l’émotion qui vous a été décrite.
La dramatisation permet aussi de reproduire des scènes du quotidien dans un but précis. Par exemple, des instituts de formation utilisent des acteurs pour combler leurs besoins de mise en situation réelle en ce qui concerne la formation des policiers.
Des acteurs « jouent » des scènes de manière réaliste, dans le but de tester les réactions des aspirants policiers. Le jeu doit être le plus simple et le plus naturel possible, vous vous en doutez bien. Ce n’est pas le moment de tomber dans la caricature.
On a même vu des acteurs être engagés dans le cas de certaines procédures judiciaires, afin de donner une reconstitution des faits devant juges et jurés.
On utilise la dramatisation aussi dans des institutions de formations spécialisées. Par exemple, dans un centre de formation des ressources humaines, on reproduira des entrevues pour un emploi, des rencontres avec des employés types, des rencontres d’évaluation de cadres, etc.
Ce sont des acteurs qui sont engagés pour interpréter des gens de la vie réelle, dans des situations qui se produisent à répétition et que les professionnels des ressources humaines doivent apprendre à traiter adéquatement.
La dramatisation est un secteur en pleine expansion. Il s’agit d’un secteur à ne pas négliger.
En résumé, le jeu en dramatisation est : collé à la situation réelle, n’imite surtout pas une personne et reproduit l’émotion originale sans ajout personnel créatif de la part de l’acteur.
Notez que la dramatisation à la télévision recourt souvent à la narration. Les voix des acteurs sont entendues, mais de manière partielle dans certaines scènes. De grands passages des propos tenus sont mis en sourdine, pour laisser la place à un commentaire, une narration, explicative.
Par exemple, on verra un personnage dans l’eau, entouré de requins, qui parlera constamment pour se donner du courage. On entendra seulement le début de ses propos et c’est par la narration que ses pensées seront exprimées.
La narration dira, par exemple, qu’il pensait surtout à sa famille, qu’il ne croyait plus revoir. Dans cette situation, l’acteur qui jouera le personnage dans l’eau sera également aussi celui qui fera la narration, afin que les voix entendues soient les mêmes. Toutefois, dans les émissions de télévision traduites, on entendra souvent le personnage dans l’eau dans sa langue maternelle, et la narration dans une autre langue, et avec une voix différente, bien évidemment.
NOTE : Les narrations descriptives mentionnées plus haut, portent aussi le nom de surimpression vocale et c’est un métier en soi, dans lequel beaucoup d’acteurs gagnent leur vie.
La surimpression vocale est actuellement la technique d’enregistrement la plus utilisée pour le doublage d’émissions télévisuelles (chaines spécialisées, documentaires-chocs, etc.).
L’acteur qui doit enregistrer le texte en français, doit tenir compte de la durée de l’intervention originale en anglais, mais n’a pas à se préoccuper de faire correspondre les labiales comme dans le cas du doublage synchrone. Autrement dit, les mots n’ont pas à correspondre aux mouvements des lèvres.
Ce qui donne une plus grande liberté car seule la durée de l’intervention en français compte. La durée de la phrase dite en anglais, par exemple, dans le document à traduire, devra tout simplement être égalée dans sa version française.
Exemple : si vous devez faire la voix française de Tom Cruise au cinéma, il s’agira d’un doublage dit « synchrone » (post synchronisation), car le texte français que vous direz devra être en accord avec les mouvements de la bouche de M. Cruise.
En surimpression vocale, on ne tient pas compte de cela. Il s’agit de productions à budget moindre. On conserve donc en arrière-plan, la voix originale de la personne qui parle (en sourdine) et on rajoute la voix française du doubleur par-dessus. Il y a beaucoup d’émissions de ce genre.
En fait, c’est la partie du doublage qui connaît la plus forte progression dans le métier d’acteur en ce moment et vous devrez, fort probablement, jouer aussi avec cette nouvelle réalité.
LE CORPORATIF
Le jeu corporatif est un jeu complètement différent, mais un jeu quand même. Il s’agit de jouer pour une organisation.
Il peut s’agir d’une entreprise à but lucratif, un ministère du gouvernement, une œuvre de charité, peu importe.
La différence fondamentale résidera dans le fait que votre jeu est un jeu sur mesure. Le critère principal ne sera pas un texte dramatique (donc émotif), mais un texte explicatif.
Vous devez faire passer une information et votre émotion est d’abord au service de cette information. Ne soyez donc pas surpris de vous sentir limité dans ce type de jeu, la chose est normale. Ici, un peu à l’image du jeu publicitaire, c’est le produit, ou le service, qui prime.
Par exemple, la compagnie des Casseroles Pin-Pon (nom fictif pour l’exemple) vous engage pour une vidéo corporative servant à expliquer le procédé de création de leurs fameuses casseroles.
Votre rôle sera de jouer soit un employé de cette usine, soit un patron, ou qui que ce soit d’autre qui sera en relation avec cette entreprise. Dans tous les cas, le but ultime sera de présenter le procédé de fabrication des casseroles. Il n’y a pas d’histoire à proprement parler. S’il y en a une, elle ne sera qu’un prétexte.
Il faudra donc un ton plus normatif, un ton plus officiel. Rares seront les corporatifs qui vous demanderont un ton familier d’ailleurs.
Regardez les présentateurs du journal télévisé. Sans être aussi « neutre » que ces derniers, votre ton sera tout de même beaucoup plus près de ceux-ci que celui d’un acteur de film.
Ce type de jeu représente le beurre de beaucoup d’acteurs. À plus forte raison, avec l’internet, qui devient de plus en plus la norme de fonctionnement à tous les niveaux. Le jeu numérique est d’ailleurs un secteur d’avenir et vous risquez de vous retrouver en personnage numérisé sur le Web un jour ou l’autre.
Le nombre d’entreprises qui apparaissent sur le web est tout bonnement phénoménal, et leurs besoins en cette matière vont croissants. Pour qui veut vraiment jouer dans le domaine du corporatif, les opportunités sont là et sont nombreuses.
D’accord, vous n’aurez pas de grandes envolées dramatiques à vous mettre sous la dent au début, mais il s’agit quand même d’un travail d’acteur et pour lequel on vous paie.
À moins d’être un artiste pur et dur qui refuse tout ce qui se trouve en dessous de Molière, vous devriez songer à cette avenue, surtout au début, pour prendre de l’expérience.
Mais pour bien jouer ce type d’intervention, vous devrez vous assurer de votre diction. La phonétique (pureté des sons) l’articulation (la manière de prononcer) et le vocabulaire seront des incontournables.
Rien de moins crédible qu’un acteur qui parle comme un charretier pour vanter les mérites d’un bureau d’avocats!
La diction donc, est importante. Et votre voix aussi. Ayez du souffle. Cela vous semblera étrange, mais l’activité physique demeure le seul moyen d’avoir du souffle. Sans devenir marathonien, envisagez donc de bouger régulièrement.
De toute façon, pour pouvoir tenir debout sur un plateau de tournage qui peut durer facilement des heures, une condition physique minimale est de rigueur.
Voici donc un exercice de jeu corporatif. Nous vous proposons ici un texte, mais vous pouvez vous en rédiger d’autres.
Trouvez-vous un sujet, mais qui ne vous touche pas. Idéalement, un sujet qui vous laisse froid, pour lequel vous n’avez pas d’intérêt.
Ne choisissez pas non plus un sujet qui vous rebute, ce n’est pas un travail contre nature.
Une fois ce sujet choisi, écrivez quelques lignes pour obtenir plus ou moins 30 secondes. Trouvez des infos relatives sur le web au besoin. Un texte sans émotion dramatique et informatif.
Ce n’est pas une publicité. Vous ne vous adressez pas au cœur. C’est un corporatif, vous vous adressez à la tête. Ce sont des informations que vous livrez ici.
EXERCICE 6.6
(Cet exercice peut être envoyé à la correction)
Type : Exercice de jeu corporatif
Expression : Jeu avec paroles.
Durée : + ou – 1 minute
Directives du réalisateur : Placez-vous devant votre caméra (plan buste). Dites votre texte comme si vous vous adressiez à des étudiants que vous devez instruire. N’oubliez pas que vous ne vendez pas, vous expliquez. Vous êtes un peu le porte-parole de l’entreprise choisie.
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« Chez Casseroles Internationales, nous utilisons de la fonte de première qualité. De la fonte produite ici, dans la région, par des experts réputés. Cela nous garantit une fonte sans faille, qui ne déformera pas à la chaleur et qui conservera son beau fini toute votre vie durant. Notre chaîne de montage permet de vérifier la qualité de nos casseroles tout au long du processus de fabrication. La forme, la taille, la solidité, la couleur, le fini, tout est contrôlé de manière rigoureuse. »
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L’APRÈS EXERCICE 6.6
Regardez maintenant ce que vous venez de faire et notez vos observations.
Votre ton d’abord. Avez-vous utilisé un ton qui donne confiance, ou simplement jouez vos lignes sans trop prendre garde à votre ton ?
Votre attitude ensuite. Est-ce qu’elle concordait avec votre sujet suffisamment pour être crédible ? Si vous parlez de la prévention des incendies et que vous arborez votre plus beau sourire, le drame potentiel se fera moins sentir.
Vos gestes. Ces derniers doivent simplement appuyer vos propos sans pour autant souligner trop fortement non plus.
Pas besoin de « mimer » les marches si vous vantez les mérites d’un constructeur d’escalier. Par contre, vous pouvez utiliser vos mains pour montrer comment les marches s’imbriquent les unes avec les autres, etc.
Et pour terminer, votre fluidité. Le jeu corporatif demande de la fluidité. Sans celle-ci, n’essayez même pas d’être convaincant. La fluidité c’est le rythme du début à la fin de votre prestation. C’est le contrôle de votre débit verbal, c’est la présence de pauses bien pensées, ni trop longues, ni trop courtes.
Les hésitations trop longues ou trop nombreuses démontrent un manque de maîtrise du sujet et ce n’est pas ce que vous voulez dans un vidéo corporatif.
Souvenez-vous : vous ne vous adressez pas au cœur, mais vous vous adressez à la tête dans un jeu corporatif.
Tous les acteurs passent par le jeu corporatif à un moment ou un autre, même les stars. Autant le faire avec discernement et plaisir. Cela reste un monde en devenir, en construction, et encore plein de surprises à nous offrir.
Lionel Astier, le génial acteur qui joue « Léodagan de Carmélide » dans Kaamelot a lui-même tourné pour des corporatifs : cliquez ici.
LES SCÈNES DE NUDITÉ
Les scènes de nudité sont beaucoup plus fréquentes que vous pourriez le croire. Nudité ne veut pas nécessairement dire nudité complète. Il y a aussi, la nudité partielle, beaucoup plus répandue.
Les fesses en font partie.
Combien de fois ne voyons-nous pas la comédienne sortir du lit ou de la salle de bain, de dos, alors que ses fesses sont parfaitement visibles ? C’est cela une nudité partielle.
Beaucoup plus rarement exploitées chez les hommes, toutefois, même si les choses ont beaucoup changé, les scènes de nudité concernent les femmes 9 fois sur 10.
Aussi, si la chose vous gêne, vous met mal l’aise, ou vous indigne, signalez-le dès le début d’un projet, dès que vous apprenez que le rôle qui pourrait vous être confié comporte une scène de nudité.
Surtout, ne vous dites pas que vous pourrez faire changer le scénario, retirer la scène, ou la jouer de manière différente, c’est une grave erreur et le réalisateur ne vous pardonnera pas de l’avoir trompé. Lorsqu’on accepte un rôle, on en accepte toutes les composantes, ou alors on précise au départ ce que l’on n’acceptera pas. De sorte que le réalisateur puisse prévoir une doublure, par exemple.
Si tout n’est pas clair, et que vous soupçonnez la possibilité d’une telle scène, vous le demandez tout de suite. Si on vous dit qu’il n’y en a pas, il en sera ainsi, car les scènes de nudité, même partielles, doivent être mentionnées à la signature du contrat.
Pour cette raison, si le metteur en scène arrive un beau matin et vous demande de sortir du lit complètement nu, vous aurez le droit de refuser.
Bien sûr, tout est relatif. À vous de juger du niveau de désagrément que cela vous occasionne. Certaines personnes n’éprouvent aucun malaise à se dévêtir devant les caméras. Mais ces personnes ne sont pas la norme.
Aussi, évaluez ce qu’on demande. Parfois, vous serez complètement nu et on ne vous verra pas.
Par exemple, si vous êtes couché dans un lit, sur le ventre, avec les draps placés de telle façon qu’on ne voit que votre dos, vos jambes. Vous aurez été nu pour le plateau, mais pas vraiment dans l’oeuvre, donc pas vraiment à l’écran.
IMPORTANT : Si vous devez tourner nu, il y a des façons professionnelles et respectueuses de faire les choses et le réalisateur en est parfaitement informé.
Pour jouer dans une scène comportant de la nudité, vous demandez un plateau réduit. Ne se trouveront alors, sur le plateau, que ceux et celles qui sont absolument essentiels pour le tournage de la scène : un cameraman, un preneur de son, un réalisateur.
Le chef éclairagiste aura fait ses ajustements avant de tourner, quittera pour la prise et reviendra lorsque requis pour d’autres ajustements. Les autres techniciens, machinistes, assistants, etc., se retirent également pour vous laisser jouer la scène dans une intimité plus propice.
La costumière, ou votre habilleuse, devient vite votre amie lors d’un tournage. Vous demanderez à ce qu’elle ne soit pas loin de vous, avec une couverture ou une serviette pour vous couvrir à la fin de la scène, si besoin est. Dès le mot
« coupez », elle vient à vous, vous couvre, et le travail continue.
Il peut être désagréable de recevoir des notes de jeu, ou de voir des techniciens travailler « normalement » lorsque vous êtes la seule personne nue sur le plateau. Pour la plupart des réalisateurs, la chose ne se fait pas. Simple question de dignité et de respect pour ses acteurs et actrices.
Vêtue d’une couverture ou d’une robe de chambre, vous recevez les notes, vous ajustez ce qui doit l’être, et quand on est prêt pour une prise, les gens sortent, vous retirez ce que vous portez, vous prenez votre position et c’est parti.
C’est la façon professionnelle de faire les choses en ce domaine.
Pour expérimenter le jeu nu, nous vous proposons un exercice en deux versions. Même seul-e, dans votre foyer, vous allez constater que le jeu nu va vous placer dans une situation particulière et vous allez vivre des émotions tout aussi particulières.
Vous êtes tout à fait libre de passer à l’exercice suivant si cette expérience vous indispose.
*Vous n’avez aucune obligation de nous le faire parvenir pour en obtenir une analyse.*
Cependant, si vous souhaitez nous le faire parvenir, précisez clairement dans un message ce que vous souhaitez de cet envoi.
Exemple – Exercice à analyser et à détruire dès que cela sera fait, ou exercice à analyser et à ajouter dans les exemples et démonstrations du cours d’acteur. Vos directives seront respectées à la lettre, nous en prenons l’engagement formel.
Notez que sans indications de votre part, le fichier sera systématiquement détruit tout de suite après son analyse.
EXERCICE 6.7 VERSION 1
Type : Exercice de nudité – Nu sans être vu par la caméra.
Expression : Jeu sans paroles.
Durée : 30 secondes
Directives du réalisateur : Placez-vous debout devant votre caméra (en plan épaule), vêtu d’une serviette ou d’une robe de chambre sous laquelle vous êtes nu. Jouez le texte suivant. Vous allez retirer la serviette ou la robe de chambre pendant le texte qui suit. Vous n’avez pas à vous filmer nu dans cette première version. Jouer nu, mais sans que la caméra ne cadre sous les épaules. Vous êtes devant une personne, elle vous regarde sans parler.
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« On dit que… on n’est jamais aussi nu, devant une personne, que la première fois qu’on se dénude à ses yeux. (vous retirez le vêtement qui tombe sur le sol). Cet instant précis est celui que je préfère. Je me sens fébrile, comme si c’était la première fois que j’allais connaître l’amour. Ton regard m’enflamme. Mon corps appelle le tien, viens, suis-moi. »
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EXERCICE 6.7 VERSION 2
Type : Exercice de nudité à la caméra.
Expression : Jeu sans paroles.
Durée : 30 secondes
Directives du réalisateur : Placez-vous debout devant votre caméra en plan américain (mi-cuisse, mais vous pouvez ajuster le plan à votre convenance), vêtu d’une serviette ou d’une robe de chambre sous laquelle vous êtes nu. Jouez le texte suivant. Vous allez retirer la serviette ou la robe de chambre pendant le texte qui suit. Vous allez vous filmer nu dans cette seconde version. Vous êtes devant une personne, elle vous regarde sans parler.
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« On dit que… on n’est jamais aussi nu, devant une personne, que la première fois qu’on se dénude à ses yeux. (vous retirez le vêtement qui tombe sur le sol). Cet instant précis est celui que je préfère. Je me sens fébrile, comme si c’était la première fois que j’allais connaître l’amour. Ton regard m’enflamme. Mon corps appelle le tien, viens, suis-moi. »
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L’APRÈS EXERCICE 6.7
Dans la version 1, vous vous saviez nu, mais vous saviez aussi que la caméra ne captait pas votre nudité. Malgré tout, vous avez découvert ce que cela fait de se sentir nu en interprétant un personnage.
Dans la version 2, vous avez joué nu devant la caméra. Vous avez alors vécu cette sensation de vous livrer à l’objectif de la caméra, de lui offrir un accès à votre corps nu, à votre intimité. C’est toute une gamme d’émotions que la plupart des acteurs vivent la première fois qu’ils tournent nus, même s’ils frondent un peu, se montrant plus à l’aise qu’ils ne le sont réellement.
Ici, vous avez pleine liberté d’imaginer la scène comme vous la voulez. Il peut s’agir d’un amoureux ou d’une amoureuse en face de l’être aimé, s’offrant à son regard et son désir, ou de deux personnes qui s’apprêtent à faire l’amour pour la première fois ensemble, et qui se découvrent.
Si vous avez envie d’aller plus loin et d’expérimenter un personnage différent, un texte différent, allez-y. L’expérience est bonne à vivre et plus vous serez à l’aise avec le jeu dans une scène de nudité plus facile sera votre adaptation le jour venu si cela se présente.
Si vous avez du mal à faire cet exercice, mais qu’il vous intéresse tout de même et que vous aimeriez le faire, allez-y par étape. Ne soyez nu que graduellement. Reprenez l’exercice à plusieurs reprises, en sous-vêtement d’abord. Vous pourrez y arriver graduellement.
Toutefois, le but de l’exercice est justement de vous faire vivre le malaise, la gêne, les émotions que provoque la brusque nudité dans ce genre de scène. Sur un plateau de tournage, il n’y a pas de progression, de mise en condition, de préparation graduelle au tournage d’une scène de nudité. On doit la tourner au moment opportun alors que quelques minutes plus tôt on tournait une tout autre scène.
Les étudiants acteurs se demandent parfois si le fait de tourner nu peut les avantager dans une carrière ? La réponse claire à cette question n’existe pas vraiment. Pour certaines carrières, oui, c’est sans doute un atout. Pour d’autres, cela n’a rien à voir. Mais il y a un moment où un acteur peut se trouver confronté à cette réalité, le plus souvent lorsqu’il est jeune ou en début de carrière. Son choix devra, d’abord et avant tout, être guidé par le bon sens. On ne joue pas nu dans le film d’un réalisateur inconnu qui est lui-même un débutant en réalisation. On le fera si on est entouré de gens d’expérience, reconnus pour leur professionnalisme et avec lesquels on se sent suffisamment à l’aise.
Voyez un tournage comportant des scènes de nudité, proposé par une étudiante de l’école.
Cliquez sur la caméra.
LE JEU SUR ÉCRAN VERT
Cette technique qui est de plus en plus utilisée possède plusieurs noms : green screen, blue screen, chroma key, ultimate, etc.
Retenez qu’il s’agit d’une technique de tournage dont l’enregistrement se déroule devant une surface de couleur unie, vert ou bleu.
La chose consiste à vous enregistrer avec un fond d’image modifiable. Grâce à cette technique, il est possible d’ajouter, derrière vous des images variées, tel un paysage d’Italie, des dragons ou une galaxie lointaine.
Si vous devez tourner sur la planète mars, vous pensez bien qu’on ne va pas vous y envoyer. Cette technique fut largement utilisée pour des films comme le Seigneur des Anneaux ou Harry Potter.
Mais vous vous demandez surement l’impact que cela peut avoir sur votre jeu d’acteur. Et bien, sachez que ce genre de tournage demande une imagination des plus fertile. En fait, il s’agit ici d’un des tournages les plus difficiles pour un acteur.
La raison en est très simple : vous ne voyez pas ce avec quoi vous jouez. Et pourtant, vous devez nous convaincre du contraire. Vous devez absolument contribuer à l’illusion sous peine de perdre vos spectateurs.
Pensez seulement à l’acteur Daniel Radcliff, souvent critiqué au début pour son rôle d’Harry Potter.
Pour commencer, il n’était pas acteur, c’était tout simplement un jeune garçon sans expérience dans le domaine. Les plateaux de tournage cinématographiques lui étaient étrangers.
Ensuite, on le plaçait devant d’immenses murs bleus (c’est la couleur utilisée le plus souvent pour cette série) devant lesquels il devait se débattre en imaginant des dragons, des chiens géants à trois têtes, et quoi d’autre encore.
Exemple de travail devant un écran bleu diffusé sur Youtube – Cliquez ici
Exemple de travail devant un écran vert diffusé sur Youtube –Cliquez ici
Vous pouvez mettre des sous titres français si vous ne maitrisez pas bien l’anglais. Cliquez sur l’icône « sous-titres » en bas à droite de la vidéo. Pour changer la langue, cliquez sur sur l’icône « paramètres », puis « sous-titres » et « traduire automatiquement ».
Devant ces murs bleus ou verts, se trouvent des marques où l’on vous demande de regarder pour que vos yeux soient « raccords » avec l’image finale.
Si, dans le film, vous devez combattre un géant, votre regard doit être constant pour que ce géant soit crédible.
Alors vous regarderez une marque, quelque part sur un immense mur bleu, en vous imaginant qu’il s’agit des yeux du géant.
Si celui-ci est immobile, cela n’est pas trop mal. Mais imaginez maintenant que vous êtes Harry Potter et que vous volez sur votre balai magique en tentant d’éviter les flammes d’un dragon qui vole juste derrière vous.
Vous n’imaginez pas la quantité de travail que cela représente pour acteur.
On vous assoira sur un support quelconque, suspendu suffisamment haut pour que vos pieds ne touchent pas le sol, car vous êtes censé voler, et on vous demandera de vous balancer selon des gestes précis qu’il faudra répéter, comme une chorégraphie, car c’est exactement ce que c’est, une chorégraphie.
On vous dira ensuite où est rendu le dragon pour que vous puissiez regarder au bon endroit sur le mur bleu. Des repères seront visibles pour vous aider.
On vous fera reprendre des dizaines de fois chaque scène, avant de tourner la bonne prise dont on a besoin. Vous serez donc fatigué à la fin de la journée, tout comme les membres de l’équipe de tournage d’ailleurs.
Par-dessus le marché, et c’est encore la chose la plus importante pour un acteur, on vous demandera d’être crédible et, par exemple, d’avoir peur de ce dragon qui n’existe pas autrement que dans votre imagination.
Vous devrez donc avoir des réactions qui seront suffisamment convaincantes pour que le spectateur y croie. Vous devrez vraiment avoir peur de ce dragon.
Pourtant, votre réalité à vous sera celle d’un acteur, suspendu par un harnais, à l’intérieur d’immenses murs bleus et entourés de techniciens qui tirent des fils, courent partout et d’une caméra qui ne vous lâche pas une seconde tout en vous demandant de respecter une mise en place qu’on vous aura donné auparavant.
Et on vous demandera de pleurer de peur.
Le jeu sur écran vert (ou bleu) demande bel et bien une imagination sans faille. Si vous estimez ne pas avoir suffisamment d’imagination pour vous impliquer dans ce genre de tournage, et que l’on vous fait un jour une proposition à ce sujet, ne renoncez tout de même pas avant d’avoir essayé.
Un essai d’une heure ou deux vous permettra de passer par-dessus le malaise qui surgit en face d’un environnement de travail aussi inhabituel pour un acteur et vous allez peut-être découvrir que vous êtes plus efficace devant le mur bleu que vous ne l’auriez cru. Sans l’essayer c’est difficile de se faire une idée de ce que cela implique réellement.
EXERCICE 6.8
(Cet exercice peut être envoyé à la correction)
Type : Exercice de jeu sans décor.
Expression : Jeu avec paroles.
Durée : 1 minute
Directives du réalisateur : Placez-vous devant un mur le plus uni possible, sans motif ni décoration. Réglez votre caméra en plan moyen (pieds à la tête). Imaginez que vous êtes un touriste visitant un bord de mer majestueux avec des rochers immenses, sculptés par le vent et l’eau (image ci-dessous). Vous êtes au 3/4 dos (ou profil) à la caméra. Vous regardez les rochers tout autour de vous, mais surtout derrière vous (c’est là que se trouverait l’écran vert), l’air impressionné. Vous les touchez, puis vous retirez la main, et vous regardez au loin sur la plage, toute cette paroi rocheuse qui s’étale devant vous.
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« Ah c’est magnifique, c’est incroyable ce que le temps, la mer et le vent peuvent faire lorsqu’ils s’y mettent. Il y a de petites grottes partout dans ces parois rocheuses, c’est visiblement en constante évolution. Je parie que si je reviens ici dans 30 ans, je pourrai voir des changements. »
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L’acteur se trouve en studio, devant un mur bleu et la paroi rocheuse est ajoutée derrière lui, au montage. Il doit cependant donner l’impression qu’il y touche, qu’il la dévore des yeux, et qu’il est réellement impressionné par ce qu’il voit. Dans la réalité, il ne voit que de discrètes marques bleues sur le mur bleu, lui indiquant où les rochers débutent et où ils se terminent, dans l’image finale.
L’APRÈS EXERCICE 6.8
Visionnez ce que vous venez de faire et essayez d’imaginer si vos gestes pourraient correspondre s’ils étaient placés dans cette image.
Ne croyez pas la chose plus facile qu’elle ne l’est. Vous êtes devant un mur uni. La distance à laquelle vous vous tenez de ce mur compte. Pour y poser la main, vous devez être assez prêt. Mais lorsque vous tournez la tête pour regarder, on doit croire que vous regardez à des centaines de mètres, pour contempler les rochers qui se trouvent là, à perte de vue.
C’est cela le travail sur mur chromatique (de couleur). Un travail d’imagination colossale. Et encore, vous êtes ici dans un décor fixe. Imaginez maintenant que des dragons foncent sur vous, que vous volez dans le ciel, que vous êtes dans un volcan, et en vol…
IMPACT DES NOUVELLES TECHNOLOGIES SUR LE JEU
Avec les nouvelles technologies, vous allez être confronté à situations qui n’auraient même été pensables il y a de ça à peine 10 ans.
L’image en HD (haute définition) par, exemple, signifie qu’il est fini le temps où l’on pouvait camoufler toutes les imperfections que l’on voulait avec un bon maquillage.
La HD est si fine, que le maquillage se réduit maintenant à des « touches » de pinceau sur certains points de votre visage pour faire disparaître petits points noirs ou rougeurs.
Et ce n’est rien, on nous annonce l’arrivée imminente d’une HD des dizaines de fois plus précise encore.
Pour les acteurs de longue date, il est terminé ce bon vieux temps de l’épaisse couche de fond de teint que l’on étendait approximativement. Ce serait catastrophique en HD.
Aussi, si vous souffrez de problèmes de peau et que votre peau peut changer d’apparence selon les conditions, votre alimentation ou autres, dites-le avant d’être choisi et de signer un contrat d’acteur.
Les directeurs de casting préfèrent de loin l’honnêteté en ce domaine. Cacher une information pouvant nuire à l’exécution d’un rôle est une chose grave dont l’auteur ne se remet, professionnellement, que rarement.
Imaginez qu’on vous choisisse sur photo, ou encore que, lors de votre audition vous étiez maquillé de telle sorte que personne n’a pu voir un certain problème de peau.
Vous arrivez sur le plateau et c’est à cet instant que la maquilleuse découvre ce qu’elle doit faire pour vous rendre « présentable » pour la caméra en HD. Elle devra en référer au réalisateur qui risque de ne pas apprécier du tout.
Les délais de travail sur les plateaux sont difficiles à gérer. Le moindre retard s’additionne aux autres souvent plus gros. Si un retard s’ajoute à cause d’un mensonge, d’un non dit, d’une vérité camouflée, alors c’est d’autant plus frustrant pour les professionnels de la production.
La gestion du temps de travail est un art sur un plateau de tournage et c’est un art difficilement maîtrisable. Il vous faut faire en sorte que l’on retienne de votre passage une image professionnelle positive et non pas l’image d’un acteur qui a causé des problèmes.
Autre aspect important qu’il faut connaître à propos de l’impact des nouvelles technologies, c’est que les ajustements d’éclairage sont devenus aussi « hautement définis » pour s’adapter à la nouvelle précision de l’image. Et cela demande plus de temps. Les ajustements sont parfois longs entre deux prises, et l’acteur doit conserver son état d’esprit intact.
De plus, les gros plans en HD pardonnent rarement à un acteur qui n’arrive pas à faire sentir une émotion réelle dans son jeu. Un regard forcé, ou joué avec artifice, en gros plan HD est détectable, et de loin.
Les émotions transforment le visage de manière parfois si subtile que c’est presque impossible à discerner à l’œil nu. Mais elles sont là. Et quiconque les force ou tente de les passer sous silence se trompe lourdement.
La sincérité, la retenue et la finesse n’ont jamais été aussi pertinentes qu’en haute définition.
Et puis, n’oubliez pas que, dans un gros plan de votre visage, par exemple, le spectateur qui vous regarde ensuite sur un grand écran verra des subtilités qui échapperaient fort probablement à quelqu’un situé juste devant vous. Tout simplement parce que le spectateur, devant le grand écran, ne voit que votre visage, alors que la personne devant vous, sur place, verrait votre visage et tout ce qui vous entoure à la fois.
Une autre chose à surveiller pendant les tournages… ce que vous faites de votre bouche. Plusieurs comédiens s’amusent sur les plateaux à faire rire l’équipe technique. C’est bien, si cela contribue à la bonne marche du plateau et que ce n’est pas excessif.
Mais cela peut aussi causer des problèmes lourds de conséquences, si vous ne savez pas couper clairement entre les moments d’humour et de jeu à la caméra.
Anecdote
Un acteur et une actrice faisaient une publicité pour une entreprise très connue. Le tournage se déroule de façon extrêmement agréable, l’acteur fait des pitreries entre les prises. Tout le monde s’amuse en travaillant.
Tous le trouvaient génial par ses drôleries, son sens de l’à propos, son imagination débordante et aucun retard n’est survenu malgré l’ambiance exceptionnellement décontractée.
Toutefois, certaines pitreries ont eu lieu même pendant le tournage. L’acteur s’amusait à dire des blagues pour faire rire les techniciens. Les images le montraient en train de parler, de faire ses blagues, et cela ne dérangeait personne, puisqu’il n’y avait pas de son enregistré sur place et que ceux qui riaient de ces blagues se trouvaient hors champ, donc en dehors de ce que captait la caméra.
Quelques semaines plus tard, lors de la diffusion de la publicité sur un réseau national, la production reçoit soudainement des centaines de messages de plaintes.
Plusieurs blagues que l’acteur a fait durant le tournage, et qui ne devaient causer aucun problème puisque sa voix n’était pas enregistrée, ont été parfaitement « entendues» par ceux et celles qui lisaient sur les lèvres, car les malentendants (sourds) lisent très bien sur les lèvres.
Cette publicité a été retirée des ondes et le producteur a dû la reprendre à partir de zéro, à ses frais. L’annonceur avait payé pour une publicité, ce problème n’était pas de son ressort, il fallait que la production assume les frais et reprenne le tournage.
DIRECTEUR DE CASTING ET AGENTS
Il y a une différence fondamentale entre un agent d’artiste et un directeur de casting. Le premier vous représente et cherche des contrats pour vous alors que le deuxième travaille pour un producteur et tente de lui dénicher les bons acteurs.
Le directeur de casting fait donc appel aux agents d’artistes régulièrement pour combler les besoins de l’œuvre qui sera tournée prochainement. Œuvre qui sera en règle avec les syndicats d’artistes visés.
Ces différents syndicats d’artistes sont là pour vous protéger et le cas échéant, vous défendre si un producteur ne respectait ses engagements. Pour cette raison, ils se sont dotés de code de déontologie en matière d’agent d’artiste.
N’hésitez pas à vous informer si votre agent est signataire d’un tel code.
Dans ce domaine, un véritable agent ne devrait pas facturer de frais d’audition ou frais fixes. L’agent est rémunéré en fonction des contrats qu’il vous trouve. De cette façon, il est particulièrement motivé à vous trouver des contrats.
N’oubliez pas qu’un agent qui exige que vous suiviez « ses » cours avant de faire partie de son équipe devrait susciter en vous une certaine méfiance. Vérifiez bien « ses artistes » pour voir s’ils travaillent vraiment.
Il est facile de faire partie d’une agence, mais c’est autre chose de faire partie d’un circuit professionnel.
En ce qui concerne la figuration, les figurants n’ont pas besoin d’un agent.
Par contre, pour les auditions, les vraies, et, dans les pays les plus productifs en matière de cinéma et de télévision, il est de plus en plus difficile, pour un acteur, de faire carrière seul, sans un bon agent.
Un agent d’artiste, quant à lui, ne devrait pas avoir à s’occuper d’une armée d’artistes à lui tout seul. Sachez qu’au-delà de 25 artistes par agent, la situation devient quelque peu discutable. Un conseil, fuyez les agents qui acceptent tout le monde, ils vous feront perdre du temps à coup sûr.
À cet effet, vérifiez toujours la légitimité de l’entreprise d’un agent d’artiste qui se dit « en affaires ».
Visitez le site du registraire des entreprises du Québec http://www.registreentreprises.gouv.qc.ca
(pour les acteurs du Québec) ou pour la France, www.societe.com
et entrez le nom de l’entreprise ou le nom de l’agent.
S’il n’y figure pas, c’est déjà un signe qui ne plaide pas en sa faveur.
CONCEPTION D’UNE DÉMO (PORTFOLIO POUR ACTEUR)
Le kit de promotion de l’acteur (ou démo) se compose de 3 parties : c.v., fiche technique et démo vidéo.
Tout d’abord, un bon vieux c.v. classique. Qu’il soit papier ou numérique, un c.v. avec nom, adresse et coordonnées constitue la base de votre démo.
Vous n’y inscrivez que les expériences qui en valent la peine, évidemment, pas de figuration, surtout pas de mention de ce qui n’a pas de rapport avec la profession.
Votre photo sera obligatoirement un plan buste ou épaule. C’est la valeur de plan la plus utilisée en tournage dramatique, c’est pour cette raison que les professionnels du casting la préfèrent.


Vous verrez que choisir la bonne photo ne sera pas facile. Le plus souvent, vous serez tenté de prendre une photo extraite d’un tournage, comme l’un ou l’autre de ces deux exemples. Il est cependant préférable de choisir une photo assez neutre, qui n’exprime pas une émotion particulière.
Ensuite, vous devez ajouter une fiche technique. Cette dernière est capitale lorsque vient le moment de distribuer des rôles et que le temps presse pour le directeur de casting.
Cette fiche lui permet de gagner un temps précieux en raffinant sa recherche.
Voici un exemple de fiche technique que vous devriez maintenir à jour avec le plus grand soin.
Caractéristiques physiques
Poids :en kg
Taille (grandeur): en cm
Apparence : Caucasien, Asiatique, Africain, etc.
Âge apparent (ou âge caméra) : parfois on fait plus vieux, parfois on fait plus jeune
Couleur des yeux :
Couleur des cheveux :
Sexe : Beaucoup de prénoms sont asexués comme Dominique ou Claude.
Aspect divers : tatoos, piercings, cicatrices, calvitie partielle ou avancée, handicap, etc.
Tout ce qui touche votre apparence et qui n’est pas standard se mentionne ici.
Mensurations
Tour de tête (pour les chapeaux)
Tour du cou : (chemise et cravate)
Épaules : (de l’épaule gauche à l’épaule droite-pour les vestons)
Taille au ventre :
Poitrine (buste):
Pantalon : (la taille et la longueur)
Entrejambe: longueur de la jambe à partir de l’aine jusqu’à la cheville.
Chaussures :
Une fois votre fiche technique bien complétée, il faut passer à votre démonstrateur, la démo comme on dit dans le milieu du cinéma et de la télévision.
D’entrée de jeu, oubliez les DVD. Aucun directeur de casting n’a le temps ni surtout l’espace sur son bureau pour empiler des centaines de DVD. Imaginez seulement le système de classement que cela nécessiterait.
Aussi, n’envoyez jamais de DVD, c’est la poubelle presque à tous les coups. Un fichier numérique sera beaucoup plus efficace et bien plus apprécié.
Un bon démo d’acteur ne sert pas à montrer ce dont vous êtes capable de faire en matière de montage vidéo, mais à vous vendre. Et en ce domaine, le plus concis sera le mieux.
Vous devez avoir des extraits vidéos. Par n’importe lesquels, des extraits vidéos probants, qui valent la peine d’être montrés. Des scènes courtes, vous montrant dans plusieurs situations et émotions différentes.
Si vous avez fait une figuration dans un stade avec 5000 figurants, ne l’incluez pas.
Ne mettez pas non plus un court métrage de 40 minutes même si votre prestation y est digne d’un oscar. Les directeurs de casting n’ont pas suffisamment de temps pour cela. En fait, ils n’ont pas de temps du tout.
Placez des extraits, de 30 à 45 secondes, avec identification (titre de l’œuvre, rôle joué, et année de production). Vous pouvez mettre plusieurs extraits, mais aucun qui soit plus long que 45 secondes.
Vous pouvez faire ce montage vous-même en utilisant le système de montage de Youtube™, directement intégré sur leur site.
Privilégiez aussi la définition standard, pas de HD souvent longue à télécharger pour le directeur de casting. Pensez rapidité et efficacité.
D’ailleurs, pensez à avoir une page Youtube™ exclusive que vous utiliserez pour faire circuler votre démo vidéo. Vous n’aurez ainsi qu’à envoyer un simple lien par courriel au besoin.
Outre le fait que ce soit plus léger, c’est surtout instantané. Le directeur de casting qui est intéressé à vous voir ne vous attendra pas. Le plus rapide sera le mieux en ce domaine. S’il voit un lien Youtube™ dans votre fiche sur son écran d’ordinateur, il saura qu’il ne se trouve qu’à un clic de vous voir en pleine action.
VOTRE STUDIO MAISON
Les temps ont bien changé et la technologie permet maintenant de simplifier plusieurs processus. Les auditions en sont un bon exemple.
Il est maintenant monnaie courante de passer une audition par internet. Les débits sont rapides et les caméras sont, pour la plupart, performantes. Vous aurez donc inévitablement besoin d’un « studio maison ».
D’abord, choisissez un endroit dégagé qui soit près d’une fenêtre. Éviter les « coins » de mur qui vous coincent dans l’espace. Optez pour une partie de mur dégagé où la fenêtre sera sur votre côté. Évitez les fenêtres qui vous font face (vous seriez trop éclairé) et celles dans votre dos qui vous « obscurcissent » (la caméra reçoit trop de lumière et diminue l’entrée de celle-ci). De même, les anneaux d’éclairages pour cellulaire ne sont pas recommandés, car vous devez être très rapproché pour justifier leur utilisation, ce qui limite les valeurs de plans possibles.
La partie du mur devant laquelle vous vous tiendrez (à quelques pas du mur) sera dégagée (aucun objet qui attire l’attention).
Précision: bien que les cellulaires soient parfaitement utilisables, préférez votre ordinateur. Ce dernier est plus puissant, plus confortable visuellement, et mieux adapté aux logiciels couramment utilisés.
Une fois votre espace trouvé, pensez à avoir un support physique stable pour la caméra. Par exemple, un lutrin ou une table sur laquelle vous pouvez déposer votre ordinateur. Pensez également à vous munir de quelque chose pouvant « surélever » l’ordinateur. Par exemple une pile de livres, une boîte, etc.
La raison est que toutes les auditions ne requiert pas le même plan. Parfois on vous voudra en plan rapproché (un plan buste) et parfois on vous voudra en plein pied (plan large). Pour avoir un plan large, vous devrez vous distancer de l’ordinateur. Ce dernier étant plus loin, il sera plus bas que votre regard.
Aussi, peu importe la valeur de plan demandée, assurez-vous d’être en mesure de positionner votre caméra à hauteur des yeux (perspective neutre).
Assurez-vous également d’être parfaitement préparé avant que l’audition ne commence. Les directeurs de casting n’ont pas le temps d’attendre que vous trouviez un moyen d’ajuster l’image. Un acteur ou une actrice bien préparé-e envoie toujours un signal de professionnalisme.
LES ASSOCIATIONS
Quelques mots concernant les associations diverses reliées au monde des acteurs.
Pour les acteurs du Québec : l’Union des Artistes du Québec (UDA)
Pour les acteurs de France : Le Syndicat français des Artistes-interprètes (SFA) est affilié à la Fédération du Spectacle CGT. www.fnsac-cgt.com
Pour les acteurs d’autres pays, comme l’Afrique par exemple, il y a la Fédération internationale des Acteurs (FIA) www.fia-actors.com/fr/
Le ministère de la Culture et des Communications du Québec : www.mcc.gouv.qc.ca
Le Ministère de la Culture et des Communications de France : 182, rue Saint-Honoré 75001 Paris, Tél : +33 (0)1 40 15 80 00 – www.culture.gouv.fr
Il se trouve des organismes similaires en Belgique, en Suisse, et dans la plupart des pays. Vous les trouverez aisément sur le Web. Si vous souhaitez que nous en ajoutions dans cette courte liste, faites nous parvenir les liens et ce sera fait dans les meilleurs délais.
FIN DU COURS NUMÉRO 6
Si vous croyez avoir besoin de plus de temps pour compléter votre formation, vous pouvez vous procurer une prolongation dont vous trouverez les détails juste ici.
EXAMEN THÉORIQUE ET EXAMEN PRATIQUE.
Si vous réussissez l’examen final de cette formation, vous recevrez notre diplôme également désigné sous le nom de « Attestation de Formation Professionnelle d’acteur », ceci conformément aux règles du Gouvernement du Canada et du Gouvernement du Québec qui régissent tous deux notre type d’établissement d’enseignement.
Ce document confirme le succès de votre formation pour l’aspect théorique et/ou pratique, selon l’examen réussi. Pour obtenir ce document, vous devez réussir au moins un des deux examens, pratique ou théorique.
Vous n’avez cependant aucune obligation de passer ni l’un ni l’autre des deux examens et vous pouvez vous arrêter ici, si vous le souhaitez.
Cependant, pour passer un des 2 examens, ou les deux, vous devez vous inscrire au moins 4 jours avant la date de la fin de votre formation d’acteur.
Voyez votre dossier personnel pour vérifier la date au besoin. L’accès aux cours se termine après 365 jours.
Si vous dépassez ce délai de 4 jours avant la fin, vous devrez renoncer au passage de l’examen ou commander une prolongation afin d’allonger votre durée de formation et passer les examens à un moment qui vous conviendra mieux.
POUR PASSER L’EXAMEN…
L’examen de la formation des acteurs comporte deux parties.
Une partie questionnaire à compléter en ligne. Il s’agit de 20 questions, comptant chacune pour 5 points. La note de passage est de 60%.
Vous devez compléter le questionnaire en ligne si vous voulez ensuite faire la partie pratique de l’examen. Mais vous pouvez vous inscrire seulement à l’examen théorique en nous indiquant clairement que vous n’allez pas faire ensuite l’examen pratique. Nous activerons alors aussitôt votre accès à l’examen théorique.
Faites-nous parvenir un message avec ce formulaire en indiquant bien – « Examen théorique cours acteur, votre nom et mail »
Il y a aussi une partie de l’examen sous la forme d’un exercice pratique. Un exercice vidéo avec paroles, d’une durée approximative de 30 secondes à 2 minutes, sur le sujet de votre choix, que vous devez nous faire parvenir lorsque vous aurez passé l’examen théorique en ligne. Vous nous le faites parvenir comme vous l’avez fait pour les autres exercices durant votre formation.
Pour cette partie de l’examen vous pouvez aussi choisir un des exercices pratiques que vous avez faits durant les cours, le refaire selon votre vision actuelle et nous le faire parvenir.
La correction de cette seconde partie de l’examen se fera à partir de votre jeu, elle ne tiendra pas compte de la qualité de l’image, des plans et autres aspects techniques.
Seul votre jeu sera évalué selon les critères suivants :
-Crédibilité du personnage (propos en accords avec l’action)
-Diction et élocution (clarté de la parole)
-Aisance caméra (jeu avec cadrage, mouvements)
-Degré de composition (personnage simple, handicapé, etc.)
Ne vous concentrez pas sur le maquillage, coiffure ou le simple paraître. Ce que nous évaluerons, c’est votre jeu.
Une question fréquente :
Si je ne passe qu’une des deux parties de l’examen est-ce que cela sera indiqué sur mon diplôme?
– Le diplôme affiche l’examen réussi, comme ceci – Formation théorique de l’acteur – Réussie
(Sans mention pour la partie pratique de l’examen qui n’aurait pas été complété.)
Si vous faites les deux parties, les deux mentions figureront ainsi :
Formation théorique de l’acteur – Réussie
Formation pratique de l’acteur – Réussie
*Notez qu’il est possible de ne faire que la partie théorique, mais pas l’inverse.
INSCRIPTION À L’EXAMEN
RAPPEL – Votre accès à la zone examen théorique sera valide pour une durée de 2 jours. Vos cours ne seront plus accessibles dès que vous aurez passé l’examen théorique puisque votre formation sera terminée.
Faites-nous parvenir un message à l’aide de ce formulaire.
Mentionnez que vous souhaitez vous inscrire à l’examen théorique.
Vous recevrez un message pour vous dire
que votre accès à l’examen a été activé.
Cliquez ici pour passer l’examen en ligne lorsque votre activation d’accès aura été validée.
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